Attentat du Marriott: le Pakistan accuse les talibans liés à Al-Qaïda

Publié le par JC

On vous disait ICI ce que l'on pensait de l'attentat du Marriott. Il n'a toujours pas été revendiqué mais le Pakistan accuse les talibans liés à Al Qaïda, ils suivent en cela les Américains qui ont émis la même hypothèse. Donc pour ce qui est de "l'anticipation à retardement", à notre avis, les "farceurs" vont se coller sur l'atmosphère ambiante et passer cet attentat sur le dos de la nébuleuse qui n'en finit pas de nébuler. Plus c'est gros, mieux ça passe.  




Attentat du Marriott: le Pakistan accuse les talibans liés à Al-Qaïda


Le Pakistan a accusé dimanche les talibans pakistanais liés à Al-Qaïda d'avoir perpétré l'attentat suicide au camion piégé ayant tué la veille au moins 60 personnes à l'hôtel Marriott d'Islamabad, dans un pays déjà en proie à une vague d'attentats islamistes qui a fait près de 1.300 morts en plus d'un an.


Le conseiller du Premier ministre chargé de l'Intérieur, Rehman Malik, a expliqué à la presse que les responsables de l'attentat venaient des zones tribales du nord-ouest du Pakistan frontalières avec l'Afghanistan, repaires de combattants islamistes proches d'Al-Qaïda et des talibans afghans.

"Tous les chemins conduisent aux FATA", l'acronyme désignant ces zones tribales, a-t-il dit. Cet attentat, avec 600 kg d'explosifs, "porte la marque d'Al-Qaïda", avait déclaré auparavant à l'AFP un enquêteur.

Personne n'a revendiqué cette attaque --"le 11-Septembre du Pakistan" selon Najam Sethi, rédacteur en chef du Daily Times-- mais les spécialistes du réseau d'Oussama Ben Laden estiment depuis des mois que le nord-ouest du Pakistan est devenu "le nouveau front de la guerre contre le terrorisme".

Les Etats-Unis sont convaincus que les talibans et Al-Qaïda ont reconstitué leurs forces dans ces zones tribales. Les forces américaines en Afghanistan y multiplient les tirs de missiles ciblant les combattants fondamentalistes, mais sans épargner des civils, au grand dam d'Islamabad qui proteste en vain.

Le New York Times assurait jeudi que le président George W. Bush avait autorisé secrètement en juillet les forces spéciales américaines à mener des raids terrestres dans ces régions, sans l'approbation préalable d'Islamabad.

C'est ce qui s'est passé le 3 septembre, quand des hélicoptères américains, et probablement des soldats au sol, ont attaqué un village, tuant, selon Islamabad, 15 civils, dont des femmes et des enfants.

Pire, ces dernières semaines, les tirs de missiles par des drones américains s'abattent quasi quotidiennement sur des maisons dans les zones tribales, tuant des combattants d'Al-Qaïda ou des talibans, mais aussi des civils.

Car Washington estime qu'Islamabad ne fournit pas assez d'efforts dans le cadre de sa "guerre contre le terrorisme".

Sous pression américaine, l'armée pakistanaise a donc lancé en août une vaste offensive dans le district tribal de Bajaur, qui a fait 800 morts, pour l'essentiel des combattants islamistes.

La République islamique du Pakistan, seule puissance nucléaire militaire du monde musulman, a déjà payé un très lourd tribut à cette lutte contre le terrorisme, avec plus d'un millier de soldats tués dans les zones tribales depuis 2002 et, surtout, 1.300 morts dans une campagne sans précédent d'attentats suicides depuis plus d'un an.

Oussama Ben Laden en personne et son adjoint Ayman Al-Zawahiri --dont Washington pense qu'ils se terrent dans les zones tribales-- avaient décrété il y a un an le jihad au général Pervez Musharraf, qualifié de "chien de Bush".

Or son successeur à la présidence du Pakistan, Asif Ali Zardari, est perçu, dans son pays comme à l'étranger, lui aussi comme "l'homme des Etats-Unis".

Il a promis samedi soir d'éliminer le "cancer" du terrorisme et a reçu le soutien de toute la communauté internationale condamnant d'une seule voix un acte "ignoble".

Le bilan officiel était dimanche soir de 53 morts et 266 blessés selon M. Malik, mais plusieurs responsables de la police ont assuré à l'AFP qu'au moins 60 personnes avaient péri, dont un Américain et un autre "étranger".

Prague a annoncé que son ambassadeur au Pakistan, Ivo Zdarek, avait été tué dans l'attentat et le Danemark qu'un de ses diplomates était porté disparu.

Et les secouristes s'affairaient toujours dimanche soir pour rechercher des corps dans les décombres de l'hôtel de luxe, entièrement dévasté et calciné par l'incendie qui a suivi l'attentat.

Cet hôtel huppé était fréquenté par les élites pakistanaises et la communauté étrangère expatriée. Des femmes et des enfants figurent parmi les tués, selon des sources hospitalières et policières.

Un diplomate danois était porté disparu dimanche après l'attentat suicide, alors que trois autres Danois ont été blessés, a-t-on appris auprès du ministère des Affaires étrangères du pays scandinave.

Une vidéo diffusée dimanche à la télévision a montré que le kamikaze a d'abord précipité son énorme camion sur la barrière de sécurité du Marriott, avant de la faire exploser dans la cabine, plusieurs minutes après, l'énorme charge de 600 kg a sauté.

Un cratère de 18 m de diamètre et huit mètres de profondeur trouait la chaussée. Les alentours ressemblaient encore dimanche soir à une vraie scène de guerre.

 Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt

Commenter cet article