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  • : Le blog d'Adriana Evangelizt a pour but de démontrer que les USA sont une menace pour le monde. Nous vous parlerons des armes secrètes qu'ils utilisent contre les pays qu'ils ont décidé d'envahir... le projet HAARP... les OGM... les magouilles HALLIBURTON
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LES ORGANISATIONS DANGEREUSES

Nous avons posé trois articles relatant l'histoire du diplomate américain travaillant à l'ambassade US à Chypre que l'on a retrouvé mort égorgé. Dans le premier -le dernier en bas- on retrouve le corps mais on ne nous précise pas les causes du décès. Dans le second -celui du milieu- on apprend qu'il est mort suite à une hémorragie causée par plusieurs entailles à la gorge mais qu'il se serait suicidé. On nous prend vraiment pour des imbéciles. Et dans le troisième -ci-dessous-, il est mort suite à une blessure au cou qu'il se serait infligé. L'ambassadeur américain se nomme Ronald Schlicher, il est aussi cité sur l'American Jewish Comittee Archives, il a également une carrière bien remplie au Moyen-Orient et il a même été consul à Jérusalem... à tous les coups, une taupe sioniste. Il nous étonnerait fort que le diplomate se soit suicidé. Les tireurs de ficelles sionistes aiguillonés par Cheney trépignent en ce moment car les Etats Unis n'ont toujours pas bombardé l'Iran. Les innombrables attentats en Irak ne sont pas un hasard. La manipulation de Londres non plus. Pour forcer la main à Bush, c'est sur les Américains qu'ON frappe. On peut même s'attendre à un nouveau 11 septembre. Pour atteindre leur but, les criminels de l'Ombre sont prêts à tout.

 

 

 


Un diplomate américain porté disparu à Chypre retrouvé mort

 
NICOSIE - Un diplomate américain basé à Nicosie, Thomas Mooney, porté disparu depuis le 28 juin, a été retrouvé mort près de la capitale chypriote, des suites d'une blessure au cou qu'il se serait lui-même infligée, a-t-on appris de source officielle.

Thomas Mooney "est mort des suites d'une hémorragie consécutive à une blessure au cou", a déclaré un responsable impliqué dans l'autopsie. "La blessure était compatible avec une blessure auto-infligée. Il n'y a aucun signe laissant penser à un acte criminel", a-t-il ajouté, ajoutant que la blessure avait été provoquée par un objet tranchant.

La police a confirmé un décès consécutif à une large blessure au cou tout en se refusant à parler de suicide.

Evoquer un suicide est illégal à Chypre.

L'ambassadeur des Etats-Unis à Chypre, Ronald Schlicher, avait confirmé auparavant qu'il s'agissait de l'attaché militaire de la représentation diplomatique, Tom Mooney, mais déclaré que les causes du décès faisaient toujours l'objet d'une enquête.

Le corps de l'attaché militaire a été retrouvé dans les contreforts du Mont Troodos, massif montagneux au sud-ouest de Nicosie.

Marié avec enfants, Tom Mooney, âgé de 45 ans, avait été aperçu pour la dernière fois alors qu'il quittait l'ambassade des Etats-Unis le 28 juin à l'heure du déjeuner. Sa voiture avait également disparu et son portable était fermé depuis.

Auparavant, le porte-parole du département d'Etat, Sean McCormack, avait exclu la possibilité d'un attentat terroriste. "Je ne vous orienterais pas dans la direction d'un acte terroriste", a-t-il déclaré.

Le diplomate était basé à Chypre depuis plus d'un an pour sa deuxième mission dans l'île méditerranéenne, considérée comme un endroit très sûr, les attaques contre le personnel des ambassades étrangères étant rares.

L'ambassadeur américain Rodger Davies avait été tué par balles en août 1974 lors d'une manifestation de Chypriotes-grecs qui accusaient les Etats-Unis d'avoir soutenu l'invasion turque de la partie nord de l'île.

Depuis cette date toutefois, c'est le conflit du Proche-Orient qui a été la source principale de violence.

Le dernier incident grave remonte à 1988, lorsqu'une voiture piégée qui visait l'ambassade d'Israël à Nicosie avait explosé avant d'atteindre sa cible, tuant son conducteur libanais et deux passants chypriotes.

Trois ans auparavant, trois Israéliens soupçonnés d'être des agents du Mossad, les services de renseignement israéliens, avaient été tués à bord de leur yacht à Larnaca par un Palestinien.

Chypre: Le diplomate américain retrouvé mort égorgé

 

L'attaché de défense américain à Chypre, dont le corps a été retrouvé lundi, est mort égorgé, ont rapporté mardi les media locaux.

Une autopsie a montré que le lieutenant colonel Thomas Mooney était mort suite à "une importante hémorragie provoquée par de profondes entailles dans la gorge," a rapporté l'agence de presse semi-officielle chypriote, citant la police.

Certains media sont allés encore plus loin, déclarant que M. Mooney s'était suicidé.

Le pathologiste du département médicolégal, qui a effectué l'autopsie, a déclaré qu'il n'y a "aucune preuve d'acte criminel," ce qui laisse penser que le diplomate américain se serait suicidé.

L'ambassade américaine n'a fait aucune remarque quant aux rumeurs de suicide.

L'ambassadeur américain à Chypre, Thomas Schlicher, a confirmé lundi la mort de M. Mooney, qui était porté disparu depuis le 28 juin. Le corps de M. Mooney a été retrouvé par la police locale dans une région montagneuse à l'ouest de Nicosie (capitale de Chypre).

Le diplomate américain effectuait un second mandat à Chypre en cinq ans.


Sources Xinhuanet

Un diplomate américain porté disparu à Chypre retrouvé mort

 

Un diplomate américain basé à Nicosie, Tom Mooney, porté disparu depuis le 28 juin, a été retrouvé mort près de la capitale chypriote, a indiqué lundi la radio d'Etat chypriote.

Selon la radio, qui ne précise pas les causes du décès, le corps de l'attaché militaire a été retrouvé dans un endroit isolé à l'ouest de Nicosie et les policiers ont été dépêchés sur place.

Ni l'ambassade des Etats-Unis, ni la police chypriote n'ont confirmé qu'il s'agissait du corps du diplomate disparu.

"Quelqu'un a été retrouvé mort et la police est allée sur place pour confirmer s'il s'agit du corps d'une personne portée disparue", a indiqué un porte-parole de la police sans autres précisions.

Selon la télévision chypriote privée Sigma, le corps a été retrouvé à une petite distance de la voiture du diplomate, dans une région boisée hors de la capitale.

"Nous ne pouvons rien confirmer à ce stade", a déclaré un porte-parole de l'ambassade des Etats-Unis, interrogé sur les informations de la radio.

La veille, la police chypriote avait affirmé qu'elle était à la recherche du diplomate en collaboration avec l'ambassade américaine.

Marié avec des enfants, Tom Mooney, âgé de 45 ans, avait été aperçu pour la dernière fois alors qu'il quittait l'ambassade des Etats-Unis le 28 juin à l'heure du déjeuner. Sa voiture avait également disparu et son portable était fermé depuis.

L'ambassade des Etats-Unis avait informé la police de cette disparition après l'échec de ses propres investigations, avait indiqué la radio dimanche.

Elle n'avait pas voulu communiquer plus de détails sur le diplomate basé à Chypre depuis plus d'un an pour sa deuxième mission dans l'île méditerranéenne, considérée comme un endroit très sûr pour les diplomates, les attaques contre le personnel des ambassades étrangères étant rares.

Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt

Lundi 9 juillet 2007 1 09 /07 /Juil /2007 00:34

Ecrire un commentaire - Par Adriana Evangelizt - Voir les 1 commentaires - Publié dans : LES ORGANISATIONS DANGEREUSES

 

 

 

 

 

Coups d’État soft


L’Albert Einstein Institution : la non-violence version CIA


par Thierry Meyssan

Journaliste et écrivain, président du Réseau Voltaire

Ses Articles

 

La non-violence, en tant que technique d’action politique, peut être employée à n’importe quelle fin. Dans les années 1980, l’OTAN s’est intéressée à son utilisation pour organiser la résistance en Europe après une invasion de l’Armée rouge. Depuis quinze ans, la CIA en fait usage pour renverser des gouvernements récalcitrants, sans soulever d’indignation internationale. Elle dispose pour cela d’une agréable vitrine idéologique, l’Albert-Einstein Institution du philosophe Gene Sharp, qui a joué un rôle, de l’Irak à la Lituanie, en passant par le Venezuela et l’Ukraine. Pour les gratifier de leur efficacité, les membres de l’Albert Einstein Institution ont reçu deux promotions exceptionnelles : Thomas Schelling s’est vu attribuer le prix Nobel d’économie 2005 et Peter Ackerman a pris la succession de James Woolsey à la tête de la Freedom House.

Inconnu du grand public, le philosophe Gene Sharp a élaboré une théorie de la non-violence comme arme politique. Pour le compte de l’OTAN, puis de la CIA, il a formé les leaders des coups d’État soft des quinze dernières années.

Dans les années cinquante, Gene Sharp a étudié la théorie de la désobéissance civile d’Henry D. Thoreau et de Mohandas K. Gandhi. Pour ces auteurs, l’obéissance et la désobéissance sont des questions morales ou religieuses avant d’être politiques. Ils opposent une loi supérieure à un ordre civil. Cependant la mise en pratique de leurs convictions eut des conséquences politiques, de sorte que ce qu’ils considéraient comme une fin en soi peut être appréhendé comme un moyen. La désobéissance civile peut alors être considérée comme une technique d’action politique, voire militaire.

En 1983, Gene Sharp créé le Programme sur les sanctions non-violentes au Centre des affaires internationales de l’université d’Harvard. Il y développe des recherches en sciences sociales sur l’usage possible de la désobéissance civile par la population ouest-européenne pour faire face à une éventuelle invasion par les troupes du Pacte de Varsovie. Simultanément, il fonde à Boston l’Albert Einstein Institution avec pour double mission de financer ses recherches universitaires et d’appliquer ses modèles à des situations concrètes. En 1985, il publie un ouvrage sur la manière de Rendre l’Europe impossible à conquérir [1] dont l’édition états-unienne est préfacée par l’ambassadeur George F. Kennan, père de la Guerre froide. En 1987, l’association bénéficie de subventions de l’Institut des États-Unis pour la paix (U.S. Institute for Peace). Elle organise des séminaires pour former les Alliés à la défense par la désobéissance civile face à un occupant communiste. Ainsi le général Georges Fricaud-Chagnaud introduit le concept de « dissuasion civile » à la Fondation des études de la défense nationale [2].
L’Institut est intégré dans le dispositif du réseau stay-behind d’ingérence états-unienne dans les États alliés par le général Edward B. Atkeson, alors détaché par l’US Army auprès du directeur de la CIA [
3].

La focalisation sur la moralité des moyens d’action permet d’évacuer tout débat sur la légitimité de l’action. La non-violence, admise comme bonne en elle-même et assimilée à la démocratie, favorise le blanchiment des actions secrètes, intrinséquement non-démocratiques.

C’est en 1989 que l’Albert Einstein Institution prend son essort. Gene Sharp prodigue ses conseils à des mouvements anti-communistes. Il participe à la mise en place de l’Alliance démocratique de Birmanie, une coalition de notables anti-communistes qui parvient bientôt à entrer dans le gouvernement militaire ; et du Parti progressiste démocratique de Taiwan qui milite pour l’indépendance de l’île par rapport à la Chine communiste alors qu’officiellement les États-Unis s’y opposent ; ou encore, il rassemble les divers groupes d’opposition tibétains autour du Dalaï Lama. Il tente aussi de former un groupe de dissidents au sein de l’OLP, qui pourrait conduire les nationalistes palestiniens à renoncer au terrorisme [4]. Il leur dispense secrètement une formation dans les locaux de l’ambassade des États-Unis à Tel-Aviv en liaison avec le colonel Reuven Gal [5], directeur de l’Action psychologique au sein des Forces armées israéliennes.

Réalisant le potentiel de l’Albert Einstein Institution, la CIA y délégue un spécialiste de l’action clandestine, le colonel Robert Helvey, alors doyen de l’École de formation des attachés militaires d’ambassade. « Bob » introduit Gene Sharp en Birmanie pour qu’il forme idéologiquement l’opposition : contester de manière non-violente la junte militaire la plus sanglante du monde, c’est-à-dire en critiquer l’étroitesse, sans remettre en cause le système. Helvey trie ainsi les « bons » et les « mauvais » opposants dans un moment critique pour Washington : l’opposition véritable, conduite par Mme Suu Kyi, ne cesse de marquer des points et menace le régime pro-US. « Bob » le fait avec d’autant plus de facilité qu’il connaît personnellement tout les protagonistes, ayant été attaché militaire à Rangoon de 1983 à 1985 et ayant participé à la structuration de la dictature. Jouant un double jeu, le colonel Helvey dirige simultanément une action de soutien militaire classique à la résistance Karen : Washington veut en effet se garder un moyen de pression sur la junte en armant et en contrôlant une guérilla limitée.

Désormais toujours présent là où les intérêts états-uniens sont en jeu, Gene Sharp et son assistant Bruce Jenkins arrivent à Pékin en juin 1989, deux semaines avant les évènements de Tien-an-men. Ils seront rapidement expulsés par les autorités chinoises.

En février 1990, l’Albert Einstein Institution organise une Conférence sur les sanctions non-violentes, regroupant 185 spécialistes de 16 pays, autour des colonels Robert Helvey et Reuven Gal. Le principe d’une internationale de la lutte anti-communiste mobilisant les populations dans une action non-violente est né. Le professeur Thomas Schelling [6], célèbre économiste et par ailleurs consultant de la CIA, rejoint le Conseil d’administration de l’Institution. Le budget officiel de l’Institution reste stable, mais en réalité il dispose de financements abondants de l’International Republican Institute (IRI), l’une des quatre branches de la National Endowment for Democracy (NED/CIA) [7].

Au même moment, les pays baltes proclament leur indépendance. À l’issue d’une épreuve de force avec Mikhail Gorbatchev, ils acceptent de reporter cette décision de deux ou trois ans le temps d’en négocier les contreparties. Sans attendre, en octobre 1990, Gene Sharp et son équipe se rendent en Suède où ils préparent des politiciens lituaniens à organiser une résistance populaire face à l’Armée rouge. Quelques mois plus tard, en mai 1991, lorsque la crise éclate et que Gorbatchev déploie ses forces spéciales, Gene Sharp conseille le parti séparatiste Sajudis (Groupe d’initiative pour la perestroïka). Durant la crise, il est présent aux côtés du président Vytautas Landsbergis.
En juin 1992, le ministre de la Défense de la Lituanie indépendante, Audrius Butkevicius, organise un symposium pour rendre hommage à l’action décisive de l’Albert Einstein Institution dans le processus d’indépendance des États baltes.

Lorsque les États-Unis commencent leur réarmement, en 1998 [8], l’Albert Einstein Institution devient un outil parmi d’autres dans une stratégie expantionniste. Il fournit l’idéologie et la technique à Otpor (« Résistance »), un groupe de jeunes opposants au président yougoslave Slobodan Milosevic.

Simultanément, il intervient dans la province du Kosovo pour encadrer le LDK d’Ibrahim Rugova. Si Rugova est inutile pour Washington pendant la guerre du Kosovo, Otpor offre bientôt une alternative pour renverser Milosevic, plus que jamais populaire après avoir tenu tête à l’OTAN. Le colonel Helvey forme les cadres lors de séminaires à l’hôtel Hilton de Budapest. Les dollars coulent à flot pour en finir avec le dernier gouvernement communiste d’Europe. L’opération est dirigée sur place par l’agent Paul B. McCarthy, discrétement installé à l’hôtel Moskva de Belgrade jusqu’à la démission de Milosevic en octobre 2000.

En septembre 2002, Gene Sharp est à La Haye pour former les membres de l’Iraqi National Council qui s’apprêtent à entrer en Irak dans les bagages de l’US Army.

En septembre 2003, c’est encore l’Albert Einstein Institution qui conseille à l’opposition de contester le résultat des élections et manifester jusqu’à la démission d’Edouard Chevardnadze [9], lors de la « révolution » des roses en Géorgie.

Lorsque le coup d’État fomenté par la CIA échoue au Venezuela, en avril 2002, c’est à nouveau à l’Albert Einstein Institute que le département d’État fait appel. Il conseille le patronat dans l’organisation du référendum révocatoire contre le président Hugo Chavez. Gene Shartp et son équipe encadrent les dirigeants de Sumate pendant les manifestations d’août 2004. Selon une technique désormais classique, ils crient à la fraude électorale et exigent le départ du président. Ils parviennent à faire descendre dans la rue la bourgeoisie de Caracas, mais le soutien populaire du régime est beaucoup trop puissant pour le renverser. En définitive les observateurs internationaux ne peuvent que reconnaître la légalité de la victoire d’Hugo Chavez.

Gene Sharp échoue par contre en Biélorussie et au Zimbabwe, faute de recruter et de former en temps voulu les manifestants nécessaires.
On retrouve le colonel Robert Helvey à Kiev lors de la « révolution » orange en Ukraine, en novembre 2004 [
10].
Enfin, notons que l’Albert Einstein Institution commence à former des agitateurs iraniens.

Au fait, pourquoi « Albert Einstein » ? Ce patronage endort tous les soupçons. Le premier livre de Gene Sharp, consacré à l’étude des méthodes gandhiennes, débute par une préface d’Albert Einstein. Mais l’ouvrage a été rédigé en 1960, cinq ans après la mort du savant. Le texte n’a donc pas pu être écrit par Albert Einstein pour Sharp. Celui-ci s’est contenté de reproduire un article du savant sur la non-violence.

Hugo Chávez, président de la République bolivarienne du Venezuela, a longuement cité cet article lors d’une intervention télévisée en juin 2007 à l’occasion de la signature de l’ALBA (Alternative bolivarienne pour les Amériques).

[1] Making Europe Unconquerable : The Potential of Civilian-based Deterrence and Defense. Taylor & Francis éd., Londres, 1985. Seconde édition avec une préface de George F. Kennan, Ballinger éd, Massachusetts, 1986.

[2] Le général Georges Fricaud Chagnaud avait été attaché militaire de l’ambassade de France à Washington, puis chef de la mission militaire française à l’OTAN.

[3] Le général Edward B. Atkeson est aujourd’hui expert au CSIS et administrateur de l’Association of Former Intelligence Officers (AFIO).

[4] L’un des agents formés par Sharp, Mubarak Awad, dirige aujourd’hui (janvier 2005) des secours US en Indonésie après le Tsunami.

[5] Le colonel Reuven Gal est aujourd’hui chef adjoint du Conseil national de sécurté d’israël, chargé du façonnage de la société palestinienne.

[6] Thomas Schelling est l’un des co-rédacteurs du Consensus de Copenhague, en mars 2004. Ce document, élaboré ous les auspices de The Economist, vise à remettre en cause le programme du Millenium de l’ONU et le Protocole de Kyoto. M. Schelling a développé un modèle théorique selon lequel la croissance économique est le meilleur moyen de lutter contre le réchauffement de la planète car elle fournira à terme les techniques nécessaire pour y remédier. Thomas Schelling a reçu le prix Nobel d’économie 2005.

[7] « La nébuleuse de l’ingérence démocratique » par Thierry Meyssan, Voltaire, 22 janvier 2004.

