Le départ de Negroponte, nouveau coup dur pour le renseignement américain

Publié le par Adriana Evangelizt

Alors ça, c'est le gros coup fourré. Ils ne sortent pas Negroponte des Renseignements pour rien. Ils le sortent pour qu'il soit avec Condoleeza Rice au Département d'Etat. Ou plus exactement pour brider Rice qui pourrait gêner Cheney pour les nouvelles menées guerrières qu'il a l'intention de mener en Iran. Quand on connait le passif de Negroponte, nul doute que ce changement n'augure rien de bon. Ils sont en train de préparer un gros coup bien sanguinolent, une fois de plus.

Le départ de Negroponte, nouveau coup dur

pour le renseignement américain

Le départ abrupt du premier chef du renseignement national américain, John Negroponte, porte un nouveau coup aux services secrets en plein remaniement après les ratages sur les attentats du 11-Septembre et l'Irak.

A 67 ans, John Negroponte doit quitter ses fonctions de super-patron du renseignement (Director of National Intelligence - DNI) pour devenir l'adjoint de Condoleezza Rice au département d'Etat, alors que le président américain George W. Bush doit annoncer la semaine prochaine sa nouvelle stratégie en Irak.

Un responsable américain a indiqué jeudi que M. Bush annoncera vendredi la nomination d'un ancien des services secrets, Michael McConnell, au poste de DNI.

"Je suis profondément troublé par le calendrier de cette annonce (du départ de M. Negroponte) et le vide que cela va laisser à la tête de notre communauté du renseignement", a écrit dans un communiqué le sénateur démocrate John Rockefeller, qui va présider la commission du renseignement au Sénat.

Ancien ambassadeur à l'ONU et en Irak, M. Negroponte était en poste depuis moins de 20 mois.

Si certains experts soulignent que sa connaissance du dossier irakien sera utile au département d'Etat, son départ soulève de nouvelles interrogations sur la faisabilité du remaniement engagé au sein des 16 agences de renseignement, civiles et militaires.

Le DNI avait été créé pour tenter de coordonner le travail de ces agences, qui malgré un budget annuel de 40 milliards de dollars, n'ont pas su empêcher les attentats de 2001 et ont fourni de mauvaises informations sur le prétendu arsenal d'armes de destruction massive irakien.

Le remplaçant de M. Negroponte, Michael McConnell, un vice-amiral à la retraite et ancien responsable de l'agence américaine chargée du renseignement électronique (NSA), est proche du nouveau secrétaire à la Défense, Robert Gates, et a travaillé étroitement avec le vice-président Dick Cheney pendant la guerre du Golfe (1991) lorsque ce dernier était secrétaire à la Défense.

Le départ de M. Negroponte "est probablement quelque chose dont la communauté du renseignement devrait avoir honte, encore un bouleversement de plus alors qu'il y en a déjà suffisamment", a expliqué Gregory Treverton, ancien responsable du renseignement, aujourd'hui expert à la Rand Corporation.

Alors que la rumeur courait que l'homme ne se plaisait pas à son poste, son départ illustre le caractère difficile de la mission qui lui avait été confiée. Il provoque aussi l'inquiétude au Congrès, où M. Negroponte a subi les vives critiques de certains élus contrariés par la lenteur du changement.

"Sous la direction de Negroponte, notre communauté du renseignement a fait des progrès significatifs sur la réforme (du secteur) mais il faut faire plus dans des domaines tels que le partage de l'information, la collecte du renseignement sur le terrain, le budget et l'analyse du renseignement", a dit à l'AFP la sénatrice républicaine Susan Collins, corédactrice d'une loi sur la réforme du renseignement.

Le remaniement du renseignement américain "est à mi-chemin", estime M. Treverton, "si on est optimiste on dira que beaucoup de ce qui a déjà été mis en place est sensé et pourrait porter ses fruits plus tard".

"Ils ont commencé à construire un monde du renseignement uni, mais c'est une vraie galère", poursuit-il.

Le départ de M. Negroponte intervient moins d'un an après la démission soudaine du directeur de la CIA, Porter Goss, après deux ans à ce poste.

Le porte-parole du département d'Etat, Sean McCormack, a décrit M. Negroponte comme "un diplomate parmi les diplomates", rappelant qu'il avait été ambassadeur au Mexique, aux Philippines, au Honduras, à l'ONU et en Irak.

Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt

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