HYSTERIE AUX USA CONTRE JIMMY CARTER… ET OBAMA N’EST PAS EN RESTE

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HYSTERIE AUX USA CONTRE JIMMY CARTER... ET OBAMA N'EST PAS EN RESTE



La puissance du lobby pro-israël aux Etats-unis est telle - surtout dans le camp Démocrate - qu’on comprend qu’un candidat ne veuille pas risquer de s’aliéner des voix d’électeurs. Mais néanmoins, on aurait préféré voir le candidat du “changement” adopter une attitude plus intelligente vis à vis des initiatives de son ancien mentor, Jimmy Carter.

Mais les Etats-unis sont devenus un pays d’hystériques, ces 8 dernières années… quand un éditorialiste réputé en vient à écrire que le simple fait de parler avec le Hamas ou de critiquer Israël c’est “planter les graines de la destruction de la Civilisation Occidentale”, c’est vraiment qu’au niveau des mentalités, on en est revenu au 12è siècle et la grande croisade…


[Tim Carr - IES News Service - 23/04/2008 - Trad. Grégoire Seither]

Pauvre Jimmy Carter. Tout ce qu’il voulait c’était initier des pourparlers en vue d’arriver à la paix. Mais tout ce qu’il a reçu c’est une volée de bois vert, de l’Administration Bush, de la Secrétaire d’Etat, du gouvernement israélien, des grands groupes de presse… et même des candidats à la présidence !

Les plus navrants ont été les commentaires de Barack Obama, qu’une partie de l’opinion considérait comme un potentiel candidat du changement dans la politique étrangère U.S. Parlant devant un groupe de leaders de la communauté juive, dans une synagogue de Philadephie, Obama a critiqué l’initiative de Carter, déclarant que , Hamas n’est pas un Etat, Hamas est une organisation terroriste. De toute évidence ils ont développé une forte influence dans les territoires Palestiniens, mais ils ne contrôlent pas l’appareil du pouvoir.

Cette distinction est surprenante, étant donné le fait que Obama a fréquemment signalé sa volonté de “parler à tout le monde” et que le Hamas est une organisation politique qui - démocratiquement parlant - représente la grande majorité du peuple Palestinien, formant la majorité des élus au parlement palestinien.

Si le fait de détenir le siège de Premier Ministre à la suite d’une élection démocratique n’est pas synonyme de “détenir l’appareil du pouvoir”, alors on peut se demander quel est le critère retenu par M. Obama.

Obama a également sacrifié à l’obligation de se présenter comme un ami inconditionnel d’Israël, déclarant que, s’il était élu, “il ferait le nécessaire pour qu’Israël puisse se défendre contre toute attaque,” - même si, ici encore, son choix des mots était intéressant, étant donné qu’il ne s’est pas explicitement engagé à aller en guerre pour le compte d’Israël, comme l’ont fait John McCain et Hillary Clinton.

Carter a également été lacéré par les médias étatsuniens qui n’ont parlé de son voyage que pour le critiquer. La page éditoriale du Washington Post’ - un traditionnel terrain de jeu des néo-cons U.S. - s’est surpassé en accusant Carter d’aller embrasser des brutes sanguinaires. Selon le Post, le Hamas est une bande de “terroristes” qui “n’hésite pas à frapper des civils” comme par exemple la ville israélienne de Sderot, soumise à “des attaques quotidiennes de missiles du Hamas”. Le Post fait semblant d’ignorer qu’en matière de “frappes contre des civils” c’est Israël qui est champion toutes catégories. Lors de ses raids contre des “militants”, elle laisse généralement plusieurs civils innocents, dont des enfants en bas âge, sur le carreau. Alors que les “attaques quotidiennes” contre Sderot n’ont pour l’instant tué qu’une seule personne l’année dernière, les représailles israéliennes ont tué, pendant la même période, près d’un millier de Palestiniens, la majorité des enfants et des civils innocents

Pour l’influent Business Daily : “Jimmy Carter est le pire de nos anciens présidents, il honore la mémoire de Yasser Arafat tout en embrassant des terroristes assassins. Au lieu de faire la bise aux terroristes, Jimmy Carter ferait mieux d’aller se recueillir sur les tombes de leurs victimes”.

Pour Benjamin Shapiro, éditorialiste réputé dans plusieurs quotidiens U.S., c’est carrément la civilisation occidentale qui est en danger : “Jimmy Carter est un agent du mal. C’est douloureux de devoir traiter un ancien président U.S. de partisan des ténèbres. Mais il est dangereux de laisser un homme comme Jimmy Carter hanter la planète, drappé dans la cape de la réputation américaine et plantant les graines de la destruction de la Civilisation Occidentale. “

Le député du Michigan, Joe Knollenberg est tellement en colère contre Carter qu’il a demandé au Congrès de bloquer tous les financements fédéraux alloués au Centre Carter, expliquant que “l’Amérique doit parler d’une seule voix contre nos ennemis terroristes”.

Allant encore plus loin, la député de Caroline du Nord, Sue Myrick a demandé à Condoleeza Rice de retirer son passeport à Jimmy Carter. “Cet homme est malade, il doit être mis en quarantaine, on ne peut le laisser sortir de chez lui pour aller semer ces idées malades à travers le monde.

Du coté du Congrès, Howard Berman, le nouveau directeur de la commission des Affaires étrangères (House Foreign Affairs Committee), s’est plaint du fait que Jimmy Carter “n’est pas neutre quand il s’agit du Moyen Orient et d’Israël”. Berman, par contre qui est membre honoraire du parti Likud israélien et participe activement à tous les groupes de pression pro-Israël à Washington, est d’une neutralité absolue sur la question.

Ironiquement, il serait bon de rappeler à toutes ces ofraies que Carter est un des présidents U.S. qui a fait le plus pour la paix en Israël , pas seulement pour les politiciens d’extrème droite qui ont la faveur actuellement à Washington. C’est lui qui, en 1979, a négocié l’accord de paix avec l’Egypte qui a ouvert la voie à la normalisation des relations entre Israël et plusieurs pays arabes.

Il a toujours été un porte-parole honnète, même si parfois un peu pontifiant, qui a eu le courage de reconnaître que, dans les territoires occupés, Israël a mis en place un système proche de l’apartheid. C’est une réalité que la presse israélienne n’hésite pas à dénoncer mais qu’il est interdit de mentionner aux Etats-unis, sauf à se faire traiter d’antisémite par les “groupies” du lobby pro-israël qui courent après le “vote juif”.

Sources
Libertés Internet

Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans USA-ISRAËL

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