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CHINE



Le Falun Gong, arme de la CIA contre le « Grand dragon rouge »


par Thierry Meyssan
Analyste politique, fondateur du Réseau Voltaire.
Dernier ouvrage paru :
L’Effroyable imposture 2
(le remodelage du Proche-Orient et la guerre israélienne contre le Liban).

Ses articles


L’une des principales personnalités soutenues par le département d’État pour le Prix Nobel de la Paix est un maître d’art respiratoire chinois, Li Hongzhi, qui a coordonné les manifestations anti-communistes sur le passage de la flamme olympique. Peu connu du grand public, l’homme a fondé une puissante secte qui étend l’influence états-unienne sur la diaspora chinoise, le Falun Gong. Avec l’aide de Washington, il dispose désormais d’une vaste infrastructure médiatique et mène une croisade contre le Parti communiste chinois.

Les médias occidentaux ont donné un fort écho aux manifestations qui ont perturbé le passage de la flamme olympique entre mars et mai 2008. Ignorant les étapes festives, ils se sont centrés sur les gesticulations de Reporters sans frontières à Olympie (25 mars), les protestations pro-tibétaines de Londres (6 avril), Paris (7 avril) et San Francisco (9 avril), et ont entretenu un flou artistique autour des manifestations de Buenos Aires (11 avril). Ils ont essayé de faire croire à l’existence d’un mouvement spontané du public contre divers aspects de la « dictature du Parti communiste chinois ». Malgré —ou peut-être à cause— de ce parfum de Guerre froide, les médias occidentaux n’ont pas relevé que ces événements avaient été planifiés un an à l’avance et coordonnés par une ONG, Human Rights Torch Relay (Relais de la flamme olympique pour les Droits de l’homme) [1], émanation d’un puissant mouvement américano-chinois, le Falun Gong.

Plus récemment, de nombreux journalistes sportifs accrédités aux Jeux olympiques de Pékin ont reçu un mail de la Coalition to Investigate the Persecution of Falun Gong in China (Coalition pour enquêter sur la persécution du Falun Gong en Chine) [2] contenant un document de 26 pages intitulé : Torture Outside the Olympic Village : A Guide to China’s Labor Camps (Torture hors du village olympique : un guide des camps de travail chinois) [3].

Selon ce document et l’abondante littérature publiée par les adeptes du Falun Gong, ce culte serait un « nouveau mouvement religieux » réalisant une synthèse entre bouddhisme et taoïsme. Alors que ses adeptes ne demanderaient qu’à pratiquer en paix, ils seraient victimes d’une féroce répression en Chine, État encore dirigé par un Parti communiste athée.

Mais qu’est-ce que le Falun Gong ? [4]

Dans les années 90, le Parti communiste chinois a encouragé les initiatives civiles en autorisant la création d’associations culturelles et sportives dont il avait jusque-là le monopole. Parmi celles qui ont vu le jour, les associations d’art martiaux et de qigong ont connu un véritable engouement. Le qigong, technique ancestrale de respiration, permet de développer la concentration et l’équilibre interne. Diverses études médicales ont montré que ses pratiquants sont moins sujets aux maladies que le reste de la population. Aussi le gouvernement s’est-il réjouit publiquement de cette mode qui ne pouvait que contribuer à diminuer les dépenses nationales de santé.

C’est dans ce contexte que Li Hongzhi, un fonctionnaire quadragénaire, créa son association de qigong, en 1992 : le Falun Gong. Cependant, Maître Li ne se contenta pas d’enseigner des techniques respiratoires, il les associa à une doctrine ésotérique dont il révéla progressivement le contenu.

En 1996, Li Hongzhi retira son association de la Fédération nationale de qigong et émigra aux États-Unis d’où il continua à la diriger. À partir de ce moment là, son association attacha un soin particulier à recruter des membres du Parti communiste. De même, les meetings du Falun Gong changèrent d’aspect pour prendre la forme américanisée de ceux du pasteur évangélique Billy Graham avec témoignages des adeptes guéris. En 1999, Maître Li revint en Chine pour mobiliser les cadres de son mouvement. Le lendemain de son départ, ses disciples manifestèrent à Tianjin (140 km de Pékin), devant le siège d’une revue scientifique qui avait publié un article très critique sur leurs élucubrations métaphysiques et leur comportement sectaire [5]. La police les dispersa sans ménagement et interpella plusieurs d’entre eux. Le lendemain, 25 avril, 10 à 30 000 adeptes du Falun Gong se rassemblèrent en silence, la journée durant, à Pékin devant Zhongnanhai, siège central du Parti communiste chinois. Brandissant le Zhuan Falun (ouvrage du maître), ils réclamaient en silence la libération de leurs camarades.

Pour le gouvernement, le choc était rude. Dans un pays où toutes les manifestations sont soigneusement encadrées, il avait été possible d’en organiser secrètement une, qui plus est devant le siège du Parti. Il s’avérait que le Falun Gong disposait de plusieurs dizaines de millions d’adeptes, dont un tiers étaient membres du Parti communiste. En d’autres termes, une organisation incontrôlée s’était développée dans le pays et avait infiltré le Parti, dans la grande tradition des sociétés secrètes chinoises.

Dès lors le pouvoir n’avait que deux solutions : soit reconnaître Falun Gong comme une force à l’intérieur du Parti, soit l’écraser. Bien que choqué par la détermination irrationnelle des manifestants, le Premier ministre Zhu Rongji était favorable à la reconnaissance, mais le président Jiang Zemin, persuadé d’avoir à faire à une organisation manipulée en sous-main par la CIA, choisit la répression. Le Falun Gong fut interdit. Au début, les adeptes furent intimidés par la police, au besoin en usant de la violence lors d’interpellations et de garde à vue. Devant la persistance du problème, une campagne de communication fut organisée pour discréditer l’organisation, puis ses cadres restants furent rendus responsables de crimes commis par certains membres fanatisés. Ils furent jugés et condamnés.

Les autorités états-uniennes multiplièrent les protestations officielles devant ce qu’elles considèrent comme une atteinte à la liberté religieuse.

À ce stade de l’analyse, se pose la question de la doctrine de Li Hongzhi et de la nature de son association. S’agit-il de la résurgence d’un ésotérisme ancien que le Parti communiste ne tolérerait pas —comme le prétend Washington—, ou le Falun Gong est-il une secte manipulant ses membres en vue de prendre le pouvoir —ainsi que l’affirme Pékin— ?

L’enseignement de maître Li repose sur une cosmogonie, c’est-à-dire une conception de l’univers et de la place que l’homme y tient ; une gnose, c’est-à-dire une connaissance nécessaire au disciple pour s’affranchir de sa condition existentielle ; et enfin une ascèse, c’est-à-dire un mode de vie et des techniques permettant au disciple d’accéder à la rédemption.

Selon Li Hongzhi, l’univers ne serait pas composé du seul monde que nous percevons, mais de milliards de mondes imbriqués les uns dans les autres. « Un grain de sable contient trois mille monde […] avec bouddhas, taos et dieux, ainsi qu’êtres humains, animaux, substances, montagne, eau, ciel, terre, air […]. Les êtres humains à l’intérieur des grains de sable sont exactement comme nous. La couleur de leur peau varie du noir au blanc et au jaune. Si vous pouviez voir, vous trouveriez sur les poils de votre corps de nombreuses villes où circulent trains et voitures ». Notre monde apparaît microscopique, vu des mondes supérieurs, pourtant il contient lui même des mondes encore plus petits.

Tous les êtres, animés ou inanimés, y compris les objets fabriqués industriellement, sont dotés d’une âme. Le jour de sa naissance ou de sa fabrication, chaque être apparaît simultanément dans différents mondes. il a donc une multiplicité de corps reliés par une âme individuelle. Lorsqu’il meurt ou qu’il est détruit, un être perd ses corps dans les différents mondes, mais son âme ne tarde pas à se réincarner dans de nouveaux corps. Selon leur comportement, les âmes peuvent s’incarner dans des mondes supérieurs ou s’enfoncer dans des mondes inférieurs. L’humanité, quand à elle, ne cesse de chuter depuis des milliards d’années. Contrairement à ce que prétendent les scientifiques, il a existé de nombreuses civilisations humaines avant la période historique. L’humanité a déjà été 81 fois presque entièrement détruite avant de se relever. Certains humains, qui ont été éliminés au cours de ce processus se sont réfugiés sous la surface de la terre et dans les abysses des océans où ils vivent désormais. D’autres ont eu la chance d’accéder à des mondes supérieurs où ils ont créé des civilisations avancées. Ils peuvent traverser l’espace-temps et nous rendent parfois visites en soucoupes volantes. Ce sont eux qui nous ont donné les techniques de pointe que nos scientifiques étaient bien incapables d’inventer par eux-mêmes. Les adeptes du Falun Gong peuvent retrouver la conscience de leurs migrations passées et de leurs vies parallèles. En intervenant sur celles-ci, ils peuvent acquérir des pouvoirs magiques, guérir des maladies, et se libérer de leur karma. Maître Li et ses disciples les plus proches peuvent aussi évoluer dans ces mondes parallèles pour changer nos vies. Il peut agir sur les centres d’énergie du corps subtil, notamment en faisant tourner la Roue de la Loi, une svastika dorée cachée dans notre abdomen, ou en ouvrant notre troisième œil, lequel permet de percevoir de nouveaux mondes.

Le pratiquant du Falun Gong doit s’adonner à cinq formes d’exercices, alliant techniques respiratoires et méditation. Il doit aussi s’adonner à une vie pure pour échapper à la prochaine apocalypse qui emportera tous les démons, en premier lieu les homosexuels.

Parmi les millions d’adeptes de Li Hongzhi, certains ont pris ces billevesées au pied de la lettre et sont devenus un danger pour eux-mêmes ou pour la société. Beaucoup ont refusé des traitements médicaux et sont morts en attendant que maître Li les guérisse. Quelques adeptes se sont immolés par le feu sur la place Tien an Men pour se libérer de ce monde. D’autres ont cru reconnaître des démons chez des parents ou voisins avec qui ils étaient en conflit et les ont assassinés pour les exorciser. Plusieurs se sont jetés par la fenêtre en croyant pouvoir léviter, etc. Maître Li conteste la véracité de ces faits divers et ne se considère de toute manière pas responsable de fanatiques isolés qui se sont mépris sur son enseignement.

Cet argument satisfait les États-Unis qui accordent des visas sans difficulté à Maître Li et à ses adeptes pour « les protéger de la persécution religieuse des communistes ». Depuis 1999, la Commission des États-Unis pour la liberté religieuse dans le monde (organe consultatif du département d’État) n’a cessé de dénoncer la répression du Falun Gong. Dans ses rapports annuels sur la liberté religieuse dans le monde, le département d’État désigne la Chine comme État suscitant « une forte préoccupation ». En avril 2006, 81 membres du Congrès ont demandé par pétition au président Bush de prendre des mesures coercitives contre la Chine pour protéger les adeptes de Li Hongzhi. Enfin, le 12 juin 2006, la Congrès a condamné cette « persécution religieuse ».

À Washington, le dossier du Falun Gong a surtout été porté par Elliott Abrams [6], en tant que président de la Commission sur la liberté religieuse dans le monde durant l’administration Clinton, puis en tant que conseiller national de sécurité adjoint sous l’administration Bush fils. Intégriste juif fermement opposé aux mariages inter-religieux, M. Abrams est un des inventeurs du concept de « théopolitique » [7]. Selon lui, la laïcité et la liberté de conscience sont des atteintes à la liberté religieuse car l’agnosticisme et l’athéisme auxquels ils donnent droit de cité portent préjudice à l’ordre social.

Néoconservateur endurci, Elliott Abrams fut un des piliers du soutien secret aux Contras nicaraguayens et un des principaux responsables des massacres au Honduras. Seule la grâce du président Bush père lui permit d’échapper aux sanctions pénales. Durant cette période, il joua un rôle central dans la transformation de l’Église de l’Unification du Révérend Sun Myung Moon d’une secte syncrétiste coréenne en une puissante armée sous-traitant des actions militaires pour la CIA en Amérique latine.

Apparemment Elliott Abrams n’a pas changé de méthodes et le Falun Gong marche sur les traces de la secte Moon. Dès le jour de son interdiction par le président Jiang Zemin, la secte de Li Hongzhi a abattu le masque. Alors qu’elle ambitionnait de prendre le contrôle du Parti communiste chinois de l’intérieur, elle l’a soudain désigné comme l’incarnation des forces démoniaques. Affichant ses ambitions, Maître Li a répété que les gouvernements actuels étaient incapables de résoudre les problèmes humains et que seule une personne comme lui, ayant atteint un haut niveau de sagesse, pouvait le faire. Son action politique s’exerce désormais directement sur la diaspora chinoise et, à travers elle, indirectement sur la population de Chine populaire.

Le Falun Gong a ouvert dans les villes de la diaspora des « Centres de démission du Parti communiste ». Il assure que les Cieux ont retiré leur soutien au PCC et qu’ils vont le détruire de façon imminente. Sauvez votre vie en démissionnant du Parti et de ses associations affiliées. Cette rhétorique fait écho à la culture populaire chinoise : jadis les empereurs tiraient leur légitimité du mandat que le Ciel leur avait accordé. Il la perdait lorsque le Ciel indiquait leur avoir retiré son mandat en provoquant des catastrophes naturelles. Des sociétés secrètes, présentes au palais, soulevaient alors la paysannerie pour renverser la dynastie et en imposer une nouvelle. Il est difficile d’estimer si le Falun Gong a convaincu beaucoup de Chinois de la diaspora de s’écarter du Parti communiste, mais il est certain que désormais le leadership du Parti sur la diaspora est sérieusement contesté. Le récent séisme qui a frappé la Chine serait le signe du retrait par les Cieux du mandat qu’ils avaient accordé au Parti communiste. Un cataclysme majeur serait imminent si le Parti n’est pas renversé et les adeptes du Falun Gong peuvent encore se sauver en participant à la clarification que représentent les manifestations au passage de la flamme olympique contre le « Grand dragon rouge » (c’est-à-dire le Parti).

Dans ses Neuf commentaires sur le Parti communiste chinois (2004), maître Li écrit que le PCC « ayant commis toutes sortes d’horreurs qui vont à l’encontre du Tao et s’oppose au ciel et à la terre, est devenu une force extrêmement malfaisante qui s’érige contre l’univers ». C’est « une secte perverse ». Progressivement, il en est venu à décrire le conflit entre le Falun Gong et le PCC comme le combat eschatologique du Bien contre le Mal. Il s’en suit que les disciples doivent rechercher l’affrontement avec le PCC pour se libérer du Mal, ainsi qu’il l’a expliqué lors du Congrès de son mouvement, le 24 avril dernier à Manhattan.

Pour stigmatiser en interne le « Grand dragon rouge » et pour alimenter en externe la propagande anticommuniste, le Falun Gong a multiplié les accusations contre le PCC. La plus spectaculaire affirme que des milliers d’adeptes du Falun Gong auraient été incarcérés dans un camp de rééducation et que l’on aurait prélevés sur eux des organes à l’hôpital de Shenyang. Un rapport rédigé par un ancien parlementaire canadien, David Kilgour (le gendre de l’ancien Premier ministre John Turner) [8] et un avocat, David Matas, a corroboré les faits [9]. Cependant les deux enquêteurs se sont uniquement basés sur des interviews par téléphone d’adeptes du Falun Gong, dont le discours n’est pas toujours rationnel. Le PCC a eu beau jeu de convoquer la presse internationale pour constater que l’hôpital était normal et qu’il n’y avait pas de camp de rééducation au lieu indiqué.