[8] En 1998, le Congrès impose au président Clinton une politique de réarmement sans ennemi.

[9] Voir « Les dessous du coup d’État en Géorgie » par Paul Labarique, Voltaire, 7 janvier 2004.

[10] Voir « Washington et Moscou se livrent bataille en Ukraine » par Emilia Nazarenko, Voltaire, 1er novembre 2004. Cet article, que nous avons publié avant le premier de l’élection présidentielle, décrit l’organisation du mouvement prétendument spontanné des semaines suivantes.



Sources Réseau Voltaire

Posté par Adriana Evangelizt

 

Jeudi 21 juin 2007 4 21 /06 /Juin /2007 11:49

Ecrire un commentaire - Par Adriana Evangelizt - Voir les 0 commentaires - Publié dans : LES ORGANISATIONS DANGEREUSES

Analyse très très intéressante...

Subversion en Europe de l’Est :

George Soros, le maître des ONG

par Karl Hauffen



Il est toujours de bon ton d’évoquer l’hyperpuissance américaine, sans jamais pourtant prendre la peine ni d’en définir les contours, ni d’en démonter les mécanismes. Plane ensuite ce sentiment diffus d’une puissance insaisissable, quasi magique, qui ne serait portée que par le vent de l’histoire ou, mieux encore, mue par la dynamique naturelle des choses. Comme si les choses avaient leur dynamique propre ! Parce que désormais les forces qui agissent préfèrent emprunter les coulisses ou les escaliers de service, les événements semblent en apparence se suivre inexorablement comme le ferait une chute en chaîne de dominos. Un enchaînement de circonstances qui nous accable de sa dure et implacable fatalité. Ainsi, la globalisation et la marchandisation du monde seraient inévitables. Ainsi encore voudrait-on nous faire croire que les peuples, les nations et les empires renonceraient à leur puissance, à leur histoire et à leur identité par le simple fait qu’une fascination irrépressible pour la modernité libérale les pousserait à tout brader afin de mieux mimer docilement le modèle américain. Pourtant, lorsqu’on soulève timidement le voile de pudeur médiatique dont est soigneusement recouverte l’actualité, on découvre alors un monde souterrain qui grouille de réseaux, de jeux d’influence, de relations, de groupes de pression, autant d’acteurs qui font en sorte que lesdites choses, loin de glisser naturellement ou librement, vont précisément là où certains, puissants, veulent qu’elles aillent…

 

Soros, un spéculateur philanthrope ?

Aussi est-il toujours intéressant de prendre un des fils qui dépassent de la pelote médiatique et ensuite de le suivre pour voir jusqu’où il nous mènera. Suivons, par exemple, le fil George Soros, ce spéculateur financier, milliardaire juif américain, né en Hongrie en 1930. Il a bâti toute sa fortune en spéculant sur les devises. Il est passé à la postérité un jour de septembre 1992 où la banque d’Angleterre dut faire sortir la livre sterling du système monétaire européen, incapable de soutenir la devise contre les assauts des spéculateurs. Cinq années plus tard, l’homme-qui-fit-sauter-la-banque-d’Angleterre bénéficiera grandement de la crise asiatique de 1997. Normal, c’est lui qui l’avait provoquée. Pourtant, on le dit être un philanthrope ! Un philanthrope qui se montre également plein d’entregent. En effet, il a été proche de Henry Kissinger, de Vaclav Havel, de Wojciech Jaruzelski et il est l’ami de Mikhaïl Gorbatchev et de l’oligarque véreux Khodorkovsky. Il est aussi une figure importante du Forum économique mondial et de Human Rights Watch, qui gonfla les crimes attribués à Milosevic afin de justifier l’intervention de l’OTAN. Soros est surtout le fondateur et le financier de l’Open Society Institute qui étend ses multiples et insaisissables ramifications sur l’ensemble de l’ancienne aire d’influence de l’ex-URSS. Cet institut finance, entre autres, le très actif Project Syndicate, une agence de diffusion de tribunes libres de personnalités politiques dans 181 quotidiens internationaux. Il est partie prenante dans l’International Crisis Group dont le conseil d’administration rassemble le gratin mondial des personnalités atlantistes. En 2001, Soros crée le Democracy Coalition Project chargé d’animer le forum non gouvernemental en marge des sommets de la Communauté des démocraties organisés par le département d’Etat états-unien. Retenez bien ces mots : non gouvernemental ! Ils résument à eux seuls la gigantesque arnaque moderne que dissimule le terme magique et trompeur d’ONG.

 

Le faux nez des ONG

Derrière ce terme se cache toute une nébuleuse d’organisations subversives qui, sous couvert de campagnes d’information sur le SIDA, de défense de droits de l’homme, d’assistance aux drogués, de lutte contre la pauvreté, d’aide aux enfants abandonnés, de protection des droits des minorités, fomentent en coulisses des révolutions, forment cadres politiques et agitateurs professionnels ou encore animent des officines de propagande qui répandent rumeurs et fausses nouvelles. Il est bon de savoir que depuis l’effondrement de l’Union soviétique en 1991 des centaines de milliers d’ONG sont apparues en Russie. Dans un article publié sur le site Internet www.mondialisation.ca, traitant de la polémique autour du texte de loi russe visant à réglementer les organisations non gouvernementales, Sara Flounders écrit : « Des députés à la Douma affirment que plus de 450 000 ONG sont actives en Russie à l’heure actuelle. Le Yale Center for the Study of Globalization va encore plus loin, puisque d’après lui il y a plus de 600 000 organisations non gouvernementales, non commerciales en activité en Russie. » L’agitation sociale et politique entretenue par la fondation Soros poussera le gouvernement russe, fin 2003, à l’interdire et à en expulser ses agents étrangers. Du côté de l’Ukraine, on ne compte pas moins de 40 000 ONG qui regroupent 12 % de la population ukrainienne. Autant d’organisations dont on sait qu’elles ont joué un rôle majeur dans la Révolution Orange. L’origine des fonds est connue : quand ils ne proviennent pas directement de la CIA, ils proviennent des fondations représentant les intérêts des milieux américains les plus fortunés, telles que celles de Ford, MacArthur, Carnegie, Rockefeller et bien sûr George Soros.

 

La subversion par les associations

Je me permets ici une petite digression, car il est bon de s’arrêter un temps sur cet aspect peu analysé des démocraties modernes.

Je parle de ce rôle de représentant de la société civile que l’on attribue un peu trop facilement aux ONG et diverses associations. Car ces associations, toujours présentées comme des émanations spontanées, se révèlent bien souvent n’être que des agitateurs médiatiques à la solde soit du pouvoir en place, soit d’intérêts étrangers. En France, la fonction de certaines associations semble répondre à deux objectifs. Dans un premier temps, elles consistent à tisser au cœur de la société un maillage serré d’organismes de contrôle social prétendument indépendant et non gouvernemental, pour canaliser et orienter, dans un deuxième temps, les mouvements de grogne dans le sens voulu par le régime. Ensuite, le pouvoir a beau jeu de jouer la carte du dialogue démocratique avec les responsables associatifs contestataires afin, dit-il, de trouver un terrain d’entente. Or, dans notre pays les associations sont filles des subventions publiques, c'est-à-dire que lesdits responsables associatifs se révèlent ni plus, ni moins, être des salariés rétribués par l’Etat. On a donc connu plus « indépendants » comme citoyens engagés. Or, le fait que certaines associations profitent d’une pluie abondante de subventions alors que d’autres restent sans moyens ne relève pas du hasard. Seules les associations conformes à la doxa du régime pourront profiter des mannes publiques, les autres étant condamnées au silence ou à l’action confidentielle. Les associations avec lesquelles le pouvoir discute sont donc celles qu’il a d’abord choisi de financer. La supercherie d’un système qui organise et finance sa propre opposition sociale, soigneusement triée sur le volet, apparaît ici sous tous ses artifices. C’est par ce procédé qu’ont été dévoyées les institutions démocratiques en France. Il faut savoir que dans l’Hexagone le tissu associatif est extrêmement dense. Pierre-Patrick Kaltenbach, conseiller à la Cour des comptes et spécialiste de la question, dans un entretien accordé au mensuel « Le Choc du mois », nous fait des révélations hallucinantes. Parti en croisade contre la dilapidation de l’argent public, il avance le chiffre faramineux de 125 milliards d’euros (soit 12 % du PIB de la France !) d’argent public dépensés dans le circuit associatif. Au total, 1,6 million de Français se révèleraient être des salariés associatifs. On comprend mieux cette lourde chape de plomb dont semble être recouverte la société française ! Combien, parmi ces salariés, ne sont rien d’autre que des commissaires politiques payés à plein temps pour assumer un rôle d’encadrement social en faisant régner un climat de suspicion idéologique jusque dans les plus basses strates de la société ? 50 000, 100 000, 200 000, 300 000 et peut-être plus encore !!!

 

Soros, un agent double

Au regard de la puissance subversive que recèle l’action associative, qu’elle soit instrumentalisée par des Etats ou bien par des cartels privés, on saisit mieux alors la stratégie de Soros qui consiste à créer et entretenir un vaste réseau mondial d’ONG. La subversion est alors absolue et chacune de ces ONG aux mille ramifications, de la Slovaquie au Caucase en passant par la Russie, l’Ukraine et la Géorgie, se révèlent être autant de Chevaux de Troie pro-américains, capables à tout moment de faire basculer des régimes démocratiques jeunes et encore fragiles. Ainsi, dès 1990, avant de tenter de prendre le contrôle de tout le système financier russe et des privatisations, les multiples officines financées par Soros sont méthodiquement parties à l’assaut du système éducatif russe en fournissant, notamment, des manuels à toute la nation. Après avoir dépensé 250 millions de dollars pour « la transformation de l'éducation des sciences humaines et de l'économie au niveau des écoles supérieures et des universités », Soros injecta 100 millions de dollars de plus dans la création de la Fondation scientifique internationale. Toutefois, les Services fédéraux russes de contre-espionnage (FSK) accuseront finalement les fondations de Soros en Russie d' « espionnage ». Le fait que Soros et la CIA soient interconnectés semble désormais un secret de polichinelle. Dès 1994, Soros avait investi des millions dans le secteur des communications en Europe Centrale et de l’Est. Une de ses fondations dirige aujourd’hui Radio Free Europe/Radio Liberty (la radio de la CIA pendant la guerre froide). Il a subventionné de nombreux médias « indépendants », tel Radio B92 pendant la guerre de Yougoslavie et aujourd’hui des journaux « libres » en Irak. En effet, on retrouve la main de Soros dans tous les coups fourrés survenus en Europe de l’Est. La Fondation Soros a financé le groupe serbe de la jeunesse Otpor. En 2000, cette organisation serbe avait organisé les manifestations qui provoquèrent la chute de Slobodan Milosevic. On retrouvera Optor en Ukraine dans l’entraînement des membres du réseau Pora qui conduiront la Révolution Orange. Pora profitera également de la générosité de George Soros à hauteur de 7 millions de dollars. En Géorgie, la Fondation Soros alloua 4,6 millions de dollars au groupe de jeunes Kmara, qui se révéla une arme de premier ordre contre le gouvernement. On l’aura compris, les révolutions orange, violettes ou jaunes ne tombent pas du ciel. Elles sont aussi le fruit de manigances bien opaques.

En décryptant les agissements de l’homme d’affaires George Soros (mais il n’est pas le seul, car il y a encore bien d’autres hommes d’affaires qui, comme lui, présentent ce profil trouble d’agent double), il devient enfin plus aisé de discerner sur quoi repose le « soft power » américain. L’argent ! Un argent facilement et malhonnêtement gagné sur les marchés internationaux (le 20 décembre 2002, George Soros a été condamné à 2,2 millions d’amende par le tribunal correctionnel de Paris pour délit d’initié lors du raid boursier contre la Société Générale, en 1988) et dépensé, par l’entremise d’hommes d’affaires véreux, au service de causes hautement politiques, peu innocentes et encore moins caritatives. Quoi qu’il en soit, le jeu auquel s’adonnent les milieux d’affaires américains, et derrière eux les services secrets états-uniens, dans les ex-pays du Pacte de Varsovie est extrêmement dangereux. Alors que l’Europe aurait tout intérêt à dénoncer ces agissements totalement irresponsables et à se rapprocher de la Russie, allié géostratégique idéal au gigantesque réservoir en ressources naturelles, il est regrettable de constater qu’une fois encore ses élites se taisent misérablement, voire applaudissent.

 

Karl Hauffen
Correspondance Polémia
18/01/07

Du même auteur: http://www.polemia.com/campagne.php?iddoc=572&cat_id=57


Sources Polemia

Posté par Adriana Evangelizt

Dimanche 4 février 2007 7 04 /02 /Fév /2007 16:47

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Sur la parution d'un livre sur les Skull and Bones de Alexandra Robbins...

SKULL AND BONES


La vérité sur l’élite secrète qui dirige les Etats-Unis


Alexandra Robbins
Traduit de l'Anglais (US) par Bruno Drweski
et par Gaétane Vallifuoco

Note de lecture de Mourad Haddak

« Lors de ma dernière année d’étude [à l’université de Yale], j’ai rejoint la société secrète Skull & Bones, une société tellement secrète que je ne peux en dire plus. »
(George W. Bush, A Charge to Keep, édition Harper Perennial, 2001)

La jeune journaliste américaine Alexandra Robbins (elle a travaillé pour le New Yorker, le Washington Post, le Cosmopolitan et le Chicago Tribune), ancienne étudiante à l’université de Yale (sanctuaire des Skull & Bones), à New Haven dans l’Etat du Connecticut, a mené une enquête détaillée et fort attendue sur l’une des sociétés de pouvoir les plus controversées et mystérieuses des Etats-Unis. Les Skull & Bones (« Crâne et Os » en français) constituent en effet avec les « Illuminati » de Bavière », la Commission trilatérale, le groupe Bildeberg et autres puissances « occultes » un des plus féconds mythes modernes du complot mondial.


La légende des Skull & Bones, modèle du « bazar » ésotérico-complotiste (1)

« Après cent soixante-dix ans d’existence, les Skull & Bones ont étendu leurs tentacules dans tous les recoins de la société américaine. Ce petit groupe a développé des réseaux qui ont placé trois de leurs membres au poste politique le plus puissant du monde (2). Et l’influence de la société secrète augmente, l’élection présidentielle de 2004 a, pour la première fois, mis en jeu deux candidatures représentées chacune par un skullbonien (3). (…) Dans sa soif de créer un nouvel ordre mondial, restreignant les libertés individuelles et plaçant en fin de compte solidement le pouvoir au sein de familles riches et influentes, elle a déjà réussi à infiltrer les principaux centres de recherche, les principales institutions politiques, financières, médiatiques et gouvernementales du pays. Ce sont ses membres qui, de fait, gouvernent les Etats-Unis depuis des années. »

Inquiétante ou grotesque, l’introduction du livre d’Alexandra Robbins est une somme hétéroclite et extraordinaire des faits attribués aux « invisibles » skullboniens : en plus de vouloir régenter la première puissance et le monde entier, la rumeur leur prête l’idée et le succès de la réalisation de la bombe atomique, l’organisation de l’assassinat, en 1963, du président américain J. F. Kennedy et de l’invasion de la baie des Cochons en 1961 (pour renverser le dirigeant cubain, Fidel Castro). Leur « Tombe » (nom donné au bâtiment où se réunissent les membres du club à Yale) abriterait les crânes volés du chef indien Geronimo, du révolutionnaire mexicain Pancho Villa et même le squelette de la favorite de Louis XV, Madame de Pompadour !


Des « chevaliers » formés pour la conquête du pouvoir

Alexandra Robbins qui a déjà publié une enquête remarquée sur les études de G. W. Bush à Yale (à l’époque élève peu brillant et déjà buveur impénitent selon les témoignages de ses anciens camarades de faculté), signe à nouveau un pamphlet qui a fait couler beaucoup d’encre à sa sortie aux Etats-Unis, en 2002, sous le titre initial de Secret of the Tomb (paru aux éditions Little, Brown & Company).

Charismatique, attiré par la discipline et l’élitisme, l’étudiant William Russel, dont la puissante famille a prospéré grâce au commerce de l’opium dans la première moitié du XIXe siècle, créa en 1832 dans l’université puritaine de Yale la fameuse « fraternité de la mort » ou l’ordre du « Crâne et [des] os ». D’un retour de voyage en Allemagne (selon la légende, il aurait été en contact avec la fameuse secte franc-maçonne des Illuminati), il donne à la nouvelle organisation des références germaniques comme la tête de mort et les ossements. Le célèbre chiffre 
des Skull & Bones figurant sous l’emblème digne d’un drapeau des pirates des Caraïbes renvoie, semble-t-il, à la date du décès du grec Démosthène en 322 avant J.C., homme politique connu pour son éloquence.

Personne ne peut décider de devenir membre de l’organisation. Il faut être « élu » par les seniors de la promotion en cours qui recherchent à la fois de grandes qualités athlétiques et intellectuelles (que ne possédait pas G. W. Bush selon divers témoignages rapportés par la journaliste). La personnalité et des origines sociales favorisées (il faut être de préférence W.A.S.P., « White Anglo Saxon Protestant ») sont également privilégiées. Les « sociétés ne rejetaient pas nécessairement un candidat parce qu’il était pauvre, mais elles pouvaient être plus inclinées à élire quelqu’un dont la richesse contribuerait à [leur] entretien. »

Pendant le rituel d’initiation très théâtral (qui a perdu de nos jours une grande partie de ses connotations paganistes et sexuelles), on apprend chaque année aux quinze nouveaux membres (chevaliers) que la déesse Eulogie (divinité grecque de l’éloquence) serait redescendue sur Terre en 1832 pour établir sa résidence parmi les membres des Skull & Bones. Passé les épreuves de bizutage (moins déroutantes qu’au début du siècle dernier), ils se rencontrent régulièrement en secret, tous les jeudis et dimanches, autour des questions relatives au fonctionnement du club, à la vie du campus ou pour débattre de leurs études. Un camp de vacances réunit une fois par an les anciens et les nouveaux « bonesmen » sur l’île de Deer Island (l’Île du Cerf), dans le fleuve de Saint-Laurent. Il y aurait aujourd’hui, selon Alexandra Robbins, huit cent « chevaliers » vivants, aux Etats-Unis et dans le monde.


