Pour Rahim Machaii, vice-président iranien, "l'arme atomique est obsolète"

Publié le par Adriana Evangelizt

Pour Rahim Machaii, vice-président iranien,

 "l'arme atomique est obsolète"

En visite à Paris, lundi 15 et mardi 16 octobre, le vice-président de la République islamique d'Iran, Rahim Machaii, chargé du patrimoine culturel et du tourisme, a présenté, devant la conférence générale de l'Unesco, le fonds régional du patrimoine culturel que l'Iran entend créer avec un capital (non plafonné) d'1 million de dollars (700 000 euros) "pour former des spécialistes dans tous les domaines du patrimoine".

Toutefois, même si aucune rencontre avec des dirigeants politiques français n'était sur l'agenda de cette brève visite, ce proche du président Mahmoud Ahmadinejad, avec qui il travailla à la mairie de Téhéran, a surtout tenu à délivrer un message "d'ouverture" auprès des médias, à l'heure où le contentieux sur le nucléaire iranien isole de plus en plus Téhéran.

"L'Iran, où la culture tient une grande place depuis très longtemps, comme en France" entend dialoguer avec le monde occidental par le biais d'échanges culturels, a-t-il expliqué mardi au Monde.

A l'image de l'exposition consacrée actuellement à la civilisation Safavide (1501-1722) au Louvre, il suggère de multiplier les expositions communes, voire de lancer "des films en coproduction". Il n'est pas hostile à la création d'un centre culturel français en Iran, "à condition que la réciproque soit possible".

Bref, il est prêt à toutes les ouvertures, y compris à relancer l'idée insolite, qu'il avait exprimée il y a quelques mois, d'envoyer des touristes visiter les sites nucléaires iraniens. Toutefois, note-t-il, "ces lieux, où il n'y a pas grand-chose à voir en dehors des écrans d'ordinateurs, sont un peu rébarbatifs pour les non-spécialistes", et les visiteurs "auraient intérêt à être un peu scientifiques".

Rahim Machaii en profite pour réaffirmer que l'accès à la technologie nucléaire est "un droit légitime du peuple iranien". La bombe ? Le danger de la prolifération nucléaire ? "C'est un fantasme américain. L'arme atomique est obsolète, plus personne ne peut s'en servir."

Ne craint-il pas une attaque américaine contre l'Iran ? "Les Etats-Unis n'en ont pas la capacité, ils n'en seraient pas où ils en sont en Afghanistan et en Irak." Et d'ajouter, ironique : "En intervenant en Afghanistan, ils ont aidé à installer une quasi-république islamique. Ils ont obtenu le même résultat après leur agression en Irak. Pourquoi attaquer l'Iran où existe déjà une République islamique depuis trente ans?"

CENSURE ET INDIGNATION

Rahim Machaii ne s'inquiète pas plus des déclarations alarmistes du chef de la diplomatie française Bernard Kouchner : "On n'y a guère prêté attention, ni en Iran, ni aux Etats-Unis.Avec la France, les problèmes sont ponctuels." Quant aux retards des "amis" russes à achever la centrale de Bouchehr, le vice-président est philosophe : "De toute façon, nous maîtrisons le cycle de combustion. Bientôt, nous n'aurons besoin de personne."

Cette volonté d'ouverture n'est-elle pas contredite par la censure contre la culture occidentale en Iran : musique, livres, films ? Rahim Machaii rétorque que "c'est en notant les points d'accord et de désaccord qu'un dialogue s'instaure", mais "les peuples veulent aussi se protéger d'influences qu'ils ne désirent pas. La liberté de choix ne peut s'exercer que dans la sécurité. Or, dans le contexte actuel, elle n'est pas assurée en Iran. Il faut donc des garde-fous".

Des garde-fous qui vont jusqu'à l'interdiction des journaux ? Il nie toute idée de censure : "Si un citoyen se sent calomnié, il demande réparation à la justice. C'est même arrivé au journal gouvernemental Iran qui avait publié des caricatures visant la minorité azérie. Il a été fermé…"

En un mot, le malentendu persistant entre l'Iran et le monde occidental viendrait pour M. Machaii d'une "mauvaise compréhension". "L'Iran, comme la plupart des pays orientaux, est très attaché à la religion, mais il tient tête aux grandes puissances, alors elles focalisent toute leur rancœur sur nous. Ainsi, les manifestations qui ont suivi la publication, dans la presse danoise, en 2006, des caricatures de Mahomet, ont-elles commencé en Indonésie et au Pakistan, mais l'Occident n'a évoqué que la réaction iranienne", poursuit-il.

Rahim Machaii ne comprend pas plus l'indignation manifestée quand Téhéran organise une conférence sur l'Holocauste en présence des négationnistes du monde entier : "Il ne s'agissait pas de nier la réalité de cet événement, mais de savoir pourquoi on ne peut en débattre publiquement, si ce n'est parce qu'il a été instrumentalisé par Israël."

Sources Le Monde

Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans IRAN ISRAEL

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