Officiellement, le Falun Gong n’est pas une organisation. Juste un mouvement spontané. Avec l’aide d’Elliott Abrams et de la CIA, il s’est néanmoins doté en une décennie d’une infrastructure colossale exactement à la manière de la secte Moon. Il a d’abord créé un imposant réseau de sites internet multilangues qui sont aujourd’hui de loin la cible principale de la censure du web chinois. Il s’est doté d’un journal, d’une radio et d’une télévision. 
>>>  Epoch Times (version française sous le titre La Grande époque) est un bimensuel édité en version papier en 10 langues, et en 7 langues supplémentaires sur le web [10]. Il est distribué gratuitement dans une trentaine de pays et totalise 1,5 millions d’exemplaires hebdomadaires. Bien qu’il contienne quelques publicités, on ignore son mode de financement. 
>>>  Sound of Hope (Le Son de l’espoir) est une radio émettant en mandarin et en 7 autres langues [11]. Elle est relayée gracieusement par les émetteurs utilisés par le Broadcasting Board of Governors (BBG) pour les programmes de propagande du département d’État (Voice of America, Radio Sawa, Radio Marti, etc.). Elle est financée par la National Endowment for Democracy (NED) [12], la vitrine légale de la CIA mise en place notamment par… Elliott Abrams. 
>>> New Tang Dynasty (NTDTV) est une télévision diffusée par satellite [13]. Ses programmes sont principalement en mandarin et cantonais, mais aussi en anglais. Elle est financée par la NED/CIA.

À terme, la stratégie d’Elliott Abrams et du Conseil de sécurité nationale a peu de chances de peser sur la politique intérieure chinoise. La fonction du Falun Gong sera plutôt de contrôler la diaspora et de diffuser de la propagande anti-communiste. Toutefois, ceci aura un prix pour les États-Unis. Les efforts déployés pour rendre la secte respectable, l’appuyer d’un fort lobby parlementaire, lui fournir de puissants médias, obligent à lui donner aussi un rôle politique à Washington, comme cela a dû être fait pour le secte Moon.

Au vu de ces éléments, la question du soutien au Falun Gong doit être réexaminée [14]. On ne peut que déplorer la brutalité de la police chinoise, mais celle-ci ne signifie pas que Maître Li et ses disciples soient inoffensifs. En premier lieu toute société a le devoir de protéger ses membres et aucun État au monde ne peut accepter chez lui le développement d’une organisation religieuse qui détourne les gens faibles de la science et de la médecine pour les plonger dans la superstition. Même pas les États-Unis qui n’ont pas hésité à recourir à l’armée pour écraser l’Église davidienne à Waco (1993). En second lieu, le Falun Gong est aussi une arme des États-Unis dans leur croisade contre le communisme. Accorder l’asile à cette organisation, c’est s’ingérer dans les affaires intérieures chinoises, ce qui ne peut être fait qu’avec circonspection.

[1] Cf. Site officiel.

[2] Cf. Site officiel.

[3] Cf. Document consultable en html et téléchargeable en pdf.

[4] Sur le Falun Gong, outre les écrits du fondateur Li Hongzhi, on consultera les études suivantes : Falun Gong’s Challenge to China : Spiritual Practice or Evil Cult ? par Danny Schechter, Akashic Books, 2000 ; Power of the Wheel : The Falun Gong Revolution, par Ian Adams, Riley Adams et Rocco Galati, Stoddart Publishing, 2001 ; Falun Gong, The end of days par Maria Hsia Chang, Yale university press, 2004 (version française : Falungong, secte chinoise. Un défi au pouvoir, Éditions Autrement, 2004) ; Falun Gong and the Future of China, par David Ownby, Oxford University Press, 2008.

[5] Article de He Zuoxiu, de l’Académie des sciences chinoise, paru le 11 avril 1999 dans Science et technologie pour la jeunesse.

[6] « Elliott Abrams, le "gladiateur" converti à la "théopolitique" », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 14 février 2005.

[7] La théopolitique est une politique définie à partir du « plan de Dieu sur le monde ». Elle affirme que la paix internationale ne peut être construite qu’autour du « peuple élu » et de l’État d’Israël divinement inspiré avec Jérusalem comme capitale. Cette théorie est soutenue par de nombreux responsables de l’administration Bush fils. Voir le chapitre « Théopolitique » dans L’Effroyable imposture 2, par Thierry Meyssan, Éditions Alphée, 2007.

[8] Notons que David Kilgour est aujourd’hui très impliqué dans la campagne internationale pour qualifier la guerre du Soudan de « génocide », et en rendre responsable les gouvernements de Khartoum et de Pékin.

[9] Report into allegations of organ harvesting of Falun Gong practitioners, par David Matas et David Kilgour, 6 juillet 2006.

[10] Site officiel.

[11] Site officiel.

[12] « La NED, nébuleuse de l’ingérence "démocratique" », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 22 janvier 2004.

[13] Site officiel.

[14] En France, le soutien au Falun Gong est jusqu’à présent limité. Outre l’association Reporters sans frontières, il faut citer le sénateur communiste et maire de Fontenay-sous-bois, Jean-François Voguet (probablement par anti-maoïsme primaire).

 

SourcesRéseau Votaire

Posté par Adriana Evangelizt

Mercredi 17 septembre 2008 3 17 /09 /Sep /2008 16:46

Ecrire un commentaire - Par JC - Voir les 0 commentaires - Publié dans : CHINE



La Chine, les fonds souverains ou la Banque du Sud constituent-ils des alternatives à la domination du Nord ?



MILLET Damien, TOUSSAINT Éric



Au cours des dernières années, de nouveaux acteurs ont fait leur apparition en tant que pourvoyeurs de capitaux : il s’agit de la Chine, des fonds souverains et plus récemment de la Banque du Sud. Ces nouveaux venus sont perçus par les créanciers traditionnels comme des trouble-fêtes, mais constituent-ils réellement une alternative ?

Depuis 2004, l’augmentation importante du prix des produits de base a triplé les réserves de change d’une majorité de pays en développement (PED). En juin 2008, la Chine à elle seule détenait l’équivalent de 1 700 milliards de dollars et les réserves de l’ensemble des PED dépassaient 3 500 milliards de dollars, soit le triple de celles du Japon, de l’Europe occidentale et de l’Amérique du Nord réunis. C’est sans précédent historique. Certains d’entre eux les ont utilisées en partie pour rembourser de manière anticipée la Banque mondiale, le FMI et le Club de Paris réduisant ainsi la dépendance à leur égard. Les prêts du FMI, qui s’élevaient encore à 107 milliards de dollars en 2003, juste avant le début de la hausse des prix des biens primaires, sont retombés à 16 milliards en 2007.

La Chine

Les prêts accordés par la Chine aux PED constituent une alternative moins coûteuse et dépourvue des conditionnalités imposées par les institutions de Bretton Woods. Les pays africains pourvus de ressources naturelles y recourent déjà et les autres suivent ou souhaitent avoir accès à la manne chinoise. Pour autant, ce n’est en rien une alternative pour les pays du Sud. La Chine investit massivement dans les pays disposant des richesses naturelles qui lui manquent, mais elle prend soin de ne pas partager le pouvoir que cela lui confère et les populations ne sont pas plus associées qu’avant aux bénéfices de ces exportations. Les pouvoirs en place y trouvent leur compte car l’argent afflue sans que le bailleur de fonds ne mette son nez dans la gestion du pays. La Chine ne refuse pas d’injecter de l’argent dans des pays où ont lieu une captation des richesses financières par le clan au pouvoir et des violations régulières des droits de l’Homme, comme au Gabon ou au Soudan. Mais la Chine n’est pas du tout adepte de dons pour libérer le développement dans les pays où elle investit, elle envoie de nombreux travailleurs dans ces pays où ils prennent en charge les travaux d’infrastructures sans y associer les ouvriers locaux, et elle exige le remboursement des sommes prêtées jusqu’au dernier centime. L’endettement extérieur du pays s’accroît donc fortement.

Le cas de la République démocratique du Congo est éclairant à ce sujet. En septembre 2007, au moment où le peuple congolais attendait la publication par le gouvernement du rapport de la commission d’audit des contrats miniers qui devrait dénoncer les contrats non conformes à la législation, le gouvernement a signé un contrat d’exploitation minière avec un groupement d’entreprises chinoises pour une durée d’environ 30 ans. Ce contrat s’est traduit par la création d’une joint-venture détenue à 68% par les entreprises chinoises et à 32% par des sociétés congolaises. Alors que les financements en provenance de Chine ne seront débloqués qu’après les études de faisabilité, le gouvernement congolais a déjà mis à la disposition de la joint-venture des gisements d’au moins 10,6 millions de tonnes de cuivre et 600 000 tonnes de cobalt. Le remboursement de ces investissements est prévu en trois périodes : la totalité des bénéfices réalisés durant la première période par la joint-venture sera affectée au remboursement des investissements miniers, y compris leurs intérêts ; durant la deuxième période, 66% des bénéfices réalisés seront affectés à ce remboursement et les 34% restants serviront à la rétribution des actionnaires ; au cours de la troisième période, la totalité de ses bénéfices sera distribuée aux actionnaires, au prorata de leurs parts dans le capital social. Pendant les deux périodes dont la durée n’est pas déterminée, la RDC accordera des avantages particuliers à la joint-venture qui se traduisent par « l’exonération totale de tous les impôts, droits, taxes, douanes, redevances directs et indirects, à l’intérieur ou à l’import et l’export, payables en RDC et ceux liés aux activités minières et au développement d’infrastructures ». Rien ne sera affecté au budget de l’Etat. Finalement, le peuple congolais est floué avec la complicité des autorités congolaises qui ont organisé le bradage pur et simple des richesses nationales pour leur propre intérêt et au profit des entreprises chinoises. En bout de course, c’est la continuation de la politique néfaste suivie précédemment avec les transnationales occidentales et les financements des créanciers traditionnels, dont la position est très fragilisée depuis 2005 par l’émergence de nouveaux acteurs.

Notons aussi qu’en Asie de l’Est, les 13 pays principales économies (ASEAN, Chine, Japon et Corée du Sud) ont signé les accords de Chiang Mai qui permettra une collaboration entre les banques centrales de ces pays pour affronter ensemble une éventuelle crise monétaire ou financière. C’est ce type d’accord que Washington avait empêché au milieu de la crise asiatique de 1997-1998.

Les fonds souverains

Pour placer une partie de leurs réserves de change, certains gouvernements du Sud ont lancé des fonds souverains de richesse nationale (Sovereign Wealth Funds). Les premiers d’entre eux ont été créés dans la deuxième moitié du XXe siècle par des gouvernements qui souhaitaient mettre de côté une partie de leurs recettes d’exportation (pétrole, produits manufacturés). Dans l’ordre, les fonds les plus importants sont ceux de l’émirat d’Abu Dhabi, du Koweit, de la Chine, de Singapour, de la Russie. Le volume du Abu Dhabi Investment Agency (ADIA) est estimé à 875 milliards de dollars. La Libye vient d’annoncer la création d’un fonds de 40 milliards de dollars. Le Venezuela a créé le Fonden (Fonds de développement national) début 2007. L’Algérie et le Brésil envisagent également d’en créer. Au total, ces fonds souverains disposent de près de 3 000 milliards de dollars.

A l’échelle de l’ensemble des PED, ces fonds souverains constituent une source publique d’apports de capital à des entreprises locales qui concurrencent la Société financière internationale, l’agence de la Banque mondiale chargée de faire des prêts ou des apports de capitaux aux entreprises privées du Sud. Ces fonds souverains servent aussi aux PED concernés à entrer dans le capital d’entreprises des pays les plus industrialisés. En novembre 2007, ADIA a investi 7,6 milliards de dollars dans Citigroup, la première banque mondiale. Entre août 2007 et juillet 2008, les fonds souverains ont ainsi apporté plus de 90 milliards de dollars au capital de grands organismes financiers privés, très affaiblis par leurs investissements hasardeux sur le marché des dettes hypothécaires aux Etats-Unis. Si quelques élus ont émis quelques craintes teintées de «  patriotisme économique », patrons et chefs d’Etat occidentaux les ont souvent accueillis à bras ouverts. Pour obtenir une place de choix au sein de grandes sociétés financières, certains fonds souverains ont consenti des efforts financiers importants. Par exemple, le fonds singapourien Temasek a vu partir en fumée plus de la moitié de la somme fournie à Merrill Lynch en décembre 2007 après une chute de la valeur de l’action de 55% en 7 mois. Echaudé par cette expérience, il a refusé de venir en aide à la société Bear Stearns qui a finalement été rachetée par la banque JP Morgan avec l’aide de la Réserve fédérale. Fin juillet 2008, pour obtenir un nouvel apport en capital de la part de Temasek, Merrill Lynch s’est engagé à lui verser 2,5 milliards de dollars en dédommagement pour la perte de valeur de ses actions.

Cette politique menée par quelques gouvernements des PED est différente de la politique suivie dans les années qui ont suivi le boom pétrolier de 1973. A cette époque, les gouvernements des PED recyclaient les pétrodollars en les prêtant aux banques privées du Nord et s’endettaient ensuite auprès de celles-ci. La politique actuelle des gouvernements qui acquièrent une partie du capital des entreprises du Nord ou du Sud est plus solide mais ne rompt en rien avec la logique capitaliste dominante. Les investissements ne sont pas mis au service d’un projet alternatif non capitaliste, alors que potentiellement ils pourraient constituer de puissants leviers pour la mise en place de politiques de renforcement du secteur public en brisant le contrôle privé sur les grands moyens de production, en développant l’économie solidaire, en redistribuant radicalement la richesse selon le principe de la justice et de l’égalité.

Des initiatives nouvelles en Amérique latine et dans la Caraïbe

En Amérique latine, plusieurs initiatives régionales gênent également les capitales des pays les plus industrialisés, mais là le contexte est tout autre. Il s’agit notamment de Pétrocaribe, de l’Alba et de la Banque du Sud. Grâce à la création de Petrocaribe par le Venezuela et une quinzaine de pays de la région, Caracas vend son pétrole à un prix inférieur à celui du marché mondial et passe des accords pour financer des projets destinés à améliorer les capacités de raffinage des pays qui en ont le plus besoin.

Vient ensuite l’accord de l’ALBA, lancé conjointement par le Venezuela, Cuba, la Bolivie et le Nicaragua. Cet accord basé aussi sur la manne pétrolière vénézuélienne fonctionne en partie sous forme de troc : plus de 20 000 médecins cubains fournissent des services de santé gratuits à la population vénézuélienne en échange du pétrole de ce pays. Plus de 50 000 opérations de la vue ont été réalisées à Cuba sans frais pour les patients vénézuéliens dans le même cadre. D’autres pays, membres de l’Alba ou pas, en bénéficient également. Une banque de l’Alba est entrée en activité en 2008.

Enfin, en 2007, sept d’Amérique latine (Argentine, Bolivie, Brésil, Equateur, Paraguay, Uruguay et Venezuela) ont créé ensemble la Banque du Sud. Des divergences entre gouvernements des pays membres ont ralenti l’entrée en activité de la nouvelle institution. Le Brésil, qui n’en ressent pas vraiment le besoin car il dispose d’une très importante banque de développement (BNDES), y a adhéré à reculons et cherche avec l’Argentine à mettre la Banque du Sud au service des entreprises brésiliennes et argentines afin de leur garantir des contrats ou des investissements dans la région. Mais tout n’est pas encore tranché : il s’agit de faire le choix entre deux options |1|. Ou bien mettre en place une banque qui soutiendra un projet néo-développementiste (soutien à l’expansion régionale d’entreprises capitalistes comme l’argentine Techint, les sociétés brésiliennes spécialisées dans le génie civil ou Petrobras) qui prend pour modèle la construction de l’Union européenne où dominent les intérêts du grand capital. Ou bien se doter d’un instrument de financement de politiques économiques, sociales et culturelles qui rompent avec la logique de la recherche du profit et donnent la priorité à l’intégration économique, sociale et culturelle en appliquant les différents pactes qui garantissent les droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels.

La création officielle de la Banque du Sud en décembre 2007, à Buenos Aires, a montré que les travaux avancent, mais d’autres thèmes faisaient également débat entre les gouvernements : chaque pays aura-t-il le même poids dans les structures de décision ? Les fonctionnaires de la nouvelle institution auront-ils droit aux privilèges et à l’impunité dont bénéficient les fonctionnaires du FMI, de la Banque mondiale, de la Banque interaméricaine de développement et d’autres institutions internationales  ? Quelles seront les garanties de transparence et de contrôle ?

La Banque du Sud suscite beaucoup d’espoir car les peuples attendent des gouvernements progressistes qu’ils profitent de la situation historique favorable pour réellement mettre en pratique des alternatives de financement. Il est très important que les mouvements sociaux des pays concernés interpellent les gouvernements et les mettent sous pression afin qu’ils se hissent à la hauteur des possibilités historiques.