Entrer dans le « Réseau », c’est posséder le pouvoir

L’organisation n’est pas la société de conspiration que folles rumeurs, partisans des complots ou les skullboniens eux-mêmes laissent régulièrement entendre. Il s’agit d’abord d’un club d’étudiants atypique qui accueille parfois dans ses réunions ou s’honore de compter parmi ses membres d’anciens diplômés ou non (comme l’actuel vice-président Dick Cheney), des responsables de la faculté ou des professeurs. Il existe d’autres clubs à New Haven comme ailleurs aux Etats-Unis, à Harvard (Massachusetts) ou à l’université de Columbia (New-York) par exemple (4). C’est en effet une tradition des campus américains qui sert d’intégrateur social (tremplin obligé pour les plus ambitieux) et qui est largement acceptée, voire fortement recherchée par les étudiants. Pour Lyman Bagg en 1871, dans Quatre ans à Yale, « une élection à ces sociétés est plus valorisée que n’importe quel prix ou honneur universitaire. » (Extrait cité par Alexandra Robins)

Les raisons de l’engouement estudiantin pour les Skull & Bones, même s’il est moins important depuis la fin des années 1960, résident sans doute dans leur capacité à créer entre ses membres des relations solides à long terme. Le réseau d’influence est particulièrement efficace. Un skullbonien qui a côtoyé G. W. Bush en 1968 a révélé à la journaliste que l’entrée dans la très sélective société « était une occasion pour construire des amitiés, à un degré difficile ou impossible à atteindre dans le cours ordinaire de la vie universitaire, et cela avec quatorze personnes que [son] chemin n’aurait autrement pas croisées durant [ses] années d’études. »

La journaliste fournit d’innombrables exemples où les bonesmen ont pu s’entraider (chapitre VI) favorisant ainsi des plans de carrière, l’obtention d’avantages financiers ou certaines décisions politiques. La famille Bush s’est fortement appuyée sur les réseaux des Skull & Bones depuis Prescott Bush (S&B, 1917), ancien sénateur, riche homme d’affaires et grand père de l’actuel président. Lorsque ce dernier s’est lancé dans les affaires dans les années 1970 et 1980, que ce soit dans le secteur pétrolier (avec la création de son entreprise Arbusto Energy Inc.) ou dans le rachat des Texas Rangers (fameuse équipe de base-ball), il put compter sur l’aide financière d’anciens bonesmen comme E. S. Lampert (S&B, 1984) et W. H. Draper III (S&B, 1950).

D’autres familles ont su également profiter des anciens liens « fraternels » comme celle de l’ancien président W. H. Taft (S&B, 1878) qui a compté au moins neuf anciens skullboniens. Ancien ministre de la Justice, il a intégré, durant sa présidence entre 1909 et 1913, plusieurs bonesmen dans son cabinet dont Henry L. Stimson (S&B, 1888), secrétaire à la Guerre qui jouera un rôle déterminant dans la politique américaine pendant la première partie du XXe siècle. Il constituera dans le même ministère, pendant la Seconde Guerre mondiale, une équipe resserrée, composée surtout de skullboniens (avec l’accord du président Franklin Roosevelt). Comme l’écrivait Godfrey Hodgson, en 1990, « le Département d’Etat était dirigé par une poignée de riches républicains, et […] sa base était presque aussi étroite, en termes de politique sociale et d’éducation, que celle d’un cabinet britannique tory traditionnel ».

Le danger représenté par la petite « élite » de Yale passée par le moule conformiste de l’expérience des Skull & Bones tient, en fait, dans la remise en question de la démocratie américaine et de ses médias (5). Les élites se reproduisent en vase clos et elles finissent par partager, en grande partie, les mêmes valeurs puritaines et conservatrices des rapports sociaux. Certes, les Skull & Bones ont enfin ouvert leurs portes aux femmes en 1991 et accepté en leur sein les minorités ethniques. Leur existence cependant pervertit le jeu démocratique normal par leur confiscation des principaux lieux de pouvoir. Ceux qui dirigent l’hyperpuissance américaine ne représentent pas les intérêts de la population mais un groupe fermé, socialement favorisé, qui avantage d’abord ses propres membres et renforce ses positions.

Contrairement à la légende, il n’y a pas une direction secrète basée à New Haven, dans la « Tombe » du campus de Yale, qui prendrait des décisions importantes à l’insu de tous. Aucune preuve solide ne montre un plan déterminé pour dominer le pays ou le monde. Les promesses d’un nouvel ordre social échangées dans les recoins sombres d’une « crypte » (dont le décor intérieur ressemble beaucoup au manoir de la famille Adams) sont le fait d’étudiants (des adolescents diront d’autres) qui perpétuent un rituel et des jeux identitaires les distinguant du reste de la société (composée des « barbares », c'est-à-dire de tous ceux qui n’ont pas été initiés à l’ordre). Même si ces promesses étaient gravées dans le marbre, faudrait-il les prendre au sérieux ? Les « patriarches » (anciens bonesmen) qui gardent encore des liens avec le « Tombeau » manifestent surtout leur désir de préserver les traditions et « l’esprit » de Yale qui ont fortement marqué leur jeunesse. Derrière une mise en scène théâtralisée et plutôt drôle (ou à défaut étrange) vue de l’extérieur, la grand-messe annuelle ne ressemble-elle pas simplement à celles des banales associations d’anciens étudiants (devenus importants, on le confesse volontiers) ?

Si les skullboniens n’ourdissent pas les conspirations qu’une certaine littérature ésotérico-complotiste développe complaisamment (6), délires auxquels Alexandra Robbins laisse parfois trop la place dans son ouvrage (7) dans un art consommé et surprenant de la contradiction, ils posent néanmoins une interrogation fondamentale sur le fonctionnement actuel de nos sociétés dites démocratiques (8).

(1) Voir les travaux du politologue Pierre-André Taguieff sur les mythes modernes du complot dans son dernier livre La Foire aux Illuminés paru aux éditions Mille et une Nuits en novembre 2005. Le film The Skulls de Rob Cohen sorti en France en 2000 s’est largement inspiré du mythe des Skull & Bones.

(2) Il s’agit de William H. Taft (1909-1913), de George Herbert Bush (1989-1993) et de George Walker Bush (2001-).

(3) John F. Kerry (membre de la société des Skull & Bones en 1966) et G. W. Bush (S&B, 1968).

(4) Alexandra Robbins a fait partie d’une autre société secrète, à Yale, ce qu’elle ne cache pas même si elle n’en révèle jamais le nom. Scroll & Key (« Parchemin et Clef »), créée en 1842 et Wolf’s Head (« Tête de loup ») en 1883 sont les deux autres sociétés les plus influentes du campus. L’université de Harvard est connue pour abriter la société la plus prestigieuse du pays, le Porcellian club (fondé en 1791).

(5) Henry Luce et Briton Hadden (S&B de 1920) sont les fondateurs de Time et Averell Harriman (S&B, 1913) est à l’origine du magazine Today qui a fusionné en 1937 avec Newsweek.

(6) Sur les thèses conspirationnistes et les raisons de leur succès dans la « nouvelle culture de masse », voir le livre de P.A. Taguieff (cf. plus haut) et le dernier chapitre du livre d’Alexandra Robbins (p. 232 : les Skull & Bones sont « plus qu’une simple institution ; c’est un concept sur lequel les gens projettent des images qui leur sont nécessaires pour donner un sens au monde. […] Les explications, mêmes exagérées, sont d’une certaine façon rassurantes.)

(7) Dans la conclusion de son livre, la journaliste n’hésite pas à écrire que « les Skull & Bones ont sûrement leurs secrets. Mais ce sont les secrets d’une organisation qui trafique dans des domaines impalpables. » Et ajoute plus loin que « la grande conspiration entourant la société secrète n’est qu’une demi-vérité, avec la complicité volontaire des spectateurs que nous sommes. » (p. 233) Admettre que le mythe est en parti vrai, c’est laisser penser que le complot existe réellement, même s’il est fantasmé. Sans nier l’intérêt de son livre, on peut regretter qu’Alexandra Robbins ait cédé parfois au sensationnalisme. De nombreux faits ne sont pas vérifiables. Les sources restent parfois évasives. Les agissements et le patrimoine de la Russel Trust Association (entreprise liée aux Skull & Bones) mériteraient notamment une enquête plus approfondie. « Le parfum de mystère » est bien trop fascinant. Or, la réalité l’est moins. La journaliste qui manque de rigueur devrait émettre, dans le doute, des hypothèses plutôt que d’énoncer des conclusions hâtives et sans fondement. Les amateurs de complots, sur internet notamment, font déjà leurs choux gras de ses approximations.

(8) Parmi les causes des blocages actuels de la société française revient régulièrement la place excessive des anciens élèves de certaines grandes écoles en général et de l’Ecole Nationale d’Administration en particulier dans le gouvernement politique et économique du pays. Ancien énarque et à rebrousse-poil de ses anciens camarades de promotion, Jean-Pierre Chevènement (sous le pseudonyme de « Jean Mandrin ») dans L'Énarchie ou les mandarins de la société bourgeoise, paru en 1967, avait ainsi dénoncé les effets pervers de l’ENA. Le dérèglement démocratique « cultivé » par les « nouvelles élites aristocratiques » n’est donc pas le seul fait des Etats-Unis.

Sources
Boojum

Posté par Adriana Evangelizt

Samedi 20 janvier 2007 6 20 /01 /Jan /2007 21:51

Ecrire un commentaire - Par Adriana Evangelizt - Voir les 0 commentaires - Publié dans : LES ORGANISATIONS DANGEREUSES

Voilà un article édifiant qui démontre comment le lobby pharmaceutique a la main mise sur la FDA et commercialise des médicaments nocifs, y compris en France, et comment pur tester leurs produits, les firmes utilisent des cobayes humains tant en Afrique qu'en Inde, pour ne citer que quelques noms... ça devient vraiment très grave.

La FDA : Food and Drug Administration (USA)
 dans la ligne de mire de ses propres scientifiques

Il est d’usage, lorsqu’un produit pharmaceutique ou alimentaire autorisé sur le marché est sujet à controverse, d’invoquer le sérieux des administrations censées ne les approuver qu’après des contrôles absolument rigoureux et des preuves scientifiques irréfutables de leur innocuité.

Ce qui suit est un démenti cinglant de ce discours lénifiant. L’objet du démenti est la Food and Drug Administration (FDA), en charge aux Etats-Unis de veiller à ce que les produits alimentaires et pharmaceutiques destinés à être commercialisés soient sans dangers pour les consommateurs. Celle-ci est en effet en train de récolter les foudres de ses propres scientifiques, d’associations citoyennes et de consommateurs et de personnalités du Congrès américain.

Deux articles très bien documentés de l’Institute Science in Society (ISIS) de Londres rapportent sous les plumes de Sam Burcher et du Dr Mae-Wan Ho le déclenchement d’un feu nourri en direction de la FDA suite à la publication par l’Union of Concerned Scientists (UCS)[1] d’un sondage démontrant « une influence politique omniprésente sur la science dans la FDA ».

La FDA attaquée pour ses liens avec les firmes, liens qui compromettent la Science

Le premier article, FDA Under Fire for Corporate Links that Compromise Science, publié en ligne le 1 Septembre 2006 sur http://www.i-sis.org.uk/FDACorporateLinks.php, rapporte que le sondage a été envoyé à 5918 scientifiques de la FDA : 997 réponses à cet envoi ont été retournées. Un cinquième de ces scientifiques (18,4%) affirment « qu’il leur a été demandé pour des raisons non-scientifiques d’exclure ou d’altérer des informations techniques ou leurs conclusions dans les documents de la FDA ».

Il ressort de ce sondage que :

-17% affirment qu’il leur a été demandé de fournir des informations incomplètes, inexactes ou trompeuses au public, à l’industrie, aux médias ou à des représentants élus du gouvernement.

-40% redoutent des mesures de rétorsion à leur encontre s’ils se faisaient publiquement l’écho des inquiétudes quant à l’innocuité des produits approuvés

-Seulement 47% pensent que la FDA fournit des informations justes et complètes au public.

-61% ont vécu des cas où des chargés de mission politique des Département de la Santé Humaine et des Services ou de la FDA ont interféré de manière inappropriée dans la détermination des actions de la FDA.

-81% ont reconnu que le public serait mieux servi si l’indépendance et l’autorité des systèmes FDA de contrôle après mise sur le marché étaient renforcées.

Les conflits d’intérêts semblent miner la FDA et S. Burcher et le Dr Mae-Wan Ho s’interrogent : « Comment des médicaments comme le Vioxx peuvent-ils arriver sur le marché ? »

Le Vioxx, en effet, produit par Merck & Co avait obtenu de la FDA l’autorisation de mise sur le marché. Pourtant, la firme a dû interrompre d’urgence sa production en raison d’une étude établissant le lien entre le doublement des risques d’accidents cardiaques et l’utilisation de ce médicament.

Dix membres ayant des liens directs avec Merck faisaient partie du panel qui a approuvé le médicament.

Le Public Citizen Health Group[2] (Le Collectif Citoyen pour la Santé) a découvert que dans 73% des 221 examens de médicaments conduits entre 2001 et 2004, il existait un conflit d’intérêts financiers : dans 73% des cas, (un ou) plusieurs membres du panel chargé de l’examen avaient des liens avec la firme cherchant à obtenir l’approbation.

Sur les 3000 membres de panels ayant œuvré entre 2001 et 2004, 1% seulement ont été disqualifiés en dépit de conflits d’intérêts substantiels, incluant des investissements dépassant les 25 000 US dollars, des prêts ou des contrats s’élevant jusqu’à 100 000 US dollars !

Le démocrate Maurice Hinchey n’a pas décoléré depuis. Il a proclamé devant La Chambre des Représentants que les panels du conseil scientifique de la FDA sont à la solde des firmes pharmaceutiques et a exigé que la FDA ne soit plus autorisée à se servir de ses conseillers ayant des liens avec les firmes sous peine d’encourir le gel de ses budgets.

Mais cet acte politique fort a été détourné et en échange il est seulement exigé de la FDA qu’elle dévoile les conflits d’intérêts potentiels sur son site, 15 jours avant que les comités ne se rassemblent. Ceci permet de maintenir la pratique de la FDA autorisant un scientifique qui a des liens et un conflit d’intérêts à participer à un panel, sous prétexte que la compétence et l’expérience dudit scientifique pèsent plus que le sérieux du conflit.

Mais ce n’est pas la seule raison pour laquelle la FDA se trouve aujourd’hui sous les feux nourris de la critique. Les scandales des essais pharmaceutiques pratiqués dans les pays du Tiers-Monde sont encore plus accablants.

La FDA mêlée à des scandales d’essais pharmaceutiques dans le Tiers-Monde

Le second article, FDA in Third World Drug Trial Scandals, http://www.i-sis.org.uk/FDAinDrugTrial.php, publié en ligne le 1 Septembre 2006, dévoile les confins de l’abjection à laquelle se livrent les firmes pharmaceutiques avec la complicité de la FDA.

À Lima, au Pérou, deux enfants ont souffert de graves réactions allergiques après avoir été utilisés comme cobayes par la firme californienne Ventria Bioscience. Les enfants ont pris part, à leur insu et celle de leurs parents, à un test clinique de sérum de riz génétiquement modifié contenant deux protéines humaines synthétiques (lactoferrine et lysosyme) non encore autorisées pour des essais aux USA, ni ailleurs dans le monde.

Ventria avait dû affronter une opposition inflexible à sa volonté de faire pousser son riz GM en Californie et fut contrainte de quitter le Missouri Sud-Est et la Californie en 2005, tout en parvenant à conserver des cultures en Caroline du Nord. (voir : Molecular Pharming - the New Battlefront over GM crops, dans le n° 27 de la revue Science in Society). Ventria s’est donc tournée, comme d’autres firmes, vers les pays du Tiers-Monde où les règlements sont plus flexibles.

Dans un article intitulé Human Proteins in GM Rice Linked to Diseases, dans le n° 22 de la revue Science in Society, le Professeur Joe Cummins avait déjà attiré l’attention sur les dangers spécifiques de ces protéines. Celles-ci n’auraient jamais dû être utilisées nulle part dans le monde et surtout pas pour des enfants.

Ventria a mené son test, à l’Institut de Pédiatrie de Lima, sur 140 enfants âgés de 5 mois à 3 ans et souffrant de la diarrhée. Un des enfants est maintenant si malade, suite au test, qu’il est devenu - selon sa mère Diana Canessa Garay - allergique à presque tous les aliments. Cette mère a seulement été informée avant le « traitement » que son enfant allait recevoir du sérum de riz - un produit médicalement reconnu comme un traitement efficace - mais sans aucune mention de la nature transgénique de ce riz. Le cas est actuellement entre les mains de la justice.

Les obligations éthiques de protéger les meilleurs intérêts de l’enfant (et des adultes) ont été inscrites dans le Code de Nuremberg, suite aux atrocités des expériences perpétrées sur des êtres humains dans les camps de déportation lors de la Seconde Guerre Mondiale. Le principe majeur de ce texte est la nécessité d’obtenir le consentement informé et volontaire du patient.

Le Gouvernement US offre pourtant ces derniers temps des avantages aux firmes qui pratiquent des tests sur les enfants. Elles bénéficient dans ce cas d’une « provision d’exclusivité pédiatrique » qui ajoute six mois à la protection du brevet ou de l’exclusivité commerciale de leur produit, signifiant donc plus de profits.

La FDA a aussi imposé une « règle pédiatrique » qui exige des firmes des tests sur les enfants dans certaines circonstances. La règle comprend la probabilité que le médicament testé soit utilisé sur un nombre substantiel d’enfants et dans des groupes d’âges différents, pour des volumes de vente importants. Le test de Lima apparaît conforme à cette règle.

Au Nigéria, des tests d’un antibiotique non enregistré ont été pratiqués sur des enfants par la firme Pfizer en 1996, une information dévoilée récemment par le journal Washington Post[3]. Le rapport, enterré pendant plus de cinq ans, révèle que 5 enfants sont morts après avoir reçu l’antibiotique Trovan. Six autres enfants sont morts après avoir reçu le médicament de comparaison. La firme pharmaceutique - qui n’avait obtenu qu’un consentement oral des parents non informés de la nature du produit - a concocté par la suite une lettre antidatée d’autorisation du Comité d’Ethique du Nigéria. Pfizer maintient que sa présence à l’hôpital de Kano était purement philanthropique et dans le but d’aider à combattre une épidémie de méningite qui a décimé la vie de 1500 personnes. Pourtant, Pfizer s’est retiré sitôt le test effectué. Cette action, conjuguée au fait que Pfizer n’a jamais obtenu de la part du Gouvernement du Nigéria d’autorisation de tester le Trovan sur près de 100 enfants et nourrissons, signifie qu’il s’agissait bel et bien d’un test illégal et opportuniste d’un médicament non-enregistré sur des patients vulnérables.

Selon le Gouvernement du Nigéria, Pfizer a violé la Loi nationale, la Déclaration Internationale d’Helsinki, la Convention des Nations Unis des Droits de l’Enfant. La découverte du rapport a redonné vie à une action en justice contre la firme initiée par 30 familles du Nigéria.

Les médicaments testés d’abord sur les enfants africains

La US Food and Drug Administration (FDA) n’approuva jamais le Trovan pour servir de traitement à des enfants américains suite à ce test, ce qui implique que le médicament a d’abord été testé sur des enfants africains avant d’être considéré pour le marché américain. Elle a poursuivi dans la tendance inquiétante à pratiquer des tests sur des africains en Afrique, mais aussi en Amérique (voir : US Foster Children Used in AIDS Drugs Tests ; NIH-Sponsored AIDS Drugs Tests on Mothers and Babies ; Guinea Pig Kids in AIDS Drugs Trials, dans le n° 27 de la revue Science in Society).

La non-approbation de la FDA fut un coup dur pour Pfizer qui espérait retirer un gain d’un milliard de dollars par an de ses ventes. Le médicament fut autorisé pour les adultes aux USA, mais son utilisation s’est considérablement restreinte depuis des rapports d’atteintes au foie et de décès. Le Trovan est maintenant interdit en Europe.

