Présentation

  • : LA MENACE VIENT DES USA
  • LA MENACE VIENT DES USA
  • : Actualité
  • : Le blog d'Adriana Evangelizt a pour but de démontrer que les USA sont une menace pour le monde. Nous vous parlerons des armes secrètes qu'ils utilisent contre les pays qu'ils ont décidé d'envahir... le projet HAARP... les OGM... les magouilles HALLIBURTON
  • Partager ce blog
  • Retour à la page d'accueil
  • Contact

W3C

  • Flux RSS des articles

Texte libre

 Pour que triomphent la Justice et la Vérité, votez pour ce blog en cliquant ci-dessous... Merci.

BlogueParade.com - Annuaire des Blogues francophones

11 septembre les nouvelles révélations de la manipulation...

Vidéo 1

Vidéo 2

VIDEO : LES MERCENAIRES S'AMUSENT EN IRAK...
WMV (Windows)  

VIDEO :

MASSACRE D'IRAKIENS DEPUIS UN HELICO

DEMOCRATIE EN IRAK

LA LIBERTE AMERICAINE EN IRAK

 

Ce que fait l'uranium appauvri sur les enfants IRAKIENS... âmes sensibles s'abstenir

VIOL D'IRAKIENNES PAR LA SOLDATESQUE

 

TEMOIGNAGES DE FEMMES SOLDATES LATINO-AMERICAINES VIOLEES PAR LA SOLDATESQUE... américaine mais pas que...

 

PHOTOS DES VICTIMES CIVILES EN IRAK

 

EXACTIONS AMERICAINES

 

PHOTOS DE MASSACRES

 

CRIMES DE GUERRE

 

GENOCIDE AU PHOSPHORE BLANC

 

Images aléatoires

Concours

Liens

Recommander

LES MAGOUILLES DES USA



Brèves notes à propos de l'empire


par Hernando CALVO OSPINA

 

I

Rares sont ceux qui ont consacré quelques minutes à essayer d’expliquer pourquoi tant de gens ont spontanément célébré l’attentat terroriste du 11 septembre 2001 à New York. Ces réactions ont eu lieu dans des quartiers populaires du Brésil, d’Algérie, ou de France. Enfin, disaient les personnes interrogées, celui qui donne les coups en avait reçu un.

En réalité, c’était la deuxième fois que cette nation était attaquée. Bien qu’on tente de le nier ou de le cacher, il semble que c’est depuis cette date qu’Al Qaida, l’organisation présumée responsable, et son leader, Osama Bin Laden, sont les héros de nombreux pauvres dans le monde, quelle que soit leur croyance religieuse. Au même moment, le discours officiel essaie de convaincre que les Arabes, lorsqu’ils ne sont pas émirs, sont potentiellement des terroristes.

II

Le 9 mars 1916 à l’aube, 400 hommes dirigés par le révolutionnaire mexicain Pancho Villa, passèrent la frontière. Ils attaquèrent et détruisirent pratiquement la localité de Colombus au Nouveau Mexique, siège du Camp Militaire Furlong. Dix-neuf soldats trouvèrent la mort. C’était en représailles à l’appui que les Etats-Unis apportaient au gouvernement combattu par les insurgés. Ce fut la première attaque étrangère sur le territoire étasunien. En réplique, et pour capturer Villa, 26.000 soldats étasuniens et un escadron d’avions pénétrèrent, en trois mois, au Mexique. Ils rencontrèrent une ardente résistance populaire qui força les envahisseurs à se retirer. Mais, même si Villa resta en vie, son image et celle des autres révolutionnaires commencèrent à être allègrement bafouée : ils n’étaient rien d’autre que des bandits et des criminels. Ce fut peut-être l’une des premières campagnes de diffamation qui fit le tour du monde. Le mythe dégradant du macho latino vient même de là. Et pourtant, le peuple continue de chanter les exploits du héros Pancho Villa, et pas seulement au Mexique.

