Le gouvernement Maliki en péril après le retrait de Sadr

Publié le par Adriana Evangelizt

Cet article pour mieux comprendre... Maliki soutient Moqtada Sadr depuis toujours et c'est pour cette raison que l'Administration Buhs veut désavouer le Premier Ministre Irakien, le remplacer par quelqu'un d'autre qui serait plus malléable. D'autre part, Moktada Sadr est l'ami du Peuple, ce sont les plus petits et les plus pauvres qui vont à lui et qui le soutiennent. Voilà pourquoi, Washington veut le liquider, car il est populaire... nous nous trouvons là dans le même cas que Nasrallah du Hezbollah ou Haniyeh du Hamas... des gens populaires...

Le gouvernement Maliki en péril après le retrait

des partisans de Moqtada Al-Sadr



"Le groupe Sadr suspend sa participation au gouvernement et au Parlement, en signe de protestation contre la rencontre [de Nouri Al-Maliki et de George W. Bush], qu'il considère comme une provocation contre le peuple irakien", a annoncé, mercredi 29 novembre, le mouvement dans un communiqué. Une nouvelle qui tombe au plus mal pour le premier ministre irakien qui doit effectivement rencontrer, jeudi dans la matinée, le président américain afin de rechercher une stratégie pour contrer l'explosion de violence en Irak.

Le mouvement du chef radical chiite Moqtada Al-Sadr, qui contrôle cinq ministères et compte trente députés au Parlement, a mis à exécution une menace qu'il avait formulée dès vendredi. Une décision qui met en péril le gouvernement d'Al-Maliki, Moqtada Al-Sadr étant un des alliés du premier ministre. Le chef des parlementaires du mouvement Sadr a cependant indiqué que "cette suspension ne signifiait pas un retrait du processus politique irakien".

UNE INFLUENCE CROISSANTE

Peu connu à l'extérieur de l'Irak avant la guerre déclenchée en 2003, l'influence de Moqtada Al-Sadr n'a cessé de croître depuis. Âgé d'une trentaine d'années, il tire largement sa légitimité de sa famille. Fils d'un ayatollah vénéré, tué avec deux de ses fils par les services secrets de Saddam Hussein en 1999, Moqtada Al-Sadr marche dans les pas de son père. Il s'oppose au fédéralisme et prône la création d'une république islamique. Au fil des mois, des milliers de partisans le rejoignent, surtout dans le sud de l'Irak et dans les abords chiites de Bagdad, notamment dans l'ancien quartier de "Saddam City" rebaptisé "Sadr City" où Moqtada Al-Sadr a installé son fief.

Pour asseoir son pouvoir, il s'appuie sur une organisation cultuelle et caritative puissante fondée par son père, qu'il transforme, après l'invasion américaine de 2003, en une puissante milice, l'Armée du Mahdi, qui prend les armes contre les Américains. Ses miliciens, recrutés principalement parmi les plus démunis au sein de la communauté chiite, vêtus de noir et pauvrement entraînés, se sont rebellés à deux reprises en 2004, notamment dans la ville sainte de Nadjaf, contre les forces américaines qui ont eu le dessus. Cependant, en 2005, Moqtada Al-Sadr accepte de reconnaître le pouvoir politique en place et participe aux élections.

MOQTADA AL-SADR, UN ALLIÉ DU PREMIER MINISTRE


L'Armée du Mahdi continue d'opérer dans le pays, notamment contre les sunnites. Nouri Al-Maliki, qui a toujours défendu son allié contre l'hostilité des Américains, ne veut pas incriminer Moqtada Al-Sadr pour autant, dont la milice, éclatée en factions, serait noyautée par l'Iran et la Syrie. "L'Armée du Mahdi est un vocable confus à nos yeux à l'heure actuelle. Qui est-elle ? Certains sunnites habillés en noir opèrent même maintenant en son nom, de même que des baasistes et des agents étrangers", affirme-t-il.

Le soutien du premier ministre irakien à Moqtada Al-Sadr joue contre lui. Les Américains, qui le soupçonnent de favoriser la communauté chiite et de ne pas agir pour endiguer les violences, souhaitent refondre son cabinet. Le retrait du gouvernement, s'il est confirmé, du mouvement de Moqtada Al-Sadr, pourrait être une aubaine pour Washington.

Sources Le Monde

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