Non prolifération des armes nucléaires : Ahmadinejad "Pourquoi les autres et pas moi ??"

Publié le par JC




Non prolifération des armes nucléaires : Pourquoi les autres et pas moi ?? Ahmadinejad


Par Jean-Marc Trappler


Le Traité de non prolifération des armes nucléaires ne fait pas partie des souvenirs que les soixante-huitards revendiquent. Pourtant, c'est en 1968 qu'il a vu le jour.

Qui s’en souvient ? Qui peut dire encore aujourd’hui ce qu’il représente ? L’Iran et son nucléaire douteux est là pour nous le rappeler, avec, pour petit copain, une Corée du Nord pas vraiment clean en dépit d’une bonne volonté de façade. Ouvrons le dossier. Ces deux états nous y incitent.

Adopté par l’ONU en juin 1968, ce Traité devait constituer une sorte d’assurance dont les promoteurs, détenteurs de l’arme nucléaire, promettaient de tout mettre en œuvre afin de limiter la prolifération aux seuls membres du club et empêcher par tous les moyens, l’accès au feu nucléaire par toute autre puissance. Les signataires s’engagèrent ainsi à ne pas se doter de la bombe ; parmi eux, certains ont succombé à la tentation. Libye, Irak, Afrique du Sud, Taiwan et Corée du Nord pour ne nommer que ceux-ci. Cela a donc marché un certain temps mais voilà que, tentation ou autre raison oblige (bombe islamique), certains pays redécouvrent l’attrait de ce feu.

On pourrait se dire, mais de quel droit, telle ou telle puissance – arguant de sa sécurité - n’aurait pas le droit de posséder l’arme nucléaire ?

L’Inde et le Pakistan se sont calmés en la possédant et leurs regards ne se croisent plus de la même façon depuis. Mais ce n’est pas si simple… et puis, tout comme Israël, ils n’étaient pas signataires du Traité. Des failles ? Pas vraiment puisque l’on peut considérer que ces pays contribuent, du fait de leur nucléarisation militaire, au maintien d’un certain équilibre durable dans leurs sphères d’influence à défaut d’une paix jamais acquise.

Ce Traité ne joue plus son rôle premier, il a besoin d’être revisité et plus précis quant aux conditions de son application. C’est interdit de « proliférer » – point – cela ne veut plus dire grand-chose. Il conviendrait donc de réexaminer non pas les conditions de nouvelles adhésions, voire d’entériner certaines situations, mais de réduire en premier lieu les stocks existants jusqu’à un équilibre rapidement chiffré afin d’en neutraliser les emplois potentiels. Cela est utopique, car légiférer sur le nombre et la puissance des bombes n’est pas un facteur d’équilibre.

C’est désormais le vecteur porteur de la bombe qui, de par sa vitesse et son stationnement au plus proche des cibles prévaudra (bases spatiales), renforcé par la capacité d’interception des missiles antimissile.

Américains et Russes possèdent les arsenaux les plus considérables, et on ne sent pas vraiment, de leur part, d’engagement à les réduire, très occupés qu’ils sont à réduire les temps de voyage des missiles qu’ils se destinent afin d’empêcher toute interception et deuxième frappe. Au taux du rouble, le dollar prend de l’avance…

Aucun traité ne nous mettra à l’abri de la folie d’un groupe terroriste ou état voyou qui nous enverra une bombe sale prête à exploser, à bord d’une barge propulsée par de vieux moteurs Diesel dans le port de Saint-Tropez. Les cibles ne manquent pas. L’imagination non plus.

Avec le recul, on peut dire que « ça a marché »

Globalement, ce Traité a été respecté. Il mériterait cependant quelques rénovations. On a pu observer que des pays se sont retirés du traité juste après avoir atteint le seuil de réalisation de l’arme nucléaire, accédant ainsi, « légalement » à la bombe. Mais quelle différence entre un pays, comme l’Inde, qui n’a jamais signé le Traité et qui a accédé à la bombe et la Corée du Nord qui s’en est exclue au moment « T » ? L’un est dans la légalité, l’autre pas, c’est original... Cela se poursuit avec l’Iran potentielle détentrice illégale de l’arme nucléaire.

