La Commission européenne dresse un sombre tableau du Kosovo

Publié le par Adriana Evangelizt


La Commission européenne dresse un sombre tableau

 du Kosovo



BRUXELLES (Reuters) - Corruption généralisée, disparitions multiples, violations des droits de la minorité serbe: le rapport annuel de la Commission européenne sur la situation au Kosovo n'est pas tendre pour les autorités locales.

Un mois avant l'échéance du 10 décembre fixée par la communauté internationale pour que Serbes et albanophones trouvent une solution négociée sur l'avenir de cette province administrée par l'Onu, la Commission s'est penchée sur cette entité qui sera peut-être un jour membre de l'UE.

"L'administration publique du Kosovo est faible et inefficace", de même que le système judiciaire, malgré quelques progrès pour y assurer la représentation de la minorité serbe, peut-on lire dans ce document d'une cinquantaine de pages.

"La corruption est largement répandue et constitue un problème majeur", ajoutent les services de la Commission.

Il n'existerait aucune volonté politique claire de combattre ce phénomène et les mesures législatives qui permettraient de le combattre tardent à être prises, les hommes politiques locaux et les fonctionnaires en tirant eux-mêmes des bénéfices.

Si quelques progrès sont constatés dans la lutte contre le blanchiment de l'argent, le combat contre le crime organisé et le trafic d'êtres humains remportent peu de succès.

Plus de 2.000 personnes sont portées disparues, la liberté d'expression est faible et les rares réfugiés serbes qui tentent de rentrer chez eux font l'objet de "violentes attaques", ce qui explique que 250.000 Serbes du Kosovo exilés dans les régions voisines de la province n'osent pas franchir le pas.

VANDALISME CONTRE LES SERBES

Des actes de vandalisme ont lieu contre les monuments religieux orthodoxes des Serbes, "y compris au mortier".

Le personnel qualifié manque pour appliquer des lois qui ne sont pas codifiées et des centaines de criminels de guerre présumés qui sont accusés d'avoir commis des crimes pendant la guerre du Kosovo bénéficient des failles du système.

Avant l'intervention militaire de l'Otan, en 1999, contre l'armée serbe qui se livrait au nettoyage ethnique à l'encontre de la majorité albanophone de la population, la guérilla kosovare de l'UCK s'est elle aussi livrée à des atrocités.

Les procès des criminels de guerre "sont freinés par le refus de la population locale de témoigner", écrit la Commission en stigmatisant l'absence de protection de ces témoins.

Ce rapport apportera de l'eau au moulin de la Serbie, qui refuse le plan élaboré par l'émissaire de l'Onu Martti Ahtisaari, qui prévoit l'accession de la province à l'indépendance sous supervision onusienne, comme le réclame sa majorité albanaise. Les Occidentaux soutiennent ce plan.

Le système institutionnel du Kosovo est régi par la résolution 1244 du Conseil de sécurité de l'Onu établissant une mission administration civile internationale intérimaire.

La Minuk conserve la responsabilité législative et exécutive finale en l'absence de relations harmonieuses entre communautés.

La Commission juge toutefois que le Kosovo a accompli des progrès limités sur la voie d'une économie de marché viable.

"D'une manière générale, les politiques économiques sont restées globalement saines et axées sur le marché. L'inflation a été faible et les prix des produits et des services nationaux ont diminué", écrit l'exécutif européen.

La privatisation des anciennes entreprises collectives s'est fortement accélérée, et le secteur financier s'est encore développé et consolidé, même si la croissance est restée modérée et le taux de chômage très élevé.

L'aide financière de l'Union européenne au Kosovo sera de 395 millions d'euros sur la période 2007-2011.

Sources Reuters

Posté par Adriana Evangelizt

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