III

Ils étaient convaincus que Cuba leur appartenait par la Grâce Divine, c’est pourquoi elle n’avait pas le droit de se révolter. Ils préparèrent donc une invasion qui se termina en désastre : la force mercenaire étasunienne fut défaite en moins de 70 heures. C’était en avril 1961. Kennedy, le « bon » président devint presque fou de rage devant l’« humiliation », selon ce que raconte dans ses Mémoires, Bill Colby, l’ex-patron de la CIA. C’était la première fois que ses troupes, désormais habituées à envahir, étaient vaincues. Et tandis qu’une autre invasion se préparait, les plans pour assassiner Che Guevara, Raul et Fidel Castro allaient également bon train. C’est dans ce but que Kennedy alla même jusqu’à pactiser avec la Cosa Nostra, ainsi que le prouvent les enquêtes menées par la Commission Church du Sénat. Les premières tentatives furent menées contre Raul, mais c’est Fidel qui devint rapidement l’objectif numéro un. On sait depuis peu que la CIA a préparé environ 600 complots contre lui. Par sa soif de sang et de vengeance, Washington a contribué à rendre Fidel et la Révolution invincibles.

IV

Juillet 1979. Les guérilleros sandinistes arrivent au pouvoir au Nicaragua, après avoir renversé la dictature de Somoza. Le président Reagan déclare solennellement que cette révolution est le principal problème de sécurité pour son pays. Il crée alors une force mercenaire, la « Contra », pour mener la guerre. Les eaux des ports « nicas » sont minées et, pour la première fois, le Tribunal International de Justice condamne une nation pour action terroriste. Reagan se moque publiquement de cette décision. Quand le Congrès interdit l’aide militaire à la Contra, le vice-président Bush trouve la solution. En 1986, le scandale éclate : la Maison Blanche vendait des armes à l’Iran, alors en guerre contre l’Irak, et armait la Contra avec les gains de cette vente. C’était l’incompréhension générale : l’Iran était un pays ennemi, le « Grand Satan », comme le disait quotidiennement Reagan. L’orage était en train de se calmer, lorsqu’en avril 1989, la Commission Kerry, du Sénat, présente un rapport démontrant que le trafic de drogue était fondamental dans cette guerre. On y lit : « Des fonctionnaires de haut niveau dans la détermination de la politique [antisandiniste] n’étaient pas réfractaires à l’idée que l’argent de la drogue était la solution parfaite aux problèmes de financement de la Contra. » Aidé par une incessante campagne médiatique, Bush père était l’homme qui dirigeait une force spéciale supposée « combattre » le narcotrafic.

V

Alors que tout donnait à penser qu’il finirait par être jugé pour le financement illégal de la Contra, Bush père, désormais président, envahit le Panama et massacra cinq mille personnes. Le prétexte en était la capture, pour narcotrafic, de celui qui avait été son ami et aussi salarié de la CIA : le dictateur Manuel Noriega. En 1992, en graciant les six hauts fonctionnaires, les seuls condamnés pour l’Iran-Contra, Bush dira : «  Qu’ils aient eu raison ou tort, c’est le patriotisme qui fut le dénominateur commun de leur motivation. » Oliver North fut conseiller de sécurité nationale et le chef visible de la Contra à la Maison Blanche. En 1989, le Parlement du Costa Rica l’accusa d’être l’un des responsables du réseau « drogue contre armes » dans ce pays. Il fut l’une des personnes graciées par Bush et, à quelques votes près, il faillit être élu au congrès.

Cela peut paraître incroyable, mais les preuves sont là, dans ce rapport et dans d’autres : jamais la mafia colombienne n’aurait acquis autant de pouvoir sans la guerre antisandiniste de la Maison Blanche.