Tom Lantos, démocrate, du Comité des Relations Internationales, a réagi aux données du rapport sur le test au Nigéria en disant : « Je pense que cela confine à des actes criminels : les grandes firmes pharmaceutiques ici et en Europe utilisent ces pauvres gens illettrés et non-informés comme des cobayes. »

La FDA est également impliquée dans une sombre affaire impliquant le géant pharmaceutique Bayer, une affaire dévoilée par le New York Times[4]. Il semble que Factor VIII, un médicament destiné principalement aux enfants hémophiles, aie été contaminé par le virus HIV dans les années 1980. Lorsque les patients hémophiles ont contracté le HIV suite aux injections de Factor VIII, la FDA aurait recommandé à Bayer de se débarrasser de ses surplus au Japon, en Malaisie, à Singapour, en Indonésie et en Argentine. De cette façon, la firme a pu encore tirer profit de ses ventes, malgré son retrait du marché US.

Rien qu’à Hong-Kong et Taïwan, on estime que plus de cent patients hémophiles ont contracté le HIV suite à l’utilisation de ce médicament contaminé. De nouveaux lots de ce médicaments furent fabriqués à partir de concentrés de sang chauffé (ce qui tue le virus alors que les lots précédents étaient fabriqué à partir de sang non-chauffé) pour le marché américain, tandis que le reste des vieux lots fut expédié en France et en Espagne. Deux officiels français furent emprisonnés pour avoir approuvé l’utilisation du Factor VIII, non-chauffé et contaminé. La FDA n’a jamais été soumise à une enquête ni accusée. La firme Bayer maintient qu’elle s’est comportée de façon responsable et éthique.

De la nécessité d’un contrôle mondial des recherches cliniques

La chaîne BBC a diffusé le 27 Avril 2006 un documentaire, Drug Trials : The Dark Side (La face cachée des essais pharmaceutiques) montrant l’absence déplorable de consentement informé de patients en Inde, dirigés sans le savoir vers des tests organisés par des firmes US. Le documentaire donne à voir des patients sous l’impression que leur médicament habituel n’est plus disponible et que le nouveau médicament est simplement un prolongement de leur traitement. Les patients interviewés par Paul Kenyon, le journaliste de la BBC, sont des gens qui souvent ne savent ni lire ni écrire et ne sont donc pas à même de comprendre les formulaires de consentement la plupart du temps rédigé en anglais. Aucun d’eux n’a reçu de rémunération pour le test, et aucune poursuite du traitement n’est garantie après le test. Il n’existe pas non plus de garantie qu’après ces tests le médicament sera accessible à la population. On estime que deux millions d’indiens seront soumis à des tests d’ici 2010.

Sam Burcher et Dr Mae-Wan Ho, concluent en appelant à ce que le Registre des Essais Cliniques de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) mentionne à tout le moins l’obligation d’enregistrement de tous les tests cliniques à l’OMS et à ce qu’un minimum de données concernant chaque test soient disponibles dans les plus brefs délais.

Traduction et résumé des articles disponibles sur le site http://www.i-sis.org.uk

Sylvette Escazaux, le 14 septembre 2006

[1] UCS est « une alliance de plus de 100 000 citoyens et scientifiques soucieux d’ élever la rigueur des analyses scientifiques à l’aide de modes de réflexion innovants et de participer à une défense citoyenne engagée pour construire un environnement plus propre, plus sain et un monde plus sûr ». http://www.ucsusa.org/ucs/about/

[2] Public Citizen est une organisation nationale de défense des consommateurs fondée en 1971 pour représenter les intérêts des consommateurs au Congrès des Etats-Unis. Elle lutte pour la transparence et l’obligation du gouvernement de rendre des comptes ; pour des sources d’énergies propres et durables ; pour la justice économique et sociale dans les mesures commerciales ; pour la santé et la protection de l’environnement ; et pour des soins et des prescriptions de santé effectives et sans dangers. http://www.citizen.org

[3] Edition du 7 Mai 2006, Panel Faults Pfizer in ’96 Clinical Trial In Nigeria-Unapproved Drug Tested on Children, un article de Joe Stephens de la redaction. http://www.washingtonpost.com/wp-dy...

[4] Edition du 22 Mai 2003, 2 Paths of Bayer Drug in 80’s : Riskier One Steered Overseas, un article de Walt Bogdanich et Eric Koli

http://query.nytimes.com/gst/fullpa...

http://etienne.chouard.free.fr/Euro...

Sources : Global Research

Posté par Adriana Evangelizt

Mercredi 27 septembre 2006 3 27 /09 /Sep /2006 02:33

Ecrire un commentaire - Par Adriana Evangelizt - Voir les 0 commentaires - Publié dans : LES ORGANISATIONS DANGEREUSES

Voilà donc la deuxième partie de Comment Chomsky a occulté l'influence du lobby pro-israélien sur la politique des Etats-Unis où l'on apprend comment Bush père se trouva en butte avec le dit lobby et clama haut et fort ce qu'il pensa. Ce qui lui coûta bien sûr sa réelection... notons aussi qu'un certain 12 septembre, il convoqua la presse pour dénoncer ce lobby au nom du Peuple Etatsunien et que ce 12 septembre est appelé "jour d'infamie par les sionistes pro-issraélien... le 12 septembre... un jour après le 11... n'est-ce pas étrange ?

Comment Chomsky a occulté l'influence du lobby pro-israélien
sur la politique des États-Unis
 

Bien entendu, le Congrès était prêt, encore une fois, à sauter à travers les cerceaux de dompteur que lui tendait Israël, en dépit de l'opposition du président Bush. Courroucé par l'exigence israélienne et craignant sans doute que l'approbation de ces prêts garantis ne permette à Israël de se retirer de la conférence tout en suscitant l'ire des invités arabes, Bush demanda à Shamir d'ajourner à quatre mois le dépôt de sa demande de prêt garanti, et il conditionna tout éventuel accord au gel des colonies israéliennes.

Arens a rappelé que lorsque Bush a fait savoir qu'il allait exiger un délai, « le sénateur Daniel Inouye (démocrate, Idaho) tint des propos absolument sans équivoque : « J'enfile ma yarmulka : nous allons à la guerre ! » (Ce n'est sans doute pas un pur effet du hasard si son premier emploi rémunéré, après sa démobilisation à la fin de la Seconde Guerre mondiale, avait consisté à vendre… des Bons de l'État d'Israël !).

Shamir refusa tout net, car il savait qu'il l'emporterait sur Bush, si le contentieux venait à être porté devant le Congrès. Le 12 septembre, conscient du fait que l'Aipac s'était assuré suffisamment de votes, aux deux chambres, pour que les prêts garantis soient approuvés et tout veto présidentiel repoussé, et prenant bonne note du fait que « plus d'un millier de juifs états-uniens, représentant plusieurs associations et mobilisés par l'Aipac, s'étaient donné rendez-vous sur la Colline du Capitole afin d'exprimer leur soutien à la mise en œuvre rapide des prêts » [24], Bush eut une réaction inhabituelle : il convoqua une conférence de presse. Ce qui ce passa alors a été décrit de manière saisissante dans l'hebdomadaire Washington Jewish Week [25] :

« Barbara Mikulski, sénatrice du Maryland, chouchou depuis longtemps des démocrates de gauche, et qui venait de promettre son vote en faveur de l'octroi du prêt à un groupe de lobbyistes juifs, faisait une intervention, quand elle fut interrompue par un employé qui lui tendit un petit morceau de papier. ». « Soudain, elle eut le visage défait », écrivit le reporter du Washington Jewish Week. « J'apprends que le président vient de déclarer qu'il s'opposerait à un prêt garanti de cent vingt jours au nom du peuple états-unien », déclara-t-elle. « Le peuple états-unien ! » ; imaginez un peu… : les États-uniens étaient bien les derniers de ceux que l'Aipac et le Congrès voulaient voir pris en compte dans leurs délibérations !…

Comme le dit Arens :

« Bush convoqua en toute hâte une conférence de presse, et il lança un appel télévisé absolument extraordinaire au peuple états-unien. Visiblement en colère, tapant du pied sur l'estrade, il martela que l'insistance d'Israël sur les garanties menaçait non seulement la conférence annoncée [Madrid], mais la paix elle-même. « Un débat (à ce sujet) risque fort de détruire notre capacité à réunir les parties à la table de la paix… Si nécessaire, j'utiliserai mon pouvoir de veto afin d'empêcher cela d'arriver… ». »

Puis le président visa directement le lobby pro-israélien : « Nous sommes en butte à des forces politiques puissantes… à des groupes très puissants et efficaces qui exercent leur influence jusque sur la colline du Capitole », dit-il. « Nous n'avons pincé qu'un petit gars isolé, ici, en train de faire ça… mais je vais me battre pour mes idées. Cela devrait pouvoir être populaire, politiquement. Mais sans doute cela ne l'est pas… La question n'est pas de savoir si cela est bon pour la politique de 1992. Ce qui est important, en la matière, c'est que nous donnions une chance au processus de paix. Et même si je n'obtiens qu'une seule voix, peu m'importe… Je suis persuadé que le peuple états-unien sera à mes côtés. » Puis, élevant la voix, le président dit :

« … Voici seulement quelques mois, des États-uniens portant l'uniforme, hommes et femmes, ont risqué leur vie pour défendre les Israéliens en face des missiles Scuds tirés par les Irakiens et, de fait, la campagne Tempête dans le Désert, tout en remportant une guerre contre l'agression, a également abouti à la défaite du plus dangereux ennemi d'Israël. » Il ajouta aussi que, durant l'année fiscale en cours, « en dépit de nos propres préoccupations économiques, les États-Unis ont fourni à Israël plus de 4 milliards de dollars d'aide, soit près de cent mille dollars pour chaque Israélien, homme, femme ou enfant. » [26]

Jamais un président états-unien ne s'était-il adressé à son peuple avec une telle franchise, et personne ne l'a refait depuis. Des sondages effectués par la suite indiquèrent que les États-uniens soutenaient Bush à trois contre un et que la moitié des répondants étaient opposés à la fourniture à Israël d'une quelconque assistance économique. Deux semaines plus tard, un sondage NBC News / Wall Street Journal montra que si de 58 à 32 % des électeurs états-uniens étaient favorables à l'octroi d'aides à l'URSS et de 55 % à 22 % étaient favorables à des aides à la Pologne, les électeurs opposés à tout soutien économique à Israël étaient entre 46 et 44 %. De plus, 34 % voyaient dans Israël le principal obstacle à la paix dans la région, tandis que les électeurs n'étaient que 33 % à penser cela des pays arabes. [27]

S'il y eut jamais une « fenêtre d'opportunité » pour les militants de la cause palestinienne, ce fut bien à ce moment-là. Mais Chomsky allait la refermer avec beaucoup d'efficacité. Écrivant plusieurs mois après l'appel de Bush, il se montra narquois, au mieux naïf, et il se garda bien de mentionner les sondages :

« Au moment de la confrontation entre les États-Unis et Israël, il a suffi que le président fronce les sourcils pour que le lobby israélien s'effondre, tandis que les principaux journaux qui déviaient rarement de la ligne du Parti israélien commençaient à faire la queue pour publier des articles critiquant les pratiques israéliennes et laissant entendre que leur soutien à Israël n'avait rien d'automatique… Cela non plus n'avait rien pour nous surprendre. Les groupes de pression internes tendent (généralement) à être inopérants à moins qu'ils ne s'alignent sur des éléments significatifs du pouvoir économico-étatique, ou tant qu'ils n'ont pas atteint une taille critique et une intensité qui commandent des gestes visant à les apaiser. Quand l'Aipac plaide pour des politiques que l'exécutif et des secteurs majeurs du monde états-unien des affaires entendent mener à bien, alors il est influent. Mais dès lors qu'il s'oppose au pouvoir réel, largement consensuel, ce lobby a tendance à s'effacer très rapidement. » [28]

La minimisation à laquelle procède Chomsky de la position de Bush, qu'il qualifie de « froncement de sourcils », a été avalisée avec des hochements de tête approbateurs par les dauphins domestiqués du mouvement [de solidarité]. Aux dires de Chomsky, l'Aipac serait devenu en quelque sorte un « tigre de papier » et ce sentiment traversa très vite tous les États-Unis, étant réitérés par le professeur Joel Beinin, de Stanford. Toutefois, ce que la conférence de presse de Bush rendit très clair, c'était l'immense pouvoir exercé par l'Aipac sur le Congrès des États-Unis, à un point tel que celui-ci est prêt à placer les exigences d'Israël – un pays étranger – au-dessus des desiderata d'un président états-unien.

Cela contraignit Bush, après une semaine, sous pression, à prendre des mesures de toute évidence désespérées et sans aucun précédent. Tout en tenant bon, provisoirement, malgré les pressions, il lui fallut moins d'une semaine pour qu'il écrive à la Conférence des Présidents des Grandes Organisations Juives états-uniennes, une large fédération exerçant le lobbying auprès de la Maison-Blanche (et comportant l'Aipac dans ses rangs), exprimant son désarroi devant le constat que certaines de ses remarques aient pu « causer de l'appréhension au sein de la communauté juive… Mes allusions à du lobbying et à de puissantes forces politiques n'entendaient absolument pas être péjoratives, en tout état de cause… » [29]

La réaction de Chomsky à cette série d'événements et sa décision de les effacer de sa version de l'Histoire révèlent bien de quel côté il se situe, dans le conflit israélo-palestinien, quand il est sommé d'effectuer un choix. Plutôt que d'exhorter les militants à profiter de l'énorme fissure ouverte par l'appel dramatique de Bush entre Israël et le peuple états-unien et de suggérer (sinon d'appeler à) une campagne exigeant l'arrêt de toute aide à Israël, Chomsky se chargea du « contrôle des dégâts » pour l'Aipac. Si l'on doit blâmer le mouvement de solidarité pour n'avoir pas saisi l'occasion et pour ne pas avoir agi, malgré les sondages que nous avons vus plus haut, l'influence qu'exerçait Chomsky sur son action fut à l'époque écrasante, et elle l'est encore aujourd'hui.

Bien entendu, l'Aipac n'allait pas plier sa tente et lever le camp comme ça… Au lendemain de la conférence de presse présidentielle, Tom Dine, directeur exécutif du lobby pro-israélien, déclarait : « Le 12 septembre est un jour qui restera, à la postérité, comme un jour d'infamie », après quoi il déclara la guerre au président. Au vu des sondages, tant Israël que l'Aipac étaient d'avis qu'il serait contre-productif de défier le président au Congrès, mais qu'ils attendraient les cent vingt jours. Durant cette période d'attente, on put déceler une augmentation considérable, dans les médias, d'articles critiquant la manière qu'avait Bush d'exercer la présidence, tout particulièrement en matière économique. Les élections de novembre étant en vue, et Yitzhak Rabin ayant succédé à Shamir au poste de Premier ministre en Israël, Bush accepta de garantir les prêts, avec la réserve que les sommes dépensées par Israël dans les territoires occupés soient défalquées du montant total de l'aide. Mais cela ne tira nullement Bush d'affaire. Arens résuma la situation ainsi :

« Bush échoua dans sa tentative d'obtenir un second mandat. Les tentatives répétées déployées par son administration d'interférer dans la politique intérieure israélienne étaient absolument sans précédent dans toute l'histoire des relations entre les États-Unis et Israël… Bien que, durant les mois consécutifs à la défaite du Likoud, Bush ait donné à Rabin tout ce qu'il refusait d'accorder à Shamir, y compris les fameux prêts garantis, il n'est pas parvenu à dissiper l'impression selon laquelle son administration aurait été hostile à Israël. Bill Clinton a battu Bush, aux élections présidentielles. Une grande majorité de la communauté juive états-unienne ainsi que de nombreux non-juifs, partisans acharnés de l'alliance entre les États-Unis et Israël, ne purent se résoudre à voter en faveur de George Bush. Le style de Bush, vis-à-vis d'Israël, proche de la confrontation, et en particulier la suspension des garanties de prêts, avaient contribué à la défaite du Likoud, en dépit de la marge très étroite dont disposait Rabin électoralement ; l'attitude de Bush a fort bien pu s'avérer déterminante. Aujourd'hui, apparemment, cette même politique a contribué aussi à la défaite de Bush lui-même… » [30]

Les lecteurs devraient se demander comment un rapport de première main peut-il coller avec ce que Chomsky a qualifié d' « extrême parti pris pro-israélien de l'administration Bush / Baker », dans une interview accordée à son faire-valoir dévoué, David Barsamian ? [31]

Étant donné l'expérience de leurs prédécesseurs, Bill Clinton et George W. Bush décidèrent apparemment : « si vous ne pouvez pas les vaincre, alors joignez-vous à eux. » Clinton remit entièrement sa diplomatie moyen-orientale entre les mains des lobbyistes pro-israéliens liés au parti travailliste israélien, tandis que Bush fils, après une collision douloureuse et perdante avec le lobby et Ariel Sharon, après ses critiques des agissements israéliens à Djénine, en 2002, permit à un gang de néocons pro-israéliens d'écrire à sa place son script moyen-oriental, ce qui nous valut notamment la guerre en Irak. Il est même allé encore plus loin, s'en remettant à Sharon lui-même, comme l'ont fait observer des sources aussi diverses que Robert Fisk et Brent Scowcroft, conseiller ès sécurité nationale sous George père, Fisk suggérant que Sharon était chargé du « bureau des relations de Bush avec la presse » [32] et Scowcroft, que le Premier ministre israélien avait « galvanisé » George fils [33]. De nos jours, le contrôle exercé par Israël et par ses partisans états-uniens sur la politique des États-Unis au Moyen-Orient semble, en effet, total.

Chery Rubenberg, après avoir étudié dans le détail ce lobby, dans son ouvrage Israel and the American National Interest, concluait ainsi :

« Le pouvoir du lobby pro-israélien sur la détermination et la mise en œuvre de la politique étrangère des États-Unis au Moyen-Orient est devenu un goulot d'étranglement potentiel. Peu importe, désormais, de savoir si les responsables états-uniens élus souscrivent ou non à l'idée qu'Israël soit pour les États-Unis un atout stratégique, ou non. Ce qui importe, en revanche, c'est le fait que le lobby pro-israélien soit en mesure de maintenir la prévalence de cette perception, qui en fait virtuellement une vérité politique échappant à toute discussion et garantit qu'aussi sévèrement compromis les intérêts états-uniens seraient-ils du fait des politiques israéliennes, le gouvernement états-unien n'en persisterait pas moins à apporter son soutien total à Israël. L'efficacité de ce lobby pour influencer le processus électoral et sa capacité de modeler l'opinion publique et d'affecter la culture politique sont des facteurs majeurs dans la formation de cette perception ». [34]

On peut avancer sans risque de se tromper que ce lobby, dans cette mission, n'a pas d'allié plus efficace que Noam Chomsky…


Un pied toujours à Sion

Bien que j'aie appris tout à fait incidemment que Chomsky avait été sioniste de son jeune temps, cela ne me semblait pas très important, dès lors que ses descriptions des injustices accumulées sur les Palestiniens par les Israéliens, détaillées par le menu dans le Triangle Fatal et dans d'autres de ses ouvrages, exposaient des milliers de nouveaux lecteurs et de militants en puissance aux horreurs du sionisme. Ce qui était étonnant, en revanche, c'était la raison pour laquelle, à la même époque, il couvrait les agissements du lobby pro-israélien.

