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Dimanche 13 avril 2008

Tout se passe comme nous l'avions prévu. Sarkozy n'oeuvre pas pour la France.

"Cette idéologie d'autodéfense agressive se nourrissant du conflit avec l'islamisme autorise ainsi l'OTAN -- qui à l'origine n'a qu'une mission de défense limitée aus territoires occidentaux -- à aller porter la guerre aux confins de la planète pour défendre des intérêts géostratégiques essentiellement américains, quand ce n'est pas parfois purement israéliens, à titre d'une soi-disant "légitime défense" contre le terrorisme islamiste. De hauts stratèges et chefs d'état-major de l'OTAN planchent même actuellement sur de réjouissantes nouvelles options militaires. Ces docteurs Folamour réclament en effet le droit d'effectuer des frappes préventives, y compris avec l'arme nucléaire, sans autorisation du Conseil de sécurité de l'ONU. Lorsque l'on connaît le désir insensé de George W. Bush,
Nicolas Sarkozy et Ehud Olmert d'aller bombarder l'Iran, on imagine aisément à quoi la sainte alliance transatlantique risque bientôt de servir."


Pourquoi Nicolas Sarkozy veut que la France réintègre l'OTAN


par République des Lettres


Le Général de Gaulle vient de se retourner dans sa tombe. 42 ans après sa décision de retirer Paris du commandement militaire intégré de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN, créée en 1949), son pâle mais dangereux successeur à l'Elysée, Nicolas Sarkozy, vient d'annoncer lors du Sommet de l'OTAN à Bucarest que la France y reprendra cette année "toute sa place". "Toute sa place" est une formule qui, dans l'approche atlantiste et occidentaliste du Président de la République, signifie clairement un engagement sans réserve aux côtés des Etats-Unis. Il n'attendra d'ailleurs ni le 60e anniversaire de l'Alliance, en avril 2009, ni l'installation l'année prochaine à Washington d'une possible nouvelle administration en place de celle de son ami George W. Bush, ni même que la France débatte de la question. Il entend bien concrétiser son choix stratégique et balayer d'un coup d'un seul quarante ans de politique étrangère d'indépendance française avant la fin de sa présidence de l'Union Européenne, c'est-à-dire avant fin décembre 2008.

Histoire de confirmer sa volonté d'intégrer la France dans les hautes sphères politico-militaires de l'OTAN,
Nicolas Sarkozy a d'ores et déjà pris deux initiatives très applaudies par son ami George W. Bush. Un, il double la présence militaire française en Afghanistan en envoyant un millier de soldats combattre avec les américains contre les Taliban, alors que chacun sait que cette guerre est déjà perdue et que l'enlisement des troupes y est assuré. Deux, il soutient le projet de déployer un bouclier antimissile américain en Europe centrale (Pologne et République tchèque), quitte à braquer sérieusement la Russie. La récente volonté affichée de rapprocher Paris et Londres, principal allié des Etats-Unis dans ses guerres en Irak et en Afghanistan, est également un signe plus discret, mais tout aussi fort, d'allégeance à Washington.

Cette rupture dans la politique d'indépendance de la France se drape bien entendu d'arguments à usage médiatique du type "Amis, alliés, mais non inconditionnels" ou "nécessaire rénovation car nous ne sommes plus en 1966".
Nicolas Sarkozy dit vouloir développer avec l'OTAN une "Europe de la Défense efficace". Depuis son élection, il ne cesse de répéter qu'une Europe de la Défense indépendante et l'ancrage atlantique sont les deux volets d'une même politique de sécurité. Mais quelle OTAN, pour quelle mission de défense européenne ? et la France a-t-elle quelque chose à gagner à réintégrer le commandement militaire de l'organisation, avec lequel elle coopère déjà très bien ?

