Rebelles kurdes: Ankara veut des mesures "urgentes" de Washington

Publié le par Adriana Evangelizt

Rebelles kurdes: Ankara veut des mesures "urgentes" de Washington, pilonnages au sud

Ankara a réclamé mardi aux Américains des mesures "urgentes" contre les rebelles kurdes basés dans le nord de l'Irak, avertissant que l'avenir de leurs relations en dépendait, tandis que l'armée turque bombardait les séparatistes près de la frontière avec l'Irak.

"Nous allons expliquer (aux Américains) que nous attendons des mesures urgentes et concrètes contre les foyers terroristes" du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, séparatiste) situés dans le Kurdistan irakien, a déclaré le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan devant le Parlement à Ankara.

M. Erdogan expliquait aux députés la position qu'il défendra le 5 novembre, lors d'une rencontre programmée avec le président George W. Bush à la Maison Blanche. Pour sa part, M. Bush dira à son hôte partager son souhait de voir "éradiquer" le PKK tout en l'appelant à la "retenue", a indiqué la porte-parole de la présidence américaine Dana Perino, en confirmant l'entrevue.

La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice doit également s'entretenir avec les dirigeants turcs vendredi à Ankara et non jeudi comme prévu initialement, a indiqué l'ambassade américaine en Turquie.

"Le terrorisme du PKK est un test de sincérité pour tous. Nous allons expliquer que ce test déterminera (...) l'avenir de nos relations futures", a averti M. Erdogan. Il a aussi souhaité qu'"une feuille de route" pour lutter contre le PKK en Irak soit discutée lors de sa visite à Washington.

Les relations turco-américaines traversent une zone de turbulences.

Ankara reproche à Washington, et à Bagdad, de ne rien faire pour empêcher les infiltrations meurtrières de rebelles en Turquie.

L'armée turque a poursuivi mardi ses opérations de ratissage contre les séparatistes dans le sud-est du pays, près de la frontière irakienne.

Deux hélicoptères Cobra ont tiré des missiles sur les monts Cudi, dans la province de Sirnak (sud-est), frontalière avec l'Irak, selon une correspondante de l'AFP sur place.

Au moins un hélicoptère de transport de troupes Sikorsky a été vu en train de larguer des soldats sur la zone après les bombardements tandis que trois autres hélicoptères de transport survolaient la région bombardée.

Des hélicoptères avaient déjà pilonné lundi des positions des rebelles dans les monts Cudi et Kato qui séparent la Turquie de l'Irak.

Lundi, dans la province voisine de Hakkari, une centaine de militants du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan) avaient été encerclés par l'armée, qui a coupé leurs routes de retraite vers l'Irak après une vaste opération à Tunceli, à 600 km de la frontière irakienne, selon l'agence Anatolie.

Quatre soldats ont été tués dans les opérations, selon les médias. Mais l'armée n'a déploré qu'un mort dans ses rangs.

Par ailleurs, l'état-major n'avait pas encore confirmé mardi la mort de 15  militants kurdes dans l'offensive militaire à Tunceli.

L'armée turque a sensiblement renforcé sa présence tout au long de la frontière irakienne, massant 100.000 hommes dans cette zone, les Turcs menaçant de mener des incursions dans le nord de l'Irak pour y "nettoyer" les camps du PKK.

La tension a encore augmenté après l'attaque meurtrière du 21 octobre lorsque le PKK a tué 12 soldats dans le sud-est anatolien en faisant huit autres prisonniers. L'armée a affirmé avoir tué 65 rebelles depuis.

Défiant les menaces turques, le président de la région autonome du Kurdistan irakien Massoud Barzani a déclaré qu'il ne "prend pas ses ordres" à Ankara, dans une interview à la presse turque.

Accusé par les autorités turques de tolérer, voire de fournir en armes et en explosifs les 3.500 rebelles établis sur son territoire, Barzani a toutefois exhorté le PKK à renoncer à la violence et la Turquie à apporter une solution politique au conflit.

Sources AFP

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