Le baril à cent dollars : pétrole apocalypse J -1 ?

Publié le par Adriana Evangelizt

Le baril à cent dollars : pétrole apocalypse J – 1 ?

par Jean Brière

L’humanité a très peu de temps devant elle pour faire face à la catastrophe écologique qui est en marche. Les populations du Nord, du Sud, de l’Est et de l’Ouest sont dans une situation de ville assiégée. Toutes doivent ensemble se rassembler pour faire face au péril commun. Il n’y aura pas de salut en dehors du salut commun de l’humanité. L’espoir est que se développe rapidement une prise de conscience d’une menace globale contre l’espèce ressentie devant l’épuisement des ressources vitales de la planète et les pollutions.

Si nous voulons survivre, il est nécessaire que se substituent aux pratiques du chacun pour soi des grandes puissances étatiques, une véritable alliance écologique mondiale pour faire face au véritable ennemi commun, la crise écologique.

D’une manière générale la condition préalable d’un déclenchement d’un conflit est la mobilisation de l’agressivité collective contre un ennemi bien identifié.

Depuis l’attentat du 11 septembre, l’ensemble des médias et des idéologues occidentaux s’emploie à enfoncer dans la tête de chaque individu que le nouvel ennemi héréditaire qui s’est substitué au péril rouge, est le terrorisme islamique. Cette préparation mentale à une extension des conflits au Moyen Orient, Iran, Syrie, Liban, s’appuie sur une mobilisation idéologique a forte connotation religieuse. L’anti-islamisme met en exergue un islam obscurantiste et répressif, symbolisé par la femme voilée. Il est indiscutable que le facteur sexuel intervient puissamment dans le mécanisme de rejet : l’islam est représenté comme l’archétype de la répression sexuelle qui frappe la femme. Ceci est d’autant plus paradoxal et contradictoire que l’antagonisme judéo-chrétien – islam, qui sert de soubassement à cette mobilisation, ne porte dans les faits, nullement sur le statut de la femme. On ne peut que constater que le statut de la femme notamment dans la religion juive, n’a rien à envier au statut de la femme musulmane. Il n’y a pas si longtemps que les juifs ont renoncé à la lapidation de la femme adultère. Bien entendu cet aspect antagonique très affectif, très irrationnel, donc très efficace sert de voile aux antagonismes politiques et économiques.

Reste que le terrorisme n’est pas une fiction. A l’heure de la mondialisation, il s’est lui aussi mondialisé. Il constitue la réponse du faible au fort. Sa cause principale étant l’hégémonie militaire qu’impose au reste du monde l’Amérique avec ses plus de 100 bases militaires qui quadrillent le globe.

Nous ne pouvons ignorer que la querelle principale qui oppose l’occident américain et européen et le monde dit arabe ou musulman est de toute évidence la poursuite du processus de colonisation de peuplement de la Palestine. Ce drame s’inscrit dans la continuité du processus de mise en tutelle et de manipulation par les occidentaux du destin des pays arabes. A ce titre il cristallise toutes les haines et les frustrations accumulées. Il est certain que le respect du droit à l’autodétermination des populations palestinienne par l’Europe et l’Amérique constituerait un facteur important d’atténuation des haines nourries contre l’Occident.

Là encore nous devons bien hiérarchiser les enjeux réels du conflit. Nous pouvons raisonnablement penser que sans le pétrole moyen oriental, le problème palestinien se serait posé en d‘autres termes.

La France et l’Angleterre ont une responsabilité historique de premier plan dans la catastrophe qui frappe l’ensemble du Moyen Orient. Cette situation s’inscrit dans le droit fil de la politique coloniale anglo-française qui s’est perpétuée jusqu’à l’expédition franco-anglo-israelienne du canal de Suez. Il est donc essentiel que la France ait une politique internationale qui démystifie le complot islamiste international symbolisé par le mythique Oussama Ben Laden. Il nous faut clairement affirmer que l’européocentrisme de la période coloniale est bien révolu. Aucune politique conforme au droit international ne peut faire l’économie d’une reconnaissance préalable de la fin de l’esprit de domination par la violence, qui depuis la traite négrière en passant par l’expansion coloniale a caractérisé la civilisation occidentale sous le slogan : apporter les bienfaits de la civilisation aux peuples arriérés, (cf. discours de Sarkozy devant les élites africaines où la nouvelle version américaine :apporter la démocratie en Irak et au Moyen Orient , en Afghanistan .

