11/09 : Les crimes cachés de David et Nelson Rockefeller

Publié le par Adriana Evangelizt

Le crime caché de David et Nelson Rockefeller

par Alain Chevalérias

Dans les années 60, David Rockfeller, vice-président de la Chase Manhattan Bank, décida la construction d’un « world trade center » (centre de commerce mondial) ou WTC dans le quartier new-yorkais de Manhattan. Son frère, Nelson, occupait alors la position de gouverneur de l’État de New York. A ce titre, et par le biais du conseil d’administration, il contrôlait le « Port autonome de la ville de New York, » un organisme public, avec le gouverneur de l’État du New Jersey(1). Or, cet organisme reçu la charge d’édifier le WTC.

D’abord une tour fut envisagée, puis deux. Elles devaient se conformer au code municipal de la construction de New York adopté en 1938.

Étrangement, une campagne de «lobbying,» comme disent les Américains, éclata alors pour obtenir la révision du code de 1938. Harold Birns, le délégué de la ville à l’érection des bâtiments, alla jusqu’à dire dans un discours: « Notre code de la construction existant protège la sécurité et le bien public mais ne prend pas en compte l’efficacité et l’économie que l’industrie et l’entreprise trouvent nécessaires… »

En d’autres termes, il fallait réviser les normes de sécurité à la baisse pour tirer un meilleur profit de l’affaire. Sans attendre, le maire de New York, Robert F. Wagner, souscrivant à cet appel au sens des affaires, débloqua la somme de 200 000 dollars pour payer les frais de révision du code de 1938.

La nouvelle réglementation répondit aux souhaits des financiers réduisant les protections en cas d’incendie.

Depuis 1938, le règlement obligeait la construction, à chaque étage, d’un vestibule isolé et fermé muni d’aérateurs, pour passer de l’espace des bureaux à la cage d’escalier. On évitait ainsi l’accumulation de fumées dans cette dernière. Le nouveau code, publié en 1968, ne parlait plus de cette contrainte.

En 1938, encore, le code exigeait le «renforcement» des cages d’escalier contre le feu avec des matériaux adéquats. Dans celui de 1968, cette obligation avait disparu.

D’autre part, le nombre d’escaliers requis pour des tours de la taille du WTC passait de six à trois. Enfin, afin d’augmenter les chances d’échapper à un incendie, le code de 1938 imposait, à chaque étage, d’éloigner les issues de sortie les unes des autres. Mieux, une loi votée en 1961 ordonnait de les placer à des extrémités opposées. Ces règles disparaissaient du texte de 1968. Aussi, dans le WTC, les évacuations furent regroupées au milieu des tours, permettant un gain d’espace de 21%.

Plus grave, les travaux commencèrent, se référant aux normes dites de 1968, quand le nouveau code n’avait pas encore été adopté. Aussi, au début de l’année, le service de l’urbanisme de New York signala la non-conformité des travaux du WTC avec le code de 1938. La direction du Port autonome, comme nous le savons en charge de la construction, répondit que celle-ci serait en conformité avec le code publié au mois de décembre de la même année.

Grâce au gain d’espace, « le Trade Center fut un miracle pour le marché de l’immobilier, » écrivent Jim Dwyer et Kevin Flynn (2), journalistes au « New York Times. »

Peut-être ! Néanmoins, réduisant les mesures de sécurité, en cas d’incendie, les bâtisseurs condamnaient des milliers de gens à mort. Certes, dans cette affaire, David et Nelson Rockfeller ne sont pas les seuls responsables, les seuls à avoir privilégier le gain. Mais en raison de leurs positions de décideurs, leur faute apparaît d’autant plus grave.

Notes


(1) New York se trouve sur le territoire de deux États.
(2) « 102 minutes. The untold story of the fight to survive inside the Twin Towers. » Publié par “Henry Holt and Company.” Traduit en français par Jacques Bonnet, éditions privées, imprimé à 77181 Courtry (France).

Sources Centre de Recherches sur le Terrorisme

Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans 11 SEPTEMBRE

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