Karadzic comparaîtra devant le TPI jeudi

Publié le par JC

Cela n'a pas traîné pour Karadzic. Il y a des tas de criminels de guerre dont on sait très bien où il se trouve qui, eux, ne comparaîtront jamais devant cette comédie qu'est le TPI. La Justice mondiale pratique le deux poids deux mesures. Il y a les bons criminels et les mauvais.



Karadzic comparaîtra devant le TPI jeudi



L'ex-leader des Serbes de Bosnie a été extradé dans la nuit vers les Pays-Bas, où il doit être jugé pour crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide.

Radovan Karadzic est arrivé mercredi matin au centre de détention du Tribunal Pénal International (TPI), un quartier de la prison de Scheveningen, dans la banlieue de La Haye (Pays-Bas), loué à cet effet par les Nations Unies.

Dans la nuit, c'est un convoi de trois jeeps aux vitres teintées qui avaient quitté le tribunal de Belgrade où il était détenu. Direction l'aéroport de la capitale serbe. Un avion, portant le drapeau serbe tricolore et muni d'un emblème d'aigle à deux têtes, y a décollé vers 4h15, sans que l'on sache officiellement si le criminel de guerre était à son bord. La confirmation en est venue plus tard, par la voix d'un communiqué du bureau du procureur du tribunal serbe pour les crimes de guerre, officialisant l'extradition.

Radovan Karadzic, l'ancien chef politique des Serbes de Bosnie, âgé de 63 ans, était, avec son alter ego militaire Ratko Mladic toujours en fuite, l'un des deux fugitifs les plus recherchés d'Europe avant son arrestation la semaine dernière par les services secrets serbes, après 13 ans de cavale. Son arrestation et son extradition ont donné lieu à des manifestations de soutien des Serbes de Bosnie et des nationalistes serbes.

Il est accusé de crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide, notamment pour le massacre de près de 8.000 hommes et adolescents musulmans en juillet 1995 à Srebrenica, dans l'est de la Bosnie (voir notre diaporama). Il est considéré comme le cerveau du «nettoyage ethnique» lancé, avec l'appui de Belgrade, selon le procureur du TPI, contre les Musulmans et Croates durant la guerre de Bosnie (1992-1995), qui a fait 100.000 morts et 2,2 millions de réfugiés, soit la moitié de la population bosniaque (lire l'acte d'accusation du TPI en français). Karadzic a été le tout premier dirigeant inculpé par la justice internationale, bien avant le Yougoslave Slobodan Milosevic, le Libérien Charles Taylor, le Tchadien Hissène Habré ou encore, récemment, le président soudanais Omar el-Béchir. Il risque la prison à vie -le TPI ne prévoit par la peine de mort- s'il est reconnu coupable des onze charges qui pèsent contre lui.

Lors de sa première comparution, qui doit avoir lieu jeudi après-midi, il lui sera demandé s'il plaide coupable ou non coupable. Par la voix de ses avocats à Belgrade, Karadzic a laissé entendre qu'il veut se défendre lui-même à son procès : il devra néanmoins en faire dès que possible une demande motivée par écrit au greffe et c'est ensuite aux juges de décider en prenant en compte les avis des différentes parties. Au total, la procédure judiciaire devrait être longue. L'ancien président serbe Slobodan Milosevic, arrêté le 1er avril 2001 en Serbie, avait ainsi été transféré à La Haye. Sa comparution initiale avait eu lieu le 3 juillet, et son procès avait débuté le 12 février 2002. L'accusé est mort le 11 mars 2006 de cause naturelle avant la fin de la procédure.

»DOSSIER SPECIAL - La chute de Karadzic

Sources : Le Figaro

Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans Poutine Bush

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