Pakistan: le parti de Benazir Bhutto s'oppose au report des législatives

Publié le par Adriana Evangelizt

D'un côté, le parti de Bhutto s'oppose au report des législatives et de l'autre Musharraf et sa clique trouvent mille excuses pour les repousser car ils sentent bien là qu'ils sont acculés et que si elles avaient lieu, ils perdraient le pouvoir. Les corrompus jouent gros et ils le savent. Ils doivent l'avoir d'autant plus amère qu'ils savent très bien que le fils à Bénazir n'est pas "mûr" pour la politique et que c'est son père qui détiendrait véritablement les rênes du parti en premier et du pouvoir dans l'avenir. Le gouvernement demande un délai de quatre semaines et plus. Cela leur permettrait ainsi de préparer un nouveau coup fourré. S'ils sont acculés, ils risquent commettre une imprudence dans leur précipitation et ceci causerait leur perte. D'autre part, en ce qui concerne la visite de Kouchner au Pakistan, il y va surtout pour  essayer "de faire pression pour que les élections aient lieu". Inutile de dire que les "machiavéliques" ne vont pas le voir arriver d'un bon oeil puisqu'il vient leur forcer la main en quelque sorte. Donc, oui, nous répétons, Kouchner ne sera pas le bienvenu là-bas et il a intérêt à rester sur ses gardes. D'ailleurs on continue de se poser la question "Pourquoi Sarkozy l'y envoie-t-il ?". Quelle est, franchement, notre influence au Pakistan ? Croit-il que Kouchner va faire des miracles avec cette bande de butors ? Vu qu'ils tiennent à garder les rênes, ils n'en feront qu'à leur tête de toute façon. Il faut aussi se dire que Musharraf en a peut-être plus qu'assez de voir les manigances des Etats-Unis et de leur suivant. Après l'avoir soutenu à lui, les USA lui envoient Bhutto, on se doute bien que c'est contraint et forcé qu'il a accepté. Connaissant Musharraf et ce qui règne derrière lui, ils auraient dû, de surcroît, réfléchir à deux fois avant d'y envoyer Bénazir. Mais les tireurs de ficelles sont pressés. Toujours pressés de mettre leurs mauvais plans à exécution sans se mettre à la place des belligérants. Alors d'un côté, on peut dire que c'est de leur faute si Bhutto est morte et de l'autre, ils attisent la haine de Musharraf qui, acculé, est capable de tout mais surtout du pire. Pas de quartier, doit être leur dicton en ce moment. Enlever son os à un chien enragé et vous verrez s'il ne vous mordra pas.

Pakistan: le parti de Benazir Bhutto

s'oppose au report des législatives

Le parti de Benazir Bhutto, l'ex-figure de l'opposition assassinée jeudi dans un attentat suicide, a rejeté lundi l'idée d'un report des élections législatives prévues pour le 8 janvier comme le gouvernement le laisse entendre, a annoncé à l'AFP un responsable de ce parti. Evènement

En revanche, le parti de l'ex-Premier ministre Nawaz Sharif, deuxième mouvement de l'opposition, a estimé, lui, "acceptable" un "léger report" des législatives, après qu'Islamabad eut laissé entendre qu'elles seraient repoussées d'au moins un mois.

"Nous sommes prêts pour des élections et nous ne voulons pas d'un quelconque retard. Nous exigeons des élections immédiates, et le 8 janvier", a déclaré à l'AFP un haut responsable du Parti du peuple pakistanais (PPP) de Mme Bhutto, Shah Mahmood Qureshi. "Le gouvernement doit s'en tenir au calendrier. Si le gouvernement retarde les élections, nous convoquerons un comité central pour décider d'une action future", a-t-il averti.

Le Pakistan devrait annoncer lundi un report de quelques semaines des élections législatives et provinciales prévues le 8 janvier en raison de l'assassinat, jeudi dans un attentat suicide, de la principale opposante, Benazir Bhutto, et des violences qu'il a déclenchées. Le scrutin sera "probablement" retardé "de quelques semaines", a indiqué à l'AFP un haut responsable du gouvernement, invoquant la "destruction de plus de 40 bureaux" de la commission électorale dans une seule des quatre provinces du pays dans les violences et émeutes qui ont suivi la mort de Mme Bhutto.

