Kouchner au Pakistan pour "témoigner de la solidarité" de la France

Publié le par Adriana Evangelizt

Alors là, nous le disons tout net, ce n'est pas une bonne idée d'envoyer Kouchner au Pakistan en ce moment. Car tout peut arriver. Y compris le pire et surtout. Alors qu'il est recommandé à tous les voyageurs de ne pas se rendre là-bas, Sarkozy envoie Kouchner. Pourquoi faire ? Pour se rendre sur la tombe de Bénazir, pourquoi pas. Mais si c'est pour aller baragouiner avec Musharraf dont il ne fait aucun doute que c'est lui l'exécuteur, à quoi ça sert ? Car il est bien évident que si l'on fait gober aux moutons planétaires que c'est Al Qaïda qui a tué Bénazir, dans les hautes sphères, ils savent à quoi s'en tenir. Alors nous pensons que c'est très imprudent d'envoyer Kouchner là-bas pour serrer la pince au corrompu Musharraf. Alors, direz-vous, mais il va aussi voir le fils et le veuf Bhutto. D'accord mais c'est pas sans risque. Et ironique, nous ajouterons, est-ce que Sarkozy a marre de son ministre ?

Kouchner au Pakistan pour "témoigner de la solidarité"

 de la France


Le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner a déclaré dimanche qu'il se rendrait au Pakistan à la demande du président Nicolas Sarkozy afin de "témoigner de (la) solidarité" de la France après l'assassinat de Benazir Bhutto qu'il a qualifié de "dégueulasse".

"L'objet est très clair, c'est de témoigner de notre solidarité, d'abord évidemment à la famille de Benazir Bhutto, à son parti, mais aussi à l'ensemble du Pakistan" et leur dire "de ne pas accepter le terrorisme, de ne pas accepter que le règlement des crises politiques soit simplement l'assassinat", a déclaré M. Kouchner à la presse en marge de la visite en Egypte de M. Sarkozy.

"C'est insupportable, même si dans ce pays nous avons l'habitude, même si c'est proche de l'Afghanistan, même s'il y a un certain nombre de communautés pour qui ça n'est pas nouveau", a-t-il ajouté. "Est-ce qu'il n'y a pas à se lever et à tous crier que ce n'est plus supportable ?", a poursuivi Bernard Kouchner, qualifiant l'assassinat de la dirigeante de l'opposition pakistanaise de "massif", "flagrant", "dégueulasse".

"Nous devons, nous la France, qui nous déclarons contre le terrorisme et en faveur de l'islam modéré (...) témoigner, il faut s'incliner sur la tombe de cette femme, il faut y mettre le nom du président de la République française et il faut évidemment rencontrer les autorités", a poursuivi le chef de la diplomatie française. Selon M. Kouchner, il faut également essayer "de faire pression pour que les élections aient lieu".

"Quand, je ne sais pas, ce n'est pas à nous de le dire, mais que les élections aient lieu. Le vrai combat contre le terrorisme passe par la démocratie", a-t-il insisté. "Ce qu'il faut, c'est que vraiment des élections aient lieu dans des conditions de calme, des conditions de moindre violence".

Le porte-parole de l'Elysée David Martinon avait auparavant annoncé que Bernard Kouchner se rendrait au Pakistan "dans les quarante-huit heures", à la demande de Nicolas Sarkozy.

Le président français s'est entretenu dimanche depuis Le Caire avec son homologue pakistanais Pervez Musharraf, à qui il a "témoigné de l'amitié et de la solidarité de la France et des Français à l'égard des Pakistanais confrontés une nouvelle fois à la violence terroriste", selon M. Martinon.

Le Pakistan est plongé dans une grave crise politique depuis l'assassinat jeudi de l'ex-Premier ministre Benazir Bhutto.

Des violences et émeutes ont éclaté depuis, laissant planer l'incertitude sur la tenue d'élections législatives et provinciales à la date fixée du 8 janvier.

Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt

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