Ce que le Proche-Orient attend de Bush

Publié le par Adriana Evangelizt

Nous ne partageons pas du tout le  même point de vue que Marianna Belenkaïa... elle croit que Bush peut changer beaucoup de choses positivement au Proche-Orient, elle ne tient pas compte de ceux qui tirent encore les ficelles derrière lui et oublie que les Démocrates ne sont pas mieux que les Républicains...

 

Ce que le Proche-Orient attend de Bush

et ce que Washington peut offrir



Par Marianna Belenkaïa

RIA Novosti



Le Proche-Orient est au bord de trois guerres civiles: en Irak, dans les territoires palestiniens et au Liban, a déclaré récemment le roi Abdallah II de Jordanie. Ces paroles ont été prononcées à la veille de la visite en Jordanie du président des Etats-Unis, George W. Bush. A signaler que c'est justement sur le territoire jordanien que Bush doit rencontrer le premier ministre irakien, Nouri al-Maliki.

Tous les médias du monde ont d'ores et déjà annoncé ces prochaines négociations, tout en omettant cependant de préciser un détail: cette visite de Bush en Jordanie coïncide avec la réunion ministérielle à Amman du "Forum pour l'Avenir", issu de l'initiative "Partenariat" du G8 et de la région du Proche-Orient et de l'Afrique du Nord.

Cette initiative fait partie du projet de démocratisation du Proche-Orient élargi (ou du Grand Proche-Orient) qui a été généré il y a quelques années au sein de l'administration américaine pour se transformer, à l'issue de substantielles corrections, en initiative du G8. Quoi qu'il en soit, on a tout lieu d'affirmer que ce sont justement les Américains qui sont les "parrains" de cette initiative et ce, d'autant plus que toute leur politique au Proche-Orient depuis ces dernières années, et tout particulièrement à partir de l'invasion de l'Irak, a été menée sous le mot d'ordre de la nécessité d'exporter les transformations démocratiques dans cette partie du monde.

Néanmoins, l'évolution de la situation en Irak, au Liban et dans les territoires sous contrôle de l'Autorité palestinienne amène bien des experts à la conclusion que la politique américaine au Proche-Orient a échoué. En effet, Bush ne vient pas cette fois en Jordanie en triomphateur pour se délecter des fruits des transformations démocratiques au Proche-Orient, loin de là! On attend de lui des changements radicaux dans la politique des Etats-Unis dans la région.

Ainsi, le roi Abdallah II a espéré que, lors de la future rencontre de Bush et d'al-Maliki, des "décisions dramatiques" seraient adoptées "permettant d'arrêter la violence échappant à tout contrôle en Irak". Il a également insisté sur la nécessité d'engager des acteurs régionaux, tels que la Syrie et l'Iran, dans la recherche de solutions d'ensemble pour le Proche-Orient. Or, des idées similaires ont aussi été émises tout récemment encore par le premier ministre britannique, Tony Blair, et l'ancien secrétaire d'Etat américain, Henry Kissinger.

Mais les questions se posent d'elles-mêmes: Washington est-il prêt à modifier sa stratégie au Proche-Orient ? Est-il disposé à payer une possibilité théorique de stabiliser la situation en Irak avec le concours de Téhéran et de Damas grâce à un assouplissement de l'attitude américaine face au programme nucléaire iranien? Est-il prêt, enfin, à accepter le dialogue avec le Hamas et le Hezbollah et à accentuer ses pressions sur Israël afin de relancer le règlement de paix au Proche-Orient? Dans ce cas de figure, l'Irak ne reviendrait-il pas trop cher aux Etats-Unis?

Toujours est-il qu'avant de prendre des décisions quelconques, le président américain George W. Bush, se propose d'écouter les recommandations du Pentagone et de la commission dirigée par un autre ancien secrétaire d'Etat américain - James Baker. D'autre part, il faut meubler cette pause. Car il serait inadmissible que la visite du président américain au Proche-Orient n'apporte pas de résultats concrets.

Aussi, a-t-on bien l'impression que la coïncidence de la future rencontre de Bush avec le premier ministre irakien et de la réunion ministérielle du "Forum pour l'Avenir", où la présence du président américain n'est pas du tout obligatoire, n'a rien de fortuit.

On peut évidemment critiquer les initiatives américaines tendant à démocratiser le Proche-Orient et la manière dont ces initiatives ont été mises en oeuvre. Il est néanmoins indéniable que ces initiatives ont constitué un soutien substantiel aux processus de démocratisation qui couvaient déjà dans la région. Et les participants aux différentes séances du "Forum pour l'Avenir" (ce sont essentiellement des représentants d'organisations non gouvernementales, des milieux universitaires et des médias) peuvent servir d'excellente illustration des déclarations traditionnelles américaines selon lesquelles "les peuples du Proche-Orient tendent à des transformations démocratiques". C'est pourquoi sur fond de rencontre à Amman, les discours de ce genre, inévitables pour Bush, ne contrasteront guère avec la réalité comme cela aurait été le cas si le président américain était venu, par exemple, à Bagdad, à Beyrouth ou même à Jérusalem.

Cependant, c'est justement à Jérusalem qu'un autre cadeau attend le président des Etats-Unis, George W. Bush. C'est que le premier ministre d'Israël, Ehoud Olmert, vient de proposer à la direction palestinienne un paquet d'initiatives politiques, économiques et humanitaires pour stimuler le mouvement réciproque des Palestiniens vers la paix. Les journalistes israéliens ont d'ores et déjà qualifié de "programme" le discours de M. Olmert. A signaler que ce discours a été prononcé environ 24 heures après la conclusion du cessez-le-feu palestino-israélien dans la bande de Gaza où, depuis l'été dernier, une opération d'envergure de l'Armée israélienne se poursuivait. Les groupements palestiniens se sont engagés à suspendre leurs pilonnages aux roquettes du territoire israélien et autres hostilités contre l'Etat hébreu, alors qu'Israël a retiré en réponse ses troupes de cette enclave palestinienne.

Selon les informations des médias locaux, afin de manifester le soutien des Etats-Unis à cette trêve dans la région, la secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, pourrait, elle aussi, se rendre dans le courant de cette semaine en Israël et dans les territoires palestiniens. Qui plus est, Condoleezza Rice n'aurait même pas besoin de faire de crochet, car la Jordanie où la chef de la diplomatie américaine accompagnera le président Bush est, comme tout le monde le sait, limitrophe d'Israël et des territoires sous contrôle de l'Autorité palestinienne. En outre, la rencontre ministérielle en Jordanie pourrait aussi offrir une belle occasion de discuter non seulement des problèmes irakiens, mais aussi du progrès dans le règlement au Proche-Orient qui tombe fort à propos.

Autrement dit, la visite de George W. Bush au Proche-Orient ne sera pas insignifiante. Il n'en est pas cependant moins vrai que le cessez-le-feu pourrait échouer sous peu, car il repose sur une base extrêmement fragile.

Sources Ria Novosti

Posté par Adriana Evangelizt

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