Cadavres européens

Publié le par JC



Cadavres européens



Richard Werly
Mercredi 8 octobre 2008

 

Eteindre le feu financier n'est pas qu'une affaire de vitesse et de milliards d'euros. C'est aussi une affaire de crédibilité, de cohérence et de capacité à tenir ses promesses. Les Européens, prompts à répondre au cas par cas aux premières défaillances bancaires, l'apprennent aujourd'hui à leurs dépens.

Depuis dix jours, l'Union européenne est en effet sur le pied de guerre. Mais à côté des victoires arrachées sous forme de recapitalisation d'urgence ou de quasi-nationalisations, quelques cadavres ont commencé à s'amonceler dans les placards. Les désaccords sur l'étendue des garanties nationales sont patents. L'idée d'un fonds bancaire européen a dû être provisoirement abandonnée. Et celle d'une autorité de régulation européenne pour les banques transfrontalières patine.

Ce désordre ne résulte pas toujours d'un manque de coordination. Il est aussi le fruit d'un choc des tempéraments. L'Union européenne embrasée par la crise bancaire reste une entité multinationale, où chacun en période de crise soupçonne en plus l'autre de lui cacher une partie des informations. L'émergence tardive des difficultés bancaires italiennes, l'impression que rien ne se passe sur le front financier dans l'Hexagone sinon l'offensive de BNP Paribas sur son voisin Fortis ajoutent au malaise des épargnants, des responsables politiques et des opérateurs.

La transparence de l'information, appelée de ses vœux mardi à Luxembourg par le Conseil Ecofin, n'est donc pas un vain mot. Maintenant que la tourmente les a atteints de plein fouet, les 27 doivent dresser un tableau sans concession des «trous noirs» de leur système financier et des moyens de les combler avant le sommet européen des 15 et 16 octobre prochains. Les pompiers doivent continuer d'arroser le feu pour le faire baisser d'intensité. Mais seule une stratégie coordonnée, à moyen terme, pourra venir à bout des braises rougeoyantes laissées dans les bilans de banques placées, pour l'heure, en soins intensifs.

Sources
Le Temps

Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans LES USA ET L'EUROPE

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