Parmi les initiatives nouvelles, il faut aussi mentionner : la reprise par le Venezuela, la Bolivie et l’Equateur du contrôle sur certaines de leurs ressources naturelles ; la sortie de la Bolivie du CIRDI, le tribunal de la Banque mondiale en matière d’investissements et le début des discussions pour la création du CIRDI du Sud.

Bien que ces différentes initiatives nouvelles modifient la donne, elles ne changent pas vraiment les règles du jeu. Les accords signés entre la Chine et ses partenaires dans le monde font la part belle aux intérêts de Pékin. Les banques centrales des pays signataires des accords de Chiang Mai continuent de prêter une très grande part de leurs réserves de change au gouvernement des Etats-Unis via l’achat de bons du Trésor. Plusieurs pays membres de la Banque du Sud font de même, certes avec un bémol. Bien que les PED riches en devises aient réduit leur dette extérieure, ils ne sont pas sortis de l’endettement car ils ont très fortement augmenté la dette intérieure publique, aujourd’hui trois fois plus importante que la dette extérieure publique. La dette externe des entreprises privées des PED a également fortement augmenté. Or au cours des années 1990, lors de chaque grande crise financière, la dette privée a été socialisée et a débouché sur une augmentation de la dette publique. Si une nouvelle architecture internationale (basée le Pacte international sur les droits économiques sociaux et culturels ainsi que sur la Charte des droits et des devoirs des Etats) n’est pas mise en place par un nombre suffisant de gouvernements progressistes du Sud, la Banque mondiale et le FMI seront en mesure de surmonter leur crise en mettant à profit de futurs chocs extérieurs entraînés par une chute possible des prix des produits de base combinée à une augmentation des taux d’intérêts. Notes de bas de page :

|1| Pour une présentation des étapes dans la construction de la Banque du Sud et des débats qui la concernent, voir Eric Toussaint, Banque du Sud et nouvelle crise internationale, 2008, chapitres 1 à 4.

Comite pour l’annulation de la dette du Tiers Monde (CADTM)

Site Web : http://www.cadtm.org

Posté par Adriana Evangelizt

Vendredi 5 septembre 2008 5 05 /09 /Sep /2008 23:46

Ecrire un commentaire - Par JC - Voir les 0 commentaires - Publié dans : CHINE



Tremblement de terre en Chine : lourd bilan des victimes et grandes conséquences économiques


Par Alex Lantier


Le bilan des victimes de l’important tremblement de terre du 12 mai en Chine dans la province du Sichuan a continué de s’alourdir hier, même sans tenir compte du fait que l’état de la situation dans les régions les plus dévastées n’était pas connu. Le séisme, dont l’épicentre se trouvait dans une région montagneuse près des frontières entre le Sichuan, le Tibet et la province de Qinghai, a été d’une intensité de 7,9 sur l’échelle de Richter et fut perçu aussi loin que dans la capitale thaïlandaise de Bangkok à 1900 kilomètres au sud.

Selon l’agence de presse d’Etat Xinhua, le gouverneur adjoint de la province du Sichuan a fait état d’un bilan de plus de 12 000 morts, 26 206 blessés et plus de 9400 personnes prises sous les décombres. Li a déclaré que le bilan partiel se chiffrait 161 morts dans la préfecture autonome d’Aba Tibetan-Qiang, 7395 à Mianyang City, 2648 à Deyang City, 959 dans la capitale du Sichuan, Chengdu, et 700 dans la ville de Guangyuan. D’autres décès furent rapportés dans des villes dont Ya’an, Ziyang et la préfecture autonome tibétaine de Garzê.

On craint que ces chiffres ne soient revus considérablement à la hausse, étant donné que les troupes et les secouristes arrivent à peine à l’épicentre du séisme et que les chiffres actuels ne tiennent pas compte de ces régions. Des soldats qui ont atteint Yingxiu, près de l’épicentre, ont affirmé pouvoir recenser 3000 survivants dans la population, qui atteindrait au total entre 9000 et 12 000 habitants.

En plus, on croit largement que les autres données du bilan officiel sous-estiment l’ampleur de la catastrophe. Plus de 5000 travailleurs se trouvaient dans une usine de turbines à vapeur à Hanwang lorsque celle-ci s’effondra, et 2000 autres furent ensevelis sous les décombres à Shifang, où deux usines de produits chimiques s’effondrèrent en répandant plus de 80 tonnes d’ammoniac. Des officiels ont rapporté que 80 pour cent des buildings du comté de Beichuan s’étaient effondrés. Au moins huit écoles primaires ou secondaires ont été détruites dans le Sichuan, ainsi qu’une autre dans la ville de Chonqing, ensevelissant des milliers d’élèves sous les décombres. Selon un article du Sichuan Daily de Chengdu, 26 000 personnes ont été blessées et 18 645 inhumées à Mianyang seulement.

Les effets persistants du tremblement de terre compliquent les interventions des secours. La zone subit encore de nombreuses répliques sismiques, dont certaines atteignent plus de 6 à l’échelle de Richter. La puissance du séisme et sa position à seulement 10 kilomètres sous la surface terrestre ont causé des ruptures et des failles le long d’une zone de 150 kilomètres, surtout au nord-est de l’épicentre.

Les secours sont aussi ralentis par les infrastructures fragiles de la région. Des glissements de terrain ont bloqué d’étroites routes de montagne, et les réseaux téléphoniques sont peu fiables alors que plus de 2300 tours de transmissions de la Chine ont cessé de fonctionner et que les câbles téléphoniques fixes ont été sectionnés à travers la province du Sichuan. L’aéroport de Chengdu a rouvert mardi après-midi après que l’ont eu inspecté les pistes d’atterrissage et de décollage.

Les conséquences tragiques du séisme révèlent les terribles contradictions du capitalisme chinois, dans lesquelles de nouvelles industries s’élèvent au milieu d’une pauvreté rurale massive avec des salaires industriels d’à peine quelques dollars par jour. En fait, c’est précisément les faibles salaires et la pauvreté à grande échelle que les compagnies étrangères recherchent, alors qu’elles se déplacent vers l’intérieur du pays, s’éloignant des zones côtières autour de Guangzhou et Shanghai où les salaires sont plus élevés.

À Chengdu, les autorités locales ont fait la promotion d’une nouvelle opération menée par des compagnies multinationales telles que Motorola, Alcatel, Intel, IBM et Nokia, visant la mise en place d’un nouveau parc résidentiel industriel de haute technologie, pour tenter de faire de la ville le « Silicon Valley de Chine ». Cependant, d’autres édifices de la ville et de la région sont vieux et vulnérables. Cet état des choses est emblématique de la lâcheté de la direction du Parti communiste chinois, qui est devenue un agent des intérêts de la grande entreprise et a fait de la Chine l’atelier à bas salaire du monde.

Même si Sichuan a une histoire de violent séisme, peu d’édifices y sont construits pour y résister. Les sismologues étaient si préoccupés par le fait que la région était due pour un autre séisme majeur, selon le China Daily, que Chen Xuezhong du Bureau sismologique d’État, écrivit en 2002 que le Sichuan allait faire face à un tremblement de terre dans « quelques années ». Malgré cela, même les mesures inadéquates du code du bâtiment adoptées après le séisme de Tangshan en 1976 (qui tua 270 000 personnes) ne furent pas imposées.

Le 13 mai, le Newswwek s’adressa à Weimin Dong de Risk Management Solutions, une firme qui se spécialise dans l’évaluation des risques financiers causés par des catastrophes physiques, tels que les ouragans et les séismes. Il nota que l’intensité de présent séisme — une mesure indiquant la distance du déplacement du sol de son point d’origine durant le séisme — était au-dessus de 9, alors que les codes de construction requièrent que les édifices puissent résister à un séisme d’une intensité de 7.

Questionné à savoir si les pourquoi les exigences étaient si bases, Dong répond : « Vous ne pouvez pas exiger que tous les édifices soit [entièrement équipé], parce que cela coûte beaucoup. Tu dois avoir des poutres plus grandes et tout le reste, donc c’est une considération de coût […] Ce n’est pas comme à Beijing ou Shanghai – là ils jettent à terre les vieux édifices et construisent de nouvelles tours. Mais dans les régions rurales, les édifices les plus grands sont les plus vieux.

« Des photos de l’école, il semble y avoir eu des renforcements en quelque sorte, mais c’était mal conçu et il semble que la conception de l’édifice n’ait pas du tout pris en considération l’impact d’un séisme. » 

Dong ajouta: « La ville de Chengdu, la capitale de la province de Sichuan, se situe à environ 95 kilomètres de l’épicentre. Cette zone a beaucoup d’immeubles de maçonnerie, de briques et en mur d’adobe. Certaines ont peut-être une structure en bois avec un peu de glaise autour. Les immeubles ne sont pas réellement désignée de façon professionnelle. […] Nous ne devons pas être surpris que 80 pour cent des immeubles se soient effondrés » dans certaines zones.

Les analystes interviewés hier décrivent l’impact financier du tremblement de terre comme étant minimal, en mentionnant la pauvreté de Sichuan : « le dommage économique sera minimisé par le fait que la région est reculée par rapport à la côte Est prospère et densément peuplée de la Chine. Sichuan, une province du sud-ouest de la Chine de 80 millions [6 pour cent de la population de la Chine] contribue pour 3,9 pour cent du PIB de la Chine et 2,5 pour cent de sa production manufacturière.

Dans une tentative de calmer les inquiétudes que le tremblement de terre pourrait avoir un impact sur l’économie chinoise comparable à celui qu’avaient eu les tempêtes de neige de février 2008, les analystes de Merrill Lynch ont écrit : « le tremblement de terre a pris place dans des régions qui sont presque négligeables pour le commerce extérieur chinois. Cela est très différent de la tempête de neige, qui avait affecté les deltas des rivières Pearl et Yangtse. » Ces vallées de rivières contiennent d’importantes sections de l’industrie d’exportation chinoise et des usines de production de l’énergie et coulent dans la mer près des zones métropolitaines de Guangzhou et de Shanghai.

Cependant, le tremblement de terre pourrait toujours avoir des conséquences dommageables pour l’économie. La province de Sichuan possède 40 pour cent des réserves de gaz naturel de la Chine et 22 pour cent de sa production de gaz naturel. Ses pipelines et ses établissements pour le traiter ont été fermés après le tremblement de terre par mesure de sécurité. L’analyste de Merrill Lynch, Ting Lu, a dit à Bloomberg News qu’il ne sait pas si ces dérangements vont ultimement affecter l’apport énergétique de la Chine.

La Chine fait face à de grandes pannes de courant en raison de ses capacités de production énergétique insuffisantes et le gouvernement central fournit des subventions pour les compagnies énergétiques afin qu’elles vendent leur gaz naturel aux consommateurs à de bas prix. Si, cependant, la Chine se voit forcée d’acheter le gaz naturel directement sur les marchés internationaux, ces subventions deviendraient plus coûteuses à maintenir. Cela augmenterait le risque que l’industrie chinoise aurait à payer plus cher pour ses factures énergétiques et reléguerait le coût de ses factures aux consommateurs.

La province de Sichuan est aussi un grand producteur agricole de riz et spécialement de porc. Si les perturbations dans le transport et le fret persistent, le résultat pourrait être moins de provisions et des prix plus élevés pour la nourriture en Chine à une période où les prix de la nourriture sont déjà en train de grimper rapidement. Selon un récent rapport paru dans le China Daily, l’inflation était de 8,5 pour cent dans l’année finissant en avril 2008 et les prix de la nourriture ont augmenté de 22 pour cent. En 2007, le prix du porc a augmenté de 55 pour cent, l’huile végétale de 34 pour cent et les légumes de 30 pour cent.

Sources
WSWS

Posté par Adriana Evangelizt

Vendredi 30 mai 2008 5 30 /05 /Mai /2008 02:20

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Pékin construit une base nucléaire secrète



Une rumeur qui circulait depuis 2002 dans les cercles du renseignement militaire international a finalement été confirmée par la revue spécialisée britannique Jane’s Defense Weekly qui publie, vendredi, des photos d’une base secrète chinoise sur l’île de Hainan, en mer de Chine.

Selon les rédacteurs de Jane’s, cette gigantesque base navale devrait bientôt permettre à la Chine de compter sur une nouvelle tête de pont dans un secteur très stratégique par où transige l’essentiel du pétrole à destination de la Chine et du Japon.

« Tandis que la Chine ne manifeste aucune agressivité en public, l’analyse de Jane’s montre que Pékin semble discrètement construire une importante base navale souterraine, ce qui pourrait bien signifier un renforcement de ses capacités stratégiques, non seulement en mer de Chine méridionale, mais également bien au-delà », explique la revue.

Le complexe serait doté des infrastructures nécessaires pour y dissimuler des regards indiscrets de satellites militaires ennemis une flotte entière de sous-marins nucléaires. Actuellement, la Chine ne compte que deux sous-marins nucléaires stratégiques capables d’emporter des missiles à longue portée. Un troisième navire serait en construction et s’il faut en croire les services secrets américains, Pékin viserait une flotte de cinq bâtiments.

Et l’ampleur du projet révélé par les photographies satellites de Jane’s laisse croire que la marine militaire chinoise pourrait se servir de ses nouvelles installations pour y baser une flotte entière de sous-marins et de navires de guerre, dont des porte-avions.

Sources
Spy World

Posté par Adriana Evangelizt

Samedi 3 mai 2008 6 03 /05 /Mai /2008 01:18

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La Chine et les États-Unis: : PsyOp sur les droits de l'homme au Tibet


par Michel Chossudovsky


 
La question des droits de l'homme est devenue la double page centrale de la désinformation médiatique.

​​​​La Chine n'est pas un modèle des droits de l'homme, mais pas plus que les États-Unis et son indéfectible allié britannique, coupables de crimes de guerre et de violations considérables contre les droits de la personne en Irak et dans le monde entier. Les États-Unis et ses alliés, qui défendent la pratique des tortures, les assassinats politiques et la mise en place de camps de détention secrets, sont toujours présentés à l'opinion publique comme les modèles de démocraties occidentales à suivre par les pays en développement, contrairement à la Russie, à l'Iran, à la Corée du Nord et à la République Populaire de Chine.

Droits de l'homme à « deux vitesses »

​​​​Pendant que les présumées violations des droits à la personne de la Chine au Tibet sont mises en exergue , les récentes vagues d'assassinats en Irak et en Palestine ne sont pas mentionnées. Les médias occidentaux ont à peine reconnu le cinquième « anniversaire de la libération » de l'Irak et le bilan des meurtres et des atrocités parrainés par les États-Unis, perpétrés contre l'ensemble de la population au nom d'une « guerre mondiale contre le terrorisme. »

​​​​Plus de 1,2 million de civils irakiens sont morts, 3 millions sont blessés. Le Haut Commissariat aux Réfugiés des Nations Unies (
HCR) indique le chiffre de 2,2 millions de réfugiés irakiens ayant fui le pays et 2,4 millions de « personnes déplacées à l'intérieur » :

​​​​Au moment de l'invasion étatsunienne en mars 2003, la population irakienne se montait en gros à 27 millions, contre environ 23 millions aujourd'hui. L'arithmétique élémentaires indique qu'à l'heure actuelle plus de la moitié des Irakiens sont soit réfugiés, avec le besoin d'aide urgente, soit blessés, soit morts. » (Dahr Jamail, Global Research, December 2007)

L'échiquier géopolitique

​​​​De profond objectifs géopolitiques se tiennent derrière la campagne contre les dirigeants chinois.

​​​​Le projet de guerre États-Unis-OTAN-Israël contre l'Iran est à un stade avancé de préparation. La Chine a des liens économiques ainsi qu'un accord de coopération militaire bilatéral de grande envergure avec l'Iran. De plus, la Chine est aussi alliée de la Russie, du Kazakhstan, de la République kirghize, du Tadjikistan et de l'Ouzbékistan, dans le cadre de l'Organisation de Coopération de Shanghai (SCO). Depuis 2005, l'Iran a le statut de membre observateur à la SCO.

​​​​À son tour, la SCO a des liens avec l'Organisation du Traité de Sécurité Collective (CSTO), un accord de coopération militaire associant la Russie, l'Arménie, la Biélorussie, le Kazakhstan, l'Ouzbékistan, la République kirghize, et le Tadjikistan.

