Barack Obama, un noir à la Maison-Blanche?

Publié le par Adriana Evangelizt

Barack Obama, un noir à la Maison-Blanche?

Le candidat Afro-Américain a largement gagné dans l'Iowa, un Etat rural dont la population est pourtant à 91% blanche. Son discours est basé sur l'espoir.Il a aussi promis de combler le fossé entre démocrates et républicains.
En remportant le premier caucus, le pasteur Huckabee change la donne chez les conservateurs.

«Où est notre future First Lady?» Dans un des stands -tenus par les supporters de -Barack Obama, Rachelle Long, une Afro-Américaine d'une quarantaine d'années, cherche un badge à l'effigie de Michelle, l'épouse du vainqueur des caucus de l'Iowa, et mère de leurs deux filles de 8 et 6 ans. «Il y en a un accroché sur Obama», répond la vendeuse en désignant une représentation grandeur nature en carton de l'homme qui a remporté dans le Midwest la première étape électorale sur la route de la Maison-Blanche.

Le franc sourire de Rachelle se fige une fraction de seconde à l'énoncé de la question. Un Noir à la Maison-Blanche? «Ils disent que l'Iowa est le cinquième Etat le plus blanc des Etats-Unis, répond-elle. Et nous avons voté pour Obama, un Noir. Cela montre que nous sommes prêts pour le changement, non?» A côté d'elle, Vicky Long-Hill, sa soeur qui a aussi assisté au discours victorieux d'Obama dans une grande salle au coeur de Des Moines, intervient: «Ce n'est pas une question de couleur de peau comme dirait Martin Luther King, mais de caractère. Obama plaît, car son discours est rassembleur.»

Des idées nouvelles

Dans les églises, les salles de gym ou de classe, les cafétérias de l'Iowa, où étaient organisés les caucus, la victoire historique du sénateur de l'Illinois, 46 ans, a concrètement pris forme. On ne vote pas à bulletin secret lors d'un caucus, mais on se regroupe sous la bannière d'un candidat. Salle après salle, participants et observateurs ont pu voir les affiches bleues marquées Obama attirer des foules de votants souvent jeunes.

Pour récolter 38% des suffrages, battre John Edwards de huit points et Hillary Clinton de 9, le prétendant afro-américain à la Maison-Blanche a réussi à mobiliser en masse une nouvelle génération d'électeurs. Selon la chaîne de télévision MSNBC, Obama a remporté 57% des voix des 17-29 ans, contre 14% pour Edwards et 11% pour Clinton. Comme beaucoup de jeunes, Jennifer Haden, étudiante en médecine de 22 ans, a participé à son premier caucus. «Obama touche une large frange de la population par son éloquence, dit-elle. Ses idées nouvelles donnent confiance aux jeunes en l'avenir.»

Espoir. Ce slogan de Barack Obama a fait mouche et littéralement fleuri ces derniers jours sous formes de panneaux plantés dans les jardinets et champs verglacés aux quatre coins de l'Iowa. Le parcours du sénateur né de père Kenyan et de mère Américaine a aussi joué en sa faveur. «Obama a étudié le droit à Harvard, glisse Lucas Henning, un jeune homme de Des Moines. Au lieu de gagner des millions de dollars en rejoignant une prestigieuse étude d'avocats, il a préféré travailler dans les quartiers défavorisés de Chicago. Il connaît les besoins des classes moyennes, car il vient de là.»

La victoire d'Obama dans l'Iowa, un Etat rural dont la population est à 91% blanche, est un coup dur pour Hillary Clinton. La bataille pour la Maison-Blanche est encore longue, mais dans le camp Clinton, on sait ce qu'une victoire dans l'Iowa signifie. Il y a quatre ans, le succès de John Kerry dans cet Etat du Midwest avait propulsé le sénateur du Massachusetts vers la nomination de son parti. Plus inquiétant pour l'ancienne First Lady, une image est revenue dans la bouche de nombreuses personnes rencontrées ces derniers jours dans l'Iowa: dans un Etat qui a soif de changement, elle est régulièrement associée à l'immobilisme. Hillary Clinton n'a plus que trois jours pour convaincre les électeurs du New Hampshire que ce n'est pas le cas.

