Saddam Hussein immortalisé

Publié le par Adriana Evangelizt

Nous imaginons sans peine ce que les Musulmans doivent ressentir vu ce que nous ressentons nous même après avoir vu la barbarie à l'oeuvre. Il y a même fort à parier que celui qui filmait cette scène horrible ne devait pas être le dernier à injurier le raïs. On voit là la conscience de telles crapules et leur degré de mentalité. Oser se comporter de la sorte alors que l'homme va être pendu, qu'il a les mains liées et qu'il ne peut pas se défendre montre la pitoyable bassesse de cette engeance qui, elle, par contre ne mérite même pas la corde pour la pendre. Ah il est beau le gouvernement Maliki ! Aussi beau que le gouvernement Bush qui se complaît à se vautrer dans le sordide ne se rendant même pas compte qu'avec des actes aussi odieux, c'est eux que l'on juge.

Saddam Hussein immortalisé

par Rachid Lourdjane


Dans la conscience collective arabe, Saddam Hussein a basculé du statut d’autocrate à celui d’immortel sacralisé dans une dimension impossible à imaginer aujourd’hui. C’est l’effet inverse non désiré.

L’impardonnable erreur est d’ignorer qu’un dirigeant tué, victime d’acharnement, peut devenir post mortem plus redoutable que vivant. Déjà, depuis sa mort, il est difficile de parler de Saddam sans apesanteur émotive du héros qui tombe. Il entre dans l’histoire comme un résistant à l’occupation américaine et militant pour l’unité nationale irakienne. A tort ou à raison. La scène macabre de l’exécution a provoqué une onde de choc. La façon dont la sentence a été orchestrée, le choix délibéré du jour sacré et la sauvagerie qui nous a été donnée en spectacle indiquent le même signal ; l’option de la barbarie comme orientation politique dans le dessein évident de terroriser et d’humilier.

L’acte est vécu, ici en France au sein de la communauté maghrébine, comme une provocation qui dépasse les enjeux du destin de l’Irak. Sous l’effet d’un état de choc traumatisant, les gens murmurent les mêmes commentaires ; « pourquoi une telle sauvagerie en ce jour chargé de symboles ? » Le sinistre rituel de la mort en direct, sans pudeur, sans le respect dû à un prisonnier supplicié est de toute évidence destiné à cibler des couches de population comme pour les impliquer dans le champ politique irakien. C’est un message d’intimidation, sans doute pour attiser les haines en vue de nourrir un fictif complot à l’échelle planétaire. C’est un message de provocation.

Les médias, ici, rappellent en boucle que Washington considère cette exécution comme le point de départ à l’avènement de la démocratie en Irak. On s’attendait à un commentaire pour rappeler cette stupidité de liens de cause à effet entre la noblesse démocratique et l’humiliation, le mépris, la haine et l’exercice de la toute puissance. Mais il n’y a pas eu que peu de réactions courageuses de révolte humaine. La mort de Saddam, dans ces circonstances tragiques, est loin de mettre un point final au chaos en Irak. Elle aggrave les fissures intercommunautaires. Il est possible que ce soit là le but recherché par les ennemis de l’Irak. Le dernier message de Saddam à son peuple a été un appel au calme et à l’union. L’homme qui a régné en dictateur sur son pays durant 35 ans a su affronter la peine dignement, la tête haute, refusant les accoutrements des condamnés à mort. En dépit du tohu-bohu de ses bourreaux qui ont perdu leur calme s’agitant maladroitement autour de lui, Saddam marchait sereinement comme un chef d’Etat dans la plénitude de ses attributs. Dictateur, il fut. Probablement dans une moindre dimension que d’autres sanguinaires généraux en Amérique latine. Saddam a révélé, une face surprenante de sa personnalité ; celle d’un audacieux seigneur au courage physique indiscutable avec une rare grandeur jusqu’aux dernières secondes de sa vie.

Sources
El Watan

Posté par Adriana Evangelizt

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