Vladimir Poutine entretient le flou à propos de son avenir personnel

Publié le par Adriana Evangelizt

Vladimir Poutine entretient le flou à propos de son avenir personnel

par Piotr Smolar

L'Iran, l'armée, les Jeux olympiques de Sotchi en 2014, l'agriculture, les biocarburants, l'inflation, la crise démographique ou encore le football et la pratique des langues étrangères : le président Vladimir Poutine a eu le temps d'évoquer les sujets les plus divers, jeudi 18 octobre, au cours de son rendez-vous télévisé annuel de trois heures de questions-réponses avec les Russes.

Tous les sujets, sauf un : son avenir personnel, très incertain. "Il y aura un autre homme" au Kremlin après la présidentielle de mars 2008, a-t-il lâché, en appelant de ses voeux la préservation du "cours stable du développement" du pays et l'émergence d'un Parlement efficace. A aucun moment M. Poutine ne s'est exprimé comme un responsable politique sur le point de quitter le pouvoir, insistant sur la nécessaire continuité des programmes économiques entrepris. "Nous n'avons pas seulement pris des décisions, a-t-il dit. Nous avons réservé des ressources publiques pour de nombreuses années à venir afin de réaliser ces objectifs."

Le président russe a décidé de conduire la liste de La Russie unie à l'élection législative du 2 décembre, où le parti devrait obtenir une écrasante majorité. Soucieux de rester maître du jeu politique jusqu'au dernier jour de sa présidence, il a récemment alimenté les spéculations en envisageant de devenir par la suite premier ministre. Mais à l'issue de l'émission, jeudi, devant des journalistes au Kremlin, Vladimir Poutine s'est dit hostile à une "réduction des pouvoirs du président" et à un renversement de la balance des pouvoirs en faveur du premier ministre.

Organisé pour la 6e année, le spectacle télévisé a mobilisé des moyens incomparables pour mettre en scène la proximité du président avec ses concitoyens et sa connaissance de leurs soucis, à grand renfort de statistiques. Douze directs ont été organisés dans des villes de la Fédération - qui ne comprenaient pas Moscou et Saint-Pétersbourg -, ainsi qu'au Kazakhstan et dans l'enclave de Kaliningrad. Près de 2,5 millions d'appels ont été enregistrés, selon les organisateurs. Les Russes avaient la possibilité d'interroger Vladimir Poutine via Internet, les SMS et le téléphone.

Dans ce dispositif créé sur mesure, sans contradicteur ni même interpellations de la part des deux journalistes en plateau, M. Poutine s'est montré à son aise, se permettant de conduire l'émission, voire de poser les questions lui-même, écrites sur son calepin. Il a débuté son intervention en se félicitant des résultats économiques : 7,7 % de croissance depuis le début de l'année, après 6,7 % en 2006. Selon lui, cette hausse du produit intérieur brut ne repose pas sur la métallurgie, le pétrole et le gaz, mais aux deux tiers sur "d'autres sources, la construction, le transport, les communications, le commerce et les investissements". Vladimir Poutine a noté le "niveau record" des réserves d'or (296 milliards d'euros). Interrogé sur le coût des produits de base, il a dû reconnaître l'inquiétante inflation, qui s'établit déjà à 8,5 % depuis le 1er janvier 2007.

Les questions militaires ont tenu une place importante dans l'émission. M. Poutine a précisé que la Russie avait des plans "non seulement grands, mais grandioses" pour le développement de son armée, tels des systèmes de missiles nucléaires "entièrement nouveaux". Il a confirmé que le service militaire passerait d'un an et demi à un an à compter du 1er janvier 2008 et a annoncé la signature d'un oukase sur l'augmentation des pensions militaires, à hauteur de 40 milliards de roubles (1,1 milliard d'euros).

L'Irak et l'Iran ont été les sujets de politique étrangère les plus abordés. Vladimir Poutine a dénoncé le "régime d'occupation" en Irak en estimant que "combattre un peuple est un objectif sans perspective". Il a regretté l'absence d'une date butoir de retrait des forces américaines. "Sans cela, a-t-il dit, les dirigeants irakiens, se sentant comme sous la protection du parapluie américain, ne se presseront pas pour développer leurs propres forces armées et leurs organes de sécurité."

Sources Le Monde

Posté par Adriana Evangelizt

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