Vladimir Poutine, un président adulé par les Russes

Publié le par Adriana Evangelizt

Bush et Sarkozy peuvent toujours critiquer Poutine... ils sont loin de lui arriver à la cheville côté popularité avec son peuple. Côte de popularité qui tourne autour de 80 pour cent. Un très bel article sur l'homme... très aimé par la jeunesse russe...

Vladimir Poutine, un président adulé par les Russes

par Marie Jego

Avec une cote de popularité autour de 80 %, le président Vladimir Poutine est sans conteste le plus populaire des dirigeants russes. L'engouement qu'il suscite au sein de la société moscovite, entrée avec lui dans l'ère de l'aisance et de la consommation à tout-va, est palpable : "Plus qu'un président, il est une marque !", explique Anton, 20 ans, étudiant en sociologie.

"Poutine est unique, il est idéal. Avant nous avions le tsar, aujourd'hui nous avons Poutine. Pour moi, il est comme Dieu sur la terre. Je le vois aussi comme mon père", rapporte Vika, 17 ans, membre des jeunesses pro-Poutine Nachi (Les Nôtres). Ses amies sont sur la même ligne qu'elle : toutes ont des tee-shirts à son effigie, dorment avec un portrait de lui sur leur table de nuit et rêvent d'avoir "un mari comme lui".

"Poutine est un cadeau du ciel, un trésor politique colossal pour le pays (...). Son pouvoir de génie national est un pouvoir magique (...). Poutine a créé la Grande Russie. Cette grandeur doit être étendue à tous sans exception. La citoyenneté russe va devenir une lignée aristocratique et nous serons tous des aristocrates", écrivait il y a peu Gleb Pavlovski, le commentateur politique du Kremlin.

Nikanor, la trentaine, n'est ni membre des jeunesses pro-Poutine, ni politologue au Kremlin, il est l'un des représentants de cette classe moyenne (20 %) qui a vu son niveau de vie s'améliorer sensiblement entre 2000 et 2007. Lui aussi adule le maître du Kremlin : "De tous ceux qu'on a eus, Poutine est le meilleur. Il sait parler et, aussi bizarre que cela puisse paraître, il ne vole pas. Il veut vraiment faire quelque chose pour le pays. Les autres avant lui n'étaient pas comme ça, ils ne pensaient qu'à eux. Lui, il pense aux Russes."

Paré d'une telle aura, comment Vladimir Poutine peut-il songer à renoncer à la fonction suprême ? La Constitution, qui autorise deux mandats consécutifs, l'oblige à laisser la place en mars 2008. Un informel "parti du 3e mandat" a vu le jour au sein de l'élite politique. Une grande partie de la population abonde dans ce sens. Selon un sondage effectué en mai 2006 par le centre d'études de l'opinion publique Iouri Levada, plus de 59 % des personnes interrogées se disent favorables à un troisième mandat.

Mais Vladimir Poutine l'a dit et répété, il ne modifiera pas la Constitution. Il partira. Pourtant, il est plus que jamais inscrit dans l'avenir du pays. Ses tournées récentes dans les régions, la série de photos de lui parue cet été, où on le voit à cheval, torse nu au bord d'un torrent, en train d'épauler son fusil de chasse, chapeau de cow-boy sur la tête, font penser à un homme politique en campagne.

Il y a peu, des affiches électorales géantes à l'effigie de Russie unie, le parti pro-Kremlin, ont fait leur apparition sur tout le territoire de la Fédération. "Le plan de Poutine, c'est la victoire de la Russie", proclament-elles. Rien n'a jamais été dit à propos de ce "plan", pourtant les gens sont persuadés de son existence. Selon l'institut de sondages VTsIOM, 42 % des personnes interrogées estiment qu'un plan existe. Parmi les sondés, 26 % pensent qu'il a trait à la prospérité économique ; 16 % citent le redressement du prestige de la Russie, sa renaissance. Et 37 % voudraient qu'il soit mis en oeuvre par M. Poutine lui-même.

Pour toutes ces raisons, le président russe part et reste à la fois. "Comment faire pour rester au pouvoir tout en respectant la loi ? C'est là toute la question", a confié, mercredi à Radio Svoboda, le libéral Grigori Iavlinski. Le président russe ne modifiera pas la Constitution, mais envisage de devenir premier ministre comme il l'a dévoilé, le 1er octobre, à l'occasion du congrès de Russie unie, une formation créée par lui en 2001.

Pour que ce scénario se réalise, "Russie unie doit gagner les élections à la Douma du 2 décembre", a insisté le président. Depuis qu'il est devenu la tête de liste de cette formation - dont il n'est pas membre -, les élections législatives ont pris l'allure d'un plébiscite. Le 2 décembre, les électeurs devront se prononcer pour ou contre le cours suivi par Vladimir Poutine. L'effet a été immédiat. Avant l'annonce présidentielle, les instituts de sondage donnaient 48 % d'intentions de vote à Russie unie. Depuis l'annonce, 54 % des sondés disent avoir l'intention de voter pour "le parti de Poutine".

Sources Le Monde

Posté par Adriana Evangelizt

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