Tout en faisant des recherches en vue de la rédaction du présent article, je pense que j'ai trouvé la réponse. En 1974, Chomsky a écrit un petit opuscule, Peace in the Middle-East (La Paix au Moyen-Orient), qui renferme beaucoup de réponses à cette énigme. Mais le paragraphe ci-après liait ensemble toutes ces réponses. Chomsky écrivait, en effet :

« … quelques années après [la création d'Israël], je passai plusieurs mois emplis de bonheur à travailler dans un kibboutz, et j'ai pensé retourner y vivre définitivement pendant plusieurs années. Certains de mes amis les plus proches, dont plusieurs avaient exercé une influence indéniable sur ma propre pensée, au fil des années, vivent aujourd'hui dans des kibboutzim, ou ailleurs en Israël et je conserve avec eux des relations étroites qui échappent pratiquement à toute attitude ou à tout jugement de nature politique. Je mentionne tout ceci afin d'indiquer très clairement que je vois inévitablement ce conflit, qui s'éternise, d'un point de vue très particulier, coloré par ces relations personnelles. Sans doute, cette histoire personnelle a-t-elle tendance à déformer ma perspective. A toutes fins, [j'en informe] le lecteur, [qui] doit en avoir la notion. » [35]

Bien que Peace in the Middle-East ait été réédité en 2003, en première partie d'un énième bouquin de Chomsky, Middle-East Illusions, il est loisible de s'interroger sur le nombre des admirateurs de Chomsky qui connaissent ce « détail » de son passé. On trouvait une allusion à la jeunesse sioniste de Chomsky dans l'interview de Safundi citée plus haut, et ceci semblait justifier sa détermination à vouloir protéger Israël (un pays envers lequel il nourrit manifestement une grande affection), contre toute sanction, en dépit de ses exactions. Voici ce que déclarait Chomsky lors de sa dernière interview :

« J'ai été impliqué dans cela [= le sionisme, ndt] depuis mon enfance, dans les années 1930. J'appartenais au mouvement sioniste. En fait, j'étais un dirigeant des jeunesses sionistes. Mais j'étais contre l'idée d'un État juif, qui faisait partie du programme du mouvement sioniste, à l'époque. Ce n'était pas le principal de ce programme, mais cela était considéré comme faisant partie d'un tout… Ainsi, j'ai pu être un dirigeant militant des jeunesses sionistes – chose qui importait plus que tout, pour moi, durant mon adolescence – mais je demeurai opposé à la création d'un État juif, jusqu'en 1948. » [36]

À la lecture de Peace in the Middle-East et de ses derniers écrits, ce qui apparaît nettement, c'est la vision des pionniers sionistes, naïve et romantique, qui était celle de Chomsky, et sa croyance sincère que les dirigeants du Yishouv juif (colonie juive) en Palestine – en dépit d'innombrables preuves du contraire – auraient été sincèrement intéressés par un partage pacifique des terres avec les Arabes palestiniens (qu'ils étaient néanmoins déjà en train de déposséder) et qu'ils n'auraient opté pour un État qu'en 1942, à la veille du déclenchement de l'Holocauste nazi. Voici de quelle manière il présente cette argumentation, dans son ouvrage Towards a New Cold War [Vers une nouvelle Guerre froide] :

« Il est important de rappeler que durant la période ayant précédé la Deuxième Guerre mondiale, les dirigeants sionistes (en particulier ceux qui étaient liés au parti travailliste, dominant dans le Yishouv palestinien) étaient véhémentement opposés à l'idée d'un État juif, « qui signifierait en fin de compte une domination juive sur les Arabes, en Palestine », sur la base du principe selon lequel « la domination d'un groupe national sur un autre » est illégitime et que les « Arabes de Palestine » ont le droit de ne pas se trouver à la merci des juifs. » [37]

Il faut se reporter aux notes de bas de pages, pour trouver que l'orateur cité n'était autre que David Ben Gourion, lequel demeure un personnage admirable dans le Panthéon de Chomsky. Ce que Chomsky n'a pas mentionné, en revanche, c'est le fait qu'en 1931, à l'époque où Ben Gourion fit ce commentaire, les juifs vivant en Palestine n'étaient qu'au nombre de 172 300 personnes, soit 18 % de la population totale, à opposer à 784 891 Arabes, et qu'ils ne possédaient que 1 201 529 dounoms, soit 4,6 % de la superficie du pays… [38]

Ces circonstances étant connues, le fait que Ben Gourion et d'autres dirigeants sionistes aient dit ce qu'ils ont dit à l'époque ne devrait surprendre personne. En effet, ils préféraient, comme ils n'ont cessé de le faire depuis lors, « créer des faits accomplis sur le terrain. » Dans la citation de Chomsky rapportée ci-dessus, le mot « publiquement » [au sens de : pour la galerie, ndt] aurait été plus indiqué que « véhémentement ». C'était là également l'opinion du leader sioniste aujourd'hui disparu Nahum Goldmann, que Chomsky cite, mais en mettant en doute « l'exactitude de son interprétation, tant d'années après les faits et après qu'un État juif ait, de fait, été institué. » Goldmann, qui allait par la suite créer le Congrès Juif Mondial, se trouvait bel et bien en Palestine, dans les années 1930, il y participait aux discussions et débats. Dans son autobiographie, il fait remarquer que le silence observé par les sionistes quant à leurs intentions de créer un Etat juif – remontant aux années 1920 – était un silence purement tactique. Mais Chomsky ne croit que ce qu'il veut bien croire. Et, aussi, nous faire croire… [39]

Il faut poser la question à ceux qui soutiennent la position de Chomsky, par opposition à celle de Goldmann (et de la majorité des observateurs, à l'époque), de savoir si les sionistes, tant majoritaires que révisionnistes, dépensaient toute cette énergie, tout cet argent et toute cette pression politique, depuis tant d'années, avant la Deuxième Guerre mondiale, à la seule fin de NE PAS créer d'État juif ? ! ?

J'ai noté ci-dessus la critique faite par Chomsky de l'approbation par le Conseil de Sécurité de l'Onu de la Résolution 242, en 1967, qu'il rejette en raison de son « rejectionnisme ». Sa propre pensée, à l'époque, toutefois, révélait clairement ses affinités et ses préoccupations pour Israël, qui informaient ses pensées à l'époque, comme elles continuent d'ailleurs à le faire, aujourd'hui. Dans Peace in the Middle East, il révèle qu'

« à l'époque de la guerre des Six jours, en juin 1967, j'ai pensé personnellement que la menace de génocide était réelle, et j'ai réagi par un soutien virtuellement inconditionnel à Israël, dans ce qui semblait être des circonstances historiques désespérées. Rétrospectivement, il semble que cette évaluation des faits était douteuse, dans le meilleur des cas. » [40]

C'était là, de la part de Chomsky, une expression honnête de son affection pour Israël et une exceptionnelle reconnaissance d'une de ses erreurs. Apparemment, ce fut aussi la dernière ! Étant donné ce contexte, d'autres déclarations douteuses de Chomsky, notamment dans sa fameuse interview sud-africaine, deviennent compréhensibles. Alors qu'on lui demandait d'expliciter la différence entre Israël avant la création de l'État et Israël après la création de l'État, il répondait :

« La période post-1967 est différente. Le concept de colonisation de peuplement s'appliquerait plutôt à la période d'après 1948. Il s'agit tout simplement d'une population venue d'ailleurs, qui vient fondamentalement déposséder une population indigène… Sans entrer dans les détails, en ce qui concerne 1948, cet argument est dépassé. Il y avait [désormais] un État, que cela soit juste ou non. Et cet État devait disposer des droits de tout État dans le système international, ni plus, ni moins. Après 1967, [en revanche] la situation est entièrement différente. Là, il y a conquête militaire. » [41]

Ce que Chomsky semble dire ici aux Palestiniens, après 1948, c'est : « Il va falloir vous y faire ! »

S'agit-il simplement d'une mauvaise interprétation ?

L'apartheid en Afrique du Sud n'aurait-il pas pu être défendu, lui aussi, sur la base des mêmes principes ? Et que fut la guerre de 1948,en Israël, sinon une conquête militaire ? Israël s'est emparé non seulement de la zone qui lui était allouée par les Nations unies, mais aussi de la plus grande partie de ce qui aurait dû devenir l'État palestinien, si les Palestiniens avaient accepté le partage.

En définitive, comment l'idéal qui est celui de Chomsky, d'un foyer national juif en Palestine, aurait-il pu être réalisé autrement que grâce au colonialisme de peuplement ? Ce sont là quelques-unes seulement, parmi les nombreuses questions qui requièrent une réponse, de la part de Chomsky.


Conclusion provisoire

Par ces quelques pages, j'ai entrepris ce qui aboutira, idéalement, à une évaluation critique plus détaillée des œuvres de Chomsky. Il s'agira non pas d'un exercice purement académique, mais d'un instrument permettant de dynamiser ce qui fut un mouvement très largement inopérant, en ce qui concerne le combat en vue de la justice en Israël / Palestine, dont les fantassins s'en sont remis à Chomsky afin d'être guidés par lui. J'ai conscience du fait que ce que j'ai écrit va déranger ceux qui lui ont accordé un statut de quasi-divinité, comme cela irritera d'autres, qui ont laissé leur amitié pour Chomsky leur intimer le silence sur ses échecs, même quand ils en étaient conscients.

Telle était bien mon intention !

Plutôt que des réponses sous forme d'attaques personnelles, je souhaiterais que les questions soulevées ici soient examinées pour elles-mêmes.

Que le débat commence !

Notes :

23] Ibid., p. 72.

[24] Ibid., p. 246.

[25] Washington Jewish Week, Sep. 19, 1991.

[26] Arens, op. cit., p. 246-247.

[27] Ginsberg, op. cit., p. 220.

[28] Z Magazine, Dec., 1991…

[29] New York Times, Sep. 20, 1991, cited by Ginsberg, op. cit, p. 221.

[30] Arens, op.cit., p. 301-302.

[31] The Progressive, January 21, 1993.

[32] The Independent, June 26, 2002.

[33] Washington Post, Oct. 16, 2004.

[34] Rubenberg, op. cit., p. 375.

[35] Peace in the Middle East, p.51.

[36] Safundi, Znet, op. cit..

[37] Towards a New Cold War, p. 259.

[38] John Chapple, Jewish Land Settlement in Palestine (non publié) 1964, cité par Walid Khalidi, From Haven to Conquest, Institute of Palestine Studies, Beirut, 1971, Appendix 1.

[39] Towards a New Cold War, p. 259.

[40] Peace in the Middle East, p. 124.

[41] Safundi, Znet, op. cit.

Jeffrey Blankfort est un journaliste juif états-unien, co-fondateur du Labor Committee of the Middle East. Ancien directeur du Middle East Labor Bulletin. 

Traduit de l'anglais par Marcel Charbonnier.


http://www.voltairenet.org/fr


Sources : Réseau Voltaire

Posté par Adriana Evangelizt

Mardi 29 août 2006 2 29 /08 /Août /2006 12:33

Ecrire un commentaire - Par Adriana Evangelizt - Voir les 0 commentaires - Publié dans : LES ORGANISATIONS DANGEREUSES

Comment Chomsky a occulté l’influence du lobby pro-israélien

sur la politique des États-Unis

par Jeffrey Blankfort

Journaliste juif états-unien, co-fondateur du Labor

Pour consulter la première partie de cette étude : cliquez ici: « Le contrôle des dégâts : Noam Chomsky et le conflit israélo-israélien »
Pour la seconde,
cliquez ici : « Contrairement aux théories de Chomsky, les États-Unis n'ont aucun intérêt à soutenir Israël »

Dans cette dernière partie de son étude de l'œuvre de Noam Chomsky, Jeffrey Blankfort montre comment le maître a volontairement occulté le rôle de l'AIPAC. Ce puissant lobby mobilise la communauté juive états-unienne pour faire pression sur le Congrès et obtenir un soutien sans faille à Israël, souvent au détriment des intérêts nationaux états-uniens.


S'il est des constantes à Washington, ce sont bien l'ascendant de l'Aipac sur le Congrès et le pouvoir combiné des deux cités sur la Maison-Blanche, quand il est question du Moyen-Orient. Même si ce lobby et ses laquais du pouvoir législatif ne remportent pas absolument toutes les batailles, ils finissent par être victorieux dans toutes les guerres, comme en attestent les trois ex-présidents encore de ce monde Gerald Ford, Jimmy Carter et George Bush père, qui finirent grands perdants aux élections.

Fondée en 1959, d'année en année, cette organisation prend de l'ampleur et gagne en puissance. Basée à Washington, avec des bureaux dans l'ensemble des États-Unis, avec ses 85 000 membres gonflés à bloc, un personnel de 165 personnes et un budget annuel de 33,4 millions de dollars [1], l'Aipac est le pinacle d'un ensemble massif d'organisations sionistes et de Comités d'action politique [les PACs – Political Action Committees] partout dans le pays, allant du national au local, voués à la pérennisation du statut privilégié dont Israël jouit dans la capitale fédérale.

Israël ne se fait certes plus aucun souci à propos de la Maison-Blanche. Mais, par le passé, Ford, Carter et Bush père avaient publiquement défié les aspirations territoriales d'Israël et ils s'étaient mis ce lobby à dos à de nombreuses occasions. Ceci n'apparaît pratiquement pas dans les écrits de Chomsky. En lieu et place, celui-ci voudrait nous faire croire que ces présidents, comme leurs prédécesseurs, soutenaient la construction de colonies par Israël ainsi que les efforts de ce pays visant à intégrer les territoires au sien propre. Toutes les archives historiques apportent la preuve du contraire. Mais cela n'empêche nullement Chomsky d'écrire :

« Bien que les faits les plus importants soient absents des commentaires consensuels, et souvent ignorés ou déformés, y compris dans des publications de recherche, ils ne sont pas controversés. Ils fournissent la base indispensable pour toute compréhension sérieuse de ce qui est en train de se passer actuellement. » [2]

La plus grande partie de ce que Chomsky nous décrit comme ne faisant pas l'objet de controverse s'avère être controversé, et comment ! Particulièrement en ce qui concerne les relations entre Israël et la Maison-Blanche. Le chercheur israélien respecté, militant des droits de l'homme, le regretté professeur Israël Shahak, avait fait observer que l'analyse de Chomsky souffre de

« sa tendance indéniable à diaboliser la présidence états-unienne, et l'exécutif états-unien de manière générale, tout en ignorant le pouvoir législatif ; mais aussi de sa tendance – très fâcheuse, à mon humble avis – à présumer que non seulement les principes, mais littéralement tout ce qui concernait l'impérialisme états-uniens, avait été exposé voici bien longtemps, en 1944, ou à peu près, et que, depuis lors, la politique, pour ainsi dire, cela se résumait à exécuter les instructions reçues d'un ordinateur…

C'est là ignorer non seulement le facteur humain, aux États-Unis mêmes, mais aussi la nature complètement différente des ennemis et des victimes des États-Unis au cours des dernières décennies. Il ne saurait exister aucun doute, à mon avis, sur le fait que les politiques actuelles menées par les États-Unis sont complexes, même quand elles sont mauvaises et influencées, comme dans le cas de tous les autres pays, par de nombreux facteurs, dont font partie et l'Aipac et la connerie humaine (à laquelle Chomsky ne fait jamais la moindre allusion…) »

Enfin, citons ce paragraphe, particulièrement pénétrant :

« Mais de telles théories simplistes, fondées sur sa mémoire et sur sa capacité à sélectionner des exemples épars (remontant parfois très loin dans le passé, comme son exemple fétiche à propos d'Eisenhower, tout en ignorant tout de ce qui a bien pu se passer depuis 1967) sont susceptibles de séduire des jeunes en quête de certitudes, et aussi tous ceux qui ne veulent pas s'engager dans un véritable travail de recherche et qui trouvent un palliatif dans un étalage d'émotions indécent et futile ». [3]

Après avoir entendu de quelle manière Chomsky avait répondu à une question à l'issue d'un discours qu'il avait prononcé à Berkeley, au moment de la montée en charge de la première guerre du Golfe, j'avais écrit à Shahak. Une personne, dans l'assistance, voulait savoir ce que Chomsky pensait du rôle joué par l'Aipac dans cette guerre et ce qu'il pensait du lobby, de manière générale. Comme prévu, Chomsky s'était montré plein d'indulgence.

« Personnellement, je ne pense pas que l'Aipac ait joué un bien grand rôle dans tout ceci. De fait, j'ai l'impression – encore une fois, je m'exprime ici à titre personnel – qu'on exagère énormément le rôle du lobby israélien, de manière générale. C'est une question d'appréciation. Il ne s'agit pas simplement d'une question de faits, d'une question objective. A mon avis, si le lobby israélien a l'influence qui est la sienne, c'est dans une large mesure parce qu'il se trouve qu'il coïncide avec certains secteurs puissants du pouvoir américain, sur le plan intérieur. » [4]

Néanmoins, le commentaire de Chomsky mentionnait que « l'Aipac (était) largement crédité d'avoir joué un rôle essentiel dans la conquête des votes requis au Sénat pour donner une majorité au Président Bush. En raison de l'extrême sensibilité [de l'opinion publique] pour cette question, l'Aipac était particulièrement désireuse de camoufler son rôle, afin d'éviter de fournir des preuves étayant l'accusation… selon laquelle la guerre du Golfe persique a[urait] été déclenchée à l'instigation des juifs, aux fins de protéger Israël » [5] « Pour déguiser ce rôle », a indiqué le journaliste Larry Cohler du Washington Jewish Week, « l'Aipac avait fait en sorte que des sénateurs juifs très en vue votent contre la guerre, tout en déployant un lobbying interne auprès de sénateurs non-juifs d'États à la faible population juive, afin de les inciter à voter cette guerre… Le fait que Saddam Hussein n'ait pas été évincé du pouvoir à l'époque avait suscité des critiques très acerbes des néocons juifs de premier rang, ainsi que (sur un registre plus modéré) de l'Aipac. Durant toute la présidence Clinton, ils allaient faire plus pressantes leurs exigences d'un changement de régime en Irak et, sous Bush Junior, ils furent en mesure d'obtenir que cette mission soit menée à bien [6] ».

L'aspect le plus troublant, dans la réponse de Chomsky était toutefois sa minimisation du rôle du lobby pro-israélien. Étant donné que la plupart des observateurs politiques considèrent que les élus politiques, virtuellement à tous les niveaux, représentent à un degré ou à un autre les principaux financeurs de leurs campagnes électorales (semblables en cela aux avocats d'affaires représentant des grandes entreprises) – qui plus est, l'Aipac est un champion incontesté dans ce domaine – la réponse de Chomsky était, dans le meilleur des cas, malhonnête.

De manière prédictible, il s'attira les applaudissements nourris des partisans d'Israël, trop heureux d'avoir obtenu que le distingué chercheur absolve les organisations juives états-uniennes de toute responsabilité dans ce que leurs coreligionnaires étaient en train de faire subir aux Palestiniens ou encore dans les activités de ce lobby en soutien à la première guerre contre l'Irak. Je décidai de faire part de mes impressions au professeur Shahak. Voici sa réponse, très franche :

« Comme vous, actuellement, j'ai eu, moi aussi, les mêmes divergences de vue, par le passé – en plus grave, toutefois – avec Chomsky, qui est un ami personnel depuis pas mal de temps, au sujet de l'Aipac et de l'influence du lobby juif de manière générale. De surcroît, un certain nombre de nos amis communs ont essayé, eux aussi, de le faire changer d'avis, en vain, sur cette question.