VI

« C’est un fils de pute, mais c’est notre fils de pute », répondit le président Franklin D. Roosevelt quand on lui reprocha de recevoir le dictateur Somoza en grande pompe. D’autres militaires et hommes politiques, fils de la même engeance, arrivèrent et arrivent encore, de Cuba, d’Haïti, d’Argentine, du Venezuela, de la Bolivie, de la Colombie, etc., fuyant la justice pour avoir violé les droits humains. Ils méritent protection pour avoir servi les intérêts étasuniens. Luis Posada Carriles, ex-homme de main de la CIA, terroriste avoué et responsable, entre autres crimes, de l’attentat contre un avion de Cubana de Aviación, est protégé par le grand voile de l’impunité. Il y a longtemps que le clan Bush l’a pris sous son aile. Le 22 septembre 1988, en pleine enquête sur le financement de la Contra, le législateur Tom Harkin demanda, en son absence, au vice-président Bush, le « tsar » antiterroriste : « Si M. Posada, collègue de travail d’un associé proche du Vice-président [il fait référence à Félix Rodriguez, l’homme de la CIA qui transmit l’ordre d’assassiner Che Guevara] et allié depuis longtemps du conseiller de sécurité nationale de M. Bush [Donald Gregg], a pu passer au travers du filtre de la Force spéciale chargée du terrorisme du Vice-président, nous avons le devoir de nous demander sur quels autres terroristes internationaux le Vice-président ne s’est pas donné la peine d’enquêter […] Il semble que vous considériez certains types de terrorisme international comme moins dangereux ou, pour le moins, moins dignes de faire l’objet d’une enquête que d’autres. […] » Il n’y a jamais eu de réponse. Posada vit à Miami, car le président Bush, le fils à présent, l’y a autorisé.

VII

Les coups d’état ne sont pas de l’histoire ancienne en Amérique latine et continuent d’être organisés depuis le même lieu. Le président bolivien Evo Morales a été sur le point d’expulser l’ambassadeur étasunien. Celui du Venezuela, Hugo Chavez, a fait des efforts surhumains pour ne pas le faire. L’ex-évêque Fernando Lugo n’avait pas encore fini de s’installer dans son bureau de nouveau président du Paraguay, qu’il dénonçait la préparation d’un coup d’état. On dit que si un renversement de président n’a pas pu avoir lieu aux Etats-Unis, c’est parce qu’à Washington il n’existe pas d’ambassade des Etats-Unis. Quand en Amérique latine, un dirigeant politique ou un militaire nationaliste ne plaît pas à Washington, il est possible que son hélicoptère ou son avion « ait un accident ». Le général Omar Torrijos au Panama et le président équatorien Jaime Roldos en sont la preuve. Nous savons tous que Chavez est dans leur ligne de mire. Le président équatorien Rafael Correa doit prendre sa sécurité au sérieux. En ce qui concerne les plans contre Chavez et Correa, Washington a un complice en la personne d’Alvaro Uribe, président de la Colombie. Ce n’est pas pour rien qu’on l’appelle « le Sharon de l’Amérique ». Il est effrayant de constater que la faisabilité de ces crimes semble si « naturelle ». Pour Washington, tuer est aussi normal que voler. Terrorisme. Mais ce sont eux, et ils ont presque réussi à convaincre de la nécessité du leur.

Hernando Calvo Ospina

Collaborateur au Monde Diplomatique. Auteur, notamment, de : “Colombie, derrière le rideau de fumée. Histoire du terrorisme d’état”. Le Temps des Cerises, Paris 2008.

Sources Le Grand Soir

Posté par Adriana Evangelizt

Mercredi 17 septembre 2008 3 17 /09 /Sep /2008 13:27

Ecrire un commentaire - Par JC - Voir les 0 commentaires - Publié dans : LES MAGOUILLES DES USA


Biocarburants et crise alimentaire


par Salim Lamrani


Les émeutes de la faim se sont multipliées à travers le monde suite à la flambée des prix des matières premières alimentaires et se sont révélées particulièrement meurtrières. Les populations du Tiers-monde, écrasées par un système économique irrationnel et insoutenable, ont exprimé leur colère sur tous les continents, que ce soit à Haïti où le Premier ministre a été démis de ses fonctions, aux Philippines ou en Egypte. Plus de 37 pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine représentant un total de 89 millions de personnes sont directement affectés par la crise alimentaire1. Mais il ne s’agit malheureusement que du début.

