Exécution de Saddam : un grand coup contre la Ummah

Publié le par Adriana Evangelizt

Exécution de Saddam : un grand coup contre la Ummah

par El Hadji Babacar KEBE

 


Avec cette exécution par pendaison de Saddam Hussein en cette aube du samedi 30 décembre 2006 qui marque la grande fête musulmane de l'Aïd el Kebir, les Américains viennent de marquer un grand coup : frapper, au-delà de Saddam Hussein la conscience de la Umma islamique et, du coup, régler un vieux compte qui remonte aux évenements du 11 septembre 2001.


En effet, il ne fait pas de doute que depuis le 11 septembre 2001, l'administration américaine incarnée par Bush-fils en veut terriblement aux musulmans du monde dont Ben Laden, le cerveau du mouvement Al Qaïda ne serait que le bras armé. Saddam Hussein ayant commis le tort de manifester son soutien à Al Qaïda alors que lui-même exerçait une terreur sur son peuple, l'occasion était trouvée de tout mettre en oeuvre pour lui régler, à jamais, son compte. D'où l'argument tiré des armes de destruction massive dont il serait en possession pour tenter de monter la communauté internationale contre le leader irakien.

En dépit des résultats nuls avérés à la suite d'une enquête menée par des hommes de l'art, le gouvernement américain se gaussant de la communauté internationale, notamment de l'Organisation des Nations Unies, est intervenu en Irak non pas pour défendre le peuple irakien, mais pour mettre la main sur son ennemi principal capturé dans des conditions qui choquent encore tout homme épris de dignité.

Moins que Saddam Hussein, c'est le processus ayant abouti à l'exécution de la sentence du 5 novembre 2006 qui interpelle les juristes que nous sommes, par ailleurs militants d'un ordre international incarné depuis 1945 par l'Organisation des Nations Unies. Il se trouve que cet ordre à l'élaboration duquel les Américains ont pris une part active depuis la conférence de Dumbarton Oaks est de nos jours battu en brèche par les mêmes Américains au nom d'un unilatéralisme inacceptable. Voilà qui réduit l'organisation universelle portée sur les fonts baptismaux le 26 juin 1945 à San Francisco en une grosse machine administrative dont l'efficacité est de plus en plus contestée.

Pour en revenir à l'exécution de Saddam Hussein, je ne peux me passer de crier mon indignation après avoir dénoncé ce qui du début à la fin s'apparente à une parodie de justice. Il faut être frappé de cécité pour ne pas comprendre que les juges qui ont officié dans l'affaire Saddam Hussein n'ont agi que sur délégation du gouvernement américain. Malgré le vernis dont a été couvert le procès pour lui conférer les allures d'une justice respectueuse des principes universels, tout le monde sait que l'objectif d'avance fixé était d'avoir la tête de Saddam Hussein dans des conditions non conformes à la loi islamique. Sous ce rapport, il s'est surtout agi de punir un homme et de l'offrir en exemple à tous ceux qui, dans le monde musulman, chercheraient à contrecarrer la toute puissance américaine.

Le choix de la date (la fête du mouton) n'est pas innocent car, comme le révèle le Coran, c'est pour respecter l'engagement pris vis-à-vis de son Seigneur que le prophète Ibrahim a failli sacrifier son propre fils Ismaël. Pour récompenser ce digne père et son non moins digne fils de leur volonté de soumission, Dieu le Tout-Puissant fit descendre un gros bélier en remplacement de Ismaël qui était sur le point d'être immolé.

La grande leçon philosophico-religieuse qu'il faut tirer de ce qui précède est que cete fête musulmane dédiée aux hommes n'a de sens que lorsqu'en lieu et place de l'homme est sacrifié le mouton conformément à la volonté divine. Pour ne l'avoir pas compris, les Américains (que nous aimons beaucoup pour le modèle de développement qu'ils nous offrent) ne font que creuser davantage le fossé entre eux et la Umma islamique.

Par ailleurs, cette exécution, malgré les apparences d'un soutien populaire sur commande, ne fera que compliquer la situation en Irak. Plus grave, le règlement global du problème Moyen oriental s'en trouvera retardé. L'avenir prochain nous donnera raison. C'est pourquoi, j'invite le gouvernement du Sénégal à prendre des initiatives hardies allant dans le sens de la recherche de solutions propres à réconcilier les parties à ce douleureux conflit.

Quant aux partis politiques engagés dans la bataille du 25 février 2007, ils auraient tort de limiter leur discours à la seule évocation des problèmes internes, ignorant ainsi que le monde est un village planétaire un et indivisible.

El Hadji Babacar KEBE
ebkasnu@yahoo.fr

Sources Walf Fadjri

Posté par Adriana Evangelizt

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