Je crains qu'en dépit de toutes ses merveilleuses qualités et du travail considérable qui est le sien, Chomsky ne soit en réalité tout à fait dogmatique sur pas mal de points. Je ne doute pas un seul instant que son erreur rédhibitoire au sujet du « peu de poids » de l'Aipac – erreur qu'il réitère très souvent – a pour effet d'aider considérablement les sionistes, comme vous l'avez vous-même montré d'une manière particulièrement saisissante. » [7]

Au moins, je découvrais que je n'étais pas seul, dans mon jugement sur Chomsky. Sa position a été du pain béni pour l'Aipac, et elle a énormément bénéficié à la position d'Israël aux États-Unis. De fait, comme je l'ai indiqué plus haut, Chomsky n'a jamais daigné désigner par son nom l'organisation en question dans l'un quelconque des ouvrages (pourtant nombreux) qu'il a consacrés au Moyen-Orient. En détournant les militants de la confrontation avec les politiciens libéraux que ce lobby tient sous son contrôle et en blâmant le locataire de la Maison-Blanche au sujet des agissements d'Israël, Chomsky s'est indubitablement chargé du « contrôle des dégâts » de l'Aipac, à sa place et à son profit…

Le regretté professeur Edward Saïd – un autre de mes amis, admirateur de Chomsky – n'a d'ailleurs pas mâché ses mots, à ce sujet. Dans sa contribution à l'ouvrage collectif The New Intifada, à juste titre intitulée « America's Last Taboo » [Le dernier tabou de l'Amérique], il écrivait :

« Qu'est-ce qui explique la situation présente ? La réponse se trouve dans l'influence des organisations sionistes sur la politique états-unienne, dont le rôle, tout au long du « processus » dit « de paix » n'a jamais été suffisamment étudié. C'est là une négligence absolument stupéfiante, quand on sait que la politique de l'OLP a consisté essentiellement à remettre notre sort, en tant que peuple [Edward Saïd était Palestinien, ndt] entre les mains des États-Unis, sans avoir la conscience minimale de la manière dont la politique états-unienne est dominée par une infime minorité de gens dont les opinions sur le Moyen-Orient sont, à bien des égards, encore plus extrémistes que celles du Likoud lui-même ! » [8]

Et, au sujet de l'Aipac, Saïd, toujours :

« L'Aipac [American Israel Public Affairs Committee] est, depuis des années, le lobby le plus puissant, dans l'absolu, aux États-Unis. Pouvant compter sur une population juive bien organisée, bien introduite, fortement visible et opulente, l'Aipac inspire crainte et respect d'une extrémité à l'autre du spectre politique états-unien. Qui serait prêt à tenir tête à ce Moloch pour défendre des Palestiniens qui n'ont absolument rien à offrir en échange, alors même que l'Aipac est en mesure de briser votre carrière professionnelle simplement en refermant son carnet de chèques ? Par le passé, un ou deux membres du Congrès lui ont effectivement résisté ouvertement. Mais plusieurs Comités d'action politique chapeautés par l'Aipac ont veillé à ce qu'ils ne soient jamais réélus… Si telle est la situation au sein du pouvoir législatif, je vous laisse deviner ce qu'il en est, dans l'exécutif ! » [9]

Pour ceux qui obtempèrent au lobby pro-israélien, le carnet de chèques est ouvert en permanence. Ainsi, en 2002, l'Israélo-États-unien Chaim Saban faisait un don de 12,3 millions de dollars au Parti démocrate, sans que personne, pratiquement, ne le remarque. Comparez ce qui précède au tollé médiatique soulevé par le don de la société pétrolière Exxon, d'un montant de 10 millions de dollars, au Parti républicain, qui plus est sur une période de six années ! De plus, selon le site ouèbe de la revue Mother Jones, près de cent vingt (sur les deux cents cinquante) plus gros donateurs des élections de l'an 2000 étaient juifs. A Washington, on évoque d'ailleurs un lobby israélien de l'argent…

Le Professeur Juan Cole, de l'Université du Michigan, a tiré la sonnette d'alarme au sujet de l'Aipac, avec une égale vigueur, relevant une information donnée par la chaîne télévisée CNN, selon laquelle l'Aipac « tient annuellement deux mille rencontres avec des sénateurs et des membres du Congrès des États-Unis, ce qui aboutit à l'adoption, en moyenne, d'une centaine de textes de loi, chaque année ! » Plus loin, il écrit :

« Certains lecteurs ont suggéré l'idée que j'aurais exagéré l'ascendant de l'Aipac sur le Congrès. Mais je connais personnellement des sénateurs et des représentants qui ont peur de parler des affaires israéliennes en raison de la réputation non surfaite qu'a l'Aipac de cibler les parlementaires audacieux, afin de leur faire perdre les élections. C'est là d'ailleurs quelque chose d'aisément vérifiable. Examinez le journal officiel des débats au Congrès. A-t-on jamais vu, dans cette assemblée, un seul discours critiquant la politique israélienne, prononcé par un sénateur ou un représentant qui aurait remporté les élections suivantes ? Et examinez les débats de n'importe quel parlement, où que ce soit dans le monde : des critiques de cette nature sont formulées absolument partout, sauf aux États-Unis ! Le Congrès états-unien est tenu en otage par une organisation de lobbying monomaniaque qui, le plus souvent, fait passer les intérêts d'Israël avant ceux des États-Unis… » [10]

Vingt ans auparavant – soit bien avant l'émergence du facteur chrétien sioniste – Seth Tillman faisait déjà observer que

« Les présidents états-uniens ont toujours cherché à éviter la confrontation directe avec Israël ou avec ses partenaires acharnés aux États-Unis, à cause de la terrible controverse intérieure qu'un tel affrontement n'aurait pas manqué d'engendrer, à cause du capital politique exorbitant qu'il aurait fallu dépenser dans une telle bataille, au détriment des autres objectifs, tant intérieurs qu'extérieurs, d'une administration états-unienne donnée et à cause, enfin, de l'incertitude qu'un président donné finirait par l'emporter, dans un tel duel intérieur, quand bien même recourrait-il à tous les pouvoirs que lui confère sa fonction de président, dans les domaines politiques et pédagogiques… » [11]

À la différence d'autres lobbies nationaux, l'Aipac n'a pas de rivaux potentiellement dangereux pour lui : les organisations arabo-états-unienne de Washington – l'American-Arab Anti-Discrimination Committee (ADC) et l'Arab-American Institute (ADI) – étant toutes deux à la fois trop petites et trop timides pour faire face ne serait-ce qu'à leur propre ombre… Ce qui confère au lobby pro-israélien sa force légendaire, en sus de ses grandes compétences organisationnelles, c'est le fait que ses membres sont intimement liés à des organisations, à des fédérations et à des conseils de relations publiques juifs dans l'ensemble des États-Unis, ainsi qu'aux responsables des principaux syndicats et enfin, depuis quelques années, au mouvement chrétien évangélique, qui prend de l'ampleur et apporte à Israël un soutien sans précédent historique dans des circonscriptions généralement tenues par des Républicains de droite. Il est remarquable qu'il ait fallu attendre que les chrétiens sionistes soient entrés en lice pour que Chomsky et ses acolytes, en particulier les professeurs Stephen Zune et Joel Beinin, ainsi que Phyllis Bennis, de l'Institut des études (des politiques) publiques, commençassent à parler de ce « lobby », en suggérant l'idée que les évangéliques en auraient représenté, dès lors, la composante la plus puissante. Le sous-titrage (ou le décodage) aurait été que ces chrétiens sionistes étaient particulièrement bienvenus, puisqu'ils détournaient l'attention de l'opinion publique loin de l'Aipac…

Les seuls à mener un combat héroïque contre l'Aipac furent les membres du Conseil de l'Intérêt National [CNI : Council for National Interest], composé d'anciens diplomates du département d'Etat et des ambassades, ayant une expérience du Moyen-Orient, d'ex-membres du Congrès, tel Paul Findley et Pete McCloskey, dont les critiques d'Israël et le soutien des droits des Palestiniens eurent pour conséquence qu'ils furent pris dans le collimateur de l'Aipac, qui bien sûr s'employa à leur faire perdre les élections… Les anciens hauts fonctionnaires sont dédaigneusement qualifiés d' « arabisants » par les partisans d'Israël et les amis de ce pays dans les médias, comme pour inférer l'idée que leur expérience vécue au Moyen-Orient aurait en quelque sorte gravement compromis leur patriotisme ! Dans la pratique, ce terme a fini par devenir un euphémisme utilisé en lieu et place d' « antisémitisme ». Mais, à l'occasion, leurs détracteurs juifs ne se soucient même plus de recourir à l'euphémisme !

La position du CNI consiste tout simplement à dire que le soutien prodigué par Washington à la politique israélienne d'occupation et d'expansion ne sert pas les intérêts des États-Unis…

Les effets d'une accusation d' « antisémitisme » sont à nuls autres pareils. Etre ainsi stigmatisé a amené des personnages publics aussi divers et puissants que le révérend Billy Graham ou l'acteur Marlon Brando à présenter leurs plates excuses, à genoux et les larmes aux yeux.

Les associations palestiniennes aux États-Unis optent pour la solution de facilité : elles marchent dans les brisées de Chomsky… Malheureusement, elles le font avec tellement de zèle que la question de l'Aipac et du lobby pro-israélien n'est jamais évoquée ni a fortiori débattue lors des conférences qu'elles organisent. C'est dû, aussi, en partie à leur affiliation à diverses organisations politiques dirigées par des juifs antisionistes autoproclamés, lesquels, redoutant eux-mêmes par-dessus tout de provoquer de l'antisémitisme, préfèrent rejeter tous les torts sur l' « impérialisme américain » : une cible certes lointaine, mais, on le reconnaîtra volontiers, tellement moins dangereuse !

Aucun événement ne fournit une compréhension aussi profonde du pouvoir de l'Aipac que la bataille perdue par le président Gerald Ford face à Israël et à son lobby, en 1975, qui est l'un des principaux faits marquants dans l'histoire des relations états-uno-israéliennes. En 1982, Chomsky ne lui consacrait que trois lignes. Et plus un seul mot, depuis lors [12].

Cette confrontation impliqua Ford et le secrétaire d'État Henry Kissinger, d'un côté, et Israël et l'Aipac de l'autre. Voici le récit qu'en fit Seth Tillman :

« Parmi les nombreux trophées de victoire remportés [par le lobby pro-israélien] sur l'arène du pouvoir législatif, un des plus remarquables et importants quant à ses conséquences fut la « lettre des cinquante-six » adressée au président Ford par un certain nombre de sénateurs, le 21 mai 1975. À la suite de l'effondrement, en mars, de la première tournée de « diplomatie des petits pas » du secrétaire d'État Kissinger préparant un deuxième accord de désengagement du Sinaï [faisant suite à la guerre d'octobre 1973], c'est un secrétaire d'État en colère et frustré qui annonça une « réévaluation » de la politique états-unienne au Moyen-Orient : l'Administration Ford ajournerait la livraison de certaines armes à Israël et suspendrait des négociations en vue d'une assistance financière et militaire en suspens, comportant notamment le nouvel avion de chasse F-15.

Durant la réévaluation de cette politique, la plupart des experts, appartenant au sérail gouvernemental, ainsi que d'autres, recrutés à l'extérieur, parvenaient à un quasi-consensus en faveur de l'appel des États-Unis à un règlement fondé sur le retrait d'Israël jusqu'à ses frontières de 1967 (avec des modifications marginales), couplé à de fortes garanties pour la sécurité israélienne… Les conseillers de Kissinger envisageaient un appel lancé au peuple états-unien par le président Ford, et télévisé dans tous les États-Unis, déclinant les sujets fondamentaux relevant des intérêts nationaux états-uniens au Moyen-Orient, puis justifiant le retrait israélien, sur ces bases, en échange de garanties. » [13]

L'administration ayant jeté le gant, l'Aipac entra en action. Après trois semaine d'un intense lobbying, 76 sénateurs signaient une lettre adressée à Ford réaffirmant le rôle de barrière (face à l'influence soviétique au Moyen-Orient) propre à Israël et avertissant

« que priver Israël de certains équipements militaires équivaudrait à donner un satisfecit dangereux et décourageant pour Israël à ses voisins, qui ne pourrait que les encourager à recourir à la force. Dans les prochaines semaines, le Congrès attendra vos demandes d'aide étrangère au titre de l'exercice fiscal 1976. Nous sommes persuadés que vos recommandations répondront aux besoins les plus urgents d'Israël, tant militaires qu'économiques. Nous vous exhortons à dire clairement, comme nous le faisons, que les États-Unis, agissant au nom de leurs propres intérêts nationaux, se tiennent fermement aux côtés d'Israël dans la recherche de la paix grâce à de futures négociations et que ce préalable constitue la base de la réévaluation actuelle de la politique des États-Unis au Moyen-Orient. » [14]

Ceci mit effectivement un terme au projet de « réévaluation » du gouvernement, lequel projet, couplé avec le pardon qu'il accorda à Nixon, eut raison des espoirs de réélection de Ford, en 1976.

« Tout document », observa Stephen Spiegel (de l'Université Californienne de Los Angeles) « portant à la fois les signatures de sénateurs aussi disparates que Teddy Kennedy et Barry Goldwater, Frank Church et Paul Laxalt, Walter Mondale et Strom Thurmond, ne pouvait qu'être une motion de défiance pour la diplomatie moyen-orientale de l'administration états-unienne. » [15] La prise de conscience du fait que l'Aipac était capable d'obtenir qu'un groupe aussi disparate de sénateurs signent une lettre à tout instant n'échappa pas aux futurs présidents états-uniens. Mais, comme nous le verrons, c'est néanmoins encore une fois la sous-estimation de la puissance du lobby pro-israélien qui allait aboutir à l'éjection du tandem Bush / James Baker, quinze ans plus tard. (C'est toujours le cas aujourd'hui. Seuls les noms ont changé. Il n'existe aucune autre question capable de faire que des Démocrates libéraux et des Républicains les plus à droite qui soient s'étreignent mutuellement et cela, grâce aux efforts signalés de Chomsky, qui s'en tire en n'ayant aucun prix à payer pour les pots cassés.)

Évaluant l' « Impact du Congrès sur la politique des États-Unis vis-à-vis d'Israël » (une étude exhaustive de cette question, portant sur cette même période), son auteur, Marvin Feuerwerger, concluait ainsi :

« Le Congrès a joué un rôle clé dans la définition du cours des relations états-uno-israélienne durant la période 1969-1976… Par moment, le Congrès semblait vouloir exercer son autorité en bloquant des mesures envisagées par l'Administration [= l'exécutif, ndt], mais le Congrès considérait alors que cela aurait pour effet de mettre en danger la sécurité d'Israël. Ce volontarisme a contribué à maintenir la politique des États-Unis à l'intérieur de certaines limites pro-israéliennes… [référence à la lettre des sénateurs à Ford] et il a contraint la branche exécutive à abandonner l'option consistant à imposer un règlement au Moyen-Orient qu'Israël considérait comme potentiellement dommageable pour sa sécurité. De même, les activités du Congrès et du groupe de pression Aipac, en réponse au plan Rogers de 1969 ‘garantit virtuellement qu'aucune initiative pro-arabe ne puisse être envisagée, à l'avenir' par l'administration Nixon. » [16]

Si l'ignorance délibérée de Chomsky pour la bataille perdue par l'administration Bush père face à l'Aipac est inexcusable, il en va de même pour sa narration révisionniste des relations entre George Bush père et Israël. Quand bien même une évaluation générale de la carrière politique de celui-ci aurait dû l'amener dans le box des accusés en qualité de criminel de guerre, sa confrontation avec le lobby pro-israélien a été un des rares points positifs, aux yeux des opposants à l'alliance quasi fusionnelle entre les États-Unis et Israël. Mais cette opposition courageuse lui a sans doute coûté sa réélection…

Bien qu'il soit généralement admis, tant en Israël qu'au sein de la communauté juive états-unienne, que l'administration Bush père fut la plus inamicale envers Israël depuis la création de ce pays, Chomsky, d'une manière tout à fait incroyable, soutient le contraire :

« Il existe une illusion », écrit-il, « consistant à croire que la première administration Bush aurait adopté une position très ferme face à Israël. C'est plutôt le contraire qui est vrai… » Chomsky se fonde, pour affirmer ceci, sur la « position officielle de l'administration en décembre 1989 (plan Baker), qui reprenait sans aucune restriction le plan proposé en mai 1989 par le gouvernement israélien de coalition Peres - Shamir, lequel déclarait qu'il ne saurait exister d'État palestinien, ni y avoir un quelconque changement dans le statu quo des territoires occupés, ni de négociation avec l'OLP ». [17]

Chomsky s'est plaint de ce que cette information ait été mal rapportée par la presse, car ce qu'on y lit, c'est que « Baker aurait fortement réitéré le soutien des États-Unis à ‘un retrait total des Territoires, en échange de relations pacifiques', alors qu'il accordait en douce un soutien décisif à des programmes visant à faire en sorte que rien de tel ne se produise. » Non seulement les archives historiques ne corroborent pas l'avis de Chomsky, mais il s'agit là d'un énième de ces exemples typiques où Chomsky « examine une poignée de témoignages, jusqu'à ce qu'il en trouve un qui colle avec son idée prédéterminée de la vérité telle qu'il voudrait qu'elle soit… Il collecte de manière sélective des « preuves » qui confirment sa théorie et tout le reste, il l'ignore… » Dans le cas d'espèce, ce « reste » était massif, et provenait en grande partie de l'ancien ministre israélien des Affaires étrangères, Moshe Arens, dont le livre Alliance Brisée [Broken Covenant] consistait en une réfutation brutale de la manière dont l'administration Bush osait traiter Israël.