Jacques Diouf, directeur général du Programme alimentaire mondiale des Nations unies, a mis en avant les facteurs qui ont conduit à cette hausse subite des prix, à savoir une baisse de la production due au changement climatique, des niveaux de stocks extrêmement bas, une consommation plus grande dans les économies émergentes telles que la Chine et l’Inde, le coût très élevé de l’énergie et du transport et surtout la demande accrue pour la production de biocarburants2.

 

Les Etats-Unis ont été les principaux promoteurs, avec le Brésil, de la politique des biocarburants pour faire face à la montée du prix du pétrole, négligeant les conséquences dramatiques et prévisibles d’une telle production. Ainsi, pour satisfaire ses besoins en énergie, Washington promeut une stratégie qui va conduire une grande partie de l’humanité au désastre. Il n’y a aucun doute là-dessus et les grandes institutions internationales sont unanimes à ce sujet, y compris le Fonds monétaire international (FMI)3.

 

La FAO, l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, a souligné que l’augmentation mondiale de la production de biocarburants menaçait l’accès aux denrées alimentaires pour les populations pauvres du Tiers-monde. « A court terme, il est très probable que la rapide expansion des carburants verts, au niveau mondial, aura des effets importants sur l'agriculture d'Amérique latine », a affirmé la FAO4.

 

En effet, la production de biocarburants s’effectue aux dépens des cultures vivrières en puisant dans les réserves d’eau, et en détournant les terres et les capitaux, ce qui entraîne une augmentation des prix des denrées alimentaires et « mettra en péril l'accès aux vivres pour les éléments les plus défavorisés », conclut l’Organisation dans un rapport présenté au Brésil5. Les conséquences sociales désastreuses de cette politique sont aisément prévisibles alors que l’insécurité alimentaire frappe déjà 854 millions de personnes6.

 

Le Brésil, qui s’efforce de propager la production des biocarburants en Amérique latine et en Afrique, a nié le fait que cette politique était responsable de la hausse des prix des des denrées alimentaires à travers le monde. Le ministre des Finances Guido Mantega a fait part de son désaccord : « Cela met en péril la production alimentaire […] aux Etats-Unis, mais pas au Brésil, pas dans les pays d'Afrique, pas dans les pays d'Amérique latine, qui ont assez de terres pour produire les deux7 ».

 

Le président brésilien Luis Inacio Lula da Silva a également récusé cette thèse. « Ne me dites pas, pour l'amour de Dieu, que la nourriture est chère à cause du biodiesel. La nourriture est chère parce que le monde n'était pas préparé à voir des millions de Chinois, d'Indiens, d'Africains, de Brésiliens et de Latino-américains manger », a-t-il affirmé. Lula a plaidé en faveur des biocarburants car le Brésil en est le deuxième producteur mondial derrière les Etats-Unis8.

 

Mais les cours des matières premières contredisent de manière cinglante les propos de Mantega et du président brésilien. La production de biocarburants se substitue aux cultures alimentaires et encourage fortement la hausse des prix. Ainsi, le prix du riz a augmenté de 75% entre février 2008 et avril 2008 alors que le prix du blé s’est envolé de 120% sur la même période9. Il en est de même pour les produits de base tels que le soja, le maïs, l’huile mais également le lait, la viande et autres10.

 

Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a réclamé des mesures d’urgence pour mettre fin à la crise alimentaire11. La Banque mondiale a appelé les gouvernements des pays membres à intervenir rapidement pour éviter la propagation du cataclysme alimentaire et a souligné que le doublement du prix des produits de base au cours des trois dernières années « pourrait pousser plus profondément dans la misère 100 millions d'individus vivant dans les pays pauvres ». Le prix du blé, par exemple, a augmenté de 181% en trois ans. Le FMI a mis en garde contre une hécatombe annoncée : « Les prix de l'alimentation, s'ils continuent comme ils le font maintenant, [...] les conséquences seront terribles. Comme nous l'avons appris dans le passé, ce genre de situations se finit parfois en guerre12 ».

