Déçus par le G20, les marchés évoluent en ordre dispersé

Publié le par JC





Déçus par le G20, les marchés évoluent en ordre dispersé


Le Japon, deuxième économie mondiale, a annoncé lundi son entrée en récession tandis que les marchés asiatiques évoluaient en ordre dispersé, beaucoup d'investisseurs étant déçus par l'absence de résultats concrets au sommet financier du G20 à Washington.

Aux Etats-Unis, le président élu Barack Obama a promis de prendre "toutes les mesures nécessaires pour faire redémarrer l'économie", quitte à alourdir davantage le déficit budgétaire américain.

Le Japon a rejoint lundi la zone euro, l'Allemagne, l'Italie ou encore Hong Kong et l'Irlande sur la liste des pays et territoires entrés en récession, son économie s'étant contractée pour le deuxième trimestre consécutif. Le produit intérieur brut (PIB) nippon a diminué de 0,1% sur la période de juillet à septembre, après avoir déjà reculé de 0,9% sur la période d'avril à juin.

Cette récession s'explique essentiellement par une forte diminution des investissements des entreprises, qui se serrent la ceinture en prévision de l'aggravation de la crise mondiale, et notamment d'un ralentissement de la demande aux Etats-Unis, premier client des exportations japonaises.

La Bourse de Tokyo a cependant ignoré l'annonce officielle de cette mauvaise nouvelle que le marché présageait depuis longtemps. Vers 04H55 GMT, l'indice Nikkei progressait de 1,96% sur un rebond technique, les chasseurs de bonnes affaires entrant en action après une chute de 2,88% en début de matinée.

Les autres marchés d'Asie étaient pour la plupart dans le même cas, réduisant leurs pertes ou repassant dans le vert après avoir été plombés, en début de séance, par l'absence de résultats concrets lors du sommet des grands pays industrialisés et émergents du G20, samedi à Washington.

Vers 04H50 GMT, Sydney reculait de 2,73%, Bombay de 1,35%, Singapour de 0,30%, Taipei de 0,54% et Jakarta de 0,59%. Séoul était pratiquement stable (+0,03%). Hong Kong gagnait 0,41%, Shanghai 0,42% et Bangkok 0,64%.

Le G20, dont les membres génèrent 85% du produit intérieur brut de la planète, a énuméré samedi une série d'"actions immédiates" pour empêcher l'économie mondiale de sombrer dans une récession prolongée, suggérant l'utilisation de "mesures budgétaires pour stimuler la demande interne avec des résultats rapides" ou des baisses des taux d'intérêt dans certains pays.

Les dirigeants du G20 ont demandé à leurs ministres des Finances de faire des propositions d'ici au 31 mars dans cinq domaines: remise à plat des aspects de la régulation qui exacerbent les crises, harmonisation des normes comptables, amélioration de la transparence des marchés de produits dérivés, révision des pratiques de rémunération des dirigeants de banques pour éviter des prises de risque excessives et "révision du mandat, de la gouvernance et des besoins en capitaux des institutions financières internationales".

Mais le G20 a écarté l'idée un moment évoquée d'un "supergendarme" de la finance mondiale, estimant que "la régulation relève avant tout de la responsabilité des régulateurs nationaux".

"On ne peut s'empêcher de penser qu'il s'agissait d'une réunion de façade. Les décisions les plus difficiles sur la réforme des régulations financières ont été évitées jusqu'au prochain sommet", a commenté Danica Hampton, stratège à la Bank of New Zealand, citée par Dow Jones Newswires. "Il y avait trop de choses à l'ordre du jour, dont beaucoup n'avaient rien à voir avec la crise financière. Aboutir à quelque chose de concret d'ici fin mars pourrait s'avérer être une fausse promesse", a estimé pour sa part Noriko Hama, économiste à l'Université Doshisha de Kyoto (Japon).

actions Sur le marché des changes, l'euro s'affichait en recul face au dollar. La devise européenne valait 1,2570 dollar lundi en début après-midi à Tokyo, contre 1,2591 dollar vendredi soir à New York.

Lors de son premier entretien télévisé depuis son élection le 4 novembre, le président américain élu Barack Obama a remarqué que la crise financière avait suscité un consensus entre les économistes de gauche comme de droite. "Ce consensus consiste à dire que nous devons prendre toutes les mesures nécessaires pour faire redémarrer l'économie et qu'il va falloir dépenser de l'argent pour stimuler l'économie", a-t-il déclaré dimanche sur la chaîne CBS.

"Et que nous ne devons pas nous inquiéter du déficit cette année ni même l'année prochaine. Qu'à court terme, le plus important c'est d'éviter une aggravation de la récession", a ajouté M. Obama, qui prendra le 20 janvier ses fonctions à la Maison Blanche. Il s'est notamment prononcé pour un plan de sauvetage de l'industrie automobile américaine, dont la faillite "serait une catastrophe". M. Obama a jugé qu'un dépôt de bilan serait fatal au numéro un du secteur, General Motors.

L'avenir des trois constructeurs automobiles américains, General Motors, Ford et Chrysler, pourrait se jouer cette semaine avec la reprise de la session du Congrès. La majorité démocrate souhaite une aide de 25 milliards supplémentaires pour les trois grands de Détroit, mais elle doit encore compter avec le droit de veto dont dispose le président sortant George W. Bush.

La crise financière a eu un double effet négatif pour les constructeurs en faisant chuter leurs ventes et en compliquant leur accès au crédit. Le PDG de General Motors, Rick Wagoner, a déjà prévenu que son groupe, au bord du dépôt de bilan, avait besoin de l'aide financière des autorités fédérales sans attendre la prise de fonction de M. Obama. La situation de Ford et de Chrysler n'est guère plus enviable.

Les cours du brut étaient orientés à la baisse lundi dans les échanges électroniques matinaux en Asie, affectés par la détérioration de l'économie alors que s'amenuisent les espoirs d'une réduction de la production des pays exportateurs. Le prix du baril de "light sweet crude" pour livraison en décembre cédait 1,26 dollar à 55,78 dollars.

Avec AFP

Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans LE DANGER DES USA

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