Il est bien illusoire d'imaginer que les Etats-Unis, surtout si les faucons de l'administration Bush et McCain restent au pouvoir, donneront plus de place aux Européens dans la nouvelle Alliance. Tout au plus accorderont-ils quelques commandements militaires sans importance à des généraux amis sans que cela puisse réellement permettre à la
politique européenne de sécurité et de défense (PESD) de s'affirmer et de de peser significativement sur les décisions de l'OTAN. Dans tous les conflits (Afghanistan, Serbie, Kosovo, etc) où la France s'est retrouvée engagée aux côtés des militaires américains, ce sont systématiquement ces derniers qui décident et contrôlent de façon unilatérale toutes les opérations, en particulier les frappes, reléguant la France et les autres pays alliés au rang de simples exécutants. On ne les imagine guère se plier aux décisions des français dans l'avenir. Il n'est d'ailleurs pas inutile de rappeler que si de Gaulle est sorti de l'OTAN, c'est notamment parce qu'il demandait un directoire partagé de l'Organisation, ce que les Américains lui ont refusé. Et la suite a montré que la France, puissance moyenne disposant de l'arme nucléaire et d'un siège au Conseil de sécurité de l'ONU, existait finalement plus à l'échelle mondiale en s'affirmant de façon autonome qu'en s'effaçant dans ce qu'il appelait le "machin" atlantiste.

Autre risque, la réintégration de Paris dans une OTAN qui sert de plus en plus de caution et de bras armé à l'impérialisme américain, sera sans nul doute perçu dans les grandes capitales du monde non-occidental comme un affaiblissement et un alignement sur les Etats-Unis, ce qui lui fera perdre le peu d'influence qui lui reste encore.

Quant à la "Voix de la France", qui selon
Nicolas Sarkozy deviendrait plus forte dans le concert des Nations si elle réintègre l'OTAN, elle semble jusqu'à présent avoir moins souffert des discours et des choix du Général -- ou même de ceux de Jacques Chirac et Dominique de Villepin, par exemple en 2003 à l'ONU lors du refus de la France de suivre les Etats-Unis dans l'invasion de l'Irak -- que ceux de Tony Blair, le "caniche" européen de George W. Bush.

Mais l'essentiel n'est pas là. Le projet de
Nicolas Sarkozy, cet anti de Gaulle, ne consiste pas en un renforcement de la défense européenne, ou du moins pas pour lui donner plus de pouvoir et d'indépendance comme il le prétend. A travers ses choix diplomatiques et stratégiques il est à l'évidence tout à sa "vision" purement occidentaliste de la France et de l'Europe. Pour lui, la France doit s'affirmer "dans sa famille occidentale" et dans "les valeurs occidentales qui sont pour elle essentielles" (Discours de janvier 2008 devant le corps diplomatique français). Il partage avec George W. Bush une idéologie qui se fonde avant tout sur la défense d'une civilisation occidentale qui serait aujourd'hui attaquée par le monde islamiste. Lorsqu'il déclare faire en sorte que "Paris et l'ensemble des capitales occidentales parlent désormais toutes d'une seule voix", c'est surtout pour défendre les causes occidentales que les discours et les aventures guerrières de Bush "contre l'Axe du Mal et la Barbarie" ont totalement galvaudées: la Démocratie, la Liberté, l'universalisme des Droits de l'Homme, la lutte contre le terrorisme. Comme George W. Bush et comme tous les néo-conservateurs islamophobes, Nicolas Sarkozy est dans une logique de guerre contre tout ce qui ne relève pas des "valeurs occidentales" judéo-chrétiennes, tant en matière d'économie que de politique et de religion. Il exècre et ne cesse de diaboliser les partis islamistes qualifiés de terroristes comme le Hezbollah ou le Hamas, n'imaginant pas que son propre occidentalisme est à l'Occident ce que le fondamentalisme islamiste est à l'Islam. Il est au plus près des cercles israélo-américains d'extrême-droite qui, afin de "garantir la paix et la sécurité", prônent une domination occidentale du monde, quitte pour cela à passer à l'offensive et à se lancer dans une guerre de civilisation "globale". Pour lui il s'agit de défendre mais aussi désormais d'imposer par tous les moyens, et notamment par la guerre, un nouvel ordre occidental soi-disant "moral" (comprendre surtout "néo-libéral") qui doit régner sur l'ensemble de la planète.