 

Jean Ziegler, rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l’alimentation, a qualifié la production massive de biocarburants de « crime contre l’humanité » et a averti que le monde se dirigeait « vers une très longue période d’émeutes ». Il a clairement désigné les coupables en fustigeant la politique désastreuse du FMI, le dumping agricole de l’Union européenne en Afrique, la spéculation boursière internationale sur les matières premières engendrée par les biocarburants, le gouvernement des Etats-Unis et l’Organisation mondiale du commerce13.

 

La mise en garde de Fidel Castro

 

Il y a plus d’un an, le 28 mars 2007 pour être précis, l’ancien président cubain Fidel Castro avait mis en garde le monde contre le danger représenté par les biocarburants. Dans une longue réflexion intitulée « Plus de 3 milliards d’êtres humains dans le monde condamnés à une mort de faim et de soif prématurée », il avait dénoncé « l’idée sinistre de convertir les aliments en combustible » élaborée par le président Bush comme ligne économique de la politique étrangère des Etats-Unis. Le locataire de la Maison-blanche a fait part de sa volonté de produire 132 milliards de litres de biocarburant d’ici 201714.

 

« Aujourd’hui, nous savons précisément qu’une tonne de maïs peut produire seulement 413 litres d’éthanol en moyenne […]. Le prix moyen du maïs dans les ports étasuniens s’élève à 167 dollars la tonne. Il faut donc 320 millions de tonnes de maïs pour produire [132 milliards de litres] d’éthanol. Selon les données de la FAO, la récolte de maïs aux Etats-Unis pour l’année 2005 s’est élevée à 280,2 millions de tonnes. Même si le Président parle de produire du combustible à partir de gazon ou de copeaux de bois, n’importe qui comprend qu’il s’agit de phrases absolument dénuées de réalisme15 ».

 

Pour Fidel Castro, si une telle recette était appliquée aux pays du Tiers-monde, le nombre de personnes qui seraient atteintes par la famine et le manque d’eau prendrait des proportions vertigineuses, sans parler des conséquences écologiques. « Il ne restera plus un seul arbre pour défendre l’humanité du changement climatique16 ».

 

L’ancien président cubain avait également fustigé l’intention de l’Europe d’utiliser non seulement le maïs mais également le blé, les graines de tournesol, de colza et d’autres aliments pour la production de biocarburants. Cela entraînerait – écrivait-il – un essor de la demande, une hausse colossale des prix de ces matières premières alimentaires et une crise humanitaire aux conséquences tragiques. Les prévisions de Fidel Castro se sont malheureusement avérées exactes17.

 

Le leader révolutionnaire cubain a proposé une solution simple pour effectuer des économies d’énergie :

 

« Tous les pays du monde, riches ou pauvres, sans aucune exception, pourraient économiser des millions de dollars en investissement et en combustible en changeant simplement toutes les ampoules incandescentes par des ampoules fluorescentes, chose que Cuba a faite dans toutes les demeures du pays. Cela représenterait un répit pour résister au changement climatique sans laisser mourir de faim les masses pauvres du monde18 ».

 

Un moratoire immédiat sur les biocarburants est indispensable

 

Loin de tirer les leçons du drame social et humain qui traverse la planète, les Etats-Unis ont réaffirmé leur volonté de multiplier par deux les énormes surfaces qu’ils consacrent déjà aux biocarburants. L’Europe a également affiché son intention de développer ces produits de substitution19. Les conséquences seront tragiques car le pire est à venir.

 

La souveraineté alimentaire est un droit inaliénable des peuples. Il n’en est point de plus important. La pauvreté et la famine ne sont pas des fatalités mais les conséquences directes d’un système économique inhumain et destructeur qui viole le droit à la vie des déshérités de la planète. Pour cette raison, il est impératif de lancer un moratoire immédiat sur les biocarburants sous peine de faire face un véritable génocide. Cette production est insoutenable d’un point de vue moral, politique et social. L’espèce humaine est en passe de s’autodétruire. Il est plus que jamais urgent de mettre un terme à cette course folle vers l’apocalypse.