​​​​En octobre de l'année dernière, la CSTO et la SCO ont signé un Mémorandum d'Entente posant des fondements de coopération militaire entre les deux organisations. Cet accord SCO-CSTO, à peine évoqué par les médias occidentaux, implique la création d'une véritable alliance militaire entre la Chine, la Russie et les États membres de la SCO/CSTO. Il est bon de noter, qu'en 2006 la CSTO et de la SCO ont tenu des manœuvres militaires communes qui coïncidaient avec celles menées par l'Iran. (Pour plus de détails, voir l'article en anglais,
La Russie et les alliés d'Asie Centrale conduisent des manœuvres en réponse aux menaces étasuniennes, Global Research, Michel Chossudovsky, août 2006.)

​​​​Dans le contexte de ses plans de guerre contre l'Iran, les États-Unis ont aussi l'intention d'affaiblir les alliés de ce pays, à savoir la Russie et la Chine. Dans le cas de la Chine, Washington cherche à bouleverser les liens bilatéraux entre Beijing et Téhéran, de même que le rapprochement de l'Iran avec la SCO, dont le siège se trouve à Beijing.

​​​​La Chine est un allié de l'Iran. L'intention de Washington est d'utiliser les prétendues violations des droits de l'homme de Beijing comme d'un prétexte pour prendre pour cible la Chine, un allié de l'Iran.

​​​À cet égard, une opération militaire dirigée contre l'Iran ne peut réussir que si la structure des alliances militaires liant l'Iran à la Chine et la Russie est perturbée. C'est une chose que le Chancelier allemand Otto von Bismarck avait comprise par rapport à la structure des alliances militaires concurrentes de l'époque précédant la Première Guerre Mondiale. La Triple Alliance était un accord établi en 1882, entre l'Allemagne, l'Empire Austro-Hongrois et l'Italie. En 1907, un accord anglo-russe a ouvert la voie à la formation de la Triple Entente, constituée de la France, du Royaume-Uni et de la Russie.

​​​​Finalement, la Triple Alliance a pris fin en 1914, quand l'Italie ayant déclaré sa neutralité s'en est retirée, ouvrant ainsi la voie à l'éclatement de la Première Guerre Mondiale.

​​​​L'histoire montre l'importance des alliances militaires adverses. Dans le contexte actuel, les États-Unis et ses partenaires de l'OTAN cherchent à saper la formation d'une alliance militaire eurasienne soudée, SCO-CSTO, qui pourrait efficacement remettre en cause et contenir l'expansionnisme militaire États-Unis-OTAN en Eurasie, en joignant les capacités militaires, non seulement de la Russie et de la Chine, mais aussi celles de plusieurs anciennes républiques soviétiques, notamment de la Biélorussie, de l'Arménie, du Kazakhstan, de l'Ouzbékistan, du Tadjikistan et de la République kirghize.



Encercler la Chine

​​​​Sauf sur sa frontière Nord, bordée par la Fédération de Russie, la Mongolie et le Kazakhstan, la Chine est entourée de bases militaires étatsuniennes.




Le corridor eurasien

​​​​Depuis l'invasion de 2001 et l'occupation de l'Afghanistan, les États-Unis sont présents militairement sur la frontière occidentale de Chine, en Afghanistan et au Pakistan. Les États-Unis ont l'intention d'établir des bases militaires permanentes en Afghanistan, une place stratégique limitrophes aux anciennes républiques soviétiques, à la Chine et à l'Iran.

​​​​De plus, depuis 1996, les États-Unis et l'OTAN ont aussi formé une union militaire, le GUUAM, avec plusieurs anciennes républiques soviétiques (Géorgie, Ukraine, Ouzbékistan, Azerbaïdjan et Moldavie). Dans l'ère de l'après 11 septembre, Washington s'est servi du prétexte de la « guerre mondiale contre le terrorisme » pour développer davantage sa présence militaire dans les pays du GUUAM. L'Ouzbékistan s'étant retiré du GUUAM en 2002, l'organisation est désormais connue sous le nom de GUAM.

​​​​Les intérêts pétroliers de la Chine en Eurasie, ainsi qu'en Afrique sub-saharienne, empiètent sur ceux des anglo-étatsuniens.

​​​​Ce qui est en jeu, c'est la maîtrise géopolitique du corridor eurasien.

​​​​En mars 1999, le Congrès étatsunien a adopté la Silk Road Strategy Act (SRS, loi sur la stratégie de la Route de la Soie), qui définit les grands intérêts économiques et stratégiques des États-Unis dans une région s'étendant de l'Est Méditerranéen à l'Asie Centrale. La SRS définit le cadre de développement du business de l'empire étatsunien le long d'un vaste corridor géographique.

​​​​La mise en œuvre réussie du SRS exige la « militarisation » concomitante de l'ensemble du corridor eurasien pour sécuriser la maîtrise des immenses réserves pétrolières et gazières, de même que pour « protéger » le couloir de pipelines et commercial. Cette militarisation est dirigée en grande part contre la Chine, la Russie et l'Iran.

​​​​La militarisation du Sud de la Mer de Chine et du Détroit de Taiwan fait partie intégrante de cette stratégie, qui, dans l'ère de l'après 11/9, consiste en déploiements « sur plusieurs fronts. »

​​​​De plus, la Chine demeure dans l'après-guerre froide la cible d'une attaque étatsunienne avec première frappe nucléaire.

​​​​Dans la Nuclear Posture Review (NPR, analyse de l'attitude concernant le nucléaire) de 2002, la Chine et la Russie sont assimilées dans la liste des « États voyous » à des cibles possibles d'attaques nucléaires préventives des États-Unis.  La Chine est citée dans la NPR comme « un pays pouvant être impliqué dans une urgence immédiate ou potentielle. »   Plus précisément, la NPR note l'affrontement militaire sur le statut de Taïwan comme l'un des scénarios pouvant mener Washington à se servir d'armes nucléaires contre la Chine.

​​​​La Chine est encerclée : L'armée étatsunienne est présente dans le Sud de la Mer de Chine et dans le Détroit de Taïwan, dans la Péninsule Coréenne et en Mer du Japon, ainsi qu'au cœur de l'Asie Centrale et sur la frontière ouest du Xinjiang, la région autonome Ouïgour de Chine. En outre, dans le cadre de l'encerclement de la Chine, « le Japon s'est peu à peu amalgamé en harmonisant sa politique militaire avec celle des États-Unis et de l'OTAN. » (Voir Mahdi Darius Nazemroaya, Alliance militaire mondiale : Encerclement de la Russie et de la Chine, publié en anglais le 10 mai 2007)

Miner la Chine de l'intérieur : Soutien secret aux mouvements sécessionnistes

​​​​En harmonie avec sa politique d'affaiblissement et, en fin de compte, de morcellement de la République Populaire de Chine, Washington soutient les mouvements sécessionnistes, tant au Tibet que dans la région autonome Ouïgour du Xinjiang, qui borde le Nord-Est du Pakistan et de l'Afghanistan.

​​​​Dans le Xinjiang Ouïgour, le renseignement pakistanais (ISI), agissant en liaison avec la CIA, soutient plusieurs organisations islamistes. Parmi ces dernières figurent le Parti Réformateur Islamiques, l'Alliance pour l'Unité Nationale du Turkestan Oriental, l'Organisation de Libération Ouïgour et le Parti du Djihad Ouïgour d'Asie Centrale. Plusieurs de ces organisations islamiques sont soutenues et entraînées par Al-Qaida, un atout du renseignement étatsunien sponsorisé par lui. L'objectif déclaré des Chinois appartenant aux organisations islamiques est la « création d'un califat islamique dans la région. » (Pour plus de détails, voir le livre
America's « war on terrorism », chapitre 2, Global Research, Montréal, Michel Chossudovsky, 2005; en français Guerre et mondialisation, La vérité derrière le 11 septembre (http://www.ecosociete.org/t065.php) :

​​​​Le califat regrouperait dans une seule entité politique l'Ouzbékistan, le Tadjikistan, le Kirghizistan (Turkestan Occidental) et la région autonome Ouïgour de Chine (Turkestan Oriental).

​​​​Ce « projet califat » empiète sur la souveraineté territoriale chinoise. Soutenu par diverses « institutions » wahhabites des États du Golfe, le mouvement sécessionniste aux frontières occidentales de Chine, est, une fois encore, conforme aux intérêts stratégiquesétatsuniens en Asie Centrale. Pendant ce temps, un puissant lobby étatsunien achemine son soutien vers les forces séparatistes du Tibet.

​​​​En encourageant tacitement la sécession de la région Ouïgour du Xinjiang (avec l'ISI du Pakistan comme « intermédiaire »), Washington essaye de déclencher un processus de déstabilisation politique et de démembrement de la République Populaire de Chine plus large. En plus de ses différentes opérations clandestines, les États-Unis ont installé des bases militaires en Afghanistan ainsi que plusieurs anciennes Républiques soviétiques, directement sur la frontière occidentale de Chine.

​​​​La militarisation du Sud de la Mer de Chine et du Détroit de Taiwan fait partie intégrante de cette stratégie. (
Ibid)

Les émeutes de Lhassa

​​​​Les violentes émeutes dans la capitale du Tibet à la mi-mars étaient un événement soigneusement orchestré. Dans leur sillage immédiat, une campagne de désinformation médiatique a été lancée, appuyée par des déclarations politiques de dirigeants occidentaux contre la Chine.

​​​​Selon certaines indications, les services de renseignement étatsuniens ont joué un rôle en coulisse, dans ce que plusieurs observateurs ont décrit comme une opération soigneusement préméditée. (Voir notre analyse ci-dessous).

​​​​Les événement de Lhassa à la mi-mars ne sont pas un mouvement protestataire « pacifique » spontané, comme l'ont décrit les médias occidentaux. Ces émeutes, impliquant une bande de gangsters, ont été préméditées. Elles ont été soigneusement organisées. En Inde, des activistes tibétains associées au gouvernement du Dalaï Lama en exil ont laissé entendre qu'ils s'attendaient en effet à les troubles. Mais ils refusent de préciser comment ils le savaient ni qui étaient leurs collaborateurs. » (
Guerilla News)

​​​​Les images ne suggèrent pas un rassemblement de manifestation de masse mais plutôt un déchaînement de violence mené par quelques centaines d'individus. Des moines bouddhistes ont été impliqués dans ce déchaînement de violence. Selon China Daily (31 mars 2008), le Congrès de la Jeunesse Tibétaine (TYC), basé en Inde, considérée par la Chine comme une « organisation intransigeante » affiliée au Dalaï-Lama, est aussi derrière la violence. Les camps d'entraînement de la TYC sont financés par la National Endowment for Democracy (NED, fondation nationale pour la démocratie). (Voir
le document de l'audition du Congrès concernant le soutien de la NED à la TYC.)



​​​​Vidéo : Émeutes de Lhassa (CCTV.com, TV d'État de Chine)

​​​​Vidéo : Émeutes du Tibet : ce qui s'est réellement passé

​​​​Les séquences vidéo confirment que des civils ont été lapidés, battus, et dans quelques cas tués. La majorité des victimes étaient des Chinois Hans. Selon les déclarations du gouvernement du Tibet, au moins dix personnes ont été brûlées vives, suite à des incendies volontaires. Ces déclarations ont été confirmées par le récit de plusieurs témoins oculaires. Selon un reportage du Journal de Peuple :

​​​​Cinq vendeurs d'un magasin de vêtements sont morts brûlés avant d'avoir eu la moindre chance de s'échapper. Un homme de 1,7 mètres, nommé Zuo Yuancun, a été transformé en torche et réduit en horrible squelette avec des restes de chair. Un travailleur itinérant a été saigné, poignardé au foie par les gangsters. Une femme a été battue durement par ses assaillants et a eu une oreille tranchée. (People's Daily, 22 mars 2008.)

​​​​Pendant ce temps, avec désinvolture, les médias occidentaux décrivent les pillages et les incendies criminels comme une « manifestation pacifique, » réprimée avec usage de la force par les autorités chinoises. Il n'y a aucun rapports précis (de sources d'information chinoise ou occidentale) sur le nombre de victimes résultant de l'opération de la police chinoise lancée pour réprimer les émeutes. Des rapports de la presse occidentale indiquent un déploiement à grande échelle de plus de 1.000 soldats et policiers sur des véhicules blindés dans la capitale tibétaine.

​​​​Des entreprises, des écoles ont été attaquées, des voitures ont été incendiées. Selon les rapports chinois, il y a 22 morts et 623 blessés. « Les émeutiers ont mis à feu plus de 300 sites, pour la plupart des maisons privées, des magasins et des écoles, démoli des véhicules et endommagé des établissements publics. »








Le planning de ces émeutes a été synchronisé avec la campagne de désinformation médiatique accusant les autorités chinoises d'avoir fomenté des actes criminels de pillage et d'incendie. Le Dalaï Lama a accusé Pékin d'avoir « déguisé ses troupes en moines » pour donner l'impression de moines bouddhistes à l'origine des émeutes. Ses affirmations se basaient sur une photographie de soldats vêtus en moines à l'occasion d'une interprétation théâtrale vieille de quatre ans (Voir South China Morning Post, 4 avril 2008).

​​​​Le journal continental [People's Daily] a signalé que les forces de sécurité qui réprimaient les émeutes à Lhassa ne pouvaient porter les uniformes de la photo, car ce sont des uniformes d'été, inadaptés au climat froid de mars.

​​​​Il a aussi révélé que la PAP [Police Armée de Chine] a échangé en 2005 ses uniformes contre d'autres caractérisés par des écussons aux épaules. Les agents armés montrés sur la photo portaient des uniformes de style ancien, abandonnés après 2005. . . Xinhua a affirmé que la photo avait été prise il y a des années au cours d'une représentation, quand des soldats ont emprunté des robes de moines avant de jouer sur scène. (Ibid)

​​​​L'affirmation du Dalaï Lama citée dans les médias occidentaux, selon qui les autorités chinoises ont fomenté les émeutes, est appuyée par une déclaration d'un ancien fonctionnaire du Parti Communiste Chinois (PCC), M. Ruan Ming, qui « prétend que le PCC a soigneusement mis en scène les incidents au Tibet pour obliger le Dalaï Lama à démissionner et justifier la répression future contre les Tibétains. M. Ruan Ming était un ancien rédacteur de discours du Secrétaire Général du PCC, Hu Yaobang. » (Cité dans The Epoch Times)

Photographie de 2003 utilisée par les médias pour accuser la Chine d'avoir délibérément fomenté les émeutes.

​​​​« Cette photo a été prise apparemment au moment où les soldats ont reçu l'ordre de revêtir leur robe pour figurer dans un film. » Voir :
http://buddhism.kalachakranet.org/chinese-orchestrating-riots-tibet.htm

 

Rôle des services de renseignement étatsunien

​​​​L'organisation des émeutes de Lhassa s'inscrit dans une trame logique. Il s'agit d'essayer de déclencher un conflit ethnique en Chine. Cela sert les intérêts de la politique étrangère étatsunienne.

​​​​Dans quelle mesure le renseignement étatsunien a-t-il joué un rôle secret dans la vague de manifestation actuelle concernant le Tibet ?

​​​​Étant donné la nature cachée des opérations d'espionnage, il n'y a aucune preuve tangible de l'implication directe de la CIA. Cependant, nous savons que plusieurs organisations liées au « gouvernement en exil » du Tibet sont soutenues par la CIA et/ou par son organisation civile façade, la National Endowment for Democracy (NED).

​​​​L'implication de la CIA dans l'acheminement d'aide clandestine vers les mouvement sécessionniste tibétains remonte au milieu des années 50. Le Dalaï Lama a figuré sur la liste de personnel de la CIA depuis la fin des années 50 jusqu'en 1974 :

​​​​À partir de 1956, la CIA a mené une campagne d'activités secrètes de grande envergure contre les Chinois communistes au Tibet. Cela a entraîné une insurrection sanglante désastreuse en 1959, qui a laissé des dizaines de milliers de Tibétains morts, pendant que le Dalaï Lama et environ 100.000 fidèles étaient contraints de s'enfuir vers l'Inde et le Népal à travers les cols himalayens semés d'embûches.

​​​​La CIA a mis sur pied un camp d'entraînement militaire secret pour les combattants de la résistance du Dalaï Lama, à Camp Hale, aux États-Unis, près de Leadville au Colorado. Les maquisards tibétains ont été formés et équipés par la CIA pour la guérilla et les opérations de sabotage contre les communistes chinois.

