Moscou demande à Washington de "geler" le projet de bouclier antimissile

Publié le par Adriana Evangelizt

Il est bien évident que ce bouclier n'a pas pour but de protéger les Etats-Unis ou l'Europe des hypothétiques attaques de l'Iran. Il a au contraire comme visée de neutraliser l'Europe et la Russie dans un cas de riposte face aux futures agressions américaines. Car il ne faut pas oublier que ce sont les entreprises de l'armement qui siègent dans l'ombre au Pentagone. Et que les guerres sont leur gagne pain. Relire l'analyse fort intéressante Réseaux conservateurs et nouvelle doctrine américaine de sécurité... surtout la conclusion qui pose les bonnes questions.

Moscou demande à Washington de "geler" le projet de bouclier antimissile

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a reconnu, vendredi 12 octobre, que Russes et Américains étaient loin d'avoir trouvé un accord sur le bouclier antimissile en Europe au terme de négociations avec Condoleezza Rice, la secrétaire du Département d'Etat et Robert Gates, le chef du Pentagone.

Le ministre russe a par ailleurs demandé à Condoleezza Rice, son homologue américain, "que le plan de déploiement [du bouclier antimissile] en Europe soit gelé". En effet, Washington négocie actuellement l'implantation d'une station radar en République tchèque. Parallèlement, les Américains ont le projet d'installer des intercepteurs de missiles en Pologne. L'ensemble technologique, radar et système antimissile, constituerait un bouclier censé protéger l'Occident d'une menace iranienne. Convaincus que cette initiative va à l'encontre de leurs intérêts stratégiques, les Russes ont proposé de mettre à disposition des Américains leur base radar de Gabala, en Azerbaïdjan, voisin de l'Iran. Des généraux américains ont rejeté la proposition, tandis que d'autres se sont récemment rendus à Bakou sans se prononcer davantage sur la faisabilité du projet d'utiliser conjointement la base de Gabala.

"DES MESURES POUR NEUTRALISER LA MENACE"

Insistant sur l'impossibilité actuelle d'un accord, le ministre de la défense russe, Anatoli Serdioukov, a déclaré à la presse que le différend entre son pays et l'Amérique portait d'abord "le déploiement en Europe d'un missile défensif qui possède un fort potentiel antirusse". "Mais nous continuerons de chercher un terrain d'entente sur ce sujet", a-t-il ajouté.

Rejetant l'appel de Moscou à un gel du projet, de son côté, Condoleezza Rice a rétorqué que les Etats-Unis allaient poursuivre leurs "discussions" sur ce système de défense, avec leurs "alliés" afin de l'installer sur le sol européen. Le secrétaire américain à la défense, Robert Gates, a expliqué que "le système de défense antimissile proposé (...) n'est pas dirigé contre la Russie".

Incrédule, M. Lavrov a prévenu que si les Etats-Unis déploient leur bouclier antimissile en Europe, "comme l'a dit notre président  [Vladimir Poutine], nous aurons à prendre des mesures pour neutraliser cette menace", a déclaré le chef de la diplomatie russe. "Nous préférerions éviter ce scénario", a-t-il ajouté.

Sources Le Monde

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