Notes

 

 

1 The Associated Press, « La communauté internationale confrontée à une sérieuse crise alimentaire », 14 avril 2008.

 

2 Ibid.

 

3 Reuters, « Face aux émeutes de la faim, DSK s’interroge sur les biocarburants », 18 avril 2008.

 

4 Reuters, « La FAO met en garde contre les biocarburants », 15 avril 2008.

 

5 Ibid.

 

6 Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, L’état de l’insécurité alimentaire dans le monde 2006 (Rome : FAO, 2006), p. 8.

 

7 Reuters, « La FAO met en garde contre les biocarburants », op. cit.

 

8 Le Monde, « Le président brésilien, Lula, plaide en faveur des biocarburants », 17 avril 2008 ; Marco Sibaja, « Brazil: Biofuels are not at the root of hunger crisis », The Associated Press, 17 avril 2008.

 

9 Lesley Wroughton, « La crise alimentaire reconnue comme une priorité mondiale », Reuters, 14 avril 2008

 

10 Ibid.

 

11 The Associated Press, « Crise alimentaire : Ban Ki-moon réclame des mesures d’urgence », 14 avril 2008.

 

12 Veronica Smith, « Crise alimentaire : la Banque mondiale sonne l’alarme », 14 avril 2008.

 

13 Agence France Presse, « Les biocarburants, ‘un crime contre l’humanité’ d’après le rapporteur de l’Onu », 14 avril 2008.

 

14 Fidel Castro Ruz, « Condenados a muerte prematura por hambre y sed más de 3 mil millones de personas en el mundo », Granma, 29 mars 2007.

 

15 Ibid.

 

16 Ibid.

 

17 Ibid.

 

18 Ibid.

 

19 Le Monde, « Les tartuffes de la faim », 17 avril 2008.

Salim Lamrani est enseignant, écrivain et journaliste français, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis. Il a notamment publié Washington contre Cuba (Pantin : Le Temps des Cerises, 2005), Cuba face à l’Empire (Genève : Timeli, 2006) et Fidel Castro, Cuba et les Etats-Unis (Pantin : Le Temps des Cerises, 2006).  Il vient de publier Double Morale. Cuba, l’Union européenne et les droits de l’homme (Paris : Editions Estrella, 2008).

 

Contact : lamranisalim@yahoo.fr

 


Salim Lamrani est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca.  Articles de Salim Lamrani publiés par Mondialisation.ca



Sources Mondialisation ca

Posté par Adriana Evangelizt

Mardi 29 avril 2008 2 29 /04 /Avr /2008 01:10

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Publié dans : LES MAGOUILLES DES USA

Regardez un peu ce qui attend l'Europe par le biais de Carlyle...

Le retour des rapaces

par Philippe Boulet-Gercourt


Rebaptisés « private equities », les rapaces sont de retour. Avec un appétit d’ogre, des capitaux colossaux, l’argument de la rationalisation industrielle et de fantastiques opportunités de profit rapide sur le dos des entreprises fragiles

La goutte d'eau qui a fait déborder le vase? C'est peut-être la fête extravagante donnée à New York pour ses 60 ans, qui aurait coûté 11 millions d'euros, dont près de 1 million pour une apparition de Rod Stewart. Ou bien cet article du «Wall Street Journal», dans lequel il confessait en pincer pour des crabes de roche à 290 euros pièce? A moins que ce ne soit, tout simplement, les 500 millions d'euros qu'il a empochés avec l'introduction en Bourse de son navire amiral, le Blackstone Group. Une chose est sûre: du jour au lendemain, Steve Schwarzman s'est retrouvé dans la ligne de mire de l'opinion publique et du Congrès, et avec lui tous les groupes de private equity (fonds privés d'investissement en capital). L'homme qui se vantait de vouloir «faire souffrir» des rivaux qu'il rêvait d'«exterminer» se retrouve soudain dans la position de l'arroseur arrosé...

