Etats-Unis : la Cour suprême affirme le droit à posséder des armes à feu

Publié le par JC

On voit là qui fait la loi à la Cour Suprême, le lobby des armes. Il règne déjà des plus de vingt ans une violence inouïe aux Etats-Unis. Ce n'est pas une chose dont on parle dans les journaux, c'est certain. Mais si vous vous balladez le soir seul dans certains quartiers, il est fort possible que vous ne rentriez jamais chez vous et que l'on vous assassine pour 10 dollars si vous tombez sur une dealer en manque ou un détraqué. Alors cette loi ne fera qu'aggraver la situation, c'est certain, car n'importe qui pourra s'acheter une arme. Et si vous avez un casier judiciaire non vierge, il n'est pas difficile de faire appel à un ami qui lui l'a blanc comme neige. Les Etats-Unis qui se croient démocratiques sont en pleine déliquescence... 

 



Etats-Unis : la Cour suprême affirme le droit à posséder des armes à feu



par Corine Lesnes


La Cour suprême des Etats-Unis a affirmé solennellement le droit individuel des Américains à posséder des armes à feu. Dans une décision jugée historique, et dont s'est amplement réjouie la National Rifle Association (NRA, le lobby des armes), la Cour a invalidé, jeudi 26 juin, l'interdiction des armes de poing qui était en vigueur depuis 1976 dans la ville de Washington, une mesure qui avait le soutien des trois quarts des habitants.

Par 5 voix contre 4, la Cour a affirmé que le 2e amendement "protège le droit d'un individu à posséder une arme, indépendamment du service dans une milice, et à utiliser cette arme dans un but légal, tel que l'autodéfense à domicile". C'est la première fois depuis 1939 que les neuf juges se penchent sur la signification du 2e amendement à la Constitution, dont la rédaction suscite depuis un siècle des divergences d'interprétation. C'est aussi la première fois dans l'histoire qu'ils en livrent une lecture en profondeur. A une virgule près, le droit des citoyens à posséder des armes peut être compris comme un droit collectif (celui des milices) ou comme un droit individuel.

Au nom de la majorité, le juge Antonin Scalia a néanmoins souligné que "comme la plupart des droits, le 2e amendement n'est pas sans limites. Il n'est pas le droit de posséder et de transporter n'importe quelle arme de n'importe quelle manière et dans n'importe quel but".

L'opinion de la Cour ne doit donc pas remettre en question l'interdiction de vendre des armes aux criminels ou aux personnes souffrant de troubles mentaux, ni les lois interdisant le port d'arme dans les écoles ou les édifices gouvernementaux.

Les partisans du contrôle des armes savaient qu'ils n'avaient pas la partie facile, alors que le 2e amendement est désormais interprété comme un droit individuel par la majorité de la population (72% des Américains sont de cet avis, selon un sondage du Washington Post publié en mars), bien que les tribunaux fédéraux se soient généralement prononcés en sens inverse.

La portée de cette opinion, que la Cour avait gardée pour le dernier jour de sa session, a pu être évaluée dans le quart d'heure qui a suivi lorsqu'une plainte a été déposée contre une interdiction similaire à Chicago. A San Francisco, les avocats se préparaient à une action en justice dès vendredi matin. Les villes de New York et de Philadelphie, qui ont mis en place des restrictions du même ordre, s'attendent aussi à des contestations en justice.

A chaque fois, les mêmes logiques s'affrontent. Les uns affirment que la prolifération des armes à feu entraîne un nombre disproportionné de décès par arme à feu (plus de 30 000 chaque année; 58% par suicide, 40% par homicide, 2% par accident). Les autres estiment que le port d'arme est une dissuasion et qu'il est scandaleux de priver les habitants des quartiers où sévit la violence de moyens de se défendre.

Le maire de Chicago, Richard Daley, a très mal pris la décision de la Cour. "Est-ce que cela nous conduit à ce que tout le monde ait une arme dans cette société? S'ils pensent que c'est la réponse, alors pourquoi ne nous débarrassons-nous pas des tribunaux et ne retournons-nous pas à l'Ouest sauvage? Vous avez un fusil, j'ai mon fusil, et on règle cela dans la rue! Nous nous prenons pour une société tellement évoluéeMais le reste du monde se moque de nous", a-t-il dit.

Dans son opinion dissidente, le juge Breyer a estimé que la décision de la majorité "semait le doute sur la constitutionnalité de toutes les mesures de contrôle des armes à feu". Les juristes interrogés par le New York Times pensent cependant que la plupart de ces recours devraient être déboutés. La décision de la Cour permet aux instances locales d'imposer certaines restrictions.

Selon la Cour, les armes "dangereuses et inhabituelles" peuvent aussi être interdites. Aucune définition précise n'est donnée par le juge Scalia, mais les spécialistes s'accordent à penser que cette catégorie inclut les fusils d'assaut, dont l'interdiction fait l'objet d'une bagarre entre républicains et démocrates.

A Washington, la décision de la Cour a causé une réelle déception, notamment pour le maire Adrian Fenty, qui en avait été réduit il y a dix jours à imposer des check-points dans le quartier de Trinidad, au nord-est du Capitole, à la suite d'un week-end endeuillé par huit meurtres. La plainte avait été déposée par un garde de sécurité de Washington, Dick Heller, qui s'était vu refuser le droit de posséder une arme chez lui. Le Cato Institute, un cercle de réflexion qui prône la stricte observance de la Constitution, l'avait "recruté" pour tester la Cour suprême sur son interprétation du 2e amendement. Un avocat de l'institut avait organisé les poursuites.

Sources
Le Monde

Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans LA VIOLENCE AUX USA

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