En tant que vice-président de Ronald Reagan, Bush (père) avait déjà trahi son animosité envers Israël lorsqu'il avait (vainement) exhorté le président à prendre des sanctions envers Israël, après que celui-ci eut détruit le réacteur nucléaire irakien Osirak, en 1981. Au mois de juin suivant, il n'eut pas plus de succès, lorsqu'il en appela une énième fois à des sanctions, après l'invasion du Liban : il fut mis en minorité par Reagan et le secrétaire d'État Alexander Haig. [18]

Arens écrit, à propos de sa première rencontre avec le Président Bush, nouvellement élu, à Washington : « Le président a soulevé la question des colonies israéliennes dans les territoires, ne laissant subsister aucun doute quant à son désaccord formel quant à toute activité de colonisation. » [19] Plus tard, ses conversations avec Baker amenaient Arens à conclure que :

« Le « nouvel ordre mondial » dont parlait le département d'État était un monde dans lequel l'Administration Bush avait décidé d'assumer une posture de confrontation avec Israël, son allié et ami de longue date… Le « règlement définitif » que prônait cette Administration consistait essentiellement en un retour d'Israël aux frontières existant avant juin 1967. » [20]

On le voit : il était grand temps d'appeler le lobby à la rescousse…

« L'Administration Bush allait devoir apprendre (à ses dépens) qu'Israël ne saurait ni être houspillé, ni rabroué. Il était clair, pour moi, que la seule contrainte inhérente à la tactique de l'administration Bush vis-à-vis d'Israël résidait dans la politique intérieure… Si Bush et Baker devaient se rendre compte que leurs tactiques directives vis-à-vis d'Israël suscitaient une opposition importante de l'opinion publique, alors il était vraisemblable qu'ils finiraient par renoncer, d'autant plus que les élections approchaient…
Je pris conscience que nous allions être contraints à renforcer le soutien à Israël au Congrès et dans l'opinion publique états-unienne… Je consacrai la journée du lendemain, sur la Colline du Capitole, à des rencontres avec les commissions parlementaires du Congrès ainsi qu'avec des sénateurs et des représentants, individuellement… » [21]

La visite d'Arens et l'action de l'Aipac allaient donner leurs fruits lorsque, inopinément, Baker leur décocha une pique. S'exprimant devant sa convention à Washington, en mai 1990 (c'est-à-dire durant la deuxième année de l'Administration Bush), il dit aux lobbyistes assemblés et à leurs hôtes du Congrès que

« pour Israël, le temps est venu de laisser de côté, une bonne fois pour toutes, la vision irréaliste du Grand Israël. Les intérêts d'Israël en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, sa sécurité, notamment, pourront être assurés dans le cadre d'un règlement basé sur la Résolution 242 : arrêt de l'annexion ; arrêt des activités de colonisation ; autorisation de réouverture des écoles ; main tendue vers les voisins palestiniens, qui méritent de jouir de leurs droits politiques. » [22]

Baker, vieux renard de la Colline du Capitole, aurait dû savoir ce qui allait inévitablement se passer. Voici la description qu'en fait Arens :

« Début juin, au cours d'un étalage extraordinaire de soutien pour Israël et de reconnaissance publique qu'il y avait eu un virage à cent quatre-vingt degrés dans la politique officielle des États-Unis vis-à-vis d'Israël, quatre-vingt-quatorze sénateur (sur cent) signèrent une lettre adressée au secrétaire d'Etat, demandant que l'Administration avalise « fortement et publiquement » l'initiative (dite) de paix Peres - Shamir.
« Les propositions faites par Israël », disait cette lettre, « n'ont pas toujours reçu la considération qu'elles méritent de la part de tierces parties au conflit, ni par la communauté internationale de manière générale. Afin d'éviter que cela ne se reproduise à nouveau, les États-Unis doivent montrer leur soutien total, tant dans les faits que dans les apparences »,

après quoi, c'est un Arens triomphant qui concluait :

« Le message adressé à l'Administration était extrêmement clair. Il en allait de même en ce qui concerne le désaveu implicite. On m'a rapporté que Baker fut réellement stupéfait de la teneur de cette lettre, et aussi du fait que quatre-vingt-quatorze sénateurs l'aient signée. » [23]

Depuis des années, le Congrès a constamment accordé des financements exceptionnels à Israël, le petit doigt sur la couture du pantalon, alors même que l'argent manquait pour financer des programmes d'action essentiels, sur le plan intérieur. Ce fut notamment le cas en 2002, année où le Sénat, après avoir rejeté un projet de loi qui aurait accordé 150 millions de dollars aux écoles du centre de New York ayant souffert des attentats du 11 septembre 2001, ajouta immédiatement 200 millions de dollars de financement à Israël, au titre de la Loi sur la Sécurité intérieure : on aurait dit que c'était Israël qui avait été pris pour cible, le jour des attentats, et non pas New York, ni Washington…

La même chose s'était produite en 1991, six villes états-uniennes sur dix étant en déficit et plusieurs États n'étant plus en mesure d'assurer les salaires de leurs fonctionnaires. En mars de cette année-là, passant outre les objections de l'administration Bush, la Chambre des Représentants vota (par 397 voix contre 24) l'octroi à Israël de 650 millions de dollars cash, dans le cadre de la loi de financement d'urgence de la guerre du Golfe. Bush avait menacé publiquement d'opposer son veto. Mais il avait reculé, s'étant rendu compte qu'il n'obtiendrait pas la majorité requise…

En septembre 1991, une fois la guerre terminée, l'Administration Bush fit vivre à l'Aipac sa plus grande angoisse depuis sa bataille contre le président Ford. Au beau milieu des efforts visant à assembler le casting de ce qui allait devenir la « conférence de paix » de Madrid, au grand dam du Premier ministre israélien Yitzhak Shamir, Israël fit une énorme surprise au président états-unien : une demande inopinée de 10 milliards de dollars, en prêt garanti par le gouvernement états-unien, sur une période de cinq ans…

à suivre...

Notes :

1] Ha'aretz, Sept 7, 2004.

[2] The New Intifada, p.7.

[3] Lettre à l'auteur, 10 août 1991.

[4] Univ. of California, Berkeley, March 16, 1991.

[5] Benjamin Ginsberg, Fatal Embrace : Jews and the State, Univ. of Chicago, 1993, p. 208.

[6] Déjà cité dans Jeffrey Blankfort, A War for Israel, Left Curve, Oakland, 2004.

[7] Shahak, op. cit..

[8] The New Intifada, p. 260.

[9] Ibid., p.262.

[10] Information Clearing House, Aug. 30, 2004.

[11] Tillman, « United States Middle East Policy : Theory and Practice », Arab-American Affairs, Spring, 1983, cited by Rubenberg, p. 8.

[12] Towards a New Cold War, p. 294.

[13] Tillman, op. cit., p. 66.

[14] Ibid., p. 67.

[15] Stephen L. Spiegel, The Other Arab-Israeli Conflict, Univ. of Chicago, Chicago and London, 1985, p. 296.

[16] Marvin C. Feuerwerger, Congress and Israel : Foreign Aid Decision-Making in the House of Representatives, 1969-1976, p. 296..

[17] The New Intifada, p. 12.

[18] Moshe Arens, Broken Covenant, Simon & Schuster, NY, 1995.

[19] Ibid., p. 56.

[20] Ibid., p. 58.

[21] Ibid., p. 59.

[22] May 22, 1990, ibid., cited by Arens p.. 69.

[23] Ibid., p. 72.

Sources :
Réseau Voltaire

Posté par Adriana Evangelizt

Mardi 29 août 2006 2 29 /08 /Août /2006 11:25

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Deuxième partie des Skull and Bones qui ne nous apprend rien de plus que ce que nous savions déjà personnellement. Pour commencer, il faut savoir qu'Alexandra Robbins n'a vraiment rien dévoilé de particulier pour la simple raison qu'elle a toujours marché avec l'establishment et qu'elle s'est fait un coup de pub avec son fameux bouquin qui sous le couvert de dévoiler nombre de choses ne dévoilait rien du tout. On en apprend beaucoup plus avec le livre d'Anthony Sutton, notamment dans les connexions du gouvernement et de l'industrie pharmaceutique ou de l'armement. Il faut déjà noter que l'emblème des Skull and Bones -tête et os croisés- est celui de la division SS Totenkopf... ce "détail" étant hautement plus significatif quand au pouvoir fasciste qui s'est instauré aux Etats-Unis sous l'égide de membres dont bon nombre ont fréquenté Yale, justement... on va vous citer quelques noms : Wolfowicz, Libby, Edelman, Cheney, Negroponte, Woosley, Ashcroft, Porter Gross, Stiglizt, Clinton, Bush fils, père et grand-père... Rockefeller, Bremer... entre autres, voir ICI... il nous semble que l'on tient là déjà le conglomérat nuisible qui sévit aux USA. Pour trouver les relations entre tous ces membres et d'autres, il faut pousser l'investigation beaucoup plus loin. Ainsi Cheney fait aussi partie du Bohémian Club avec Bush père et fils, mais aussi Kissinger, Rumsfeld, Scwarzenneger... ce dernier faisant partie de l'US Executive Branch où l'on retrouve Edelman, Libby, Rumsfeld, Cheney, Woolsey mais aussi Kristol et quelqu'un qui a son importance dans les coulisses du gouvernement Bush -et qui a d'ailleurs assis Schwarzy à son poste- nous nommerons Schultz dont vous pourrez constater -en cliquant sur son nom- le nombre "d'institutions" où il est membre... la Hoover Institution par exemple  dont fut membre Anthony Sutton et où siège Condoleeza Rice... qui elle même fait partie du National Security Council où l'on trouve Abrams, Ledeen, Negroponte, Brzezinski, Douglas Feith, Kissinger, Albright, Ledeen, etc... Rice qui a fréquenté la Stanfort University où l'on retrouve encore Schultz, l'éminence noire, et comme par hasard Bernanke, Bechtel, Woosley... Tout ce beau monde se croise et s'entrecroise dans divers think tank, organisations et jusqu'aux plus hautes sphères du gouvernement... et il y bien sûr un lien entre tous ces gens. Ils sont souvent néo-conservateurs, sionistes et pro-israéliens... mais aussi dans le pétrole ou dans l'armement pour la plupart. Et les guerres passées, actuelles ou à venir sont leur oeuvre... quand vous avez démélé l'écheveau, vous arrivez à la racine. Mais aussi à la tête. Ce que nous posons sur un site et la tâche est fastidieuse...

Des réalités sur les Skull and Bones

par Mohamed El Ouahed

2ème partie

1ère partie

La vérité sur l’élite secrète qui dirige les Etats-Unis


La tension monte entre Pékin et Londres : en février 1839, un trafiquant chinois est exécuté devant les représentations cantonaises des commerçants britanniques. En juin 1839, la Couronne accepte de détruire d’importantes cargaisons d’opium. De nombreux Anglais quittent alors Canton et Macao pour relancer le trafic d’un peu plus loin, sous la protection officielle de la Marine britannique. Dans ces conditions, l’incident est inévitable : le 4 septembre, c’est la première bataille navale de la guerre de l’opium, qui aboutit à la destruction de nombreux navires chinois. Ces affrontements révèlent «la faiblesse des jonques de guerre chinoise et la sanglante détermination des protestants anglais pour que soient victorieux les principes du libéralisme fondés sur le trafic de l’opium».


Samuel Russell, cousin de William Russell, est un important protagoniste de la guerre de l’opium. De nationalité états-unienne, il est le fondateur de la Russell and Company en 1813, qui va concurrencer, dans les années 1820, la domination britannique sur le trafic de drogue en direction de la Chine. L’un des membres éminents de la société était Warren Delano, Jr, le grand-père de Franklin Delano Roosevelt, cousin de William Russell, est un important protagoniste de la guerre de l’opium. De nationalité états-unienne, il est le , qui va concurrencer, dans les années 1820, la domination britannique sur le trafic de drogue en direction de la Chine. L’un des membres éminents de la société était , Jr, le grand-père de Franklin Delano Roosevelt.

, cousin de William Russell, est un important protagoniste de la guerre de l’opium. De nationalité états-unienne, il est le , qui va concurrencer, dans les années 1820, la domination britannique sur le trafic de drogue en direction de la Chine. L’un des membres éminents de la société était , Jr, le grand-père de Franklin Delano Roosevelt.


Du club Eulogie aux Skull and Bones


C’est dans ce contexte que William Russell crée les Skull and Bones, en 1832. Il est difficile d’établir avec précision dans quelles circonstances. Il s’agirait, au départ, d’une réaction à l’exclusion d’un membre des Phi Beta Kappa, Eleazar Kingsbury Forster. Indigné par le procédé, et souhaitant redonner sa vitalité à Yale, William Russell aurait condamné Phi Betta Kapa, pris Forster sous son aile et fondé, avec treize autres étudiants de Yale (dont Alfonso Taft), une société encore plus secrète et encore plus forte, originellement intitulée le Club Eulogie, du nom de la déesse grecque de l’éloquence.

C’est dans ce contexte que. Il est difficile d’établir avec précision dans quelles circonstances. Il s’agirait, au départ, d’une réaction à l’exclusion d’un membre des Phi Beta Kappa, Eleazar Kingsbury Forster. Indigné par le procédé, et souhaitant redonner sa vitalité à Yale, William Russell aurait condamné Phi Betta Kapa, pris Forster sous son aile et fondé, avec (dont Alfonso Taft), une société encore plus secrète et encore plus forte, originellement intitulée du nom de la déesse grecque de l’éloquence.


Sous l’influence d’un récent voyage en Allemagne, Russell importe bon nombre de références germaniques dans le rituel. En 1833, les jeunes membres adoptent la tête de mort et les ossements comme emblème. À la même époque, le chiffre 322 devient le «chiffre clé» de l’organisation. C’est en effet en 322 avant J-C qu’est mort l’orateur grec Démosthène. Selon la «tradition Skull and Bones», la déesse Eulogie aurait alors rejoint le paradis, avant de redescendre en 1832 et de rejoindre la société secrète.


En 1856, les Skull and Bones sont officiellement incorporés au sein du Russell Trust, propriété de William H. Russell, grâce à Daniel Coit Gilman (Bones 1852), président fondateur de l’Université John Hopkins. Le 13 mars de la même année, l’organisation déménage son quartier général au sein d’un bâtiment impressionnant sur le campus de Yale, pompeusement baptisé «La Tombe». L’endroit est rapidement submergé de reliques guerrières et morbides : on y trouve, d’après les témoignages de membres recueillis par Alexandra Robbins, une accumulation de drapeaux, de tentures noires, d’armes recueillies sur les champs de bataille. Pour ne pas oublier qu’il s’agit d’une confrérie d’étudiants, une série de balles de baseball provenant des rencontres mythiques remportées par Yale est exposée dans une pièce. Le logo de la tête de mort est apposé quasiment sur tous les endroits vierges, tandis que des ossements de carcasses animales sont accrochées à divers murs. Quelques squelettes et ossements humains sont également exposés. La plupart des tableaux présents dans l’enceinte représentent la Mort rencontrant tel ou tel personnage célèbre. Une atmosphère proche de l’univers de la famille Adams selon Marina Moscovici, conservateur d’art du Connecticut qui a travaillé à la restauration d’une quinzaine de tableaux en 1999.


Une polémique a éclaté au début des années 1980 autour du crâne de Géronimo, que les Skull and Bones prétendaient détenir. Ils le montrèrent même à un chef de tribu apache d’Arizona, Ned Anderson. Alors qu’on leur en demandait la restitution, les membres de l’organisation présentèrent un crâne différent de celui montré précédemment, et dont l’analyse révéla qu’il s’agissait de celui d’un enfant de dix ans, et non de celui du chef indien. L’authenticité de la relique, qui a depuis regagné «la Tombe », reste donc discutable.


Le fonctionnement de l’organisation est aujourd’hui mieux connu. Quinze membres sont recrutés chaque année, ce qui permet d’estimer à environ 800 le nombre de membres vivants de l’organisation à n’importe quelle date donnée. Encadrés par des membres plus anciens, les quinze nouveaux impétrants se réunissent deux fois par semaine pendant un an, pour discuter à la fois de leur vie, de leurs études ou de leurs projets professionnels. Des débats sur des questions politiques et sociales ont également lieu.


Une fois par an, la société organise une retraite à Deer Iland, une vaste île située sur le fleuve Saint-Laurent, près de New York, où a été construit un club cossu à l’anglaise. Il s’agit bien de Deer Iland et non de Deer Island, conformément à la volonté de George D. Miller, membre des Skull and Bones et généreux donateur de la résidence . Le rituel d’initiation a fait l’objet des interprétations les plus folles de la part des détracteurs de l’organisation. Pourtant, comme le rituel maçonnique, c’est essentiellement le secret qui l’entoure qui en est l’élément le plus déterminant. Et s’il est possible que les cérémonies se déroulant au sein de «la Tombe» aient eu, un temps, des connotations paganistes, voire satanistes, il faut également rappeler que le bizutage des nouveaux élèves de Yale était, par le passé, particulièrement cruel. Cependant, il est improbable qu’on demande aujourd’hui aux étudiants sélectionnés pour entrer dans l’organisation de se prêter à des jeux sexuels morbides devant l’ensemble des autres initiés.


Le réseau


Le plus fascinant n’est pas ce qui se passe au sein de l’organisation, mais plutôt la cohérence de sa liste de membres, qui révèle le talent des membres de Skull and Bones pour constituer les élites de demain. Ainsi, tout président des États-Unis passé par Yale a été membre des Skull and Bones : il s’agit de William Howard Taft, de George H.W. Bush et de George W. Bush. De même on ne compte plus les personnalités membres de l’organisation qui ont occupé, par la suite, d’importantes fonctions dans le monde politique, diplomatique, médiatique, ou même du renseignement.

Le plus fascinant n’est pas ce qui se passe au sein de l’organisation, mais plutôt la cohérence de sa liste de membres, qui révèle Ainsi, il s’agit de De même on ne compte plus les personnalités membres de l’organisation qui ont occupé, par la suite, d’importantes fonctions dans le monde politique, diplomatique, médiatique, ou même du renseignement.


L’organisation dispose d’importantes connexions dans le milieu diplomatique, et notamment au sein du Council on Foreign Relations. Ainsi, Henry Stimson, secrétaire à la Guerre de Franklin Delano Roosevelt, l’ambassadeur des États-Unis en Union soviétique, Averell Harriman, ou J. Richardson Dilworth, gestionnaire des intérêts de la famille Rockefeller, étaient membres des Skull and Bones. Des membres de Skull and Bones ont également joué un certain rôle dans l’univers des médias. Henry Luce et Briton Haden, tous deux membres de l’organisation depuis 1920, auraient notamment eu l’idée de créer le journal Time lors d’une réunion à «la Tombe ». Averell Harriman, de son côté, a fondé le journal Today qui fusionna en 1937 avec une autre revue pour devenir Newsweek.


Les connexions au sein de la CIA sont particulièrement impressionnantes : William F. Buckey, membre ultra-conservateur de l’agence et propagandiste réputé, a été membre de l’association, tout comme son frère, James Buckley, sous-secrétaire d’État à la Sécurité, aux sciences et aux technologies, dans le gouvernement de Ronald Reagan, un poste où il supervisait l’octroi de l’aide militaire états-unienne à destination des régimes de droite. Hugh Cunningham (Bones 1934) a lui aussi accompli une longue carrière dans les services états-uniens, de 1947 à 1973. C’est également le cas de William Bundy, Bonesman de la promotion 1939, et de Dino Pionzio (Bones 1950), chef de station de la CIA à Santiago en 1970, où il s’employa à déstabiliser le régime de Salvador Allende.


Le fait que l’organisation serve de moyen de reproduction à l’élite économique et politique du pays lui a assuré une bienveillance inhabituelle des autorités. Ainsi, en 1943, un acte législatif spécial adopté par l’État du Connecticut a exempté les associés du Russell Trust Association, qui gère, entre autres, les avoirs de la société secrète, de remplir un rapport d’activité comme n’importe quelle autre société. Dans la deuxième moitié du XXe siècle, ses avoirs ont été gérés par John B. Madden Jr, membre de Brown Brothers Harriman, une société née de la fusion, en 1933, de Brown Bros and Company et de W.A. Harriman  and Company. Madden travaillait alors sous les ordres de Prescott Bush, père du futur président George H.W. Bush et grand-père de l’actuel président des États-Unis. Tous ces personnages sont naturellement membres des Skull and Bones. Autre source de fonds : les Rockefeller. Percy Rockefeller fut membre de l’Ordre, et lia l’organisation aux propriétés de la Standard Oil. Autre grande famille rattachée aux Skull and Bones : les Morgan. J. P. Morgan ne fut certes jamais membre, mais Harold Stanley, membre de l’équipe dirigeante du Morgan’s Guaranty Trust, appartint à l’organisation depuis 1908. W. Averell Harriman, de la promotion 1913, a également été membre du conseil d’administration, tout comme H.P. Whitney et son père, W.C. Whitney. C’est également de manière indirecte que l’organisation a pu profiter des fonds de la famille Ford, apparemment contre l’avis de celle-ci. Mc George Bundy, membre des Skull and Bones, fut en effet président de la Fondation Ford de 1966 à 1979, après avoir servi de conseiller pour la sécurité nationale sous John F. Kennedy et Lyndon Johnson.