Cette idéologie d'autodéfense agressive se nourrissant du conflit avec l'islamisme autorise ainsi l'OTAN -- qui à l'origine n'a qu'une mission de défense limitée aus territoires occidentaux -- à aller porter la guerre aux confins de la planète pour défendre des intérêts géostratégiques essentiellement américains, quand ce n'est pas parfois purement israéliens, à titre d'une soi-disant "légitime défense" contre le terrorisme islamiste. De hauts stratèges et chefs d'état-major de l'OTAN planchent même actuellement sur de réjouissantes nouvelles options militaires. Ces docteurs Folamour réclament en effet le droit d'effectuer des frappes préventives, y compris avec l'arme nucléaire, sans autorisation du Conseil de sécurité de l'ONU. Lorsque l'on connaît le désir insensé de George W. Bush,
Nicolas Sarkozy et Ehud Olmert d'aller bombarder l'Iran, on imagine aisément à quoi la sainte alliance transatlantique risque bientôt de servir.

C'est avec cette "vision" guerrière et occidentaliste du monde, ruineuse et extrêmement dangereuse pour la France, que
Nicolas Sarkozy entend jouer un rôle international. En infléchissant la doctrine militaire française pour mieux s'aligner sur la politique étrangère américaine, dont on connaît pourtant les errements et l'agressivité aussi inefficace que désastreuse, il commet une erreur diplomatique et stratégique majeure.

Auteur : La République des Lettres, jeudi 03 avril 2008

Posté par Adriana Evangelizt
publié dans : OTAN
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Samedi 12 avril 2008





Bush reçoit un camouflet au sommet de l'OTAN


Par Stefan Steinberg

Lors du sommet de l´OTAN du week-end dernier à Bucarest, la capitale roumaine, le président américain George W. Bush eut à faire à une opposition européenne concertée contre ses plans de poursuite de l’élargissement de l’Alliance vers l’Europe de l’Est. Seul un compromis de dernière minute a permis au président américain de ne pas perdre la face. Selon la presse, les politiciens allemands en particulier se sont montrés contrariés et inquiets face à l’obstination du président américain d’accueillir rapidement la Géorgie et l’Ukraine dans les rangs de l’Organisation du traité de l’Atlantique-Nord.

Mercredi soir, lors du dîner officiel du sommet, l’opposition française et allemande aux projets de Bush s’est vue renforcée par le soutien de l’Italie, de la Hongrie et des pays du Benelux. Même le plus proche allié de Bush en Europe, le premier ministre britannique Gordon Brown, a déclaré qu’il était bien trop tôt pour l’OTAN d’accepter les deux anciennes républiques soviétiques.

Lors du dîner qui a duré deux heures de plus que prévu, Bush aurait finalement reconnu qu’il ne lui serait pas possible de faire accepter sa proposition. Selon un haut fonctionnaire du gouvernement américain, « la discussion avait plutôt mobilisé les Européens » et plusieurs alliés européens se sont énervés à cause de l’attitude de Bush. Dans le but évident de donner une tournure favorable au différend, le même fonctionnaire a déclaré: « On était tout à fait divisé, mais c´était une bonne division. »

Mercredi soir, après d’intenses délibérations entre le ministre des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier allemand (SPD) et la secrétaire d’Etat américaine, Condoleezza Rice, un compromis fut finalement trouvé. La formulation acceptée jeudi par les participants au sommet omet de façon évidente d’avancer le moindre calendrier pour l’adhésion de la Géorgie et de l’Ukraine. Le compromis fut largement considéré comme un moyen de permettre au président américain de sauver la face et comme une victoire de la diplomatie allemande.

Dans leurs comptes-rendus des tensions survenues au sommet de Bucarest entre les Etats-Unis et leurs alliés européens, les journaux allemands ont ouvertement qualifié le comportement du président américain de provocation visant à diviser l’alliance.

Dans le Süddeutsche Zeitung, Stefan Cornelius a rapporté que la chancelière allemande, Angela Merkel (CDU), avait clairement fait comprendre au président américain il y a un an que l’Allemagne était opposée à toute adhésion à court terme de la Géorgie et de l’Ukraine à l’OTAN. Lors de plusieurs vidéoconférences avec Washington tenues ces derniers mois, Merkel avait réitéré que l’Allemagne n’était pas disposée à céder sur ce point. Jusqu’à la semaine dernière, les diplomates allemands avaient été confiants qu’une solution diplomatique serait trouvée pour résoudre la question tout en évitant un conflit ouvert lors du sommet.

