feu vert de Prodi à l'élargissement controversé d'une base américaine

Publié le par Adriana Evangelizt

Le pauvre Romano Prodi se repentira dans quelques temps d'avoir cédé aux pressions atlantistes. Imaginez un peu qu'il y a 7 bases américaines en Italie ? Pourquoi faire ? Ils sont en train de tisser leurs toiles sur toute l'Europe... et ce n'est pas pour des prunes. Ils seront plus proche ainsi pour envoyer leurs bombes sur les futurs récalcitrants européens... les politiques n'y voient pas plus loin que le bout de leur nez.

Italie: feu vert de Prodi à l'élargissement controversé

d'une base américaine

Malgré l'opposition d'une partie de son camp, le chef du gouvernement Romano Prodi a dit oui à l'élargissement d'une base américaine sur le sol italien, soucieux de ne pas envenimer des relations avec Washington plus tendues qu'à l'époque de Silvio Berlusconi.

Alors que la décision sur l'élargissement de la base militaire de Vicenza (nord) était attendue vendredi, Romano Prodi a annoncé sa décision plus tôt que prévu, mardi soir à Bucarest où il se trouvait en visite, afin de couper court à une polémique grandissante en Italie.

"Retarder encore l'annonce de la décision risquait de tendre les rapports avec l'administration Bush", soulignait mercredi le quotidien Repubblica.

Le gouvernement "ne s'oppose pas à la décision prise par le gouvernement précédent (de Silvio Berlusconi, ndlr) et la municipalité de Vicenza pour que la base soit élargie", s'est borné à déclaré Romano Prodi, déclenchant la fureur de ses alliés radicaux au sein de l'Union de la gauche et l'occupation de la gare de Vicenza mardi soir par un millier de manifestants.

Les communistes comme les Verts ont fait campagne contre l'élargissement de la base US, l'une des sept américaines que compte l'Italie. Elle accueille actuellement 2.750 soldats de la 173e Brigade aéroportée, déployée entre Vicenza et l'Allemagne.

Son agrandissement, un projet de 500 millions de dollars, permettrait d'y stationner les quelques 1.800 militaires basés en Allemagne.

Alors que le quotidien communiste "Il manifesto" dénonçait "un acte humiliant de lâcheté" de la part de Prodi, les communistes font planer la menace de s'opposer au refinancement de la mission militaire italienne en Afghanistan qui doit être votée à la fin du mois.

"J'avais espéré que l'on arriverait à discuter de l'Afghanistan dans un climat plus serein mais maintenant tout est plus compliqué", a averti le secrétaire général du Parti des communistes italiens (PDCI) Oliviero Diliberto.

S'il a irrité ses alliés minoritaires au sein de la coalition au pouvoir, Prodi a surtout fait "un geste d'apaisement" à l'égard de Washington, a déclaré à l'AFP le président de l'Institut des affaires internationales (IAI), Stefano Silvestri.

"Les relations entre l'Italie et les Etats-Unis, qui sont constructives depuis plus de 60 ans, ont fait un pas en avant", s'est félicité mardi soir l'ambassadeur américain à Rome, Ronald P. Spogli.

Outre que les Américains auraient mal pris une volte-face des Italiens - ils ont déjà dépensé 10 millions de dollars en études de faisabilité - l'accord de Prodi met du baume sur des relations nettement moins idylliques qu'à l'époque du gouvernement Berlusconi (2001-2006).

Outre les divergences sur l'Irak, d'où l'Italie a retiré ses troupes début décembre, le gouvernement Prodi a été parmi les premiers à dénoncer les raids américains en Somalie et les exécutions de Saddam Hussein et de deux de ses proches. Cela lui a valu d'être taxé d'"anti-américain" par le chef de l'opposition, Silvio Berlusconi.

L'attente d'une invitation à se rendre à Washington, toujours pas parvenue huit mois après l'arrivée au pouvoir de Prodi, et un contrat de plusieurs milliards de dollars pour des avions cargo destinés à l'armée américaine pour lequel est en course l'Italien Finmeccanica associé à l'Américain Lockheed, ne seraient pas non plus étrangers à la décision de Rome, selon la presse.

Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt

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