​​​​Les guérilleros formés par les États-Unis ont effectué des raids réguliers au Tibet à l'occasion d'accords de mercenariat dirigés par la CIA et appuyés par ses avions. Le programme d'entraînement initial a pris fin en décembre 1961, bien que le camp au Colorado semble être resté ouverte au moins jusqu'en 1966.

​​​​La CIA Tibetan Task Force, créée par Roger E McCarthy, aux côtés de l'armée de guérilla tibétaine, a continué l'opération baptisée « ST CIRCUS, » de harcèlement des forces de l'occupant chinois, pendant encore 15 ans, jusqu'en 1974, date de ratification officielle de la cessation de l'implication.

​​​​McCarthy, qui au sommet de ses activités a aussi servi de chef de la Task Force au Tibet, de 1959 à 1961, a continué plus tard en lançant des opérations similaires au Viêt-nam et au Laos.

​​​​Au milieu des années 60, la CIA a remplacé sa stratégie de parachutage de guérilleros et d'espions au Tibet par la mise sur pied de la Chusi Gangdruk, une armée de guérilla comportant quelque 2.000 combattants de l'ethnie Khamba, sur des bases du genre de celle de Mustang au Népal.

​​​​Cette base n'a été fermée qu'en 1974 par le gouvernement népalais, après qu'il ait subi une pression énorme de Beijing.

​​​​Après la guerre d'Indochine de 1962, la CIA a développé d'étroites relations avec les services du renseignement indien, à la fois dans la formation et la fourniture d'agents au Tibet. (Tibet, le « grand jeu » et la CIA, édité en anglais en mars 2008, publié en français le 9 avril 2008)

La National Endowment for Democracy (NED)

​​​​La National Endowment for Democracy (NED), qui canalise l'aide financière vers les groupes d'opposition pro-étatsuniens du monde entier, a joué un rôle important dans le déclenchement des « révolutions feutrées » qui servent les intérêts économiques et géopolitiques de Washington.

​​​​La NED, bien que ne faisant pas officiellement partie de la CIA, exerce une fonction importante dans l'arène des partis politiques civils et des ONG. Elle a été créée en 1983, quand la CIA a été accusée de secrètement soudoyer des hommes politiques et de mettre en place des organisations bidons, façades de la société civile. Selon Allen Weinstein, responsable de la mise en place de la NED durant l'administration Reagan, « Une grande partie de ce que nous faisons aujourd'hui était fait secrètement par la CIA il y a 25 ans. » (Washington Post, 21 septembre 1991.)

​​​​La NED opère à travers quatre instituts prédominants : le National Democratic Institute for International Affairs, l'
International Republican Institute, l'American Center for International Labor Solidarity, et le Center for International Private Enterprise.

​​​​La NED a fourni des fonds aux organisations de la « société civile » vénézuélienne à l'origine d'une tentative de coup d'État contre le Président Hugo Chavez. En Haïti, la NED a appuyé les groupes de l'opposition derrière l'insurrection armée qui a contribué à évincer le Président Bertrand Aristide en février 2004. Le coup d'État en Haïti résulte d'une opération des services de renseignement militaire soigneusement mise en scène. (Voir
La déstabilisation de Haïti, Global Research, Michel Chossudovsky, février 2004)

​​​​La NED finance nombre d'organisations tibétaines, tant en Chine qu'à l'étranger. La plus importante organisation pro-Dalaï Lama pour l'indépendance du Tibet financée par la NED est International Campaign for Tibet (ICT), fondée en 1988 à Washington. ICT a des bureaux à Washington, Amsterdam, Berlin et Bruxelles. À la différence des autres organisations tibétaines financées par la NED, ICT a des relations étroites, chaleureuses et « imbriquées » avec la NED et le Ministère des Affaires Étranges étatsunien :

​​​​Certains des directeurs d'ICT sont aussi membres constitutifs de l'establishment de la « promotion de la démocratie, » notamment Bette Bao Lord (présidente de la Freedom House, et l'une des directrices du Freedom Forum), Gare A. Smith (qui servait auparavant comme principal adjoint d'Human Rights and Labor du Bureau de la Démocratie du Ministère étasunien des Affaires Étranges), Julia Taft (ancienne directrice de la NED, ancienne adjointe au Ministre des Affaires Étranges et Coordonnatrice Spéciale sur les questions tibétaines, a travaillé à l'USAID, et a aussi exercé les fonctions de présidente et de directrice générale d'InterAction), et enfin, Mark Handelman (qui est aussi directeur de la Coalition Nationale pour les Droits des Haïtiens, une organisation dont le travail est lié de manière idéologique aux interventions de longue date de la NED à Haïti).

​​​​Le comité des conseillers d'ICT propose aussi deux individus étroitement liés à la NED, Harry Wu et Xiao Qiang (ancien directeur exécutif de Human Rights In China (droits de l'Homme en Chine), financé par la NED).

​​​​À l'instar de son conseil d'administration, le comité international des conseillers d'ICT comporte de nombreux notables « démocrates, » comme Vaclav Havel, Fang Lizhi (qui en 1995, au moins, a été membre du conseil d'administration de Human Rights in China), Jose Ramos-Horta (qui siège au conseil consultatif international du Democracy Coalition Project), Kerry Kennedy (l'un des directeurs du China Information Center, financé par la NED), Vytautas Landsbergis (l'un des patrons internationaux de la Société néoconservatrice Henry Jackson -- voir Clark, 2005), et jusqu'à sa mort récente, Jeane J. Kirkpatrick, « l'accoucheuse des Néo-conservateurs » (qui était aussi liée à des groupes « démocratiques » comme Freedom House et la Foundation for the Defense of Democracies). (
« Impérialisme démocratique » : Tibet, Chine et National Endowment for Democracy, Global Research, Michael Barker, 13 août 2007)


De gauche à droite : Elie Weisel, le Dalaï Lama, Carl Gershman président de la NED, et Lowell Thomas Jr. (Washington DC 2005)

​​​​« Les autre organisations financées par la NED incluent Students for a Free Tibet (SFT, étudiants pour un Tibet libre) évoqué plus haut. La SFT a été créée en 1994 à New York comme un projet du Comité Tibet étatsunien et financée par la NED et ICT. La SFT est plus connue pour le déploiement d'une bannière de 150 mètres en haut de la Grande Muraille de Chine, appelant à un Tibet libre. » (En français : Jeu géopolitique risqué : Washington joue le Tibet à la roulette avec la Chine, Global Research, F. William Engdahl, avril 2008).

​​​​En janvier dernier, la SFT avec cinq autres organisations tibétaines ont proclamé « le début d'un soulèvement du ''peuple tibétain'' . . . et fondé ensembles un bureau provisoire chargé de la coordination et du financement. » (Ibid)

​​​​La NED finance aussi le Tibet Multimedia Center pour la « diffusion de l'information concernant la lutte pour les droits de l'homme et la démocratie au Tibet, » lui aussi à Dharamsala. Et la NED finance le Tibetan Center for Human Rights and Democracy. (Ibid)

​​​​Les tâches sont réparties entre la CIA et la NED. Tandis que la CIA fournit le soutien clandestin aux groupes rebelles paramilitaires armés et aux organisations terroristes, la NED finance les partis « civils » et les organisations non gouvernementales, en vue d'établir une « démocratie » à la façon étatsunienne dans le monde entier.

 

​​​​La NED constitue, pour ainsi dire, le « bras civil » de la CIA. Les interventions de la CIA et de la NED dans différentes parties du monde se caractérisent par un modèle cohérent, qui est appliqué dans de nombreux pays.


PsyOp de discrédit du leadership chinois

​​​​L'objectif à court terme est de discréditer les dirigeants chinois durant les mois précédant les jeux olympiques de Beijing, tout en utilisant la campagne du Tibet pour détourner l'opinion publique de la guerre au Moyen-Orient et des crimes de guerre commis par la Zunie, l'OTAN et Israël.

​​​​Les prétendues violations des droits de l'homme par la Chine sont mises en évidence pour détourner de la guerre menée par les États-Unis au Moyen-Orient et pour lui donner un visage humain.

​​​​Les plans de guerre parrainés par les Étas-Unis contre l'Iran, sont maintenant reconnus et justifiés par le refus de Téhéran de se conformer aux exigences de la « communauté internationale. »

​​​​Avec le Tibet faisant les gros titres, la véritable crise humanitaire au Moyen-Orient n'est pas en première page des nouvelles.

​​​​D'une manière plus générale, la question des droits de l'homme est faussée : les réalités sont bouleversées, l'ampleur des crimes commis par les États-Unis et ses partenaires de la coalition est soit dissimulée soit justifiée comme un moyen pour protéger la société contre les terroristes.

​​​​Le « deux poids, deux mesures » dans l'évaluation des violations des droits de l'homme a été instauré. Au Moyen-Orient, l'assassinat de civils est étiqueté dommage collatéral. Il est justifié dans le cadre de la « guerre mondiale contre le terrorisme. » Les victimes sont considérées responsables de leur propre mort.


La flamme olympique

​​​​Soigneusement préméditées, les manifestations contre la violation des droits de l'homme en Chine ont été mises en branle dans les capitales occidentales.

​​​​Un boycott partiel des jeux olympiques semble en route. Le Ministre français des Affaires Étranges, Bernard Kouchner, (un ferme protagoniste des intérêts zuniens ayant des relations avec les Bilderberg), a appelé au boycott de la cérémonie d'ouverture des jeux olympiques. Kouchner a déclaré que l'idée devrait être débattue lors d'une réunion des Ministres européens des Affaires Étrangères.

​​​​La torche olympique a été allumée lors d'une cérémonie en Grèce, qui a été perturbée par « des militants pro-Tibet. » L'événement était parrainé par « Reporters sans Frontières, » une organisation dont les liens avec les services de renseignement étatsunien sont bien connus. (Voir,
Reporters sans Frontières démasqué, Diana Barahona, mai 2005). « Reporters sans Frontières » reçoit aussi du soutien de la National Endowment for Democracy (NED).

​​​​La flamme olympique est un symbole. L'opération psychologique (PsyOp) consiste à prendre pour cible la flamme olympique dans les mois précédants les jeux olympiques de Beijing.

​​​​À chaque phase de ce processus, les dirigeants chinois sont dénigrées par les médias occidentaux.


Implications pour l'économie mondiale

​​​​La campagne du Tibet, dirigée contre les dirigeants chinois, pourrait provoquer un retour de manivelle.

​​​​Nous sommes à la croisée des chemins de la plus grave crise économique et financière de l'histoire moderne. Le déploiement de la crise économique a un lien direct avec l'aventure militaire parrainée par les États-Unis au Moyen-Orient et en Asie Centrale.

​​​​La Chine joue un rôle stratégique quant à l'expansionnisme militaire étatsunien. Jusqu'à présent elle n'a pas exercé son droit de veto au Conseil de Sécurité des Nations Unies contre plusieurs résolutions dirigées contre l'Iran, parrainées par les États-Unis.

​​​​La Chine joue aussi un rôle central dans l'économie mondiale et le système financier.

​​​​Résultant d'un cumul d'excédent commercial avec les États-Unis, la Chine détient désormais la valeur de 1,5 billions de dollars de titres de créance (dont des bons du Trésor zunien). Elle a la capacité de perturber sensiblement les marchés monétaires internationaux. Le dollar plongerait à un niveau encore plus bas si la Chine liquidait ses effets de dette libellés en dollars. (Pour plus de détails, voir en français :
F. William Engdahl, op cit)

​​​​De plus, la Chine est le plus gros producteur d'un large éventail de produits manufacturés, qui constituent une part importante de la consommation mensuelle des ménages occidentaux. Les géants occidentaux de la vente au détail comptent sur le flux continu et ininterrompu de produits à main-d'œuvre bon marché de Chine.

​​​​Pour les pays occidentaux, l'introduction de la Chine dans les structures du commerce mondial, dans l'investissement, la finance et le droits de propriété intellectuelle sous l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) est absolument cruciale. Si Beijing décidait de réduire ses exportations de produits manufacturés « Made in China » vers les États-Unis, la fragile industrie manufacturière étatsunienne sur le déclin ne serait pas capable de combler le vide, du moins à court terme.

​​​​En outre, les États-Unis et ses partenaires de la coalition, notamment le Royaume-Uni, l'Allemagne, la France et le Japon, ont des intérêts d'investissements importants en Chine. En 2001, les États-Unis et la Chine ont signé un accord commercial bilatéral avant l'adhésion de la Chine à l'OMC. Cet accord permet aux investisseurs étatsuniens, notamment aux grandes institutions financières de Wall Street, de se positionner dans le système financier et commercial de Shanghai ainsi que dans le marché bancaire national de Chine.

​​​​Si la Chine est, à certains égards, « la colonie à main-d'œuvre industrielle bon marché de l'Occident, » les relations de la Chine avec le système commercial mondial ne sont en aucun cas coulées dans le bronze.

​​​​Les relations de la Chine au capitalisme mondial ont leurs racines dans la « Politique de la porte ouverte » formulée initialement en 1979. (
Vers la restauration capitaliste. Socialisme chinois après Mao, Michel Chossudovsky, MacMillan, Londres, 1986, chapitres 7 et 8.)

​​​​Depuis les années 80, la Chine est devenue le principal fournisseur de produits industriels des marchés occidentaux. Toute menace et/ou entreprise militaire hasardeuse contre les alliés eurasiens de la Chine, l'Iran notamment, pourrait potentiellement perturber le vaste commerce de produits manufacturés chinois.

​​​​Les exportations chinoises, orientées sur la fabrication de base, sont la source de l'immense constitution de richesses dans les économies capitalistes avancées. D'où provient la richesse de la famille Walton, les propriétaires de WalMart ? WalMart ne produit rien. Elle importe des produits de main-d'œuvre bon marché « Made in China, » et les revend sur le marché de détail étatsunien jusqu'à dix fois leur prix d'usine.

​​​​Ce processus « d'importation amenant le développement » a permis aux pays occidentaux « industrialisés » de fermer une grande partie des dépôts de leurs industrie manufacturière. En retour, les ateliers exploitant la main-d'œuvre industrielle en Chine, servent à générer les profits en multiples milliards de dollars des sociétés occidentales, notamment des géants du commerce de détail, qui achètent et/ou délocalisent leur production en Chine.

​​​​Toute menace de nature militaire contre de la Chine pourrait avoir des conséquences économiques dévastatrices, bien au-delà de la fameuse spirale ascendante du prix du pétrole brut. ​​​​
Article original en anglais,
China and America: The Tibet Human Rights PsyOp, publié le 13 avril 2008.

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Traduction: Pétrus Lombard.

Michel ChossudovskyMondialisation de la pauvreté et nouvel ordre mondial est professeur d'économie politique, conférencier prisé sur la scène internationale et conseiller auprès de pays en développement, d'organismes internationaux et des Nations Unies.

 

​​​​Il est le directeur du Centre de recherche sur la mondialisation (CRM-CRG) et auteur de plusieurs best-sellers, dont deux traduits en français : et Guerre et mondialisation : À qui profite le 11 septembre ?. Il contribue à l'Encyclopedia Britannica. Ses écrits ont été traduits en plus de 20 langues.

​​​​Note du traducteur : Mondialisation de la pauvreté et nouvel ordre mondial (en français) permet de comprendre les effets réels de la mondialisation. Michel Chossudovsky fait l'analyse détaillée des méthodes du FMI, de la Banque mondiale et de l'OMC, et dénonce les rapports falsifiés, publiés par ces organismes, qui incitent les politiciens à penser que la mondialisation est une voie salutaire. Ce livre permet de comprendre que la mondialisation est une guerre servant au minimum à piller le tiers monde. Au minimum, car elle a d'autres aspects extrêmement inquiétants, comme l'organisation de situations de famine dans les pays en développement, et la destruction, peut-être irréversible, de leur biodiversité par l'imposition de cultures OGM.

​​​​Les Français découvriront avec surprise que ce que trafique M. Sarkozy, en particulier en démantelant à la hache les institutions de leur pays, correspond exactement au début du programme des « institutions mondiales » qui entraîne les pays en développement dans l'engrenage infernal de la paupérisation.

​​​​Les politiciens et tous ceux qui aimeraient comprendre ce qui se passe réellement devraient lire ce livre.