Private equity: un terme chic et feutré, parfait pour ce club d'investisseurs fortunés qui lancent ou rachètent des entreprises qu'ils gèrent ensuite de façon privée, loin de la Bourse et de ses actionnaires pointilleux. Le phénomène existe depuis vingt ans, mais il a pris ces dernières années une ampleur folle, dopé par un crédit bon marché et des financiers toujours plus Imaginatifs. Aux Etats-Unis, les groupes de private equity ont assuré près de 290 milliards d'euros de rachats d'entreprises l'an dernier, et plus de 220 milliards au cours du seul premier semestre 2007. Les deals sont de plus en plus monstrueux - 23,6 milliards d'euros pour le rachat de Bell Canada (téléphone), tout juste annoncé - et les munitions de ces fonds, colossales: 1 100 milliards d'euros (fonds propres plus endettement potentiel). Jusqu'où iront-ils? Ils contrôlent déjà l'équivalent, en valeur, d'un dixième du New York Stock Exchange. Mais ils peuvent aller plus loin. Un deal à 70 milliards d'euros, dit-on à Wall Street, n'a plus rien d'impensable. Et si les Etats-Unis ont déjà été bien ratisses, le reste du monde regorge d'opportunités pour ces flibustiers de la finance. Carlyle, l'un des groupes les plus importants, vient de lancer un fonds européen qui sera doté de 3 à 5 milliards d'euros. Comptez - grosso modo - 4 euros d'emprunt pour 1 euro de capital, ce sont 15 à 25 milliards d'euros qui s'apprêtent à s'abattre sur le Vieux Continent. Et il ne s'agit que d'un fonds !

Ce qui pourrait les arrêter? Leur rapacité. Que ce soit dans les années 1980 avec les OPA et les junk bonds, les années 1990 avec la bulle Internet ou la vogue actuelle des rachats, Wall Street finit toujours par buter sur le même écueil: le fameux «greed is good» (la rapacité est une bonne chose) de Gordon Gekko dans le film «Wall Street» (voir encadré, p. 50). Dans le cas du private equity, cette rapacité est particulièrement insolente: l'an dernier, «les 25 personnes les mieux payées ont touché trois fois ce qu'ont gagné les 80 000 enseignants de New York», calcule Damon Silvers, un avocat de la fédération syndicale AFL-CIO. Non seulement ces financiers gagnent des sommes stratosphériques - près de 450 millions d'euros en moyenne pour chacun des 25 «top managers» -, mais ils font tout pour échapper à l'impôt! Au lieu d'être taxés comme s'il s'agissait d'un revenu, ils assimilent leur magot (une commission de gestion d'environ 2% plus un prélèvement de 20% sur les profits) à un gain en capital, taxé à seulement 15%.


Et bien sûr ils se paient sur la bête - la société rachetée - avec une voracité qui rappelle celle des Ivan Boesky (financier poursuivi pour délit d'initié) et consorts dans les années 1980. Un exemple? La «recapitalisation de dividende», par laquelle la société acquise contracte un emprunt pour payer un dividende à ses nouveaux maîtres. C'est ainsi que les groupes de private equity qui ont pris le contrôle du loueur de voitures Hertz, partageant au passage avec les banques près de 360 millions d'euros en «dépenses et commissions de transaction», se sont précipités pour se faire verser près de 720 millions d'euros de dividende, financé par emprunt. Le montant de ces dividend recaps est passé de moins de 3 milliards d'euros en 2002 à plus de 30 milliards en 2005. Autre exemple: Warner Music. Les groupes de private equity acquéreurs de ce grand nom de la musique ont empoché 2,3 milliards d'euros en un peu plus d'un an, pour un investissement de 1 milliard. Entre-temps, l'action Warner, réintroduite en Bourse dix-huit mois après son rachat, fait du sur-place depuis deux ans, 20% des salariés ont été licenciés et la moitié des artistes sous contrat remerciés...