Cette option allait échouer suite aux déclarations faites cette semaine à plusieurs reprises par le président Bush et dans lesquelles il insistait sur un calendrier de négociations en faveur d’une entrée rapide des deux pays dans l’Alliance atlantique. Mardi, Bush apparaissait à Kiev aux côtés du président ukrainien Viktor Iouchtchenko pour déclarer que « les Etats-Unis soutenaient entièrement [sa] demande » d’intégration à l’OTAN.

Moscou a répondu sur-le-champ à la proposition de Bush. Le ministre russe adjoint des Affaires étrangères, Grigory Karasin, a réitéré qu´une adhésion ukrainienne à l’OTAN entraînerait une crise profonde dans les relations russo-ukrainiennes et l’envoyé de la Russie auprès de l’OTAN, Dmitry Rogozin, a déclaré que, si l’Ukraine et la Géorgie étaient accueillies dans le soi-disant Plan d’action en vue de l’adhésion (Membership Action Plan, MAP), cela « marquerait un point de non retour dans les relations de son pays avec l’Alliance. »

Ecartant toute critique de ses projets, Bush a repris mercredi dans la capitale roumaine le thème de l’élargissement de l’OTAN devant un auditoire de 500 dirigeants du monde politique et des affaires ainsi que lors d’une réunion du fonds Marshall allemand.

Suite à quoi le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a réprouvé les propos de Bush, qualifiant sa proposition d´élargissement « d’artificielle et de tout à fait inutile » et lançant un avertissement ostensible depuis la Douma (le parlement) à Moscou… « Quand cela se passera, notre réponse ne se fera pas attendre, je vous l’assure. »

Le ministre des Affaires étrangères allemand, Frank-Walter Steinmeier, a déclaré mardi dans une interview accordée au Leipziger Volkszeitung qu’il existait beaucoup de scepticisme en Europe quant au soutien américain à l’entrée de la Géorgie et de l’Ukraine à l’OTAN. Steinmeier a dit qu’après la « difficile décision sur la reconnaissance du Kosovo, il est clair que nous avons atteint, en ce qui concerne notre politique étrangère, le seuil de tolérance de la Russie. »

Steinmeier, tout comme Merkel, avance l´argument que ni la Géorgie sous son président de la république autoritaire Mikheïl Saakaschvili ni l’Ukraine où une grande majorité de la population est opposée à l’adhésion à l’OTAN, ne sont prêtes pour rejoindre l’alliance.

Dans son article de tête sur l’ouverture du sommet, la Süddeutsche Zeitung a commenté : « la stratégie de confrontation de Bush dès le début du sommet a été décrite par les diplomates d’extraordinaire parce qu’elle aurait pu conduire à ce que soit le président soit son adversaire, en l’occurrence la chancelière allemande, y perde la face… »

L’avenir de l’OTAN en jeu

A l’époque de la guerre froide, l’OTAN avait été la pierre angulaire de la politique militaire occidentale sur la scène internationale. A présent, deux décennies après l’effondrement de l’Union soviétique et dans des conditions de crise financière et politique croissante aux Etats-Unis même, certains commentateurs politiques soulignent que l’apparition de divergences profondes entre l’Europe et les Etats-Unis est une menace pour l’existence même de l’alliance.

Dans un article publié dans le journal britannique Independent et intitulé : « N’est-il pas temps de dissoudre l’OTAN maintenant que la guerre froide est finie ? », Adrian Hamilton énumère un certain nombre de sujets de désaccords au sommet de Bucarest : « Les participants sont en désaccord au sujet de l’élargissement vers l’est, les Etats-Unis, soutenus par les membres plus récents, insistant pour une adhésion de la Géorgie et de l’Ukraine malgré le doute exprimé publiquement par l’Allemagne et l’opposition farouche de la Russie. Les membres du noyau central [de l´alliance] sont en désaccord au sujet de leur contribution individuelle à la guerre en Afghanistan. Même la question relativement peu controversée de l’intégration de la Macédoine dans l’organisation est menacée de veto par les Grecs si le nouveau membre refuse de changer de nom. »