​​​​Tous les faits dévoilés dans ce livre incite à penser que les annonces médiatiques périodiques sur les ravages « du SIDA » sont en fait destinés à masquer les ravages de la famine organisée.


Michel Chossudovsky est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca.  Articles de Michel Chossudovsky publiés par Mondialisation.ca


Sources Global Research

Posté par Adriana Evangelizt
Mardi 29 avril 2008 2 29 /04 /Avr /2008 01:32

Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Publié dans : CHINE

Nous avons déjà mis en garde le 28 mars ICI et ICI que les fameuses agitations au Tibet était une Psyop menée par la CIA en douce car n'oublions pas que le bon dalaï-lama coopère avec eux depuis de longues années... et oui.



Tibet, le « Grand Jeu », et la CIA

 Richard M Bennett - AFI Research - 26/03/08 -

Traduction Mireille Delamarre pour
www.planetenonviolence.org

Etant donné le contexte historique de l’agitation au Tibet, il existe une raison de croire que Beijing a été pris par surprise lors des manifestations récentes pour la simple raison que leur planification a eu lieu en dehors du Tibet et que la direction des manifestants est aussi entre les mains d’organisateurs anti-chinois, qui se trouvent en sécurité et hors de portée, au Népal et en Inde du Nord.

De même, le financement et le contrôle général de l’agitation sont liés au dirigeant spirituel tibétain, le Dalaï Lama, et par voie de conséquence à la CIA, à cause de la coopération rapprochée du Dalaï Lama avec le renseignement US depuis plus de 50 ans.

Effectivement, compte tenu de l’implication profonde de la CIA avec le Mouvement Free Tibet (Mouvement Liberer le Tibet) et son financement de Radio Free Asia suspicieusement bien informée, il semble peu probable que toute révolte puisse avoir été planifiée ou puisse avoir eu lieu sans que le National Clandestine Service ( Service National Clandestin auparavant connu sous le nom de Directorate of Opérations - Directoire des Opérations), qui se trouve aux quartiers généraux de la CIA à Langley, n’en ait eu au préalable connaissance.

L’ex haut responsable des services secrets hindou et journaliste respecté, B Raman, a fait le 21 mars le commentaire suivant : « sur la base de preuves disponibles, c’est raisonnablement possible d’affirmer avec conviction que le soulèvement initial à Lhasa le 14 mars a été pré-planifié et bien orchestré. »

Se pourrait-il qu’il y ait une base factuelle suggérant que les principaux bénéficiaires de la mort et de la destruction qui a balayé le Tibet sont à Washington ? L’Histoire suggère que c’est effectivement une possibilité.

La CIA a mené une campagne d’actions clandestines de grande envergure contre la Chine communiste au Tibet et ce dés 1956. Cela a conduit à un désastreux soulèvement sanglant en 1959, faisant des dizaines de milliers de morts parmi les Tibétains, tandis que le Dalaï Lama et environ 100 000 de ses adeptes ont été obligés de fuir au Népal et en Inde en passant par les passages dangereux de l’Himalaya.

La CIA a établi un camp militaire secret d’entraînement pour les combattants de la résistance du Dalaï Lama à Camp Hale près de Leadville au Colorado aux US. Les guérilléros tibétains ont été entraînés et équipés par la CIA pour mener des opérations de guérillas et de sabotage contre les Chinois communistes.(http://en.wikipedia.org/wiki/Camp_Hale)

Les guérilléros entraînés par les US ont mené régulièrement des raids à l’intérieur du Tibet, occasionnellement dirigés par des mercenaires sous contrat avec la CIA, et soutenus par des avions de la CIA. Le programme initial d’entraînement s’est terminé en décembre 1961, bien qu’il semble que le camp du Colorado soit resté ouvert au moins jusqu’en 1966.

La Force d’Intervention Tibétaine de la CIA crée par Roger E. McCarthy, parallèlement à l’armée tibétaine de guérilléros a continué à mener des opérations sous le nom de code ST CIRCUS, pour harasser les forces d’occupation chinoises pendant 15 ans jusqu’en 1974, puis l’implication approuvée officiellement s’est arrêtée.

McCarthy, qui a aussi dirigé la Force d’Intervention pour le Tibet lors du pic de ses activités de 1959 jusqu’en 1961, a continué plus tard à mener des opérations identiques au Vietnam et au Laos.

A mi chemin des années 60, la CIA avait remplacé sa stratégie de parachutage de combattants de la guérilla et d’agents des services secrets à l’intérieur du Tibet, par celle de la mise sur pied de l’armée de guérilléros, Chusi Gangdrük, comprenant 2000 combattants d’origine ethnique Khamba, regroupés sur des bases comme celle de Mustang au Népal.

Cette base n’a seulement été fermée par le gouvernement népalais qu’en 1974, après une formidable pression de Beijing.

Après la guerre Indo-Chinoise de 1962, la CIA a développé une relation rapprochée avec les services de renseignements indous, à la fois pour entraîner et fournir des agents au Tibet.

Kenneth Conboy et James Morrison dans leur livre The CIA’s secret War in Tibet » révélent que la CIA et les services de renseignements indous ont coopéré dans l’entraînement et pour équiper des agents tibétains et des troupes de forces spéciales et pour former des unités aériennes spéciales de renseignements telles que l’Aviation Research Center (Centre de Recherche pour l’Aviation) et le Spécial Center (Centre Special).

Cette collaboration a continué pendant une grande partie des années 70 et certains des programmes qu’ils ont soutenus, spécialement celui concernant l’Unité des Forces Spéciales des réfugiés tibétains, qui deviendra une partie importante de la Force Frontalière Spéciale Indoue, est toujours présentement actif.

C’est la détérioration des relations avec l’Inde, qui a coïncidé avec celle de l’amélioration Inde - Beijing, qui a mis fin à la plupart des opérations conjointes CIA –Inde.

Bien que Washington est rétrogradé en matière de soutien aux guérilléros tibétains depuis 1968, on pense que la fin du soutien officiel pour la résistance s’est produite lors de rencontres à Beijing en février 1972, entre le président Richard Nixon et la direction communiste chinoise.

Victor Marchetti, un ancien officier de la CIA a décrit l’outrage ressenti par de nombreux agents de terrain quand Washington à effectuer finalement le déconnection, ajoutant qu’un certain nombre « se sont même mis, pour se consoler, aux prières tibétaines, qu’ils avaient apprises pendant ces années passées avec le Dalaï Lama ».

L’ancien chef de la Force d’Intervention Tibétaine de la CIA de 1958 à 1965, John Kenneth Knaus, a été cité disant : « ce n’était pas une opération « trou noir » de la CIA ». Il a ajouté : « l’initiative venait de …tout le gouvernement US. »

Dans son livre, « Orphans of the Cold War « (Orphelins de la Guerre Froide), Knaus décrit le sentiment américain d’obligation concernant la cause de l’indépendance du Tibet de la Chine. Il ajoute, significativement, que sa réalisation « justifierait les motifs les plus défendables que nous ayons eu d’essayer de les aider à réaliser ce but pendant plus de 40 ans. Cela soulagerait également certains de la culpabilité d’avoir participer à ces efforts, qui ont coûtés leurs vies à d’autres, mais qui était le fait d’une aventure menée principalement par nous. »

Malgré le manque de soutien officiel, des rumeurs circulent largement sur l’implication de la CIA, ne serait que par le biais de proxy, lors d’une autre révolte ayant échoué en 1987, l’agitation qui a suivi, et, conséquence, la répression chinoise qui a continué jusqu’à mai 1993.

Le moment choisi pour une autre tentative sérieuse de déstabiliser l’emprise chinoise sur le Tibet, est semble-t-il propice pour la CIA, et Langley gardera certainement toutes les options ouvertes.

La Chine est confrontée à des problèmes significatifs, avec les musulmans Uighur dans la province du Xinjiang, les activités des Falun Gong, parmi de nombreux groupes dissidents, et bien sûr le souci croissant d’assurer la sécurité des jeux olympiques de cet été en août.

La Chine est vue par Washington comme une menace majeure, à la fois économiquement et militairement, non pas seulement en Asie, mais aussi en Afrique et en Amérique Latine.

La CIA voit également la Chine comme « n’aidant pas » dans la « guerre contre le terrorisme », offrant peu ou pas de coopération et aucune action positive menée pour stopper le flux d’armes et d’hommes venant des zones musulmanes de l’Ouest de la Chine en soutien aux mouvements islamistes extrémistes en Afghanistan et dans les états d’Asie Centrale.

Pour beaucoup à Washington cela semble l’opportunité idéale pour déstabiliser le gouvernement de Beijing car le Tibet est toujours considéré comme le point faible potentiel de la Chine.

La CIA s’assurera sans nul doute que ses empreintes ne soient pas trouvées partout sur cette révolte ascendante. Des agents isolés, et des proxy seront utilisés parmi les réfugiés tibétains au Népal et dans les zones frontalières du Nord de l’Inde.

En fait, la CIA peut s’attendre à un niveau significatif de soutien de la part d’un certain nombre d’organisations de sécurité à la fois en Inde et au Népal, et n’aura aucun problème à fournir au mouvement de la résistance, conseil, argent et par-dessus tout, publicité.

Cependant, aucune arme ne sera autorisée à faire surface, tant que l’agitation ne s’accompagnera pas de signes révélateurs d’une révolte ouverte en devenir de la grande masse ethnique des Tibétains contre les Chinois Han et les Musulmans Hui.

D’importantes quantités d’armes légères et d’explosifs venant de l’ancien bloc de l’Est ont été introduites clandestinement au Tibet ces 30 dernières années, mais il y a de fortes chances qu’elles restent cachées, en sécurité, jusqu’à ce que le bon moment se présente pour les sortir.

Les armes ont été acquises sur les marchés mondiaux, ou de stocks sur lesquels les forces armées US et israéliennes ont mis la main. Elles ont été expurgées et ne présentent aucune trace pouvant les faire remonter jusqu’à la CIA.

Des armes de ce type ont également l’avantage d’être interchangeables avec celles utilisées par les forces armées chinoises et bien sûr elles utilisent les mêmes munitions, diminuant le problème de réapprovisionnement lors de tout conflit futur.

Bien que le soutien officiel pour la résistance tibétaine se soit terminé il y a 30 ans, la CIA a conservé ouvertes ses lignes de communication, et continuent de financer en grande partie le Tibetan Freedom Mouvement (Mouvement Liberté pour le Tibet).

Ainsi donc, la CIA est-elle une nouvelle fois entrain de jouer le « Grand Jeu » au Tibet ?

Elle en a certainement la capacité, avec une présence significative des renseignements et de forces paramilitaires dans la région. D’importantes bases existent en Afghanistan, en Irak, au Pakistan, et dans plusieurs états d’Asie Centrale.

On ne peut pas douter du fait que la CIA a un intérêt à saper la Chine, de même que la cible plus visible qu’est l’Iran.

Donc probablement que la réponse est oui, et effectivement, ce serait plutôt surprenant si la CIA ne manifestait qu’un intérêt passager pour le Tibet. C’est après tout ce pour quoi elle est payée.

Depuis le 11 septembre 2001, il y a eu une vague énorme de changement dans les attitudes des renseignements US, leurs exigences et leurs capacités. De vieux plans opérationnels ont été dépoussiérés et mis à jour. D’anciens atouts ont été réactivés. Le Tibet et une faiblesse repérée dans la position de Beijing là bas ont probablement été complètement réévalués.

Pour Washington et la CIA, cela peut apparaître comme une opportunité divine de créer un moyen de pression contre Beijing, sans gros risque pour les intérêts américains, une simple situation de gagnant- gagnant.

Le gouvernement chinois serait, à l’autre bout, celui sujet à une condamnation mondiale pour sa répression continuelle et sa violation des droits de l’homme et ce serait les jeunes tibétains qui mourraient dans les rues de Lhassa plutôt qu’encore plus de gamins américains en uniforme.

Cependant, les conséquences de toute révolte ouverte contre Beijing, sont une nouvelle fois la crainte que des arrestations, tortures et même des éxécutions se propagent à la fois dans tous les coins du Tibet et des provinces voisines où existent d’importantes populations tibétaines, comme le Gansu, Quinghai et le Sichuan.

Et le Mouvement Libérer le Tibet a toujours peu de possibilité, à long terme, de réussir à obtenir une amélioration significative de la part du pouvoir politique central chinois, et absolument aucune chance de faire cesser son contrôle sur Lhasa et son pays.

Une nouvelle fois, il apparaîtra que le peuple tibétain va se retrouver pris au piège entre l’oppresseur Beijing, et un Washington manipulateur.

La crainte que les US, la Grande Bretagne, et d’autres pays occidentaux puissent essayer de montrer le Tibet comme un autre Kosovo, peut en partie expliquer la raison pour laquelle les autorités chinoises ont réagi comme si elles étaient confrontées à de véritables révoltes de masse plutôt que leur description officielle d’un court soulèvement du à des mécontents soutenant le Dalaï Lama.

En effet, Beijing a pris tellement au sérieux la situation qu’une unité spéciale de coordination sécuritaire , le 110 Command Center (Centre 110 de Commande) a été installé à Lhassa, avec comme objectif principal de supprimer les troubles et restaurer complètement l’autorité du gouvernement central.

Ce Centre semble être sous le contrôle direct de Zhang Qingli, le premier secrétaire du Parti du Tibet, et un loyaliste du Président Hu Jintao. Zhang est aussi l’ancien vice secrétaire du parti Xinjiang, avec une expérience considérable en matière d’opérations de contre terrorisme dans la région.

Les autres qui occupent des positions importantes à Lhasa sont Zhang Xinfeng, secrétaire d’état au Ministère de la Securité Publique Centrale, et Zhen Yi, vice commandant des quartiers généraux de la Police Armée du Peuple à Beijing.

Le sérieux avec lequel Beijing traite l’actuelle agitation se retrouve de plus avec le déploiement d’un grand nombre d’unités de l’armée de la Région militaire de Chengdu, dont les brigades de la 149 ème Division d’Infanterie Mécanisée, qui agissent comme force d’intervention rapide de la région.

Selon un article de United Press International, des unités d’élite terrestres de l’Armée de Libération du Peuple ont été impliquées à Lhasa, et les nouveaux véhicules blindés de transports de troupes T-90, et d’autres véhicules blindés y ont été déployés. Selon l’article, la Chine a nié la participation de l’armée à la répression, disant qu’elle avait été menée par des unités de la police armée. « Cependant, de tels équipements tels que mentionnés ci-dessus, n’ont jamais été déployés par la police armée chinoise ».

Le soutien aérien est fourni par le 2ème régiment de l’armée de l’air, basé à Fenghuangshan, Chengdu, et la province de Sichuan. Il opère avec un mélange d’hélicoptères et d’avions de transport STOL, d’une base située sur le front près de Lhasa. Le soutien au combat aérien pourrait être rapidement mis à disposition grâce à des bataillons de combattants de l’infanterie d’attaque basés dans la région du Chengdu. Le District Militaire de Xizang forme la garnison du Tibet, qui a deux unités d’infanterie de montagne : la 52 ème brigade basée à Linzhi, et la 53 ème brigade à Yaoxian Shannxi. Elles sont soutenues par la 8ème Division Motorisée d’Infanterie et une brigade d’artillerie à Shawan, Xinjiang.

Le Tibet n’est plus si éloigné ou difficile à réapprovisionner pour l’armée chinoise. La construction de la première ligne de chemin de fer entre 2001 et 2007, a facilité significativement les problèmes de mouvement d’un nombre important de troupes et d’équipement, de Qunghai jusqu’au plateau accidenté tibétain.

D’autres précautions contre une résurgence des révoltes durables des années précédentes des Tibétains a conduit à une situation d’auto suffisance considérable en matière de logistique et de réparation de véhicules, et à une augmentation du nombre de petits aéroports construits pour permettre à des unités d’intervention rapide d’avoir accès aux zones les plus reculées.

On pense que le Ministère de la Sécurité chinoise et les services de renseignements ont eu une présence suffocante dans la province, et effectivement la capacité de détecter tout mouvement de protestation sérieux et de supprimer la résistance.

Sources Libertés et Internet

Posté par Adriana Evangelizt

Lundi 28 avril 2008 1 28 /04 /Avr /2008 18:59

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Une base chinoise en Iran ?


