Les marchés rechutent, fortes inquiétudes dans le secteur automobile

Publié le par JC



Les marchés rechutent, fortes inquiétudes dans le secteur automobile



Les marchés boursiers se sont fortement affaissés mardi, l'optimisme suscité par le plan de relance en Chine cédant la place aux craintes pour la santé de l'économie et des entreprises, en particulier du géant automobile américain General Motors au bord du dépôt de bilan.

La Bourse de New York a fini en baisse de 1,99% à 8.693,96 points, réduisant ses pertes après l'annonce aux Etats-Unis d'un plan destiné à aider les propriétaires immobiliers en difficulté. Mais "les intervenants sont inquiets pour la consommation à l'approche des fêtes de fin d'année", a observé l'analyste Marc Pado, de Cantor Fitzgerald.

Sur les places européennes, Londres a perdu 3,57%, Francfort 5,25%, Paris 4,83%, Milan 6,20% et Madrid 4,11%. A Moscou, les Bourses RTS et Micex ont chuté de 10,67% et 12,64%.

"Les craintes de récession mondiale sont de retour sur le devant de la scène, reléguant au second plan les efforts des gouvernements pour endiguer les difficultés", a estimé Jason Kunkel, de la société de recherche Moody's Economy.com.

"La crise bancaire est devenue une crise de crédit à la consommation et les entreprises vont en souffrir énormément", analysait Yves Marçais, vendeur d'actions chez Global Equities.

 Les autorités américaines ont annoncé un plan destiné à aider les propriétaires immobiliers en difficulté, afin de prévenir la saisie de leur logement, par le biais d'une modification des termes de leur emprunt. Ce dispositif pourrait concerner des millions de ménages sur les 7,3 millions de foyers qui risquent de faire défaut sur leur emprunt immobilier entre 2008 et 2010.

La crise du crédit immobilier aux Etats-Unis est à l'origine de la tourmente financière actuelle.

En Europe, le Premier ministre britannique Gordon Brown a appelé les Etats à prendre des mesures budgétaires coordonnées, comme des baisses d'impôts et une augmentation des dépenses publiques.

"C'est comme cela que le monde relancera l'activité économique", a-t-il lancé, confirmant que Londres allait accroître son endettement public pour financer des mesures de relance.

Ce discours a été relayé par le commissaire européen aux Affaires économiques, Joaquin Almunia. "Sans coordination, les plans (de relance) adoptés au niveau national ne seront pas aussi efficaces qu'ils devraient l'être", a-t-il indiqué.

Alors que les moteurs de la croissance calent les uns après les autres, Washington et Bruxelles ont souhaité que le sommet du G20, samedi à Washington, envoie un "signal clair" sur la libéralisation du commerce mondial, afin de stimuler les échanges.

"Un accord dans le cadre du cycle de Doha est à portée de main", a déclaré la commissaire européenne au Commerce, Catherine Ashton, en référence aux négociations lancées en 2001 dans la capitale du Qatar par l'Organisation mondiale du commerce.

"Il est très important que la réunion du G20 envoie un signal clair aux négociateurs pour atteindre cet objectif", a-t-elle ajouté, à l'issue d'une rencontre avec la représentante américaine au Commerce, Susan Schwab, à Bruxelles.

Les chefs d'Etat et de gouvernement du G20, qui rassemble les grands pays industrialisés et émergents, doivent chercher un terrain d'entente face à la crise financière.

Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva a cependant estimé qu'il n'y avait "pas grand chose à attendre" du sommet, "qui n'est qu'un début, même s'il est prometteur".

Dimanche, la Chine a dévoilé un plan de relance de 455 milliards d'euros jusque fin 2010, afin de permettre à la demande intérieure de prendre le relais des exportations, dont la croissance se ralentit.

Mais la Bourse de Tokyo, qui avait flambé après cette annonce, a terminé mardi en baisse de 3%, tout comme Hong Kong, en recul de 4,77%, Bombay (-6,61%) et Shanghai (-1,66%).

La Banque mondiale a annoncé qu'elle allait presque tripler ses capacités de prêt aux pays en développement, en engageant jusqu'à 100 milliards de dollars sur trois ans. Selon la BM, la crise financière "est en train de se transmettre rapidement aux systèmes financiers des pays en développement".

De nouvelles statistiques ont confirmé le marasme de l'économie britannique. La baisse annuelle des prix des logements a atteint 5,1% en septembre, tandis que les ventes de détail se sont repliées de 2,2%.

En Allemagne, les "cinq sages" - des économistes conseillant le gouvernement - prédisent une croissance nulle l'an prochain, alors que Berlin table sur une progression du Produit intérieur brut (PIB) de 0,2%.

Partout dans le monde, le secteur automobile inspire les plus vives inquiétudes.

Menacé d'une crise imminente de liquidités, General Motors (GM), le colosse de Detroit qui emploie un quart de million de personnes, a abandonné son projet de rachat de Chrysler et lancé un appel à l'aide "indispensable" au gouvernement américain.

Mardi, le cours de l'action GM a reculé de 13,10% à 2,92 dollars, au plus bas depuis 65 ans, après avoir chuté de plus de 20% lundi.

Selon le New York Times, le président élu Barack Obama a demandé à George W. Bush d'apporter une aide immédiate au secteur automobile américain, lors de leur premier entretien à la Maison Blanche. Des informations que la Maison Blanche s'est toutefois refusée à confirmer.

Le pétrole a terminé à 59,33 dollars à New York, en baisse de 3,08 dollars par rapport à lundi, dans un marché inquiet des conséquences de la crise pour la demande de pétrole. Les Bourses arabes ont dégringolé, notamment Dubaï (-7,3%) et le marché saoudien (-5%).

L'euro a perdu plus de deux cents face au billet vert, tombant à 1,2529 dollar en fin de journée, les marchés achetant du dollar, considéré comme une valeur refuge.

La Russie, après avoir dépensé des dizaines de milliards de dollars pour soutenir sa monnaie, a infléchi sa stratégie et laissé le rouble céder environ 1% par rapport au "panier" euro-dollar qui sert de principale référence dans le pays. Le rouble a franchi un seuil qui n'avait plus été vu depuis des mois, à 30,69 roubles.

 

Avec AFP

Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans LE DANGER DES USA

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