Barack Obama, le rêve américain incarné

Publié le par Adriana Evangelizt

Barack Obama, le rêve américain incarné

Daphnée Dion-Viens

Son prénom signifie «béni des dieux», en langue swahilie. Barack Obama, l’étoile montante démocrate, incarne cette Amérique unie où tout devient possible.

Jeudi soir, le sénateur de l’Illinois a réussi à faire succomber le très conservateur État de l’Iowa, remportant les caucus avec 38 % des voix contre 30 % pour sa plus proche rivale, Hillary Clinton. Véritable tour de force pour ce candidat aux origines africaines modestes, pratiquement inconnu du grand public il y a quatre ans. S’il poursuit sur sa lancée, Barack Obama pourrait devenir le premier candidat noir à briguer la Maison-Blanche. Le rêve américain, les deux pieds sur terre.

Parcours hors du commun

Âgé de 46 ans, Obama vient brouiller les cartes raciales des États-Unis avec son parcours hors du commun. L’homme est né en 1961 à Hawaii. Sa mère, originaire du Kansas, a succombé pour un étudiant africain qui l’a larguée, quelques années plus tard, avant de retourner dans son Kenya natal. Le jeune Barack n’avait alors que deux ans.

Il a ensuite été élevé par ses grands-parents avant de passer quelques années en Indonésie avec sa mère et son nouveau mari, dans un milieu musulman. Barack Obama compte maintenant des demi-frères et sœurs sur plusieurs continents.

Après des études en sciences politiques, il travaille dans le milieu communautaire à Chicago, auprès des plus pauvres. En 1991, Obama est admis à la prestigieuse Université Harvard en droit et devient le premier Noir à présider la Harvard Law Review. Plutôt libéral, il se fait déjà rassembleur : sa victoire s’explique par l’appui des conservateurs, convaincus qu’Obama saura tenir compte de leur point de vue, raconte un ancien camarade de classe dans le magazine Time.

Après ses études, le jeune homme retourne travailler à Chicago et enseigne le droit à l’université. Il se fera élire au Sénat de l’Illinois, avant de tenter sa chance comme sénateur de l’État, en 2004, l’emportant par… 70 % des voix. «Son parcours est assez exceptionnel. Il a la remarquable capacité d’inspirer des foules», note le politologue Gerald Rosenberg, de l’Université de Chicago.

Mais son avenir politique se joue réellement un soir de juillet 2004, lors de la convention démocrate de John Kerry. Il n’était alors qu’un élu local, qui tentait de devenir sénateur de l’Illinois. Son brillant discours en a fait l’étoile montante du parti. «Il n’y a pas d’Amérique républicaine et d’Amérique démocrate, avait-il affirmé, après avoir rappelé son parcours familial. Il y a les États-Unis d’Amérique.»

Comme plusieurs ce soir-là, Gerald Rosenberg a été renversé par la prestation de son ancien collègue de l’Université de Chicago. «Il a littéralement galvanisé la foule en évoquant le mythe de l’Amérique, se rappelle-t-il. C’était extrêmement habile et efficace.»

Depuis, Barack Obama ne cesse de jouer la carte de l’unité et de l’espoir. L’Amérique doit discuter avec ses adversaires, pas seulement avec ses alliés, clame-t-il haut et fort. Les États-Unis, prêts pour un changement, doivent redevenir le pays de toutes les opportunités, ajoute-t-il, s’attirant la faveur des jeunes électeurs séduits par ce vent de nouveauté.

Mais son manque d’expérience donne une solide prise à sa rivale, Hillary Clinton. «Il n’était pas une figure forte au Sénat et n’a pas eu le temps d’y accomplir beaucoup de réalisations, rappelle M. Rosenberg. Son profil, ajoute-t-il, rappelle toutefois celui de John F. Kennedy, qui avait aussi peu d’expérience mais savait séduire par un discours rassembleur.»

L’inexpérience de Barack Obama peut d’ailleurs être un atout, affirme quant à lui Louis Balthazar, président de l’Observatoire sur les États-Unis à l’UQAM. «On ne peut pas lui reprocher grand-chose, il n’a pas vraiment de squelettes dans son placard», rappelle-t-il. S’il était élu à la Maison-Blanche, son arrivée marquerait un symbole fort sur la scène internationale, ajoute M. Balthazar : «Il pourrait redorer l’image des États-Unis dans le monde.»

Son programme, quant à lui, ressemble à celui des autres candidats démocrates, note M. Rosenberg. Son opposition à la présence américaine en Irak le positionne tout de même à gauche d’Hillary Clinton, mais ce qui différencie vraiment les deux meneurs de cette course reste le style de leadership, ajoute-t-il.

Barack Obama a par ailleurs réussi à amasser 100 millions $ pour mener sa campagne, soit autant qu’Hillary Clinton, qui bénéficie de l’appui de l’establishment démocrate. Un autre tour de force attribuable notamment à une stratégie Internet efficace, note M. Rosenberg.

Reste à voir si le vent qui porte Barack Obama saura le mener jusqu’à la Maison-Blanche ou s’essoufflera en cours de route. Prochaine étape des primaires américaines : New Hampshire, 8 janvier. «Si Obama gagne le New Hampshire, il pourrait vraiment remporter l’investiture démocrate», estime M. Balthazar.

L’Iowa a déjà succombé aux charmes de Barack Obama. L’Amérique optera-t-elle pour le même coup de cœur?

Sources Le Soleil Québec

Posté par Adriana Evangelizt



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