Quitter la présidence mais garder le pouvoir : Poutine révèle son jeu

Publié le par Adriana Evangelizt

Eh oui... il était clair comme nous l'avons dit sur un autre article que Vladimir Poutine n'allait pas tirer sa révérence et laisser son pays aux mains de dieu sait qui dans la période de troubles qui s'annonce. Beaucoup de gens critiquent Poutine mais il faut bien se dire qu'il est à la tête du pays le plus grand du monde -17 millions de km carrés - usa 9 millions- dont le lourd héritage nécessite plusieurs décennies pour atteindre le niveau des pays européens en "démocratie" et en modernité de vie. Mais franchement quand on regarde bien, quelle différence avec un George Bush que cet homme. Il est d'une grande intelligence, c'est certain. De surcroît, très au fait de toutes les manoeuvres exercées par les chefs d'états étrangers avec un oeil scrutateur fixé sur le Moyen-Orient et rien ne lui échappe.

Nous remarquerons qu'il n'a jamais rien dit sur les agissements du sionisme ou des dirigeants israëliens mais il sait exactement à quoi s'en tenir et il agit en conséquence. On l'a vu pour la Syrie qu'il a armé car il sait que l'Etat hébreu lui cherche toujours des noises. Il construit les centrales nucléaires en Iran alors qu'il sait pertinemment que ce pays est en butte de l'axe israélo-américain. Idem pour le Vénézuela. Il y a aussi sa proximité avec la Chine et l'Inde. Mine de rien, il est en train de tisser ses liens et ses affinités pour le futur. C'est un grand visionnaire. Qualité que ne possèdent ni Bush ni Sarkozy. D'ailleurs vous remarquerez qu'ils ne défendent pas les mêmes peuples que lui. Poutine est très aimé par les musulmans et faut-il le dire par son Peuple qui à 70 % voudrait qu'il se représente. Quand on voit la popularité de Bush dans son pays ou celle de Sarkozy avec les millions d'habitants en moins, c'est quand même assez fantastique.

Il y a, de surcroît, autre chose qui échappe souvent à l'oeil, c'est la façon dont il apprend à gouverner sur le tas. Il ne faut quand même pas oublier qu'avant d'occuper cette position il n'avait pas beaucoup d'expérience politique ayant passé la plus grande partie de sa vie dans les services secrets. Et que dire du milieu pauvre dont il est issu ? Voilà donc un homme qui s'est fait tout seul, comme on dit communément. La Russie n'est pas l'Amérique ni la France. Il faut vraiment une sacrée poigne et un sacré charisme pour gérer cette immensité. C'est sans compter qu'il trouve encore le temps de faire tout un tas de sport, nous poserons bientôt des photos de lui, on le voit faire du ski, de la musculation, s'adonner aussi aux arts martiaux dont il est un maître, passionné par ses chiens, bref, une énergie à revendre mais qui ne se dissémine pas n'importe où comme le président français.

Alors le seul trou noir et il faut en parler, c'est la Tchétchénie. Mais quel dommage qu'il n'ait pas le courage de faire quelque chose pour que cesse cette plaie vive. Il le pourrait mais pourquoi ne fait-il rien ?

Quitter la présidence mais garder le pouvoir :

 Poutine révèle son jeu

par Agnès Gruda



Comment abandonner la présidence sans perdre le pouvoir? Après des mois de mystère au sujet de son avenir, Vladimir Poutine a résolu hier cette apparente quadrature du cercle en se lançant dans la campagne en vue des élections législatives du 2 décembre, comme candidat numéro un sur la liste du parti Russie Unie.

Cette formation domine largement la scène politique russe et le président est assuré d'emblée d'un siège à la Douma, le Parlement russe. À partir de là, selon un scénario qu'il n'a pas nié hier, l'actuel président pourrait hériter du siège de premier ministre - tandis que l'actuel premier ministre Viktor Zoubkov serait propulsé vers le poste de président.

Un tel jeu de chaises musicales serait «entièrement réaliste», a convenu le président de la Russie qui a fait connaître sa décision lors d'un congrès de Russie Unie, hier.

La Constitution russe limite l'exercice des fonctions présidentielles à deux mandats de quatre ans. Le second mandat de Poutine arrive à échéance en mars. Encore jeune, jouissant de l'appui de 70% de la population, le président aurait pu invoquer quelque raison d'État pour changer la Constitution et s'accrocher au pouvoir - il n'aurait pas été le premier à se livrer à de tels traficotages dans ce coin de la planète.

Mais Vladimir Poutine a juré à de nombreuses reprises qu'il ne jouerait pas avec la Constitution et qu'il quitterait son poste à la fin de son mandat.

Il pouvait difficilement revenir sur cet engagement: «Il s'était peinturé dans le coin», note le russologue Jacques Lévesque, de l'UQAM.

Mais en même temps, il était difficile d'imaginer que ce président immensément populaire se contenterait de tirer sa révérence et de filer dorénavant des jours tranquilles dans sa datcha.

La rumeur lui a déjà attribué la direction de quelque gros conglomérat industriel, tel que Gazprom, voire le rôle d'un dirigeant occulte qui tire les ficelles dans les coulisses.

Selon le scénario esquissé hier, ce ne sera pas nécessaire. S'il se confirme, Vladimir Poutine «gardera l'essentiel des pouvoirs tout en sauvant les apparences, et en évitant de donner de la Russie une image de république de bananes», selon Jacques Lévesque.

Décisions passées

L'annonce d'hier a pris les observateurs du Kremlin au dépourvu, mais selon ce professeur de l'UQAM, le scénario qui déplacerait le centre du pouvoir vers le gouvernement, au lieu de la présidence, faisait partie des cas de figure déjà envisagés par les analystes.

L'annonce de Poutine éclaire aussi, rétrospectivement, une série de décisions passées, qui se mettent maintenant en place comme des pièces de puzzle.

Ainsi, à la mi-septembre, Poutine a confié le poste de premier ministre à un obscur apparatchik, Viktor Zoubkov, dans un geste qui a sidéré les kremlinologues - qui imaginaient que ce poste serait plutôt confié à un des présumés «dauphins» du président, Aleksander Medvedev ou Sergueï Ivanov. Or, ces derniers ont plutôt été nommés à des postes de vice-premiers ministres.

«Maintenant, tout s'éclaire, Poutine a déjà entrepris le transfert de la présidence vers le bureau du premier ministre», constate Jacques Lévesque.

Autrement dit, il prépare sa sortie en amenant ses plus proches collaborateurs avec lui.

Le système politique russe accorde des pouvoirs immenses au président. Mais en pressentant comme successeur un homme de l'ombre comme Viktor Zoubkov, Poutine s'assure de continuer à peser de tout son poids sur la politique russe.

Et si jamais Viktor Zoubkov devait causer des surprises et se montrer trop indépendant, Poutine pourrait toujours essayer de changer le partage des pouvoirs, en faveur du gouvernement, en faisant modifier la Constitution.

Ce ne serait pas si étonnant dans un pays où, selon le spécialiste de la Russie Pierre Binette, «les institutions s'adaptent aux besoins du pouvoir».

Sources
Cyberpresse

Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans Poutine Bush

Commenter cet article