Bush et Maliki annulent une rencontre

Publié le par Adriana Evangelizt

Bush et Maliki annulent une rencontre

après un rapport a priori embarrassant




Une rencontre prévue mercredi entre le président George W. Bush et le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki a été annulée, mais la Maison-Blanche a réfuté tout lien avec la publication quelques heures auparavant d'un document de l'administration émettant des doutes sur M. Maliki.

La Maison Blanche a assuré que cette annulation n'était un "affront" pour personne, que la rencontre prévue à Amman en présence du roi Abdallah II de Jordanie avait été rendue "superflue" par des entretiens préalables entre Irakiens et Jordaniens et que les entretiens bilatéraux entre MM. Bush et Maliki programmés jeudi restaient à l'ordre du jour.

Mais cette décision, ainsi que le cafouillage des explications fournies par la Maison Blanche, jettent plus qu'une ombre sur les discussions des deux hommes.

Depuis plusieurs jours, la Maison Blanche disait que les trois dirigeants se rencontreraient mercredi à la veille des discussions bilatérales Bush-Maliki.

Une telle annulation est très rare dans l'agenda de M. Bush.

Elle a d'autant plus surpris que l'ajout récent de ce voyage au déplacement de M. Bush en Europe pouvait passer pour la manifestation d'un sentiment d'urgence devant l'escalade de la violence en Irak et devant une nouvelle donne politique aux Etats-Unis.


Quelques heures avant que M. Bush ne rallie Amman en provenance de Riga, où il avait participé au sommet de l'Otan, le New York Times a apporté l'indication la plus formelle des doutes croissants que la Maison Blanche aurait sur la faculté de M. Maliki à restaurer la stabilité en Irak.

M. Maliki "semble avoir de bonnes intentions quand il parle aux Américains", écrit dans une note confidentielle l'un des plus proches conseillers de M. Bush après avoir rencontré M. Maliki le 30 octobre à Bagdad.

"Mais la réalité dans les rues de Bagdad suggère soit que Maliki ignore ce qui se passe, soit qu'il ne décrit pas convenablement ses intentions, soit que les moyens dont il dispose ne suffisent pas à traduire en actes ses bonnes intentions", dit le conseiller à la sécurité nationale Stephen Hadley dans ce mémorandum.

La Maison Blanche a tenté de nuancer la signification de ce rapport.

"Le président a confiance dans le Premier ministre Maliki", a assuré le porte-parole de la Maison Blanche Tony Snow.

Selon l'administration, "la question (est) principalement celle des moyens" dont dispose M. Maliki, et c'est précisément pour lui demander ce dont il a besoin que M. Bush entendait voir M. Maliki.

Elle a réfuté que cela soit un "camouflet" pour M. Maliki.

Plus tard cependant, la rencontre Bush-Maliki-Abdallah a été annulée.

"Il ne s'agit pas d'un affront pour le président ni d'un affront pour le Premier ministre", a alors déclaré M. Snow.

Il est apparu très gêné pour fournir un compte-rendu des circonstances dans lesquelles avait été prise une décision risquant fort de passer pour un geste de dépit de M. Maliki.

Un haut responsable de la Maison Blanche a déclaré plus tard sous couvert de l'anonymat que les Irakiens et les Jordaniens avaient "pris conjointement" la décision de renoncer à ces discussions trilatérales parce qu'ils avaient eu des entretiens "constructifs" auparavant.

Les discussions trilatérales étaient devenues "superflues", a dit M. Snow.

"C'est la Jordanie, pays hôte, qui a annulé la rencontre", a dit à l'AFP un responsable jordanien sous couvert de l'anonymat, invoquant le manque de temps.

M. Bush a été informé à bord de l'avion qui l'emmenait à Amman, une rareté là aussi.

Mais la Maison Blanche a dit comprendre "parfaitement".

M. Bush a eu un tête-à-tête avec le roi, puis un dîner d'honneur avec leur entourage.

L'Irak a été évoqué "mais cela n'a vraiment pas été la priorité", a dit un autre haut responsable bien que le déplacement de M. Bush ait été annoncé comme centré sur l'Irak.

Selon un communiqué du Palais royal, le roi a "exhorté le président Bush à réactiver le processus de paix en aidant les Palestiniens et les Israéliens à reprendre les négociations".

Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans IRAK

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