Benazir Bhutto : La démocratie assassinée

Publié le par Adriana Evangelizt

La démocratie assassinée

 

Editorial

The Nation

 



Pour l'éditorialiste du quotidien de Lahore The Nation, ce n'est pas seulement l'ex-Première ministre Benazir Bhutto qui est morte, mais aussi l'espoir d'un retour rapide à la démocratie dans le pays.

L'annonce de l'assassinat de Benazir Bhutto a foudroyé le pays et l'a laissé profondément meurtri et choqué. Le destin cruel qui avait déjà durement malmené son illustre père et ses deux frères n'avait apparemment pas fini d'épancher sa colère et a de nouveau frappé la branche la plus populaire, après son père, de la famille Bhutto. Plus de vingt de ses partisans ont également péri dans cet attentat suicide. La dirigeante du Parti populaire du Pakistan (PPP) a été tuée par balle. Le meurtrier s'est ensuite fait exploser au moment où il essayait de s'enfuir.

Cette tragédie a eu lieu alors que le pays vivait une des phases les plus cruciales de son histoire. Le peuple était animé d'un regain de sentiment favorable à la démocratie, il souhaitait rejeter ce pouvoir despotique et récupérer le pouvoir politique afin de le rendre à ses dépositaires légitimes. Les Pakistanais espéraient, même s'ils ne se faisaient pas beaucoup d'illusions, que le scrutin du 8 janvier serait libre et juste, qu'il donnerait lieu à l'établissement d'un gouvernement représentant le peuple et permettrait d'effacer des mémoires les faits récents. Mais ce pays qui voyait en cette journée d'élections son jour de délivrance se demande désormais quelle sera la suite des événements.

Quelles que soient les forces du mal à l'origine de ce meurtre horrible, certains devront assumer leurs responsabilités. Et nul ne pourra nier que, dans leur folle poursuite pour éliminer un rival politique indomptable, ils n'ont pas vu la menace que leur action inconsidérée allait faire peser sur la cohésion du pays. Des émeutes et des incidents violents ont déjà eu lieu dans les grandes villes du pays. Et les condamnations de cet assassinat affluent de l'étranger, notamment de la part du président américain George Bush et du Premier ministre britannique Gordon Brown.

Le département d'Etat américain a condamné ce meurtre et déclaré qu'il constituait un grand pas en arrière dans le processus de réconciliation. L'Inde est en alerte maximale. Il s'agit d'une grave défaillance du dispositif de sécurité. L'appel au calme du président Musharraf en ces heures difficiles est bienvenu et il doit être pris en compte, mais l'heure est également pour lui à la réflexion. Comment cette mentalité extrémiste pernicieuse et dangereuse, qui n'était pas aussi prégnante dans les années 1990, a-t-elle progressé depuis qu'il a tendu la main aux Américains dans leur soi-disant guerre contre le terrorisme ? Il lui faudra répondre à cette question mais également prendre des mesures afin de faciliter la restauration d'une véritable démocratie.

Sources Courrier International

Posté par Adriana Evangelizt



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