Bruxelles ou Moscou ?

Publié le par Adriana Evangelizt

Bruxelles ou Moscou ?

par Serge Truffaut

Le premier tour de l'élection serbe s'est déroulé comme prévu: les deux finalistes sont ceux que tout le monde attendait. Il y a le président sortant, Boris Tadic, politicien qui, scrutant l'horizon européen, n'aiguise pas le sentiment national des Serbes au contraire de son principal adversaire, Tomislav Nikolic, qui, lui, se distingue par des envolées chères aux viragos de l'extrême droite. Soit dit en passant, Nikolic occupe le poste de leader du Parti radical serbe par défaut: son prédécesseur, Vojislav Seselj, a été emprisonné pour... crimes contre l'humanité.

D'ici le 3 février, date du second tour, le discours des vainqueurs de la joute d'avant-hier va tourner essentiellement, si ce n'est exclusivement, autour du sujet Kosovo-Union européenne. Épousant les aspirations de 60 % de ses concitoyens, Tadic va essayer de gagner la partie en militant pour l'arrimage de la Serbie à l'Union européenne. Avant la finale, ce dernier va bénéficier d'un coup de main émanant de Bruxelles.

En effet, le 28 janvier, le gouvernement serbe et les représentants de l'UE vont signer l'Accord de stabilisation et d'association devant se conclure par l'adhésion du pays à l'UE. À moins que les Pays-Bas ne fassent obstruction pour une raison d'ailleurs légitime: La Haye pourrait bloquer la signature à cause du manque de collaboration des Serbes concernant les arrestations des criminels de guerre Radovan Karadzic et Ratko Mladic.

On s'en doute, Nikolic va entonner avec force les accents du populisme qui séduit une bonne frange de la population qui ne veut aucun rapprochement avec cette UE dont pratiquement tous les membres défendent l'indépendance du Kosovo. Province à majorité albanaise, le Kosovo est considéré par les Serbes comme le berceau de leur culture. Plutôt que de militer pour un tournant européen, Nikolic et les siens se posent en chantres du tournant pro-russe tous azimuts. Économiquement, socialement, culturellement, politiquement et militairement, Nikolic désire tant le mariage avec la Russie qu'il est allé jusqu'à proposer l'installation de radars russes sur le territoire serbe.

Qui plus est, son opposition à l'Europe et à l'indépendance du Kosovo est si marquée qu'il s'est engagé, s'il est élu et si le Kosovo obtient son indépendance avec l'aval de Bruxelles, à couper les liens diplomatiques avec les nations qui ont reconnu le Kosovo, à imposer un blocus commercial aux Kosovars, à ne pas reconnaître leurs passeports, etc. En un mot, le nationaliste Nikolic n'est pas disposé à faire dans la dentelle. Et ce, à la grande satisfaction de...

À la grande satisfaction de Vladimir Poutine. On ne soulignera jamais assez que le maître du Kremlin a usé de son droit de veto au Conseil de sécurité pour bloquer l'indépendance du Kosovo et promis de punir ceux qui auront donné leur aval à cette indépendance. Par quel moyen? L'économie. Afin de contourner l'obstacle onusien, les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne ont décidé de confier le dossier à l'UE en lui donnant le mandat d'encadrer le processus de divorce avec la Serbie. Au cours des prochaines semaines, l'UE va dépêcher près de 2000 policiers au Kosovo. Parions que les Russes vont couper le robinet énergétique.

Sources Le Devoir

Posté par Adriana Evangelizt

 

Publié dans Poutine Bush

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SERBIE. 31/01/2008 15:53

 

SERBIE. 31/01/2008 15:41

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