Hamilton poursuit : « S’il s’agissait d’une famille, elle pourrait se mesurer aux Royal Tenenbaums [dans le film du même nom de Wes Anderson] et remporter la palme du dysfonctionnement. » Et il conclut : « La perspective angoissante qui règne à Bucarest est qu’en permettant que l’OTAN ne soit poussée dans une nouvelle direction avant que soit réglée la difficile question de son avenir, on risque de détruire l’alliance toute entière. »

L’avenir de l’OTAN fut également abordé par l’ancien ministre des Affaires étrangères allemand, Joschka Fischer, qui considère que le conflit grandissant entre l’Allemagne et les Etats-Unis est au cœur des différends survenus à Bucarest.

Fischer a écrit dans le journal Die Zeit de lundi : « L’avenir de l’OTAN en tant qu’Alliance mondiale pour l’intervention et la sécurité n’est pas à l’ordre du jour officiel du sommet de l’OTAN à Bucarest mais c’est précisément ce dont il sera question. »

En énumérant trois questions fondamentales du sommet, l’Afghanistan, l’élargissement de l’OTAN, les relations OTAN-Russie, Fischer conclut : « Il est remarquable que sur les trois questions décisives de Bucarest, le gouvernement allemand soit en opposition au gouvernement Bush. »

Il vaut la peine d’examiner les commentaires de Fischer de plus près. Contrairement à son prédécesseur, le dirigeant du SPD Gerhard Schröder, Angela Merkel a déclaré soutenir l’invasion américaine de l’Irak en 2003. Si elle avait été au pouvoir à l’époque, des troupes allemandes seraient très probablement engagées dans le bourbier irakien à l´heure qu´il est. Depuis sa prise de pouvoir en 2005, elle s’est efforcée de surmonter la rupture qui était survenue dans les relations avec les Etats-Unis suite au refus de Schröder de défendre ouvertement l’invasion et l’occupation américaines de l´Irak. Il n’y a pas l’ombre d’un doute quant à la crédibilité atlantiste de Merkel. Mais à présent, selon Fischer, la chancelière allemande est, en dépit de ses efforts, en désaccord avec le président américain sur trois questions cruciales de la politique étrangère.

L’Allemagne est très certainement désireuse de maintenir de bonnes relations de travail avec la Russie, pays dont dépend fortement son approvisionnement en énergie. Les tentatives actuelles de Washington de raviver la guerre froide, la Russie jouant le rôle de l’ancienne Union soviétique, ne suffisent pourtant pas à expliquer l’intensité des conflits existant entre l’Allemagne et son allié d’après-guerre le plus étroit. Après la Deuxième Guerre mondiale, les nations occidentales européennes, et l’Allemagne en particulier, ont considéré les Etats-Unis comme un bastion de stabilité économique et politique.

Etant en mesure de compter sur le soutien économique et militaire des Etats-Unis dans le cadre de l’OTAN, il fut possible à l’Allemagne et aux autres pays européens de s’occuper de la reconstruction de leurs économies nationales après la guerre. Après l’effondrement de l’Union soviétique en 1991, les Etats-Unis furent considérés dans les milieux politiques influents, en Europe de l’Est comme de l’Ouest, comme un modèle de développement économique et politique.

Aujourd’hui, au début du 21e siècle, la donne est tout à fait différente. Le premier grand coup porté contre l’OTAN durant ce siècle fut donné par le gouvernement Bush avec la mise en place de la « coalition des volontaires » pour l’aider à mener sa guerre contre l´Irak et à s’assurer les ressources de pétrole du Proche-Orient. La formation d’une coalition de puissances hors des structures internationales existantes dont les Etats-Unis avaient été les pionniers après la Seconde Guerre mondiale, fut correctement interprétée par les puissances européennes comme une tentative de la part de Washington de compenser le déclin de son influence au sein de l’ONU et de l’OTAN.

A la débâcle des cinq années de guerre en Irak s’ajoutent à présent les revers qui se multiplient pour les troupes de la coalition en Afghanistan. Bush s’est rendu à Bucarest avec la ferme intention de réclamer que davantage de troupes combattent dans ce pays ravagé, mais les dirigeants européens sont tout à fait conscients à quel point cette guerre est impopulaire aux yeux de leurs électorats respectifs.

