Le modèle de "banque universelle" à la française sort conforté de la crise

Publié le par JC



Le modèle de "banque universelle" à la française sort conforté de la crise


Avec les banques d'affaires américaines qui tombent les unes après les autres, la crise financière actuelle fait ressortir les avantages du modèle de "banque universelle" prévalant en France, avec des activités diversifiées qui permettent de limiter le risque de faillite.

Après le dépôt de bilan de Lehman Brothers, le rachat précipité de Bear Stearns et Merrill Lynch et les déboires en Bourse de Morgan Stanley, "les banques purement d'investissement sont en train de traverser une crise majeure de leur modèle économique", estime Nicolas Mérindol, directeur général des Caisses d'épargne.

"Le modèle bancaire français et canadien sera celui qui va s'imposer, l'actuel modèle américain ne marche pas", affirme Ralph Silva, analyste à Londres pour la société de conseil financier TowerGroup.

Alors que l'indépendance des deux dernières banques d'affaires de Wall Street, Morgan Stanley et Goldman Sachs, est menacée, il est probable qu'elles seront à leur tour "absorbées par des banques commerciales", avance M. Silva.

Cela a été le cas de Bear Stearns, racheté par JP Morgan Chase, une banque universelle, mais aussi de Merrill Lynch, qui va passer sous la coupe de Bank of America.

A l'inverse, le marché bancaire français, qui est très concentré, se distingue par la quasi-absence de banques d'investissement pures, qui dépendent exclusivement du marché interbancaire pour se refinancer et donc de la confiance --aujourd'hui presque réduite à néant-- qui règne entre les banques.

Le type de banque qui prévaut est celui de la banque dite "universelle" qui regroupe tous les métiers de la banque, du crédit aux ménages et PME à la gestion de fortune en passant par le conseil en fusion-acquisition ou le financement de grands projets d'infrastructure.

Une forme de conglomérat financier plus facile à réguler et dont les ressources sont plus sûres en période de crise car elles peuvent aussi puiser dans les dépôts des particuliers ou des entreprises.

A Paris, si l'on s'abstient de tout triomphalisme, qui apparaîtrait mal venu au regard des pertes enregistrées par les banques françaises depuis le début de la crise, la résistance des institutions hexagonales donne néanmoins l'occasion de faire la leçon à la finance américaine.

"Le modèle de banque universelle, que les Américains ont critiqué et qui est la caractéristique de toutes les banques françaises, est en train de reprendre de la force", a estimé M. Mérindol.

Les banques d'investissement ont aussi pêché par excès d'endettement et elles ont été prises à la gorge quand le secteur immobilier s'est retourné.

"Le modèle d'une banque qui va prêter 10 dollars en ayant seulement un dollar en garantie ne fonctionne plus", illustre Gregori Volokhine, analyste chez Meeschaert à New York.

A l'inverse, "un modèle où les opérations financières sont appuyées sur des fonds propres qui sont le plus important possible par rapport aux encours financiers est un modèle qui tient la route", poursuit-il.

Dans un contexte financier mondialisé avec une contagion rapide des problèmes à l'ensemble de établissements mondiaux, les banques universelles offrent aussi l'avantage d'avoir plusieurs "murs porteurs".

"Une banque universelle est plus sûre, mais à condition qu'elle n'investisse pas tout dans le même produit", explique M. Silva, qui estime qu'une banque ne doit pas tirer plus de 10% de ses revenus d'un même produit.

"Personne ne sait d'où viendra la prochaine crise, donc si vous êtes sûrs d'avoir envisagé toutes les crises possibles, vous n'aurez pas de problèmes critiques. Vous aurez une jambe cassée, qui fera mal quelques semaines, mais vous n'aurez pas de cancer. Les banques américaines ont un cancer", diagnostique l'analyste.

 Sources : AFP

Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans LE DANGER DES USA

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