Iran: le départ de Larijani pourrait compliquer les discussions nucléaires

Publié le par Adriana Evangelizt

Iran: le départ de Larijani pourrait compliquer

 les discussions nucléaires

L'Iran a assuré dimanche que sa politique nucléaire resterait inchangée après la démission surprise de son négociateur, Ali Larijani mais son successeur, Saïd Jalili, pourrait rendre encore plus difficiles les discussions avec les Occidentaux.

"La démission de M. Larijani a été approuvée par le président, mais la politique de la République islamique d'Iran conserve un objectif inchangé", a dit le porte-parole de la diplomatie iranienne Mohammad Ali Hosseini lors d'un point de presse.

Depuis sa nomination au poste de secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale en août 2005, M. Larijani, qui a démissionné samedi, était l'interlocuteur privilégié de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et des Occidentaux pour tenter de trouver une solution négociée à la crise autour du nucléaire iranien.

Il devait reprendre mardi prochain à Rome des discussions sur ce thème avec le Haut représentant pour la politique étrangère de l'Union européenne, Javier Solana, qui agit au nom des cinq pays membres permanents du Conseil de sécurité et de l'Allemagne.

Selon M. Hosseini, il participera bien à ces entretiens, mais aux côtés de son successeur: "M. Jalili sera là, et M. Larijani sera là aussi, au titre de représentant du guide suprême", l'ayatollah Ali Khamenei.

C'est ce statut qui faisait de M. Larijani un partenaire de poids dans les discussions que M. Solana a eu avec lui pour essayer de convaincre l'Iran de suspendre son enrichissement d'uranium.

"Durant cette période, M. Larijani a toujours été considéré, en particulier à cause de sa désignation par le guide, comme un canal de contact fiable entre l'Iran et le monde", remarquait samedi un éditorial du site internet Tabnak, proche de l'ancien commandant des Gardiens de la révolution Mohsen Rezaïe.

Son successeur, Saïd Jalili, ne dispose pas d'une telle autorité. Son essor politique est étroitement lié à celui du président Mahmoud Ahmadinejad, qui en a fait son conseiller après son élection en 2005 avant de le placer au poste de vice-ministre des Affaires étrangères la même année.

Ce docteur en sciences politiques, auteur d'un ouvrage intitulé "La politique étrangère du Prophète", a été décrit par des diplomates occidentaux en poste à Téhéran comme un "personnage rigide" qui met un point d'honneur à "délivrer des sermons interminables à ses interlocuteurs".

Un jugement partagé par Mark Fitzpatrick, directeur du programme sur la non-prolifération à l'Institut international d'études stratégiques, selon qui cette arrivée "rend plus difficile la conclusion d'un accord, car il n'y a personne ayant un penchant pragmatique avec lequel négocier". 

M. Hosseini a fait état dimanche d'une "solidarité profonde entre tous les responsables de l'Iran (...) sur l'objectif à atteindre" dans le domaine nucléaire.

Téhéran refuse obstinément de suspendre son enrichissement d'uranium, ce qui l'expose au risque d'une troisième résolution du Conseil de sécurité des Nations unies comportant des sanctions.

Les grandes puissances ont décidé d'attendre la remise en novembre des rapports de M. Solana et du directeur de l'AIEA, Mohammed ElBaradei, avant d'engager le cas échéant le travail sur une nouvelle résolution.

M. Solana doit rendre compte de la position de Téhéran sur l'offre de coopération des grandes puissances à l'Iran en échange d'une suspension de son enrichissement d'uranium, et M. Elbaradei sur la coopération de la République islamique pour éclairer les zones d'ombre de son programme nucléaire>.

En plaçant son homme à la tête des négociations avec le diplomate de l'UE comme avec l'AIEA, M. Ahmadinejad en a fait le principal responsable d'un éventuel échec de ces discussions, selon le journal réformateur Etemad Melli dimanche.

"Le fait que l'équipe de négociateurs nucléaires et celle de la diplomatie iranienne soient désormais unifiées et sous le contrôle direct des amis du président est un acte stratégique, mais le président et ses conseillers comprennent parfaitement le prix d'une telle décision", a écrit le journal. 

Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt

 

Publié dans IRAN ISRAEL

Commenter cet article