Un socialiste va siéger au Sénat pour la 1ere fois de l'Histoire

Publié le par Adriana Evangelizt

Pour la 1ère fois de l'Histoire, un socialiste va siéger au Sénat

 


Un socialiste fera le 4 janvier son entrée au Sénat des Etats-Unis, une première dans l'Histoire de ce pays, où le socialisme reste un objet politique non-identifié.

Elu en novembre, Bernard Sanders, dit "Bernie", représentera le petit Etat du Vermont (nord-est). Candidat "indépendant", il l'avait emporté avec 65% des voix contre un richissime homme d'affaires qui avait dépensé plus de 7 millions de dollars de sa fortune personnelle dans la campagne.

Avec ses airs de professeur débraillé et son fort accent de Brooklyn, le nouvel élu, 65 ans, passe parfois pour un extra-terrestre dans un pays où le socialisme est plus souvent associé à la Corée du Nord qu'aux social-démocraties scandinaves. Pour un regard européen, il n'a pourtant rien d'un dangereux gauchiste.

"Je suis un socialiste démocratique", insiste-t-il. "Selon moi, le but de la société devrait être de combiner une importante classe d'entrepreneurs créant de la richesse et des emplois avec une forte présence du gouvernement pour s'assurer que tout le monde ait un certain niveau de vie".

Ces idées, Bernie Sanders aura quand même mis plus de 30 ans avant de pouvoir les porter au plus haut niveau de la vie politique américaine. Lors de ses premières candidatures au Sénat au début des années 1970, ce juif new-yorkais expatrié dans le Vermont ne récolte jamais plus de 6% des voix. Il décide alors de se tourner vers une bataille plus accessible en se présentant à la mairie de la plus grande ville de l'Etat, Burlington.

"A l'époque, personne ne s'attendait à ce qu'il l'emporte", se souvient Peter Freyne, journaliste politique pour l'hebdomadaire local Seven Days. "Il était juste une +grande gueule+ en marge du système politique".

Et pourtant, en mars 1981, "Bernie" l'emporte. Par 10 voix d'avance.

"Les gens avaient peur", se souvient Garrison Nelson, professeur de sciences politiques à l'Université du Vermont. Les commentateurs se mettent à parler de la "République populaire de Burlington". Et M. Nelson doit intervenir à la télévision pour rappeler qu'une attaque soviétique contre la base aérienne voisine n'est pas imminente.

Personne ne croit à la longévité de "Bernie". Contre toute attente, le voilà réélu en 1983, 1985 et 1987. Burlington commence à apparaître dans les classements de villes les plus agréables à vivre aux Etats-Unis et son maire à gagner en popularité. En 1990, il remporte le seul siège du Vermont à la Chambre des représentants. Et est ensuite réélu à sept reprises.

"C'est un phénomène", s'exclame Garrison Nelson. "Bernie n'a ni parti politique ni fortune personnelle, ni relations familiales et n'est pas ce qu'on pourrait appeler séduisant. Et que l'Etat le plus rural du pays choisisse un juif socialiste de Brooklyn pour le représenter n'a aucun sens!"

Ce fils d'immigré polonais, né en 1941, aux manières parfois rudes jouit d'une popularité impressionnante dans les campagnes du Vermont. "Intègre", "honnête", "il aime secouer le cocotier", entend-on à la cantonnade. "Contrairement à beaucoup d'hommes politiques américains, il n'a pas peur de dire ce qu'il pense. Et les gens aiment ça", avance Cathy Resmer, journaliste locale.

"C'est un politicien infatiguable, qui sait très bien utiliser les médias. Il est plein d'énergie et de dévouement pour les gens", renchérit Peter Freyne. "Bernie" espère profiter de la nouvelle tribune que lui offre le Sénat, où la majorité démocrate ne tient qu'à une voix, pour diffuser ses idées au reste du pays. "Je crois que ce petit Etat a pour destin de mener l'Amérique dans une direction complètement différente", lance-t-il, prophétique.

"Il va faire tout ce qu'il peut pour rendre la vie dure au président (George W.) Bush", prédit M. Nelson. "Mais son succès ne peut-être répété. Bernie est un cas unique".

Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt

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