Lavrov accuse à Varsovie les Etats-Unis de vouloir encercler la Russie

Publié le par JC



Lavrov accuse à Varsovie les Etats-Unis de vouloir encercler la Russie


 

 

 

 


Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a accusé jeudi à Varsovie les Etats-Unis de vouloir encercler la Russie et réaffirmé l'opposition de Moscou à l'installation en Pologne d'éléments du bouclier antimissile américain.

Le ministre russe a affirmé que les Etats-Unis préparaient "non seulement une troisième, mais aussi une quatrième et cinquième zone de stationnement (d'éléments du bouclier) et pas seulement à proximité des frontières européennes" de la Russie.

"Nous posons ces questions à nos partenaires américains", a ajouté M. Lavrov, premier haut responsable russe à venir dans un pays de l'Union européenne depuis l'éclatement en août de la crise géorgienne.

La Pologne a accepté en août, en pleine crise géorgienne, d'accueillir à l'horizon 2012 une base américaine de dix intercepteurs capables de détruire en vol d'éventuels missiles balistiques à longue portée, et couplés à un puissant radar implanté en République tchèque. Selon Washington, il s'agit de parer ainsi à une éventuelle menace venant de pays comme l'Iran.

"Nous ne voyons aucune menace de la part de la Pologne, mais nous avons dit qu'il y a des risques pour la sécurité de la Fédération de Russie qui résultent du rapprochement des infrastructures américaines de nos frontières", a dit M. Lavrov lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue polonais Radoslaw Sikorski.

Dans un article publié jeudi par le quotidien polonais Gazeta Wyborcza, M. Lavrov a affirmé que le bouclier antimissile américain n'avait pas d'autre cible que les missiles russes.

Selon lui, "une simple analyse militaire prouve qu'une base européenne pour la défense globale antimissile des Etats-Unis n'a pas, et n'aura pas pour de longues années, d'autres cibles que les missiles russes".

"Tout expert objectif comprend que les missiles d'Iran ne constituent aucune menace pour l'Europe, et encore moins pour les Etats-Unis", a affirmé M. Lavrov.

Cherchant visiblement à rassurer son interlocuteur russe, Radoslaw Sikorski a déclaré devant la presse que le candidat démocrate à la présidence des Etats-Unis, Barack Obama, soutiendrait l'installation en Pologne d'élements du bouclier antimissile seulement à condition qu'il ne soit pas dirigé contre la Russie.

"Dans des discussions avec moi, le sénateur Obama a carrément mis comme condition à la réalisation du bouclier des garanties qu'il ne sera pas dirigé contre la Russie", a déclaré M. Sikorski.

Le ministre polonais a dit aussi avoir participé mardi à un "mini-briefing militaire" pour le candidat républicain John McCain, où "rien ne pouvait indiquer que le bouclier soit dirigé contre la Russie".

"Nous espérons donc que les craintes russes à propos de l'accord (polono-américain sur le bouclier antimissile) vont disparaître avec le temps", a-t-il ajouté.

M. Lavrov a affirmé que la porte restait ouverte avec les Etats-Unis et ses alliés pour "des négociations sérieuses".

"Nous sommes prêts à examiner des propositions concrètes, mais il faut des garanties réelles, et non des gestes politiques superficiels", a précisé M. Lavrov, dans son article pour Gazeta Wyborcza.

Concernant le conflit autour de la Géorgie, M. Sikorski s'est borné à indiquer que "la Pologne se prononcerait dans le cadre de l'Union européenne, de façon équilibrée". Il a dit que ses entretiens avec M. Lavrov lui "ont permis de mieux comprendre la position de Moscou".

Le ministre russe a assuré de son côté que la région séparatiste géorgienne de l'Ossétie du Sud n'avait pas l'intention d'intégrer la Fédération de Russie.

Dans la matinée, le président de l'Ossétie du Sud Edouard Kokoïty avait déclaré que la région allait entrer dans la Fédération de Russie, avant de revenir sur ses propos.

Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans Poutine Bush

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