Par Kaveh L Afrasiabi


Asia Times Online, le 28 janvier 2008

article original : "A China base in Iran?"

Dans le sillage de la récente tournée du Golfe Persique effectuée par le Président George W Bush, coïncidant avec un voyage similaire du Président français Nicolas Sarkozy qui a culminé avec un accord avec les Emirats Arabes Unis pour [l'installation d'] une petite base française, le calcul de l'Iran en matière de sécurité a changé. Téhéran en est pratiquement arrivé à considérer l'option de rendre la pareille à l'excès perçu comme tel des intrusions occidentales dans son voisinage, en permettant à la Chine [d'installer] une base dans l'un des ports iraniens du Golfe Persique ou sur l'une de ses îles.

Sans aucun doute, ce serait un geste géopolitique considérable, à la fois de la part de l'Iran et de la Chine, qui perturberait sûrement la superpuissance étasunienne, qui bénéficie d'une hégémonie sans rivale dans cette région pétrolière et qui a elle-même perturbé la Chine avec le récent accord nucléaire civil qu'elle a passé avec l'Inde, accord largement interprété comme étant une initiative à long terme pour "contenir" la Chine.

Dans cette interaction serrée de géopolitique et de géo-économie, avec la Chine qui est fortement dépendante des importations d'énergie depuis l'Iran et des autres Etats du Golfe, la tendance va sans aucun doute vers un complément naval à la rafale d'accords énergétiques qu'elle est en train de conclure, afin de sécuriser ses précieux cargos qui transportent le pétrole et le gaz (liquéfié) et qui sortent [du Golfe] par les couloirs étroits du Détroit d'Ormuz.

En ce moment, la stratégie de la Chine se confine à la ville portuaire de Gwadar, le long de la côte sud-ouest du Pakistan, dans la province du Baloutchistan, stratégiquement située près du Détroit d'Ormuz. Pourtant, compte tenu des relations étroites entre les Etats-Unis et le Pakistan, il est très improbable que les Etats-Unis permettent à Islamabad d'entamer des relations stratégiques avec Pékin. La Chine, qui manque toujours d'une marine impressionnante, pourrait en effet utiliser [une telle base] pour projeter sa puissance dans la région.

Le cas est assez différent avec l'Iran. Celui-ci est constamment menacé par les Etats-Unis - et à présent par la France - et il bénéficie déjà d'un statut d'observateur au sein de l'Organisation de Coopération de Shanghai (OCS), que dirigent la Chine et la Russie. La tentative de l'Iran de rejoindre l'OCS a été en partie bloquée, en conséquence de l'impasse sur son programme nucléaire, mais elle aboutira probablement, dans un avenir pas trop lointain, si le statut actuel de la coopération entre l'Iran et la Russie et entre l'Iran et la Chine se poursuit.

De son côté, la Chine a déjà dépassé l'Allemagne en tant que partenaire commercial numéro un. Sonipec, le plus grand raffineur de pétrole de Chine, vient juste de finaliser un accord portant sur plusieurs milliards de dollars pour développer l'immense champ pétrolier de Yadavaran, cela en plus du "contrat du siècle" sur le gaz naturel de l'immense champ gazier iranien de Pars Nord. Les contractants chinois travaillent aussi à construire pour l'Iran des terminaux pétroliers dans la Mer Caspienne et, entre autres projets, à étendre le métro de Téhéran et à construire des aéroports. Tout cela, alors que les ventes d'armes chinoises à l'Iran incluent des articles aussi chauds que de la technologie de missiles balistiques et des radars de défense anti-aériens.

La coopération grandissante sino-iranienne sur les fronts de l'énergie et du commerce s'étendra sûrement tôt ou tard à une coopération militaire plus poussée et, là-aussi, cela dépendra en partie des hauts et des bas dans les "jeux de stratégie" Iran/Etats-unis et Chine/Etats-Unis, surtout si la Chine ressent une pression supplémentaire de la part des Etats-Unis sur le front géopolitique.

Pour sûr, il est maintenant possible que l'Iran veuille montrer une meilleure disposition que jusqu'ici pour embrasser l'idée de vaisseaux de guerre chinois faisant escale chez lui. Ceci en prélude à plus d'accords de grande envergure pouvant aller jusqu'à inclure des dispositions pour un petit poste naval avancé chinois sur l'une des îles iraniennes du Golfe Persique.

Une fois encore, un tel scénario, certain de soulever le courroux de Washington, dépend d'un grand nombre de variables. Parmi celles-ci, les futurs mouvements des Etats-Unis dans le Golfe Persique, par exemple, si l'armée américaine cesse ou non d'utiliser certaines îles artificielles installées par les Emirats. Si tel est le cas, cela accroîtrait la capacité de projection de puissance des Etats-Unis au regard de l'Iran et Téhéran pourrait être plus enclin à essayer de contrebalancer une pression américaine aussi lourde pesant sur lui en jouant la "carte de la Chine".

Il faut le répéter, la nouvelle et audacieuse manœuvre de la France dans le Golfe Persique a également perturbé Téhéran. En effet, l'Iran trouve que le nouveau tournant pro-américain de la politique étrangère française est nuisible à ses intérêts nationaux. Le résultat net est la bifurcation cognitive de "l'Ouest" contre "nous"
[1] qui cadre gentiment avec l'"orientation vers l'Est" de l'Iran, sous la présidence de Mahmoud Ahmadinejad. Cela fait partie intégrante d'une nouvelle approche énergétique "mondialiste" qui inclut de nouvelles ouvertures stratégiques avec certaines nations d'Amérique Latine et Centrale.

Autrement dit, c'est une grave erreur de mal-interpréter la "nouvelle politique étrangère" de l'Iran comme étant de nature uni-dimensionnelle, tant régionale que continentale, malgré son intérêt étroit pour les régions qui lui sont immédiatement voisines.

Voici ce que dit un professeur de sciences de premier plan à l'Université de Téhéran : "L'Iran ne peut pas rester indifférent aux manœuvres géopolitiques agressives menées contre lui par les nations occidentales, qui ont pris l'Iran pour cible dans un langage sans ambiguïté".

Ce professeur s'est demandé à haute voix comment la France réagirait si tout d'un coup l'Iran commençait à installer des bases près de sa côte ou, d'ailleurs, comment Washington réagirait à une base iranienne au Nicaragua, pays ami de l'Iran ! "Ils ont vraiment besoin de se réveiller et de comprendre que la sécurité nationale n'est pas un processus à sens unique".

Si les experts politiques iraniens ne sont pas encore prêts à concéder que l'Iran en est maintenant au stade d'autoriser une base chinoise le long de sa vaste côte du Golfe Persique, ils sont toutefois nombreux à s'accorder sur le fait, avec le milieu géopolitique changeant qui représente des menaces potentielles sérieuses à la sécurité nationale de l'Iran, que toutes les options doivent rester ouvertes.

Note

[1] Après tout, Sarkozy est revenu sur la parole de "multipolarité" de son prédécesseur et, à la place, selon un article dans le New York Times de cette semaine, "a tempéré cette notion en parlant de la place de la France dans sa 'famille occidentale', une expression bien accueillie à Washington".

Copyright 2008 Asia Times Online Ltd/Traduction : JFG-QuestionsCritiques.

Sources Questions Critiques

Posté par Adriana Evangelizt


Mardi 29 janvier 2008 2 29 /01 /Jan /2008 17:04

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Le Parti Communiste à l'oeuvre. On voit comment sont traités les ouvriers. Mais le Peuple Chinois commence aussi à se réveiller.

L'inflation galopante déclenche des troubles sociaux en Chine

Par Carol Divjak



Le taux d'inflation de la Chine a grimpé jusqu'à 6,9 pour cent en novembre, son plus haut niveau depuis 11 ans, ce qui a provoqué des manifestations de travailleurs contre l'augmentation du coût de la nourriture, du carburant et des loyers ainsi qu'une inquiétude croissante à Pékin quant à la perspective de troubles à venir.

L'inflation a commencé à augmenter à partir du milieu de cette année. En novembre, les prix des aliments ont augmenté de 18,2 pour cent, comparé à ceux de la même période l'année précédente, ce qui faisait suite à une augmentation de déjà 17,7 pour cent en octobre. Tout au long des 12 derniers mois, le prix du porc, viande de base pour la consommation chinoise, a augmenté de 54,9 pour cent. Le prix de l'huile de cuisson a augmenté de 34 pour cent, tandis que les prix des légumes ont augmenté de 29,9 pour cent. L'eau, l'électricité et le gaz ont augmenté de 5,6 pour cent. Dans un pays où une large portion du revenu est affectée à l'alimentation, ces hausses ont frappé durement les travailleurs.

Début décembre, la réunion gouvernementale annuelle de haut niveau sur la politique économique a décidé de restreindre l'offre de monnaie pour prévenir une "surchauffe", à la suite des craintes d'une instabilité financière aux États-Unis. Au même moment, Pékin a annoncé une série de taxes et de subventions pour augmenter les ventes de céréales et d'huile sur le marché national dans un effort pour contenir l'augmentation des prix des produits de base.

De nombreux facteurs alimentent l'inflation, parmi lesquels les maigres récoltes dans les principales régions du monde productrices de céréales cette année, la hausse internationale des prix du pétrole et une épidémie parmi les élevages de porcs chinois. Une cause majeure de l'inflation et de la "surchauffe" en Chine réside dans l'injection de capital provenant des importants excédents commerciaux du pays. Les autorités chinoises ont relevé cinq fois les taux d'intérêts et dix fois le ratio de réserve obligatoire cette année pour maîtriser les prêts, avec peu de succès.

La réunion économique annuelle a pris place dans la foulée d'une vague de grèves et de manifestations. Fin novembre, plusieurs milliers de travailleurs de la firme Alco Electronics basée à Guangdong ont organisé un rassemblement contre l'augmentation des prix de la nourriture, que ne suivaient pas leurs salaires. Des centaines de policiers furent mobilisés pour briser la manifestation.

Le 10 décembre, selon le Centre d'Information pour les Droits de l'Homme et la Démocratie basé à Hong-Kong, 4000 ouvriers de l'industrie pétrolière ont manifesté pendant près d'une semaine devant la Quilu Petrochemical Corp. dans la province de Shandong, demandant des salaires plus élevés à la suite de la montée des prix et des profits records de l'industrie pétrolière.

Un ouvrier de l'usine a déclaré à Reuters : « La protestation a commencé chez les ouvriers de première ligne qui ont une vie très difficile en ce moment, puisque les salaires augmentent très lentement mais les prix de tout le reste augmentent tellement vite. » Une autre source a déclaré : « Pour une famille de trois personnes avec une seule source de revenu, c'est extrêmement difficile. »

La contestation a gagné en importance quand d'anciens ouvriers qui avaient été licenciés par la compagnie, partiellement privatisée, en 2001, ont rejoint la manifestation. Le journal hongkongais Ming Pao a signalé que certains manifestants distribuaient des affiches "anti-corruption" demandant que le directeur de la compagnie soit renvoyé.

Cette entreprise fait partie de Sinopec, la deuxième plus importante compagnie pétrolière publique chinoise. Elle a engrangé des profits colossaux quand les prix du pétrole ont monté en flèche jusqu'à atteindre près de 100 $ le baril, ce qui a permis de compenser des pertes dans sa division raffinerie. Pourtant, les ouvriers à l'usine Quilu gagnent des salaires mensuels de seulement 1000 à 2000 yuans (92 à 186 euros).

Le Wall Street Journal du 12 décembre faisait remarquer le danger que représentent les manifestations de masse contre le gouvernement, pareilles à celles de 1989 : « La tendance de cette année entraîne des difficultés croissantes parmi les consommateurs du pays et évoque le spectre du type d'inflation déstabilisante, à deux chiffres, qui avait causé des troubles politiques en Chine à la fin des années 1980 et qui avait empoisonné à nouveau l'économie au milieu des années 1990. »

Xie Xiaomei, une ouvrière d'usine shanghaïenne de 61 ans, à la retraite, a raconté au journal que son revenu mensuel était tout juste de 1000 yuans, soit 92 euros. « Ces dernières années, mon salaire a augmenté de moins de 10 pour cent alors que [les prix de] certains produits ont augmenté de 50 pour cent… Je n'ai pas d'argent pour aller consulter un docteur. » Son compagnon Xiao Yindi a ajouté : « Nous gagnerions à revenir à l'époque de Mao Zedong. »

Jiang Zhiguao, un ouvrier immigré à Pékin, a indiqué que le prix des piments, qui sont couramment utilisés dans la cuisine du Hunan, a augmenté de 40 pour cent cette année, alors que « nos salaires n'ont pas été augmentés ».

L'économiste Yi Xianrong de l'Académie Chinoise de Sciences Sociales a déclaré dans le Singapore's Strait Times du 7 décembre : « Pékin sait qu'il y a un risque qu'un problème économique se transforme en une question politique et sociale. » L'économiste Hu Xingdou de l'Institut de Technologie de Pékin a affirmé que lors d'un récent voyage dans la province orientale du Zhejiang il avait appris que les ouvriers de nombreuses firmes exprimaient leur colère par des grèves et demandaient des salaires plus élevés.

Les tensions sociales se sont exprimées autrement. Le mois dernier, trois personnes ont été tuées et 31 autres blessées dans une bousculade insensée pour acheter de l'huile de cuisson en solde dans un magasin de l'enseigne française Carrefour dans la ville de Chongqoing. Le magasin offrait une réduction d'environ 1 euro sur les bouteilles d'huile de 5 litres. Une ruée similaire s'était produite le 26 octobre dans un supermarché de Shanghai, blessant 15 personnes. Ces tragédies ont poussé le ministre du commerce à interdire les promotions à durée limitée.

Le régime du Parti Communiste Chinois (PCC) n'a que peu de mécanismes à sa disposition pour influencer les prix. L'abolition de l'agriculture collectivisée au début des années 1980 a laissé les autorités sans aucun contrôle effectif sur les réserves de nourriture pour une population urbaine qui se développait rapidement. Les tentatives de contenir l'augmentation des prix en augmentant la production de céréales ont également été sapées par une grave sécheresse en Chine et des stocks internationaux limités.

Bien que le PCC parle d'augmenter les réserves de nourriture pour faire baisser les prix, rien n'est dit en ce qui concerne un relèvement du niveau des salaires qui est chroniquement faible. La direction du PCC a appelé à ce que les syndicats d'état aient un rôle plus important dans la négociation des salaires avec les propriétaires d'entreprises privées. L'objectif affiché était de permettre aux salaires d'augmenter en suivant l'inflation, mais la dure réalité est une exploitation capitaliste impitoyable.

D'après un nouveau rapport de l'Académie Chinoise de Sciences Sociales sur "la compétitivité des entreprises chinoises", la proportion des salaires dans le produit national brut (PNB) est tombée de 53,4 pour cent en 1990 à 41,4 pour cent en 2005 – alors que l'économie est devenue six fois plus importante. La part des profits, en comparaison, est passée de 21,9 à 29,6 pour cent. Le rapport admet qu' « On peut dire que les importantes augmentations des profits des entreprises ont pour l'essentiel été accomplies en payant de bas salaires aux employés, ».

Même le journal officiel Workers Daily reconnaît dans son édition du 17 décembre que la « marée montante n'a pas renfloué tous les bateaux ». « Certaines entreprises ont utilisé diverses méthodes pour violer les droits des employés afin de diminuer les coûts de production. Par exemple, les profits montent en flèche, mais les employeurs refusent de relever les salaires, ils allongent la durée du travail, refusent de verser les pensions de retraite des employés, n'ont aucun fond pour le logement et utilisent un grand nombre de travailleurs précaires mal payés, etc. Pour conserver leurs rares emplois, les travailleurs qui se trouvent dans des situations désavantagées n'ont d'autre choix que se plier aux demandes des patrons, » affirmait l'article.

Une étude faite en 2005 par la Fédération Chinoise des Syndicats, dirigée par l'état, a établi qu'en 2002-2004, 81,8 pour cent des travailleurs gagnaient moins que le salaire moyen de leur région – 34,2 pour cent gagnaient la moitié de cette moyenne et 12,7 pour cent recevaient moins que le salaire minimum légal. Les statistiques indiquent une énorme disparité entre les revenus de la majorité des travailleurs et ceux des couches les plus riches de la société.

