Des cris de vengeance à la mort de Saddam Hussein

Publié le par Adriana Evangelizt

Article éloquent qui prouve que jusqu'au dernier moment même les marionnettes irakiennes y auront été mis le paquet. De toute façon, vu les traces qu'il a sur le visage, on ne nous fera pas croire que c'est la corde qui lui a fait ses marques. L'humanité dans son ensemble est à vomir. Même au seuil de la mort, ils se mettent avec les bourreaux. Nulle compassion, nulle lumière, que de la violence inhumaine. Des bêtes sauvages.

Des cris de vengeance à la mort de Saddam Hussein

 

de Mouna Naïm

L'exécution par pendaison, samedi 30 décembre à l'aube, de l'ancien président irakien Saddam Hussein ne s'est pas déroulée dans le climat de dignité suggéré par les déclarations faites dans la foulée par les responsables officiels irakiens, notamment Mouaffaq Al-Roubaï, conseiller à la sécurité nationale. Des images, vraisemblablement prises par l'un des témoins de la scène sur un téléphone cellulaire, trahissent au contraire un esprit de vengeance de la part de certaines des personnes présentes.


Ces images ont circulé quelques heures seulement après l'exécution et ont été diffusées, dimanche, par la télévision satellitaire Al-Jazira, qui a indiqué avoir coupé la scène de "la chute" du corps de Saddam Hussein, "pour ne pas choquer les téléspectateurs". Elles sont de très piètre qualité. Seul Saddam Hussein paraît à l'image, les témoins de la scène ne se manifestant que par la voix. Le son est audible, bien que de mauvaise qualité.

- Saddam Hussein :
"Ya Allah ! ya Allah ! (Mon Dieu, mon Dieu)"

- Des voix récitent une prière :
"Dieu prie pour Mohammed et les descendants de Mohammed !"

- Quelques fractions de seconde plus tard, une voix : "Moqtada, Moqtada, Moqtada". C'est le prénom du jeune chef religieux et politique chiite Moqtada Al-Sadr, qui, comme l'ensemble de sa famille, était résolument hostile à l'ancien régime.

- Saddam Hussein :
"Alors c'est cela votre bravoure !"

- Une voix : "Vive Mohammed Bagher Al-Sadr (le dirigeant religieux chiite qui fut l'un des principaux animateurs du mouvement de la renaissance islamique chiite et qui fut assassiné par l'ancien régime en 1980)."

- Une voix : " (Va) en enfer !"

- Une autre voix, choquée, tentant de les faire taire :
"S'il vous plaît, non, je vous en conjure, non, l'homme va être exécuté."

- Saddam Hussein récite une première fois la chahada (l'acte de foi de tout musulman) : "Je témoigne qu'il n'y a de dieu que Dieu ; je témoigne que Mohammed est son prophète." Quelques fractions de seconde et il reprend : "Je témoigne qu'il n'y a de Dieu que Dieu ; je témoigne..." Un bruit métallique. La voix s'arrête, l'image est coupée.

Les autorités irakiennes ont annoncé avoir fait filmer l'ensemble de la scène. Toutefois, par respect pour la dignité du condamné, elles se sont contentées de faire diffuser samedi matin, en différé, par la télévision irakienne une brève séquence - 70 secondes - sans son, des préliminaires de la pendaison. Sur ces images, on peut voir Saddam Hussein introduit pieds et poings liés dans la pièce où la potence est dressée. L'un des gardes encagoulés paraît lui expliquer la procédure, avant de lui mettre la corde au cou. Les traits de l'ancien président ne traduisent aucune émotion. Plus tard, une image fixe de Saddam Hussein enveloppé dans un linceul, la joue droite contre le sol, a également été diffusée.

L'envoyé spécial à Bagdad du quotidien américain The Washington Post a recueilli auprès de Mounir Haddad, juge à la cour d'appel du Haut Tribunal pénal irakien, le récit des heures qui ont précédé l'exécution. Selon le magistrat, quatorze témoins, dont lui-même, ainsi que le ministre de la justice et des conseillers du premier ministre Nouri Al-Maliki, ont assisté à la pendaison, qui a eu lieu à l'ancien siège des services de renseignement militaires, à Al-Qadimiya, l'un des faubourgs de Bagdad. Ils y ont été conduits à bord d'un hélicoptère de l'armée américaine tandis qu'un autre hélicoptère acheminait Saddam Hussein de sa cellule de Camp Cropper près de l'aéroport, jusqu'à la "zone verte" ultra-sécurisée de la capitale où il a été remis aux autorités irakiennes.

Selon la même source, Saddam Hussein, qui tenait un Coran à la main ne manifestait aucune frayeur. Aux cris de "Vive le peuple, vive le djihad, vive la nation", "à bas les Perses et les Américains", l'ancien président a tenté d'interrompre le rappel du verdict. Il a confié son Coran au juge en lui demandant de le remettre au fils de l'ancien président de l'ex-tribunal révolutionnaire, lui aussi condamné à mort, ou à l'un des membres de sa famille.

Conduit dans la pièce sans fenêtre où était dressé le gibet, il a répliqué à l'un des hommes encagoulés qui lui reprochait d'avoir "appauvri l'Irak" : "J'ai fait de l'Irak un pays riche, un pays puissant !"  Il a ensuite refusé qu'on lui couvre la tête d'une cagoule.

Sources Le Monde

Posté par Adriana Evangelizt


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André 01/01/2007 19:45

As-tu vu Adriana les manifestations de New Delhi? Des foules immenses brandissaient le portrait de Saddam en l'appelant "martyr de l'islam".  Cette colère devant cette parodie de justice est exacerbée par le moment choisi stupidement par ces crétins méprisants,  la fête du mouton.  S'ils voulaient enflammer le monde en faisant passer Saddam pour un héros, ils ne s'y prendraient pas autrement.