USA: mille milliards maintenant, pour éviter une crise plus chère encore

Publié le par JC

Le fameux plan à mille milliards sera très lourd pour le contribuable américain. On s'en doutait. Le Peuple n'est bon qu'à banquer, c'est reconnu !


USA: mille milliards maintenant, pour éviter une crise plus chère encore


Le plan de soutien aux banques, discuté entre le gouvernement et le Congrès américain, sera très lourd pour le contribuable, mais le coût de l'inaction serait bien plus lourd encore, dans un pays où le niveau des retraites dépend directement du cours de la Bourse.

Le secrétaire américain au Trésor Henry Paulson a lui-même évalué vendredi à "des centaines de milliards" de dollars le coût de la reprise des actifs douteux des banques américaines, ce que personne ne semble contester.

L'influent sénateur républicain Richard Shelby a évoqué un coût allant jusqu'à mille milliards de dollars. Les analystes de la banque française Société générale tablent pour leur part sur 800 milliards.

Une somme qui donne des sueurs froides au Congrès, appelé à examiner le plan la semaine prochaine. D'autant que l'urgence interdit d'envisager une solution où une partie du fardeau serait supporté par le secteur privé.

"Je m'inquiète de la façon d'équilibrer tout ça" dans le budget, a déclaré M. Shelby. "Cinq cents ou mille milliards, ça fait beaucoup d'argent, et tôt ou tard ça va se retrouver chez le contribuable", a-t-il ajouté sur la chaîne ABC.

Mais M. Paulson, appuyé par plusieurs économistes, s'est dit "convaincu que cette approche audacieuse (coûterait) bien moins cher aux familles américaines que l'alternative: une série continue de faillites d'institutions financières, et des marchés du crédit gelés, incapables de financer l'expansion économique".

Comme le résume un banquier à Washington interrogé par l'AFP, le choix de l'administration Bush se résume à une alternative entre un "risque connu" - les centaines de milliards que la Maison Blanche est prête à dépenser - et un "risque incertain" - le coût sans aucun doute "monstrueux" d'une crise de confiance prolongée mettant à bas tout le système financier.

En effet la quasi-totalité des contribuables américains jouent en Bourse, soit à titre individuel, soit par le biais de leurs fonds de pension, qui investissent en Bourse environ les deux-tiers de leurs avoirs - et dont le poids financier est estimé à quelque 5.000 milliards de dollars.

M. Paulson a aussi justifié l'énormité des sommes engagées en expliquant que les moyens mis en oeuvre soient "soit suffisamment gros pour faire une vraie différence et aller au coeur du problème".

Cette approche est celle que recommandait le FMI, dont le numéro deux John Lipsky soulignait jeudi qu'"une leçon essentielle des crises financières passées, notamment au Japon et en Scandinavie, c'est que l'intervention publique doit être à grande échelle, car souvent les efforts par petit bout ne sont pas efficaces".

Reste que la solution trouvée soulève encore des questions, notamment sur la solvabilité du Trésor, alors que le déficit budgétaire n'a cessé de se creuser depuis huit ans, jusqu'à un trou de 407 milliards de dollars attendu pour 2008 par le Bureau budgétaire du Congrès.

L'agence de notation financière Standard and Poor's a toutefois maintenu vendredi sa note maximale (AAA) à la dette américaine.

D'autres s'inquiètent qu'on s'occupe des symptômes de la crise sans s'attaquer aux racines du mal, le fonctionnement des banques.

"Il fallait que (le gouvernement) fasse ce qu'il semble être en train de faire, mais pour autant, il n'y a rien (dans le plan Paulson) pour faire le ménage dans les pratiques bancaires", regrette l'économiste Peter Morici, de l'Université du Maryland, en s'inquiétant de la possibilité d'une répétition de la crise à l'avenir.

 Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans LE DANGER DES USA

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