L'élection d'un musulman mettrait en cause les "valeurs" américaines

Publié le par Adriana Evangelizt

L'élection d'un musulman mettrait en cause

les "valeurs" américaines


L'arrivée à Washington du premier musulman jamais élu au Congrès américain provoque une polémique, un parlementaire républicain exprimant sa crainte de voir compromises les "valeurs et les croyances traditionnelles" des Etats-Unis.


Pour Virgil Goode, républicain de Virginie (est) farouchement anti-immigration, "si les citoyens américains ne se réveillent pas et n'adoptent pas (sa) position sur l'immigration, il y aura sans doute de plus en plus de musulmans élus et exigeant l'usage du Coran" lors des cérémonies officielles. Il fait référence à Keith Ellison, élu le 7 novembre représentant du Minnesota (nord), et qui sera le premier musulman à siéger au Congrès. M. Ellison avait annoncé le mois dernier qu'il entendait, lors de sa prise de fonctions, prêter serment sur le Coran - bien qu'en fait la cérémonie de prise de fonctions des parlementaires, prévue le 4 janvier, soit organisée de façon collective et ne prévoie pas l'utilisation d'un livre saint.

 "Je crains qu'au siècle prochain nous ayons beaucoup plus de musulmans aux Etats-Unis si nous n'adoptons pas la politique de l'immigration stricte que je crois nécessaire pour préserver les valeurs et croyances traditionnelles des Etats-Unis d'Amérique", ajoute M. Goode dans une lettre adressée à un de ses administrés, transmise mercredi à l'AFP. Une grande organisation de défense des droits des musulmans, le CAIR (Council on American-Islamic relations) a exigé des excuses à la suite de cette lettre. "Les remarques islamophobes de M. Goode adressent un message d'intolérance qui est indigne de tout élu", a estimé un responsable du CAIR, Corey Saylor. Le porte-parole de M. Goode a indiqué qu'il n'avait aucune intention de présenter des excuses et qu'il assumait pleinement sa lettre.

M. Ellison, un noir américain dont la famille serait établie aux Etats-Unis depuis 1742, selon le CAIR, avait déjà été sommé par un commentateur ultra-conservateur, Dennis Prager, de prêter serment sur la Bible et non sur le Coran. "M. Ellison, c'est l'Amérique, et pas vous, qui décide sur quel Livre ses élus prêtent serment!" avait lancé M. Prager, estimant qu'un serment sur le livre saint de l'islam le disqualifierait pour siéger au Congrès. Une organisation conservatrice, l'Association de la famille américaine, avait embrayé en réclamant qu'une loi fasse de la Bible le seul livre acceptable pour les serments officiels. Mais ces prises de position sont très largement repoussées, et plusieurs intellectuels ont demandé que Dennis Prager soit exclu d'un organisme chapeautant le musée de l'Holocauste à Washington, auquel il appartient.

Pour le juriste Eugene Volokh, rien dans la Constitution n'oblige à prêter serment, ce qui protège athées et agnostiques. "Pourquoi les musulmans et les autres ne bénéficieraient-ils pas de la même protection?" s'est interrogé M. Volokh dans le blog du magazine conservateur National Review. En fait la polémique ne porte réellement que sur la cérémonie privée que les parlementaires organisent traditionnellement pour marquer leur prise de fonctions, à la suite de la cérémonie publique et collective. Là, devant des caméras, on les voit généralement une main levée et l'autre posée sur un livre saint. Mais plusieurs élus ont déjà fait entorse à la tradition: les présidents John Quincy Adams (1825-29) et Theodore Roosevelt (1901-09) n'avaient pas posé la main sur la Bible lorsqu'ils ont pris leurs fonctions. Le sénateur Joseph Lieberman, juif pratiquant, a quant à lui toujours prêté serment sur la bible familiale - assurément pas une version chrétienne contenant le Nouveau Testament. Et le sénateur républicain Gordon Smith avait apporté à la fois la Bible et le livre des Ecritures mormones quand il a pris ses fonctions en 1997.

Sources : UMRA

Posté par Adriana Evangelizt

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RACAL 04/01/2007 23:09

Bravo, très bon ton blog.
je te met un lien dans le mien.