Présidentielle 2004 : le face-à-face Skull and Bones


Les Skull and Bones n’ont pas véritablement de discours idéologique. Encore qu’il ne soit pas anodin de révérer un financier de la guerre de l’opium et d’utiliser comme objet rituel le crâne présumé du dernier chef d’un peuple que l’on vient d’exterminer. Contrairement à ce que la littérature conspirationniste a pu évoquer, il ne s’agit pas d’un club de néo-nazis, d’ultra-conservateurs, ni même de faucons. Néanmoins, en tant que représentants de l’élite future (ce qui nécessite déjà d’appartenir à la classe sociale disposant des capitaux socio-culturels suffisants pour réussir dans les différents champs de pouvoir), les membres des Skull and Bones partagent une même vision du monde et des rapports sociaux. Tous sont des capitalistes partisans d’un pseudo-libéralisme et attachés aux valeurs de Liberté prétendument incarnées par les États-Unis. Bien que récemment gagnées par les sirènes du «politiquement correct», en admettant progressivement des représentants des minorités ethniques et sexuelles, puis des femmes en 1991 - à la consternation, entre autres, de l’ancien président George H.W. Bush - les élites réunies au sein des Skull and Bones n’en demeurent pas moins l’incarnation quasi-parfaite de la pensée unique de la classe dirigeante états-unienne. Le fait que les deux principaux candidats à la présidence des États-Unis en 2004, George W. Bush et John Kerry, soient membres de l’organisation, ne peut être interprété comme la manifestation d’une élection arrangée à l’avance entre deux personnalités de connivence. En revanche, on peut légitimement s’inquiéter de la manière dont s’établit la sélection au sein du champ politique états-unien. Car si les deux hommes peuvent s’affronter durement, il est indubitable qu’ils appartiennent l’un et l’autre à un milieu social étroit et homogène et que, à ce titre, ils défendent, malgré leurs divergences, des intérêts proches. D’une certaine manière, pour paraphraser un politicien français, l’élection présidentielle de 2004 ce sera «Skull and Bones ou Bones and Skull ». C’est d’ailleurs pour cette raison que l’Ordre focalise sur lui autant d’attention : il incarne la quintessence du milieu social le plus favorisé des États-Unis, et dont les vues sont loin de représenter l’idéal démocratique auquel aspire le reste de la population. Individuellement, de nombreux membres de l’organisation ont trempé dans la plupart des «coups tordus» des États-Unis des cinquante dernières années, de l’invasion de la Baie des Cochons à l’élaboration de la doctrine nucléaire, en passant par le renversement de Salvador Allende. Et ils n’ont pu le faire qu’en dehors des institutions démocratiques, dans le secret de leur connivence et sur la base d’une fraternité ancienne. Pourtant, aucune décision de ce type n’a jamais été prise au sein de l’association des Skull and Bones elle-même. Ce n’est pas une structure hiérarchisée, apte à prendre de telles décisions et à les faire appliquer. Quoi qu’il en soit, l’Ordre secret reste la façade la plus immédiatement visible de l’«ennemi que représente l’aristocratie impériale» des États-Unis.

Suite et Fin ultérieurement...

Sources : LA NOUVELLE REPUBLIQUE

Posté par Adriana Evangelizt

Mercredi 23 août 2006 3 23 /08 /Août /2006 11:48

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Les Skull and Bones. Il y aurait beaucoup à dire comme sur de nombreuses sociétés secrètes américaines ou non d'ailleurs... nous vous conseillons d'aller sur le site de notre Ami Fox dont la traduction du livre de Sutton sortira en Septembre. Il est lui aussi un Chevalier de Lumière qui se bat contre l'Ombre. Et ceux qui nous prennent pour des Illuminés ne savent pas à qui ils ont à faire. Alors que l'inverse est vrai en ce qui concerne ceux que nous considérons comme des Adversaires de l'Humanité et des suppôts de Satan. Notre ami Fox qui est un des seuls à avoir entretenu des liens avec Anthony Sutton qui avait fait partie des Skull and Bones et qui pouvait donc en parler sciemment.

Des réalités sur les Skull and Bones

par Mohamed El Ouahed

1ère partie



L’auteur Alexandra Robbins  Brillante journaliste de 29 ans, a écrit pour le New Yorker, le Washington Post, Cosmopolitan, Chicago Tribune... Elle est devenue célèbre à l’âge de 23 ans, pour son enquête sur le parcours universitaire de Bush à Yale. C’est une habituée de la télévision américaine, de CNN à l’Oprah Winfrey Show.

«Lors de ma dernière année d'étude (à l'université de Yale), j'ai rejoint la société secrète Skull and Bones, une société tellement secrète que je ne peux en dire plus» Georges Bush. Un spectre hante l’Amérique. Le pays serait gouverné par une société secrète appelée Skull and Bones. Composé d’anciens élèves de l’université de Yale et fondé en 1832, ce club très fermé repose sur trois fondements : le principe de l’élection, le goût du secret et le développement d’un réseau. En effet, pour pouvoir être placé à des postes d’influence, le Bonesman est choisi et promet de taire à jamais son admission au sein de l’organisation. Skull and Bones intrigue par sa culture du mystère et l’exercice de son pouvoir occulte à travers l’Amérique. Un tel lobby aussi puissant qui fait du secret un objet de fétichisation méritait une enquête : Alexandra Robbins, journaliste d’investigation, elle-même ancienne élève de Yale, retrace ici l’histoire édifiante de cette société mystérieuse qui recrute parmi la crème de la crème de l’establishment. Un travail objectif et sérieux qui désamorce les fantasmes et permet de faire la part des choses entre mythe et réalité, entre conspiration et lobby.

Au sein de la très élitiste et puritaine université de Yale sont co-optés chaque année quinze fils de très bonne famille. Ils forment une société secrète aux rituels morbides : les Skull and Bones (Crâne et os). Tout au long de leur vie, ils se soutiennent et s’entraident face aux velléités démocratiques d’une plèbe qu’ils abhorrent. Les deux candidats à la dernière élection présidentielle, George W. Bush et John Kerry, loin d’être des adversaires, s’y côtoyaient en secret depuis trente-six ans. Alexandra Robbins a consacré aux Booners une enquête qui fait référence. Son livre est maintenant disponible en français.


L’association des Skull and Bones nourrit une importante littérature conspirationniste, qui rend responsable ses membres du scandale du Watergate, de l’invasion de la Baie des Cochons ou encore de l’assassinat de John F. Kennedy. Par ses connexions avec le milieu des affaires, notamment le secteur bancaire, ces anciens potaches de l’université de Yale contrôleraient la finance mondiale, voire l’avenir de la planète. Les Skull & Bones auraient d’ailleurs noyauté le Council on Foreign Relations, la Commission Trilatérale, la CIA, etc. Il n’est pas question de discuter dans une publication laïque, de l’ésotérisme pratiqué au sein de cette organisation au cours des rites d’initiation, ou des cérémonies annuelles, mais d’analyser sa fonction sociale et son éventuel rôle politique. Les Skull and Bones illustrent surtout comment, aux États-Unis, s’est perfectionné un système de reproduction des élites par le biais d’une sélection qui, contrairement au mythe du self-made man, ne doit rien au hasard ou aux qualités individuelles. En effet, comme le souligne Anthony Sutton, les membres les plus actifs de l’organisation viennent d’un «noyau d’environ 20 à 30 familles», attachées à la défense de leur héritage et de leur lignée. Il existe ainsi de nombreux mariages entre des représentants des familles membres des Skull and Bones, bien que seuls les étudiants mâles aient pu, jusqu’à une date récente, adhérer à l’organisation.

 

Yale, une université puritaine et élitiste


Les Skull and Bones sont nés sur le campus de l’université de Yale. Un choix qui, selon la remarquable enquête de la journaliste de l’ Atlantic Monthly, Alexandra Robbins, ne doit rien au hasard .
Au début du XVIIIe siècle, l’ensemble des universités états-uniennes, qu’il s’agisse d’Harvard, Dartmouth, Williams, Bowdoin, Middlebury ou encore Amherst, ont été fondées par des Congrégationnalistes. Mais ils subissent alors la concurrence des Presbytériens, ce qui incite le président d’Harvard, Increase Mather, à agir. En 1701, il quitte son poste et créée une nouvelle université, «afin que l’Intérêt de la Religion soit préservé, et que la Vérité soit transmise aux générations futures». Avec l’aide de dix pasteurs, dont neuf viennent d’Harvard, il parvient ainsi à fonder le Collegiate School of Connecticut. En 1711, Isaac Newton, Richard Steel et Elihu Yale sont approchés pour transmettre des livres de leur collection personnelle à la jeune institution. Les contacts avec Yale, devenu extrêmement riche grâce à ses activités au sein de la Compagnie des Indes orientales et en tant que gouverneur de la colonie de Madras, sont particulièrement fructueux. Non content de fournir des livres, il finance également largement l’université, qui lui rend hommage en prenant son nom, à partir de 1720, Yale University. Les liens avec le congrégationnalisme garantissent le puritanisme de l’enseignement et du mode de fonctionnement de Yale. Les étudiants et professeurs doivent prononcer une profession de foi à leur entrée dans l’établissement, et peuvent être renvoyés si leur sincérité est sérieusement mise en doute. À ce puritanisme s’ajoute un élitisme forcené : les étudiants sont classés, dès leur arrivée à Yale, non pas en fonction de leurs capacités, mais de la position sociale de leurs parents. En tête de classe, les fils ou petit-fils de gouverneurs, de vice-gouverneurs. Puis viennent les membres des familles de juges de la Cour suprême. Un plus bas dans le classement, on trouve les fils de pasteurs et d’anciens élèves. En queue de peloton, les fils de fermiers, de marchands et d’artisans. Ce classement décide de la place attribuée à chaque élève dans les salles de classe, à la chapelle et à la cantine. Le plus étonnant, note Alexandra Robbins, n’est pas que ce classement d’entrée dépende du statut social de la famille de l’élève, chose courante dans beaucoup d’universités au XVIIIe siècle, mais plutôt qu’il n’évolue pas avec la scolarité. Ainsi Yale devient l’exemple idéal typique d’une institution reproduisant les élites et leur hiérarchie interne. Le déclassement est en général occasionné par un manquement disciplinaire, et sanctionne le fait que l’élève a ainsi entaché l’honneur de sa famille.


Il faut ajouter à ce mode de fonctionnement peu banal la licence explicitement donnée aux élèves plus âgés de bizuter, voire de brimer et d’humilier les étudiants des classes inférieures. Le règlement prévoit une série de mesures visant à assurer le respect de la hiérarchie la plus arbitraire, fondée uniquement sur l’âge. Lyman Bagg a raconté dans un ouvrage, Quatre ans à Yale, paru anonymement en 1871, comment il analysait les mécanismes mis en place par l’institution. Ces pratiques autorisées reflètent selon lui le «pouvoir énorme des "coutumes" de l’école dans la création d’une folie temporaire qui fait des hommes faibles des êtres cruels et des hommes bons des êtres sans pitié».


Cette propension à l’élitisme, à la hiérarchie brutale et au puritanisme incite les élèves, à la fin du XVIIIe siècle, à monter plusieurs sociétés parallèles à l’université. Il s’agit au départ d’associations littéraires, telles que Linonia et Brothers in Unity. L’ensemble des élèves est appelé à adhérer à l’une ou l’autre des organisations. Ce qui n’est pas assez élitiste pour ceux qui souhaitent une stricte reproduction de la nouvelle «aristocratie» états-unienne. En 1780 la branche Alpha de l’organisation Phi Betta Kappa est fondée à Yale. Plusieurs autres sociétés fleurissent à l’époque : la Beethoven Society, l’Hexahedron Club... Petit à petit, les salons littéraires perdent de leur importance, remplacés par des sociétés secrètes, plus élitistes et plus fermées. Au milieu du XIXe siècle, on en dénombre trois principales : les Skull and Bones (Crâne et os), les Scroll and Key (Parchemin et clé) et Wolf’s Head (Tête de loup).

Cette propension à l’élitisme, à incite les élèves, à la fin du XVIIIe siècle, à monter . Il s’agit au départ d’associations littéraires, telles que . L’ensemble des élèves est appelé à adhérer à l’une ou l’autre des organisations. Ce qui n’est pas assez élitiste pour ceux qui souhaitent une stricte reproduction de. En 1780 la branche Alpha de l’organisation est fondée à Yale. Plusieurs autres sociétés fleurissent à l’époque : ... Petit à petit, les salons littéraires perdent de leur importance, , plus élitistes et plus fermées. Au milieu du XIXe siècle, on en dénombre trois principales : (Crâne et os), (Parchemin et clé) et (Tête de loup).


Parallèlement, le corps enseignant de Yale décide de suivre le mouvement. Six ans après la création de Skull and Bones, six membres de l’élite enseignante de l’université se réunissent au sein du «Club», bientôt appelé le «Old Man’s Club». Parmi ses six membres fondateurs, on trouve les professeurs Josiah Willard Gibbs et Theodore Dwight Woolsey. Bientôt, l’organisation comptera dans ses rangs William Howard Taft, le futur chief justice du Connecticut Simeon E. Baldwin, l’universitaire Thomas Bergin, le neurochirurgien Harvey Cushing, et le fondateur des Skull and Bones, William H. Russell. Seuls Thomas Bergin et Harvey Cushing ne deviendront pas, par ailleurs, membres des Skull and Bones.

 

La guerre de l’opium


L’université de Yale était un terreau particulièrement fertile pour qu’y prospère une société secrète aussi élitiste et influente que les Skull and Bones. Mais le succès de cette organisation secrète doit aussi beaucoup à la personnalité de son fondateur, William H. Russell. Celui-ci appartient à la grande famille Russell, dont l’un des membres, le révérend Noadah Russell, membre éminent de l’Église congrétionnaliste, a participé à la création de Yale. La famille Russell s’est également impliquée dans la grande guerre de l’opium qui oppose le Royaume-Uni à la Chine dans la première moitié du XIXe siècle. À la fin du XVIIIe siècle, l’opium cultivé au Bengale avec la bénédiction de l’Angleterre est soumis à un monopole d’exploitation confié à la Compagnie des Indes orientales, une société qui dépend directement de la Couronne et à laquelle Elihu Yale a participé par le passé. La guerre de l’opium, qui commence vers 1815, vise à introduire de force cette drogue sur l’énorme marché chinois. De 320 tonnes annuelles en 1792, la contrebande d’opium atteint 480 tonnes en 1817, puis 3200 tonnes en 1837. La Chine demande alors à la reine Victoria de faire cesser le trafic. La souveraine fait savoir que les revenus ainsi engrangés par le Royaume-Uni sont trop importants pour qu’elle décide d’y renoncer.

L’université de Yale était un terreau particulièrement fertile pour qu’y prospère une société secrète aussi élitiste et influente que les Skull and Bones. Mais le succès de cette organisation secrète doit aussi beaucoup à la personnalité de son fondateur, . Celui-ci appartient à la grande famille Russell, dont l’un des membres, le révérend Noadah Russell, membre éminent de , a participé à la création de Yale. La famille Russell s’est également impliquée dans dans la première moitié du XIXe siècle. À la fin du XVIIIe siècle, est soumis à un monopole d’exploitation confié à la Compagnie des Indes orientales, une société qui dépend directement de la Couronne et à laquelle. La guerre de l’opium, qui commence vers 1815, vise à . De 320 tonnes annuelles en 1792, la contrebande d’opium atteint en 1817, puis en 1837. La Chine demande alors à la reine Victoria de faire cesser le trafic. La souveraine fait savoir que

A suivre...

Sources : Nouvelle République

Posté par Adriana Evangelizt

Mercredi 23 août 2006 3 23 /08 /Août /2006 11:11

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54e réunion du Groupe de Bilderberg à Ottawa


Le groupe de Bilderberg a tenu sa réunion annuelle du 8 au 11 juin 2006 dans un grand hôtel près d’Ottawa (Canada). Ce club pas comme les autres a été créé en 1954 en marge de l’OTAN pour servir de forum euro-états-unien. Un bureau permanent présidé par l’aristocrate belge Étienne Davignon (par ailleurs vice-président de Suez-Tractebel) détermine l’ordre du jour et choisit les invités. Au cours des ans, le Groupe de Bilderberg est devenu le passage obligé de tout leader européen, en matière politique, économique ou médiatique, pour obtenir le soutien de l’OTAN à sa carrière.

C’est tout à fait à tort que certains auteurs ont cru voir dans le Groupe de Bilderberg un lieu de décision. En réalité, c’est le lieu par excellence de cooptation des élites transatlantiques, le cœur d’un système de reconnaissance et d’allégeance.

Selon le communiqué distribué à la presse, 130 personnes participaient à la réunion d’Ottawa. L’ordre du jour comprenait les relations transatlantiques, l’énergie, la Russie, l’Iran, le proche-Orient, l’Asie, le terrorisme et l’immigration.

Les Français présents étaient : Michel Barnier (ancien ministre, vice-président des laboratoires mérieux) ; le professeur Albert Bressand ; Henri de Castre (Pdg du groupe d’assurances AXA) ; Bertrand Collomb (Pdg du cimentier Lafarge) ; Richard Descoing (directeur de l’Institut d’études politiques de Paris) ; Patrick Devedjian (député) : Yves de Kerdrel (éditorialiste au Figaro) ; Anne Lauvergeon (Pdg du groupe d’énergie nucléaire Areva) Thierry de Montbrial (président de l’Institut français des relations internationales) ; François Pinault (directeur du groupe Artemis) et Olivier Roy (orientaliste).

Les Belges étaient représentés, outre par Étienne Davignon déjà cité, par le patron de presse allemand Hubert Burda qui rédide dans le royaume ; Pierre Golschmidt (ancien patron de Synatom passé à la Fondation Carnegie) ; Jean-Pierre Hansen (Pdg de Suez-Tractebel et à ce titre patron de Davignon) ; le banquier Maurice Lipens (Pdg de Fortis et à ce titre partenaire de Davignon).

Pour les Suisses, on notait uniquement la présence de Jacques Algrain (Pdg de Swiss Re) et d’André Kudelski (Pdg du groupe éponyme de sécurité électronique).

Dérogeant aux habitudes, trois invités représentaient le Proche-Orient. Le professeur Ziad Abu Amr pour l’Autorité palestinienne et le général Eival Giladi pour Israël devaient présenter leur point de vue sur le refoulement du Hamas et l’entrée d’Israël dans l’OTAN. Tandis qu’Ahmad Chalabi devait présenter son programme pour le nouveau gouvernement irakien.

 

Sources : Réseau Voltaire

Posté par Adriana Evangelizt

Samedi 17 juin 2006 6 17 /06 /Juin /2006 01:30

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