Seul le président français, Nicolas Sarkozy, a réagi au récent appel de Bush en acceptant, sans information de son parlement, d’envoyer 700 soldats français supplémentaires dans l’est de l’Afghanistan. Pour donner une idée des proportions : le commandant en chef de la force internationale de l’OTAN en Afghanistan, le général américain Dan McNeill, a déclaré il y a une semaine que plus de 400.000 hommes étaient nécessaires pour que l’alliance menée par les Etats-Unis puisse combattre efficacement les talibans dans la région. Après sept années de guerre, en plus des signes d’une activité accrue des talibans, McNeill dispose actuellement de moins de 60 000 hommes.

Fischer, au même titre que Merkel, est tout à fait conscient de la dette que le capitalisme de l’Allemagne d’après-guerre a envers les Etats-Unis mais il considère que le gouvernement Bush est trop « faible » et trop « incompétent » pour mener à bien cette besogne en Afghanistan. Fischer affirme que l’Allemagne doit surmonter ses scrupules, envoyer des troupes de combat dans des zones dangereuses et aider les Etats-Unis à tirer les marrons du feu en déployant des soldats dans les régions du sud du pays ravagé par la guerre.

Durant les derniers mois du mandat de Bush, la politique étrangère du président américain revêt un caractère de plus en plus imprévisible et agressif. Ceci a sonné l’alarme dans les milieux politiques européens tout en obligeant les puissances européennes à adopter une attitude de plus en plus indépendante en matière de sécurité et de défense.

L’influent magazine politique allemand IP (Internationale Politik) avait déjà publié des débats sur l’avenir de l’OTAN dans la période précédant le sommet de Bucarest. S’exprimant contre une poursuite de l’alliance, l’expert hollandais de la défense, Peter van Ham, y a affirmé : « Ce n’est qu’une question de temps avant que l’UE ne remplace l’OTAN comme garant de la sécurité et de la défense en Europe. » Ham a accusé les Etats-Unis d’avilir l’OTAN : « Pour eux, l’OTAN n’est rien moins qu’une sorte de saloon où le shérif américain rassemble rapidement sa bande pour traquer les méchants. En mobilisant leur alliance, les Etats-Unis peuvent acquérir le cachet de la légitimité internationale sans que leur marge de manœuvre en matière de politique extérieure ne soit réduite. »

Argumentant contre cette position, un expert plus expérimenté en matière de sécurité, le professeur Karl Kaiser, rappelle que l’objectif initial de la construction de l’OTAN n’avait pas été de combattre une menace extérieure, mais d’empêcher la guerre entre les Etats-membres. En d’autres termes, les pressions centrifuges évidentes à Bucarest et qui menacent à présent de faire éclater l’OTAN, créent également les conditions pour de nouvelles confrontations militaires entre les principales puissances militaires.

Sources
WSWS

Posté par Adriana Evangelizt

publié dans : OTAN
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Vendredi 28 mars 2008