Il faut évidemment situer l’extension possible du conflit Moyen Oriental dans le contexte géopolitique mondial de l’accès aux dernières ressources pétrolières moyennes orientales mais également des ex républiques de l’URSS possédant du pétrole. Aujourd’hui c’est le marché qui règle encore l’accès au pétrole. La Chine, l’Inde investissent à tour bras dans le pétrole. Qu’arrivera-t-il si les USA décident que ce pétrole est absolument nécessaire au maintien de la suprématie américaine ?

Nous devons donc bien voir qu’une éventuelle agression américaine soutenue par la France contre l’Iran ne peut que constituer les prolégomènes d’un conflit qui peut se généraliser et monter aux extrêmes dans la mesure où Chine, Inde et Russie disposent de vecteurs et de l’arme atomique. Le refus de tout partage ne peut que conduire à l’affrontement et nous n’avons aucune idée de ce que pourrait être une guerre nucléaire dans la mesure où Hiroshima et Nagasaki ont été un simple point d’orgue du dernier conflit mondial qui visait d’une part à démontrer aux yeux du monde et, notamment à l’URSS la puissance de l’empire américain,. et d’autre part, un coup de semonce pour hâter la reddition sans condition du Japon.

La plus grande menace actuelle est que les Etats Unis sont sur un pied de guerre, prêts à attaquer l’Iran sur l’ordre de Bush. Le pire serait l’utilisation d’armes nucléaires tactiques qui briserait le consensus sur le rôle dissuasif de l’arme nucléaire, générant ainsi une défiance généralisée. Comment la Russie, la Chine, l’Inde ne pourraient ne pas tenir compte de cette banalisation de l’arme nucléaire, d'autant que l'Iran est à leur porte .

Le danger est immédiat et notre responsabilité est d’autant plus grande que Sarkozy n 'a pas hésité à faire de la surenchère sur la ligne politique d’agression des USA. Sarkozy à décidé d’envoyer des jeunes gens mourir dans le bourbier afghan pour soutenir une politique américaine qui renforce les talibans. Kouchner va en Syrie jouer les émissaires d’Olmer. Pour l’Iran, Sarkozy a à grand renfort médiatique justifié et prôné l’intervention militaire contre l’Iran.

Nous sommes donc loin d’une mobilisation générale des populations contre la crise écologique. La notion de terre-patrie est encore loin d’avoir conquis les consciences. Cette mobilisation positive contre la crise écologique est d’autant plus difficile que pour cela nous devons dépasser nos angoisses, l’inertie fasse au changement de mentalité et surtout le refus du partage, réflexe proprement animal de l’espèce .

Car au-delà de l’actualité immédiate du Moyen Orient, nous devons mettre en exergue les fantastiques déséquilibres démographiques et économiques qui dans un contexte d’effondrement des écosystèmes généreront inévitablement de véritables submersions humaines.

C’est G.Bouthoul, qui a évoqué, en dehors d’affrontements organisés, la possibilité de vastes infiltrations désordonnées de populations fuyant la famine et la dévastation. Le phénomène des boat people africains n'est qu’un avant-goût de ce qui nous attend si nous refusons d’organiser le partage raisonnable, volontaire des ressources terrestres qui vont s’amenuisant.

Nous devons également tenir compte d’un phénomène nouveau dans l’histoire de l’humanité le déséquilibre entre les sexes. L’Inde outre une démographie galopante a de commun avec la Chine, la pratique de la liquidation des embryons femelles, avec pour résultat qu’il manquera dans une dizaine d’années une soixantaine de millions de femmes. Ce déficit constituera à n’en pas douter, un puissant facteur de perturbation sociologique, de frustration et d’agression.

Enorme surpopulation, violation du sex-ratio de l’espèce, effondrement prévisibles des ressources vitales, tous les ingrédients sont réunis pour de multiples scénarios catastrophe, le pire étant l'ínconnu d’une guerre nucléaire totale, façon expéditive d’accélérer jusqu’à son terme la crise écologique.

notes

Membre fondateur des Verts et un des principaux dirigeant de ce parti, Jean Brière en fut exclu en 1991 pour avoir rédigé un texte d’analyse intitulé «Le Rôle belligène d’Israël et du lobby sioniste».

Sources Vox nr

Publié dans LE DANGER DES USA

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