Espoir et unité

- Dans l’Iowa, Barack Obama a mis en avant sa volonté de combler le fossé entre républicains et démocrates et de lutter contre le pouvoir des lobbyistes à Washington. Il a axé son message sur l’espoir et prévenu les électeurs que la tâche de réformer le gouvernement américain serait difficile.
- Grand thème évoqué dans ses discours, l’assurance maladie. Obama veut que tous les enfants bénéficient d’une couverture de santé et désire réduire de manière drastique le nombre de personnes qui ne sont pas assurées aux Etats-Unis (47 millions).
- Le candidat afro-américain veut retirer toutes les troupes américaines d’Irak dans les seize mois qui suivraient son arrivée à la Maison-Blanche. Il veut faire fermer la prison de Guantánamo et faire interdire l’utilisation de la torture lors des interrogatoires de détenus suspectés de terrorisme.
- Au niveau énergétique, il veut investir 150 milliards de dollars sur dix ans pour développer d’autres sources d’énergie et veut lutter contre les émissions de gaz à effet de serre.
- Obama veut aussi mettre fin aux réductions d’impôts pour les ménages les plus riches introduites par George Bush.
- Il veut lutter contre l’immigration illégale, l’une des principales préoccupations des Américains, en punissant plus sévèrement les employeurs qui engagent des sans-papiers. Au Congrès, il a voté en faveur de la construction d’un mur le long de la frontière des Etats-Unis avec le Mexique. JCDE

Le pasteur Huckabee, miracle républicain

Il a quasiment surgi de nulle part. Mike Huckabee, l’ancien pasteur baptiste qui a un point commun avec Bill Clinton – ils ont été l’un et l’autre gouverneur de l’Arkansas – a couronné jeudi soir sa fulgurante ascension par une nette victoire dans les caucus républicains de l’Iowa. Avec 34% des suffrages, il a devancé Mitt Romney, son principal rival, de neuf points. Pour ce dernier, la pilule est particulièrement amère, car l’ancien gouverneur du Massaschusetts avait concentré ses efforts sur l’Iowa et investi 15 fois plus qu’Huckabee pour tenter de remporter l’Etat du Midwest.


Mike Huckabee, 52 ans, est un politicien atypique. Il a fini sa campagne en jouant de la basse et s’affiche volontiers aux côtés du plus célèbre karatéka du Texas, l’acteur Chuck Norris. L’ancien pasteur a pu faire la différence auprès de l’électorat républicain de l’Iowa, grâce à la religion et à un message populiste mélangeant la défense des classes moyennes et celle des valeurs familiales. Selon un sondage réalisé jeudi par l’agence AP, huit électeurs sur dix ayant voté pour Huckabee, se sont décrits comme chrétiens évangéliques.


Discours économique


Alan McNeese, un habitant de Des Moines, a opté pour Huckabee parce qu’il représente la rupture: «J’ai l’impression qu’il se soucie de nous et de notre pays, explique-t-il. Et il ne va pas faire de la politique au sens traditionnel du terme.» L’électeur aux mains solides et râpeuses évoque deux priorités pour lui: la lutte contre le droit à l’avortement et les impôts: «Un pays ne peut pas être fort sans relève et nous devrions nous poser la question sur ce que nous faisons à nos enfants, ajoute-t-il. Je souhaite aussi qu’Huckabee mette fin à l’impôt sur le revenu pour les gens aux salaires modestes comme moi et privilégie la TVA.»


Dans le camp Huckabee, on appelle ça l’«impôt juste». Alors que d’autres candidats comme Romney et Giuliani ont longuement parlé du besoin de protéger les Etats-Unis contre la menace terroriste et islamiste, l’ancien pasteur s’est concentré ces dernières semaines sur les questions économiques et a dénoncé la stagnation des salaires. Huckabee parle volontiers de son père «pompier qui cumulait deux emplois» et dépeint Romney comme le candidat de Wall Street.


Huckabee va désormais devoir confirmer sa victoire de l’Iowa dans le New Hampshire. La tâche s’annonce compliquée malgré la dynamique qui s’est enclenchée du côté de Des Moines. Dans l’Etat du Nord-Est, les chrétiens évangéliques ont nettement moins d’influence que dans celui du Midwest. Les indépendants, plus nombreux dans le New Hampshire, semblent préférer John McCain, troisième dans l’Iowa. La campagne d’Huckabee manque aussi cruellement de fonds face à celle Mitt Romney et de Rudy Giuliani. L’ancien maire de New York avait d’ailleurs décidé de faire l’impasse sur l’Iowa pour se concentrer sur les plus grands Etats comme la Floride, la Californie et New York, qui lui sont plus favorables.(jcde)

Sources La Tribune de Genève

Posté par Adriana Evangelizt


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