Particuliers et associations s'inquiètent d'une faillite des banques françaises

Publié le par JC



Particuliers et associations s'inquiètent d'une faillite des banques françaises



Effrayés par la crise financière et l'effondrement de Lehman Brothers, particuliers et associations commencent à s'inquiéter d'une faillite bancaire en France, mais les experts mettent en avant la solidité du secteur et les protections prévues.

"En 21 ans d'existence, on n'avait jamais vu ça", assure Serge Maître, président de l'Association française des usagers de banques (Afub).

L'Afub affirme avoir reçu en trois mois 250 courriers, appels téléphoniques et e-mails de particuliers s'inquiétant pour la sécurité de leur compte bancaire et pour la solidité des banques françaises en général.

"Nul ne peut actuellement assurer la pérennité du secteur bancaire. En France, il y a de très gros établissements, mais on peut craindre qu'une deuxième crise des +subprime+ les balaye", estime M. Maître.

A l'Association d'aide contre les abus bancaires (Aacab), on constate aussi un regain d'inquiétudes depuis l'annonce lundi de la quasi-faillite de la banque d'affaires américaine Lehman Brothers.

"Des gens nous demandent si leur banque va faire faillite? Et si oui, qu'est-ce qu'ils doivent faire?", raconte Bernard Dagorn, porte-parole de l'association, même s'il reconnaît que ce n'est pas encore devenu la principale crainte de ses adhérents.

"On a plus de questions sur les crédits bancaires" plus difficiles à obtenir du fait de la crise, indique-t-il.

Au Crédit Agricole, on fait état de quelques appels de clients inquiets.

"On serait bien isolés de la planète si ça n'arrivait pas", remarque un porte-parole de la Caisse d'Ile-de-France. "Mais je n'ai pas le sentiment qu'il y ait une masse d'appels".

"Il n'y a pas la queue à l'agence pour venir retirer des sous", plaisante aussi Jean-Pierre Jond, délégué syndical CGT chez BNP Paribas à Marseille.

D'une manière générale, les banques cherchent à rassurer leurs clients afin d'éviter une panique qui mettrait à mal la confiance dans le système. Lundi, la Fédération bancaire française a ainsi assuré dans un communiqué que les banques françaises étaient "solides".

La dernière faillite bancaire importante date en France de 1995. L'établissement Pallas-Stern avait alors dû mettre la clé sous la porte à la suite de pertes immobilières.

Depuis un an, la crise du "subprime" a coûté 18 milliards aux banques françaises. Mais l'Etat n'a jamais été appelé au secours de l'une d'entre elles, contrairement à ce qui s'est passé aux Etats-Unis (Bear Stearns), au Royaume-Uni (Northern Rock) ou en Allemagne (IKB).

"Le système bancaire français est l'un des plus solides en Europe et dans le monde", estime Elisabeth Grandin, analyste à l'agence de notation financière Standard and Poor's (S&P).

S'il fallait évaluer la solidité des banques sur une échelle de 1 à 20, "les banques françaises auraient des notes comprises entre 16/20 et 19/20", assure Mme Grandin.

"Les inquiétudes des particuliers sont logiques, mais les déboires des banques françaises font d'abord souffrir les actionnaires. Les déposants français n'ont aucune inquiétude à avoir", ajoute-t-elle.

La solidité du secteur tient au fait que, contrairement à d'autres pays, il y a peu de petites banques indépendantes. En outre, les grands groupes français ont tous des activités diversifiées, notamment une forte proportion liées à la banque de détail (à destination des ménages), qui leur assure des revenus stables et prévisibles, rappellent les économistes.

Et en cas de faillite, une loi de 1999 protège les économies des épargnants dans la limite de 70.000 euros. Un fonds de garantie des dépôts a été créé à cet effet et il était doté fin 2006 de 1,7 milliard d'euros.

 Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans LE DANGER DES USA

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