Nucléaire: l'Iran poursuivra ses activités malgré les appels de l'ONU

Publié le par JC



Nucléaire: l'Iran poursuivra ses activités malgré les appels de l'ONU



L'ambassadeur de l'Iran auprès de l'Agence internationale de l'énergie atomique a déclaré lundi que son pays poursuivrait ses activités d'enrichissement d'uranium, malgré les appels du Conseil de sécurité de l'ONU à leur suspension, rapporte l'agence iranienne ISNA.

"Dire que l'Iran n'a pas exécuté la résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies lui demandant de suspendre son enrichissement d'uranium n'a rien de logique", a déclaré Ali Ashgar Soltanieh, selon ISNA.

"L'Iran ne voit aucune raison légale de le faire, et ne peut donc pas renoncer à son droit indéniable garanti par la charte de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA)", a-t-il ajouté.

Dans son dernier rapport, dont l'AFP a pu voir lundi la copie, l'AIEA "regrette de n'avoir pas pu faire de progrès substantiels sur les prétendues études (ndlr: sur une éventuelle militarisation du programme nucléaire iranien) et sur les autres sujets clés associés à ce problème qui continuent de l'inquiéter sérieusement".

Le régime iranien est accusé depuis fin 2007 d'avoir mené des études sur une militarisation de son programme nucléaire.

Ces "prétendues études" portent notamment, selon l'AIEA, sur la confection d'ogives, la possible conversion du missile Shahab-3 en missile nucléaire ou encore des installations pour des essais nucléaires souterrains en Iran.

Lors de nombreuses négociations menées jusqu'à l'été avec l'AIEA, Téhéran a refusé de discuter de ces études qu'elle a qualifiées "d'allégations sans fondement" et basées sur des renseignements "fabriqués".

Dans ce dernier rapport, qui sera discuté à partir de lundi prochain par le conseil des gouverneurs de l'AIEA réuni à Vienne, l'agence onusienne dénonce une nouvelle fois le refus de Téhéran de cesser ses activités d'enrichissement de l'uranium, malgré trois séries de sanctions imposées par le Conseil de sécurité de l'Onu.

"Contrairement aux décisions du Conseil de sécurité, l'Iran n'a pas suspendu ses activités liées à l'enrichissement de l'uranium", avertit l'AIEA, soulignant que les experts iraniens faisaient tourner près de 3.800 centrifugeuses dans son centre atomique de Natanz (centre de l'Iran), soit 200 installations de plus que lors du dernier décompte publié en mai par l'agence.

L'uranium enrichi sert à fabriquer du combustible pour les centrales nucléaires mais peut aussi, lorsqu'il est enrichi à un degré particulièrement élevé, être utilisé pour la fabrication d'armes atomiques.

De plus, l'AIEA parle d'une autre "cascade" de 164 de ces machines d'enrichissement également en service en Iran mais qui n'a pas encore été alimentée en uranium.

Toujours dans ce rapport, l'AIEA souligne que les experts nucléaires iraniens procèdent aussi à des essais de différents types de centrifugeuses plus perfectionnées dans d'autres lieux qu'à Natanz.

Aussi le nombre total des centrifugeuses en Iran semble coïncider avec le chiffre de "près de 4.000" avancé le 29 août par le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Alireza Sheikh Attar.

Selon l'AIEA, le centre de Natanz a produit au total 480 kg d'uranium faiblement enrichi. Selon un haut responsable de l'agence, il faudrait à l'Iran quelque 1.700 kg supplémentaires d'uranium faiblement enrichi pour pouvoir fabriquer une bombe atomique.

Les Etats-Unis, qui ont menacé de nouvelles sanctions si Téhéran ne cesse pas toute activité d'enrichissement, ainsi que d'autres grandes puissances occidentales persistent à dire que l'Iran tente de se doter de l'arme nucléaire sous couvert du développement de son programme nucléaire civil.

Les cinq membres permanents du Conseil de sécurité (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie) et l'Allemagne ont rafraîchi en juin dernier leur offre de coopération et le renoncement à de nouvelles sanctions contre Téhéran en échange de l'arrêt de la mise en service de nouvelles centrifugeuses.

Mais les Iraniens n'ont jusqu'à présent pas donné suite à cette proposition.

Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt  

Publié dans IRAN ISRAEL

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