Un contact russe prêt à parler à la police

Publié le par Adriana Evangelizt

Meurtre Litvinenko: un contact russe prêt

 à parler à la police




Le Russe Evgueni Limarev, contact de l'Italien Mario Scaramella, affirmant avoir des informations sur le meurtre de l'ex-agent russe Alexandre Litvinenko, a déclaré jeudi être "prêt à parler aux enquêteurs britanniques et italiens" et craindre pour sa vie.

"Je tiens à dire que je n'ai rien à cacher et que je suis prêt à parler aux enquêteurs britanniques et italiens concernant les informations que j'ai pu fournir (à Scaramella) sur l'affaire", a déclaré M. Limarev, qui vit en France, contacté sur son téléphone portable.

"Mon nom est évoqué dans l'affaire après Litvinenko et Scaramella, j'ai très peur qu'il m'arrive quelque chose", a ajouté M. Limarev, affirmant s'être adressé à la gendarmerie française pour faire part de ses craintes dans une "déposition". Evgueni Limarev est apparu dans l'affaire de l'empoisonnement au polonium de Litvinenko lorsque la presse britannique a fait état d'un memo émanant de lui et remis par M. Scaramella à Litvinenko, accusant d'anciens des services spéciaux russes de chercher à éliminer des personnalités russes à l'étranger.

"Compte tenu de mes informations et de mon expérience, je ne pense pas que Scaramella ait cherché à tuer Litvinenko", dit-il, alors que cette hypothèse avait été un temps évoquée dans l'entourage de Litvinenko. "De même, je pense qu'il est très peu probable que Andreï Lougovoï ait cherché à faire cela, je pense qu'il a pu être utilisé à son insu", estime-t-il en référence à l'ancien agent du KGB qui avait rencontré Litvinenko le 1er novembre à Londres le jour où ses premiers symptômes d'empoisonnement sont apparus.

"Je n'ai plus de nouvelles de Scaramella depuis que mon nom est apparu dans la presse. J'étais furieux qu'il le dévoile et depuis je ne lui ai pas parlé", assure M. Limarev. M. Scaramella a été hospitalisé le 2 décembre avec des symptômes identiques à ceux constatés chez Litvinenko après son empoisonnement apparent au polonium 210. C'est au soir d'une rencontre avec M. Scaramella, le 1er novembre dans un restaurant japonais de Londres, que l'ex-agent russe Alexandre Litvinenko avait ressenti les premiers symptômes de l'empoisonnement qui causé sa mort.

Moscou a à son tour ouvert une enquête sur le "meurtre" d'Alexandre Litvinenko, ex-agent russe empoisonné au polonium et enterré jeudi à Londres, et pour "tentative d'assassinat" d'un témoin russe également empoisonné par un élément "radioactif". "Lors de vérifications, il a été établi que Litvinenko est mort des suites de l'empoisonnement par un radionucléide et que chez Dmitri Kovtoun, une maladie également liée à l'empoisonnement au radionucléide a été découverte", a annoncé le parquet russe.

A Londres, sept employés de l'hôtel Millennium, où M. Litvinenko s'était rendu le 1er novembre, ont été faiblement contaminés au polonium 210, ont par ailleurs révélé jeudi les autorités sanitaires britanniques. C'est là que Dmitri Kovtoun et son partenaire Andreï Lougovoï, un ancien agent des services spéciaux, avaient rencontré Litvinenko juste avant que ce dernier ne commence à ressentir les symptômes de son empoisonnement au polonium 210, une substance hautement radioactive. M. Kovtoun, qui a été entendu à Moscou mardi et mercredi par Scotland Yard, semble donc aussi avoir été contaminé au polonium.

Le parquet russe a ajouté qu'il envisageait d'envoyer des inspecteurs à Londres "en cas de nécessité, afin d'étudier plus en détails les circonstances de l'affaire". Il n'a fait aucune mention de M. Lougovoï, présenté comme un témoin clé. Ce dernier devait être interrogé jeudi par les enquêteurs russes et britanniques mais l'interrogatoire a été reporté sine die, selon son avocat Andreï Romachov.

L'avocat a insisté sur le fait que son client ne pouvait être qualifié de "suspect" comme l'affirment certains médias occidentaux, même si Scotland Yard a requalifié en "meurtre" l'empoisonnement de Litvinenko, décédé le 23 novembre après trois semaines d'agonie.

Le Russe Evgueni Limarev, qui dit avoir travaillé en "free-lance" dans le passé pour les services russes et affirme avoir des informations sur le meurtre de Litvinenko, a déclaré de son côté être "prêt à parler aux enquêteurs britanniques et italiens" et craindre pour sa vie.


L'ex-agent secret russe a été enterré jeudi au cimetière londonien de Highgate, en présence de sa famille et de ses amis, dont l'homme d'affaires russe controversé et opposant au Kremlin en exil à Londres Boris Berezovski, également visé selon ce memo. Une centaine de ses amis avaient participé auparavant à une prière à la mosquée de Regent's park à Londres, en présence de nombreux Tchétchènes exilés et notamment de l'émissaire indépendantiste tchétchène en exil Akhmed Zakaïev.

Avant de mourir, Litvinenko s'était converti à l'islam, selon son père. "C'est Poutine qui a tué mon fils", a lancé le père, Valter Litvinenko à l'occasion de cette cérémonie, reprenant l'accusation lancée par son fils dans une lettre posthume.

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a déclaré pour sa part que la "campagne" anti-russe autour du meurtre de Litvinenko était en train de "tomber à l'eau" et que l'affaire n'avait "aucun impact" sur les relations entre Moscou et Londres, contrairement à ce qu'il avait déclaré précédemment .

Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans Affaire Litvinenko

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