Au pied du mur, Hillary implore les démocrates

Publié le par Adriana Evangelizt

Au pied du mur, Hillary implore les démocrates

par Stephen Collinson


L'ex-première dame Hillary Clinton a imploré vendredi les démocrates du New Hampshire (nord-est) d'y regarder à deux fois avant de se risquer à lui préférer Barack Obama, qui l'a largement distancée lors de la première étape de la course présidentielle.

Quelques heures après la première défaite électorale de sa vie aux caucus de l'Iowa (centre), Mme Clinton réunissait ses partisans dans un hangar d'aéroport du New Hampshire, décidée à éviter un nouveau revers lors des primaires de mardi, qui aurait toutes les chances de donner un coup d'arrêt à ses ambitions présidentielles.

«Nous avons peu de temps, mais ça suffit pour que les gens se disent, 'hé, attendons voir'«, a dit celle qui est créditée d'une avance fragile dans le New Hampshire (32% contre 26% selon un sondage Zogby vendredi).

«Qui sera le meilleur président, pas sur la base d'un pari, mais sur la base des changements que nous avons déjà mis en oeuvre?», a feint de demander Mme Clinton, sous-entendant une nouvelle fois que le sénateur de Chicago élu en 2004 seulement serait trop inexpérimenté.

Les grandes lignes de la stratégie de rebond de Mme Clinton, apparemment mise au point lors d'un vol de nuit entre le MidWest et la Nouvelle-Angleterre, se dessinent: ne jamais laisser tomber; tendre la main aux jeunes qui en Iowa se sont jetés dans les bras de Barack Obama; semer le doute sur la capacité de ce dernier à présider; souligner que la machine d'attaque républicaine risquerait de ne faire qu'une bouchée d'un candidat trop vert; insister sur les difficultés économiques des électeurs.

Mais la tâche s'annonce difficile pour détacher d'Obama les jeunes, les anciens abstentionnistes, les électeurs n'appartenant à aucun parti, et même certains démocrates traditionnels tombés sous le charme du puissant message d'Obama, «pour l'espoir et contre la peur», promettant l'avènement d'une nouvelle génération et un bol d'air frais à Washington.

Mme Clinton va également devoir s'efforcer de redéfinir la campagne présidentielle selon ses propres thèmes.

Or vendredi c'était le thème du «changement», mot d'ordre d'un Barack Obama servi par sa jeunesse (46 ans) et son ambition de devenir le premier Noir au Bureau ovale, qui s'imposait chez tous - y compris chez les républicains.

Dans son premier meeting de l'après-Iowa, Mme Clinton a écourté son discours pour laisser plus de temps aux questions. «Que voulez-vous savoir de nous?» demande-t-elle.

Elle joue aussi sur la peur presque atavique des démocrates de laisser échapper une nouvelle fois une Maison-Blanche à portée de main.

«Je ne suis pas candidate pour voir les républicains nous voler encore la victoire», dit-elle, «j'ai été mise à l'épreuve, j'ai traversé le feu, et quiconque sera choisi pour candidat sera jeté dans cette fournaise, cet enfer qu'on appelle l'élection générale» de novembre, opposant un républicain à un démocrate.

Un précieux talisman de Mme Clinton l'accompagnait dans ce matin glacial, son mari l'ancien président Bill Clinton, celui qu'une victoire dans le New Hampshire avait remis en selle pour la conquête de la Maison-Blanche en 1992.

«Allons-y, allons gagner cette affaire», a lancé l'ancien président, qui a conservé un exceptionnel coefficient de popularité dans le New Hampshire.

«C'est intéressant de voir que c'est un Clinton qui avait fait le ménage après le premier Bush, et que c'est une Clinton qui fera le ménage après le second Bush», a enchaîné son épouse.

Avec le trésor de campagne de Mme Clinton et le calibre de son entourage, M. Obama a toutes les raisons de se méfier de sa capacité à rebondir. «C'est une battante, elle est prête», a prévenu son directeur de campagne Terry McAuliffe.

Sources Cyberpresse

Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans Barak Obama

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