Et si c'était un complot contre Poutine ?

Publié le par Adriana Evangelizt

Et si c'était un complot contre Poutine ?


par Boris Toumanov

Correspondant à Moscou



Les empoisonnements d'un ex-espion et d'un ex-Premier ministre pourraient être l'oeuvre d'un clan du Kremlin. Avec pour but de pousser Poutine à un 3e mandat. 

Vladimir Poutine serait-il à son tour victime d'un complot ? Egor Gaïdar, père de la réforme libérale en Russie dans les années 90, a été bel et bien empoisonné lors de son récent séjour à Dublin. Tel est le verdict des médecins russes qui hésitent encore à se prononcer sur la nature de la substance qui a provoqué cet empoisonnement.

Aucun danger politique

Leur diagnostic n'en confirme pas moins que M. Gaïdar est bien victime d'un complot criminel qui s'inscrit de manière alarmante dans la série d'attentats qui a coûté la vie à la journaliste Anna Politkovskaïa et à l'ex-espion russe Alexandre Litvinenko.

Mais ces trois figures ont cela de commun que tout en restant dans l'opposition au pouvoir russe, elles ne représentaient pour lui aucun danger politique étant plus connues en Occident qu'en Russie. C'est à plus forte raison qu'on est en droit de se poser la question sur les motivations des commanditaires de ces attentats dont deux - ceux de Mme Politkovskaïa et de M. Litvinenko - ont coïncidé de façon désormais très suspecte avec les visites de Vladimir Poutine à l'étranger en le mettant dans une situation plus qu'embarrassante auprès de ses interlocuteurs allemands et européens.

L'analyse de Tchoubaïs

Or, le caractère démonstratif de ces méfaits, le cas de M. Gaïdar y compris, poursuit visiblement le but de compromettre M. Poutine aux yeux de ses collègues et de l'opinion occidentale en créant l'impression que son régime procède cyniquement à une sorte de "nettoyage des tranchées" préélectoral. Cette hypothèse est soutenue par Anatoliï Tchoubaïs, compagnon d'idées de M. Gaïdar et chef du holding "Systèmes énergétiques de Russie", qui estime que "la construction mortelle Politkovskaïa-Litvinenko-Gaïdar" fait le lit de partisans des variantes anticonstitutionnelles ou même violentes de changement de pouvoir en Russie.

En termes plus explicites, il s'agirait du clan des ex-KGBbistes qui infestent les structures administratives et économiques mais qui sont condamnés à perdre leur toute-puissance actuelle après la fin du second mandat de M. Poutine. Ils font tout pour le convaincre, sinon le contraindre, à contourner ou à violer la Constitution afin de pouvoir rester à l'abri de son troisième mandat présidentiel.

On sait cependant que la résistance (ou l'hésitation) de M. Poutine dans cette situation est dictée en très grande partie par son désir de sauvegarder, aux yeux de ses collèges occidentaux, une réputation d'homme d'Etat "fréquentable" afin de pouvoir être admis au sein de l'élite politique mondiale après sa démission.

Plus rien à perdre ?

Mais en désespoir de cause, il pourrait tout aussi facilement être séduit par la perspective d'éterniser son pouvoir en une Russie mégalomane et isolationniste au cas où sa responsabilité continuait d'être évoquée dans des situations semblables à celles de ces dernières semaines, et au cas où il n'aurait par conséquent plus rien à perdre aux yeux de l'Occident.

Il semblerait que c'est précisément ce but que poursuivent les commanditaires anonymes des attentats contre Anna Politkovskaïa, Alexandre Litvinenko et Egor Gaïdar.

Sources La Libre be

Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans Affaire Litvinenko

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