Les élections législatives prévues le 8 janvier au Pakistan seront reportées "d'au moins quatre semaines sinon plus", avait indiqué plus tôt lundi à l'AFP un haut responsable du gouvernement, quatre jours après l'assassinat de l'opposante Benazir Bhutto.

Le parti de l'ex-Premier ministre défunte a déjà fait savoir dimanche qu'il entendait participer aux élections, de même que le second mouvement de l'opposition, celui de Nawaz Sharif, mais promis qu'il s'opposerait à un report. Des membres de l'entourage de la famille Bhutto, qui a repris dimanche les rênes du Parti du peuple pakistanais (PPP) --le fils devenant président et le veuf coprésident--, ont avancé toutefois qu'un délai "raisonnable" pourrait être accepté.

La commission électorale se réunissait d'ailleurs lundi en urgence pour en décider, mais avait déjà prévenu samedi que la mort de l'ex-Premier ministre et les émeutes meurtrières qui ont émaillé les trois jours de deuil national avaient "défavorablement affecté" le processus électoral.

Les élections sont un enjeu de taille dans un pays au bord du chaos politique, fort de 160 millions d'habitants, seule puissance nucléaire du monde musulman connue et allié-clé des Etats-Unis dans sa "guerre contre le terrorisme", et sur qui les yeux du monde entier sont braqués depuis quatre jours avec un mélange de compassion et d'inquiétude.

D'ailleurs, le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner se rendra mardi au Pakistan à la demande du président Nicolas Sarkozy afin de "témoigner de (la) solidarité" de la France.

Après trois jours de deuil national, le comité exécutif du PPP a donc nommé Bilawal Zardari, 19 ans, fils de Mme Bhutto, à la présidence du mouvement, et son veuf, Asif Ali Zardari coprésident. Il est rapidement apparu, au cours de la conférence de presse qui a suivi, que le second détiendrait véritablement les rênes du parti, au moins tant que le premier ne sera pas "mûr" pour la politique.

Asif Zardari a d'ailleurs annoncé lui-même que son fils était désormais rebaptisé "Bilawal Bhutto Zardari", le PPP, parti progressiste et "défenseur des pauvres", ayant été créé par un Bhutto et qui reste identifié à cette dynastie de richissimes propriétaires terriens du Sind, la grande province méridionale.

"Ma mère a toujours dit que la démocratie était la meilleure des vengeances", a timidement déclaré Bilawal dimanche, laissant le soin à son père de faire les annonces importantes. Ce dernier a ainsi réclamé une commission d'enquête de l'ONU sur l'assassinat de Mme Bhutto, du même type que celle qui a travaillé sur celui de l'ex-Premier ministre libanais Rafiq Hariri.

Le gouvernement a rapidement accusé Al-Qaïda d'être le commanditaire du meurtre et l'un de ses principaux bras armés au Pakistan, Baïtullah Mehsud, un chef de tribu du nord-ouest, d'avoir organisé l'attentat suicide qui, outre Mme Bhutto, a coûté la vie à 20 personnes jeudi soir.

Ces combattants islamistes, liés réellement ou non au réseau d'Oussama ben Laden, sont très présents dans les zones tribales pakistanaises, où Washington estime qu'Al-Qaïda et les talibans afghans ont reconstitué leurs forces. Et la menace terroriste est réelle: plus de 800 personnes, un chiffre record dans l'Histoire du pays, sont mortes cette année dans des attentats, pour la plupart suicide.

Mais le doute persiste sur l'assassinat de Mme Bhutto dans l'esprit de ses partisans. Ils accusent des éléments proches du camp Musharraf, dont des hauts responsables des services de renseignements, d'avoir "tué" leur chef, au mieux en négligeant sa sécurité, au pire en orchestrant son assassinat.

Enfin, après trois jours d'émeutes qui ont fait officiellement au moins 38 morts dans tout le pays, sans doute plus en réalité, la situation dans les rues des grandes villes, en particulier Karachi, dans le sud, fief du PPP, semblait s'être apaisée lundi. Les boutiques, stations d'essence et administrations, fermées trois jours durant en raison essentiellement de la peur des émeutiers, ont commencé à rouvrir leurs portes.

Mais la Bourse de Karachi plongeait lundi de 4,7%, l'une des plus fortes baisses de son histoire.

Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans PAKISTAN

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