Les étudiants des universités ne sont pas mieux lotis. Une étude de la Ligue de la Jeunesse Communiste a découvert que parmi les diplômés de 2005, 66,1 pour cent s'attendaient à trouver un travail qui n'offrirait qu'un salaire de 1000 à 2000 yuans par mois, autant que pour un ouvrier d'usine, et 1,58 pour cent d'entre eux étaient prêts à accepter un "salaire zéro" à l'embauche. Pour autant, 77,3 pour cent des employeurs pensaient que les étudiants "demandaient trop".

Les travailleurs chinois sont particulièrement exposés à l'inflation à cause de la destruction généralisée des politiques publiques du logement, de l'assurance santé, de l'éducation et des retraites opérée dans les années 1990. La consommation privée s'est contractée de façon significative, de 48,8 pour cent du PNB en 1991 à 38,2 pour cent en 2005. Les ouvriers et les pauvres des campagnes doivent économiser des sommes considérables en cas de maladie ou d'autres urgences et dépensent moins pour les biens de consommation courante.

Les dernières manifestations contre la hausse des prix sont une indication de plus de l'immense explosion sociale qui couve en Chine, au moment où les politiques libérales du régime creusent la fracture entre riches et pauvres.

Sources
WSWS

Posté par Adriana Evangelizt

Lundi 7 janvier 2008 1 07 /01 /Jan /2008 18:23

Ecrire un commentaire - Par Adriana Evangelizt - Voir les 0 commentaires - Publié dans : CHINE

Eh oui, les Américains sont partout chez eux. Toutes les mers du monde leur appartiennent. Quand on sait de surcroît, que si on les laisse entrer, ils vont se livrer à de l'espionnite tous azymuts, il y a de quoi se montrer prudent. Le problème de toutes ces ingérences, c'est qu'il est difficile de leur faire confiance. On le voit avec les organisations soit-disant humanitaires du style USAID qui une fois sur place cherchent à fédérer une opposition pour renverser le pouvoir en place. Une des raisons pour laquelle Poutine n'en veut pas chez lui. Il faut qu'ils s'ingèrent et qu'ils sèment la zizanie pour faire élire leurs marionnettes. Or, la Chine est fort au courant du problème. C'est d'ailleurs pour cela que la Chine et la Russie vont faire bloc pour s'opposer aux Etats-Unis. Non contents d'encercler la Russie, les Américains encerclent aussi la Chine. Il faut avouer qu'ils ne doutent rien. Mais il y a fort à parier que là ils vont tomber sur un gros os. En précisant que le "caractère" chinois côté "pugnacité" et "sournoiserie" est encore autre chose que la Russie. Il nous étonnerait fort qu'ils fassent avec eux comme avec les Arabes. L'histoire du sous-marin chinois qui a surgi à côté de celui des USA sans qu'ils le détectent montre déjà qu'il ne suffit pas d'être puissant pour être plus mâlin.

La Chine bloque un porte-avion américain :

tensions dans le Pacifique


Par John Chan

Une dispute diplomatique entre les Etats-Unis et la Chine sur le mouillage de navires de guerre américains dans le port de Hong Kong témoigne des tensions grandissantes entre les deux pays.

Les tensions ont débordé dans le domaine public lorsque Pékin a annulé sa décision de permettre au porte-avions Kitty Hawk et aux navires l’escortant de jeter l’ancre à Hong Kong le 21 novembre pour le jour de l’Action de grâce. Des centaines de parents et amis des membres de l’équipage s’étaient rendus à Hong Kong pour l’occasion, mais les navires de guerre ont été interdits d’entrée à la dernière minute. Pékin a fait marche arrière le jour suivant, déclarant que les navires de guerre pourraient entrer au port pour des « raisons humanitaires », mais qu’il était trop tard pour les visites.

L’armée américaine a rapidement protesté. L’amiral Timothy Keating, à la tête du commandement militaire pour le Pacifique, a dit aux journalistes que la position de la Chine ne « montrait pas un pays qui comprenait ses obligations en tant que nation responsable ». Quelques jours auparavant, Beijing avait rejeté une demande de deux démineurs américains de se rendre à Hong Kong pour éviter un orage. Le 28 novembre, le Pentagone avait fait appeler l’attaché militaire chinois à Washington pour déposer une protestation officielle.

Dans un geste délibérément provocateur, le groupe de combat dirigé par le Kitty Hawk s’est rendu à son port d’attache au Japon en empruntant le détroit de Taiwan, une région très sensible. La Chine, qui considère Taiwan comme une province rebelle qui demeure sous sa souveraineté, a émis une déclaration faisant état de sa « profonde préoccupation » devant le geste de la marine américaine. En 1996, lors d’une confrontation entre Pékin et Taipei, l’ancienne administration Clinton avait envoyé deux porte-avions dans la région du détroit de Taiwan.

Les navires de guerre américains ont fait escale à Hong Kong pendant des dizaines d’années. Depuis que l’ancienne colonie britannique est passée sous la gouverne de la Chine en 1997, les escales au port ont dû se faire après approbation de Pékin, qui fut la plupart du temps rien qu’une formalité. Il y a eu quelques refus lors des périodes de grandes tensions, telles qu’en 1999 après que les Etats-Unis eurent bombardé l’ambassade chinoise en Yougoslavie et en 2001 après qu’un avion-espion américain fut entré en collision avec un chasseur chinois au-dessus du sud de la mer de Chine.

Pékin avait tout d’abord tenté de diminuer la signification du dernier incident. Lors d’une rencontre à Washington le 28 novembre, le ministre chinois des Affaires étrangères Yang Jiechi a supposément dit au président Bush qu’il s’agissait « d’un simple malentendu ». Le jour suivant, toutefois, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Liu Jianchao, avait contredit les reportages, déclarant qu’il ne s’agissait pas d’un « malentendu ».

Yang lui-même avait exprimé sa « grande inquiétude » devant la décision récente de Washington de vendre un système antimissile de haute technologie à Taiwan. Il a aussi parlé de la récente rencontre en octobre du président Bush avec le Dalaï-Lama en exil du Tibet, disant que cela avait nuit aux relations entre les deux pays. Bien que ce ne fut pas explicitement dit, le refus de permettre l’entrée des navires américains à Hong Kong était une revanche politique.

Le commentaire de Liu a été fait peu après qu’un haut gradé de la marine chinoise eut dit au Global Times, le porte-parole de Pékin sur les affaires internationales et étrangères, que les Etats-Unis nuisaient aux intérêts chinois et aux relations entre les deux pays. Il a noté que la vente d’armes à Taipei avait envoyé « le mauvais signal » et avait amené de l’eau au moulin du président indépendantiste de Taiwan, Chen Shui-bian et renforcé sa campagne pour être reconnu comme État membre des Nations unies. « Voilà pourquoi une bonne partie des activités entre la Chine et les Etats-Unis ont été arrêtées », a dit l’officier de la marine.

Cette dispute démontre la fragilité des liens militaires entre la Chine et les Etats-Unis. Lors de sa visite à Pékin en octobre, le secrétaire à la Défense américain Robert Gates avait proposé de mettre en place un « téléphone rouge » entre les deux pays pour désarmer les confrontations potentielles. Peu après cependant, le Pentagone avait annoncé la vente d’un système de missile Patriot de 940 millions $ à Taiwan, soulevant alors l’opposition de Pékin.

Le conflit concernant les escales à Hong Kong continue de s’intensifier. La semaine dernière, un responsable du département de la Défense des Etats-Unis a révélé que la Chine avait empêché le destroyer USS Reuben James de s’arrêter au port lors du Nouvel An. Une autre demande pour permettre à un avion-cargo C-17 de ravitailler le consulat américain aux trois mois fut aussi rejetée.

Même le Japon est devenu impliqué dans ce conflit. Le 28 novembre, le destroyer Shenzhen fit la première visite d’un vaisseau de guerre chinois à un port japonais depuis la Deuxième Guerre mondiale. Bien que l’objectif de cette visite était d’améliorer les relations entre les deux pays, Tokyo annula soudainement la visite par des marins chinois d’un destroyer japonais sophistiqué de type Aegis après l’objection du Pentagone.

Des intérêts qui s’affrontent

L’émergence de tensions entourant l’amarrage de navires de guerre américains à Hong Kong est un signe de la rivalité croissante entre les deux pays. Dans la foulée de la Deuxième Guerre mondiale, les Etats-Unis considéraient le Pacifique comme « un lac américain », cherchant à assurer la supériorité militaire incontestée de Washington à travers la région. Le réseau de bases militaires américaines au Japon, en Corée du Sud et à Guam, ainsi que le centre de commandement du Pacifique basé à Hawaï, faisaient tous partie de la stratégie dirigée contre la Chine et l’ancienne Union soviétique durant la Guerre froide.

Au cours des deux dernières décennies, les compagnies américaines ont participé à la ruée vers l’exploitation de la Chine en tant que vaste réserve de main-d’oeuvre à bon marché, mais il existe de graves préoccupations parmi les milieux dirigeants aux Etats-Unis au sujet de la montée de la Chine en tant que potentiel rival économique et stratégique. La Chine, quant à elle, s’inquiète des tentatives soutenues de Washington pour l’encercler à travers une série d’alliances stratégiques, particulièrement avec le Japon, l’Australie et l’Inde. Les invasions américaines de l’Afghanistan et de l’Irak soulèvent la possibilité que les besoins croissants de la Chine en matières premières, y compris l’accès au pétrole et au gaz du Moyen-Orient et de l’Asie centrale, soient soumis au veto de Washington.

La réaction de la Chine a été de former un « partenariat stratégique » avec la Russie afin de contrer les Etats-Unis, tout particulièrement leur présence militaire en Asie centrale et la menace d’une attaque contre l’Iran. La doctrine stratégique de la Chine évolue présentement de la défense de son territoire à une « défense active » au-delà de ses frontières, avec une concentration sur le développement d’une marine océanique et, en particulier, d’une flotte de sous-marins. Dans cette optique, Pékin a construit un réseau d’installations portuaires dans l’océan Indien et la mer de Chine du Sud qui pourraient être utilisées par sa marine pour protéger le pétrole en provenance du Moyen-Orient. Un débat est présentement en cours en Chine sur la nécessité de la construction de porte-avions qui symboliserait son émergence en tant que « puissance maritime ».

Le USS Kitty Hawk fut impliqué dans un autre incident en octobre 2006. Bien que l’importance de cet événement fut minimisée par les médias, un sous-marin chinois de classe Song aurait fait surface à seulement quelques kilomètres d’un porte-avion durant un exercice de routine d’un groupe de combat américain dans la mer de Chine orientale. La capacité du sous-marin chinois d’émerger si près d’un navire de guerre américain aussi bien défendu, et sans être détecté, aurait provoqué la consternation au Pentagone au sujet du rapide développement de la flotte chinoise de sous-marins. La Chine a nié les accusations des Etats-Unis selon lesquelles elle avait pris la flotte américaine en filature.

Durant les quatre dernières années, 16 nouveaux sous-marins ont été ajoutés à la marine chinoise. Hormis les sous-marins conventionnels de classe Song et de classe Kilo achetés à la Russie, la Chine est en train de construire une nouvelle classe de sous-marins à propulsion nucléaire de type-093 et de type-094, armés de missile nucléaire à longue portée. Pékin a paraît-il reçu une assistance technique cruciale des chantiers navals de la Russie.

Les Etats-Unis sont en train d’accroître leur propre potentiel naval dans la région. Le USS Kitty Hawk, qui est propulsé de façon conventionnelle, a été au coeur de la 7e flotte américaine dont la tâche est d’empêcher la Chine d’attaquer Taïwan. Il devrait être remplacé l’année prochaine par le USS George Washington, qui est à propulsion nucléaire et qui est plus puissant.

Dans une démonstration de force de sa puissance aérienne, le Pentagone a envoyé ses derniers avions furtifs F-22 à Okinawa, leur premier déploiement en dehors des Etats-Unis. Même si ces avions sont retournés en sol américain, le message était clair. Pékin s’est montré particulièrement inquiet des rapports faisant état d’exercices militaires américains ayant eu lieu en juillet 2006 qui consistaient à simuler une campagne de bombardement sur les villes côtières chinoises et sur d’autres cibles stratégiques en utilisant ses avions F-22 et F-35 à partir d’Okinawa et de porte-avions.

Malgré les efforts de Pékin pour moderniser son armée, le budget de la défense américaine est douze fois plus grand que celui de la Chine et son avance dans les technologies clés demeure substantielle. Les Etats-Unis ont 11 porte-avions déployés dans le monde, chacun transportant 90 avions. La Chine, quant à elle, n’en a aucun. En 2005, le tonnage total de la marine américaine se trouvait au-dessus de 3 millions de tonnes, près de 10 fois celui de la marine chinoise, qui est de seulement 340 000 tonnes. Même dans le domaine des sous-marins, les États-Unis en ont 95 et ce sont tous des navires sophistiqués et à propulsion nucléaire, comparativement à la Chine qui possède 85 sous-marins qui sont pour la plupart de type conventionnel.

Cependant, malgré leur puissance militaire, les États-Unis perdent de l’influence. L’économie en rapide croissance de la Chine a délogé les États-Unis en tant que principal partenaire économique de la plupart des pays d’Asie. De plus, d’autres puissances sont en train de faire surface dans la région. La Russie prévoit construire six porte-avions dans les deux prochaines décennies et trois de ceux-ci seront déployés dans le Pacifique. Le Japon et la Corée du Sud sont aussi en train d’accroître leur potentiel naval et l’Australie intervient activement dans la région. Même s’ils sont des alliés formels des États-Unis, ces trois pays ont leurs propres intérêts économiques et stratégiques.

Le potentiel de conflit, particulièrement entre les Etats-Unis et la Chine, a été mis en évidence dans les commentaires de l’ex-conseiller à la sécurité nationale Zbigniew Brzezinski. S’adressant au magazine Foreign Policy en octobre, il appela Washington à rechercher une coopération plus étroite avec Pékin et déclara : « Ce n’est pas dans les intérêts des Etats-Unis de répéter l’erreur qui a été faite en 1914, qui a mené au choc ayant produit la Première Guerre mondiale. La Chine doit être intégrée au système. Cela veut dire qu’elle a le droit de jouir d’une place convenable dans celui-ci.

Lors d’une visite en Chine en novembre, Brzezinski a dit à un groupe d’analystes stratégiques chinois qu’un conflit entre les Etats-Unis et la Chine n’était pas « inévitable ». Il a affirmé : « Au cours du siècle précédent, des changements dans les forces globales ont mené à la dépendance, aux conflits et même à des guerres, [mais] cela fait maintenant partie de l’histoire. » L’échec des puissances établies à intégrer l’Allemagne et le Japon dans un ordre mondial a mené à deux guerres mondiales catastrophiques, et Brzezinski ne dit pas comment le capitalisme pourrait éviter un troisième désastre.

En fait, les récents « incidents » navals entre les États-Unis et la Chine montrent que des intérêts économiques et stratégiques conflictuels pourraient très bien devenir la base d’une nouvelle guerre mondiale.

Sources WSWS

Posté par Adriana Evangelizt


Mardi 18 décembre 2007 2 18 /12 /Déc /2007 13:38

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Chine: les sanctions américaines contre l'Iran

rendent les choses plus complexes

La Chine a déclaré vendredi que les nouvelles sanctions imposées par les Etats-Unis contre l'Iran ne pouvaient que rendre la question nucléaire iranienne plus complexe.

"Lorsque la communauté internationale et l'Iran contribuent à résoudre le problème nucléaire iranien par le dialogue, cela ne peut que rendre le problème plus complexe que d'imposer de nouvelles sanctions envers l'Iran", a dit Liu Jianchao, porte- parole du ministère des Affaires étrangères lors de sa réponse à une question d'un journaliste.

Les Etats-Unis ont annoncé jeudi qu'ils imposeraient de nouvelles sanctions envers l'Iran sous prétexte que Téhéran soutient le terrorisme au Moyen-Orient, exporte des missiles et s'engage dans une construction nucléaire.

Les sanctions sont considérées comme les plus dures délivrées par Washington envers l'Iran depuis 1979.

Sources China org

Posté par Adriana Evangelizt

Mardi 30 octobre 2007 2 30 /10 /Oct /2007 13:53

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