Interdire l’enrichissement d’uranium

Si nous ne parvenons pas à la faire fléchir dans ses intentions et la laissons aller jusqu’à la réalisation, rien n’empêchera demain d’autres pays de suivre l’exemple. Au nom de quoi alors pourra-t-on s’opposer à ce que l’Egypte et la Turquie - par exemple - ne décident pas se doter de la bombe sous couvert d’un programme civil donc légal ? Sans entrer dans les détails, passer du nucléaire civil au nucléaire militaire est affaire d’enrichissement d’uranium ; et c’est sur ce point que la vigilance du traité doit s’exercer.

Quelles sanctions pour les contrevenants ?

On pense bien sûr à l’Iran. De sanctions en sanctions, l’Iran s’enfonce dans l’irrémédiable. Tout a été tenté. Sanctions économiques et financières sur les pôles les plus importants de son économie. Sanctions la privant de ses revenus énergétiques. La gamme des sanctions est large et ce n’est pas fini. Mais jusqu’où peut-on ne pas aller ? Si, demain, nous avons, sur le même exemple, non plus deux mais dix pays tentés par l’aventure du nucléaire militaire, aura-t-on encore la patience que nous avons développé avec l’Iran ? Faudra-t-il rapidement intervenir de façon musclée pour empêcher toute velléité nouvelle d’enfreindre le Traité ? Tout ceci n’est qu’une question d’évaluation de la menace et repose – aujourd’hui et pour longtemps – dans les mains seules des américains même si l’ONU semble diriger les débats.

Le problème iranien a la particularité d’être dangereusement imbriqué avec le conflit israélo palestinien en plus d’être en tenaille entre l’Irak occupé par les américains et l’Afghanistan par l’OTAN. L’embrasement de la région n’est souhaitable pour personne, l’Iran abuse de cette crainte, à n’en point douter.

Les américains étaient prêts à bombarder mais, stupeur, la CIA, jetant sur la table du président un rapport de 2003 attestant de l’abandon du programme militaire par l’Iran fit rengainer à Bush son arsenal, penaud mais pas vaincu.

Un remake de l’Irak venait d’être évité avec des conséquences dont on a même pas idée ici en Europe. Bref, la diplomatie a encore de beaux jours dans la région si les faucons sont disposés à la laisser œuvrer. De toute façon, nous sommes loin de la vérité. L’Iran jure les grands dieux qu’elle coopère avec l’AIEA dans la voie du non enrichissement de l’uranium mais en même temps, information hurlante réservée aux Iraniens, leur président jure la destruction d’Israël. Le dossier est décidemment très compliqué. Pourquoi moi et pas les autres ?? Clame Mahmoud Ahmadinejad,

Une solution : « dénucléariser les régions à problèmes »

C’est une solution qui ne tient que si la région concernée est exempte de nation détentrice de la bombe. Quid donc d’Israël dans la région à laquelle on pense, ce sera difficile à moins d’obtenir des assurances que seules les « grandes puissances » pourraient apporter. Mais comme personne ne s’entend vraiment, cela restera un casse-tête. En attendant, le Traité rouille dans les silos. Moscou et Washington s’entendant à le faire oublier tout en lorgnant les meilleures positions dans la région, Moscou s’employant à recouvrir des parcelles de sa puissance passée et Washington à poursuivre l’œuvre entreprise…

Et la France dans tout cela ?

Loin des énormes stocks des deux super puissances en la matière, Russes et Américains, elle organise et modernise sa force de dissuasion sans intention de remettre en cause son format.

Sources
Armées com

Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans IRAN ISRAEL

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article