Là, c'est pareil. Nous parlons du problème sur notre blog Poutine (http://vladimir-poutine.activblog.com/categorie-53518.html) mais ce que Sarkozy s'est permis de commettre avec les USA et autres européens atlantistes et merdiques est une honte. Et nul doute qu'il y aura une escalade. Car si Clinton a bombardé la Yougoslavie en 1999, c'était pour virer les Serbes du Kosovo. Là, ils vont donc terminer ce qu'ils ont commencé voilà 9 ans avec la complicité du régime mafioso qui règne au Kosovo. Nul doute qu'ils vont tout faire pour que les Serbes se révoltent, les réprimer, les tuer mais il faudra qu'ils partent. Quand on voit que le satanique Bush va faire livrer des armes au Kosovo, ça veut tout dire. http://vladimir-poutine.activblog.com/article-228573.html. Cet individu et sa clique ne sont bons qu'à faire du mal aux peuples. A tous les peuples. Et nous les méprisons tous du plus profond de notre âme. Vous voyez, nous n'allons pas nous, d'ascendance judaïque de surcroît, avec toute la honte que cela comporte pour nous qui rêvons d'un monde idyllique pour l'Humanité, vous mentir sur notre façon de penser. Plus le temps passe et davantage, nous les haïssons. Et nous souhaitons même très fort que l'on nous en débarrasse, car il est une certitude, c'est que notre planète serait bien mieux sans tous ces fouteurs de merde, sans tous ces vampires qui sucent le sang des humains jusqu'à plus soif. Franchement à quoi servent ces dévoyés ? Quelle est leur utilité si ce n'est d'apporter le malheur que ce soit en Palestine, en Irak, en Afghanistan, au Kosovo maintenant et dans tant d'autres pays sous le couvert d'Al Qaïda ? Quand on voit qu'ils légalisent la torture et le crime. Quand on sait que le 11 septembre, c'est eux qui l'ont fait pour trouver une excuse à la mise à sac du Moyen-Orient. Quand nous les regardons, nous voyons qui ils sont. Tous. Car ils se ressemblent. Ce sont des malfaisants. Des crapules sans états d'âme, inhumaines, cruelles, machiavéliques, calculatrices, hypocrites, menteuses, vicieuses, ils ont tous les défauts et tous les vices. Et ceux qui les défendent sont comme eux parce qu'ils sont malheureusement endoctrinés dès leur plus jeune âge. Oui, quand on voit ces crapules arrogantes décider de quel pays doit être bombardé, on aimerait les avoir en face de nous pour leur dire ce que l'on pense et leur montrer aussi qu'ils n'ont rien dans le pantalon. Ils sont très forts calfeutrés dans leurs bureaux bunkerisés ou entourés d'une escouade de gardes du corps mais pour se la jouer de la mano à mano, cela doit être une autre paire de manches. C'est certain. Oui, franchement, à cet instant précis, nous allons aller jusqu'au bout de notre pensée. C'est avec un grand plaisir que nous ne ménagerions pas nos efforts pour leur apprendre le sens des valeurs, le sens de l'honneur et le sens de la parole donnée. Un fantasme très présent dans notre tête : en finir une fois pour toutes avec ces crapules et leur montrer ce qu'ils sont vraiment. Parce que là, franchement,  le vase déborde. Rien que de les voir, on a envie de gerber, c'est dire.  



Naissance d'un protectorat de l'Otan en Europe


par Thierry Delforge


Ce serait marquer trop de mépris pour les populations des Balkans que de parler de folklore à propos de la proclamation de l' « indépendance » du Kossovo, eu égard aux souffrances endurées par tous les peuples de la région.

Ce serait aussi ignorer l'histoire de populations si longtemps opprimées et qui continuent de l'être.

Il faut comparer cette indépendance avec la notion de souveraineté. La souveraineté implique le respect des droits fondamentaux du peuple, ou des peuples dans les Etats multinationaux. Droits d'association et d'expression, libertés fondamentales, respect des minorités, justice, mais aussi droits sociaux. Or, jusqu'ici, les habitants de la province serbe ont vécu la guerre et l'occupation, ont aussi vécu de la guerre et se voient maintenus dans une économie de subsistance.

L'organisation terroriste de l'UCK, organisation mafieuse, a été constamment soutenue par les puissances occidentales et les USA jusqu'à cette consécration d'une pseudo légitimité assortie d'une totale impunité.

Aujourd'hui l'UE, qui prétend exercer sa puissance tutélaire et mener une opération de police par l'envoi de magistrats et de policiers, est profondément divisée. Les apprentis sorciers, les experts militaires, les ethnologues, les sociologues et les balkanologues ont appliqué les méthodes coloniales dans le démantèlement de la Yougoslavie. Et, d'une certaine manière, ont poursuivi la politique raciste, raciale qui fut celle des nazis dans cette région du monde.

Et pourtant l'UE s'est efforcée de freiner l'agression menée par l'administration Bush, agression initiée sous Clinton. En vain, sinon par une attitude pour le moins ambiguë, qui a conduit l'UE à accompagner le fait accompli et une mise sous tutelle par des instruments de « bonne gouvernance », des « administrateurs », juges et policiers notamment - près de 2.500 - comme il en existait dans les pays coloniaux. L'agression menée par les États-Unis s'est concrétisée, au Kosovo, par l‘implantation d'une énorme base militaire U.S., la base de Bondsteel qui compte près de 8.000 soldats.

La résolution 1244 de l'ONU, qui consacrait la présence de la KFOR, est formellement obsolète puisqu'il s'agissait de l'occupation militaire d'une province serbe précédée de bombardements « humanitaires », tout aussi « humanitaires » que cette occupation dont l'OTAN, à l'exclusion de l'UE, reste maîtresse quasi exclusive. De reconstruction il n'y a pas - les budgets qui lui seraient consacrés sont dérisoires comparés à ceux de l'occupation - et le peu qui sera fait impliquera les réseaux mafieux comme cela s'est produit en Bosnie. Un commentateur évoquait la naissance d'un « Frankenstein mafieux ». Ce n'est pas sans raison que la Suisse, elle aussi, participe à l'occupation, la communauté kosovare dans ce pays constituant un « cinquième canton »...

La Grèce, l'Espagne et la Roumanie ont refusé de reconnaître le nouvel « Etat ». L'effet de contagion, et la contradiction, sont évidents. Il suffit d'évoquer la Transnitrie, dissidente de la Moldavie ( et la Roumanie), l'Ossétie du Sud, dissidente de la Géorgie, le Nagorny Karabakh, dissident de l'Azerbaïdjan, la partition, sous l'égide de l'OTAN, de Chypre, l'Euzkadi, le Kurdistan...pour comprendre que là où l'on parle de « missions de paix » il y a une volonté, délibérée de la part des Etats-Unis et contrainte de la part de l'UE de semer la division et de préparer d'autres guerres de conquête aux objectifs économiques et stratégiques au nom, bien entendu, de « l'interventionnisme humanitaire ».

Articles de Thierry Delforge publiés par Mondialisation.ca

Sources Global Research
http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=8382

Posté par Adriana Evangelizt

par Amidror publié dans : OTAN
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Vendredi 28 mars 2008

Bien que ceci ne soit pas une surprise, il y a longtemps que nous savons qu'il y a une base américaine avec tout ce que cela comporte d'infiltration d'agents secrets tant de la CIA que du Mossad. De toute façon, lorsque dans un pays, il y a des attentats au nom d'Al Qaïda ou de ben Laden, il ne faut pas chercher midi à quatorze heures, c'est signé. Ben Laden est mort, c'est une certitude. On nous prend pour des piments avec cette histoire depuis le 11 septembre 2001. Croyez bien que si ben Laden était vivant, il aurait fortement riposté à tous les crimes commis en son nom. Nous avons déjà signalé le fait que l'attentat perpétré après la venue de Sarkozy en Algérie alors qu'un ministre l'avait traité de sioniste et que tout un charivari avait été fait sur Enrico Macias -grand Ami d'Israel- dont la présence n'était pas la bienvenue (http://usa-menace.over-blog.com/article-7301878.html.) Ceci n'est pas pour nous une simple coïncidence comme il y a mille autres tout aussi parlante.

D'autre part, le fait qu'une base américaine se soit installée insidieusement sur le sol algérien sans que le Peuple en soit averti prouve là aussi où en est Bouteflicka. Nous vivons dans un monde complètement pourri. Tout le monde laisse la toile d'araignée des faiseurs de guerre se tisser sans piper mot. Les peuples vont bientôt payer le prix fort du dévoiement des élites. A moins que la terre ne se mette enfin à générer une catastrophe planétaire qui détruirait tout ce système. A notre avis, le salut ne peut venir que de là et de forts indices nous incitent à le penser. Bien sûr le trois-quart de l'Humanité sera détruite aussi mais c'est le prix à payer pour que toute cette lie ne soit plus dans la configuration du Nouveau Monde. Il ne faut pas oublier que la dernière catastrophe a eu lieu il y a 12960 ans. Et que nous sommes les descendants des rescapés. Car il y en a eu.



Une base américaine à l'insu du Peuple Algérien


Cela fait des mois que nous tentons d’attirer l’attention de l’opinion publique sur l’action insidieuse et subversive des néo cons