Ce n'est pas tout: les deux soeurs jumelles de la rapacité, l'imprudence et la malhonnêteté, donnent un parfum furieusement années 1980 à bon nombre de ces deals. L'agence Bloomberg, parmi d'autres, a récemment publié une longue enquête sur les délits d'initiés qui précèdent l'annonce de nombreux rachats. «i», note l'agence. L'imprudence? Elle est à tous les coins de rue. Le fuel qui alimente le private equity se résume à trois mots: «argent pas cher». Les coûts d'emprunt de ces fonds «ont atteint des niveaux historiquement bas, note Andy Kessier, un ancien gérant de hedge fund, dans le «Wall Street Journal». Un taux inférieur à 4% est un cadeau. Or ce taux est récemment tombé à 2,4%». Malgré cela, la compétition grandissante entre fonds pour rafler les entreprises conduit certains à prendre des risques toujours plus importants. Les banques accordent par exemple des prêts-relais, détenant le capital le temps que les groupes de private equity aient rassemblé les fonds auprès de leurs investisseurs. Là encore, cela sent les eighties à plein nez: en 1989, quand le marché des «obligations pourries» s'était subitement écroulé, la banque First Boston s'était retrouvée propriétaire d'Ohio Mattress, une société de matelas de l'Ohio, après avoir accordé un prêt-relais de 350 millions d'euros. L'épisode est entré dans les annales de Wall Street avec un joli titre: «Le lit qui brûle»...

Comment se défendent les nouveaux maîtres du monde, confrontés à cette avalanche de critiques? Plutôt mal. Sur le fond, leur argumentation manque de punch. L'offensive des démocrates au Congrès, dit un lobbyste représentant les firmes Blackstone et Carlyle, «n'est rien d'autre que la volonté de l'AFLCIO de mettre fin à un traitement (fiscal) préférentiel de la prise de risque, par opposition au traitement des salaires». On découvre ainsi que le salarié n'est pas une entité qui prend des risques, comme celui de se faire virer à tout moment... Une autre ligne argumentaire fait écho au fameux discours de Gekko dans le film «Wall Street», quand celui-ci tourne en dérision la bureaucratie des grandes sociétés cotées. Trop d'entreprises normales se retrouvent incapables de changer «pour une myriade de raisons, qui incluent un management indélogeable, de l'inertie, la peur du changement», écrit Jack Welch dans «Business Week». Par contraste, poursuit l'ancien PDG de Général Electric, «le private equity crée presque toujours des business qui se portent bien. Il donne une vision claire et des objectifs mesurables à une compagnie, (...) il crée une mentalité de propriétaire excitante, déchaînant une passion renouvelée chez les salariés. Et il fait tout cela rapidement». Epatant, mais faux: la plupart des études menées depuis 2 000 montrent que les fonds de private equity, en moyenne, font à peine mieux que l'ensemble des grandes entreprises (le S&P 500). Une étude d'un prof de l'Insead et d'un autre économiste fait même apparaître une performance inférieure de 3,3% sur la période 1980-1996.

Bref, le boom du private equity commence à sentir le roussi. On finit de s'en convaincre quand on voit Moody's, la très sérieuse agence de rating, tirer à vue sur ces nouveaux barons: «L'environnement actuel ne suggère pas que les firmes de private equity investissent plus à long terme que les sociétés cotées en Bourse, malgré l'absence de pression que constituent les résultats trimestriels.» Et que dire des commentaires du patron de Goldman Sachs («les choses pourraient déraper très rapidement»), ou de celui du fonds Carlyle («la rapacité est aux commandes, personne ne craint l'échec»)? Sonnés par l'offensive du Congrès, inquiets de leurs propres excès, les nouveaux maîtres du monde rêveraient sans doute de calmer un peu le jeu. Mais ce n'est qu'un fantasme. Comme le rappelle Gekko dans «Wall Street»: «La seule chose qui compte, fiston, c'est le pognon. Le reste, c'est de la conversation.»

Sources Le Nouvel Observateur

Posté par Adriana Evangelizt

Vendredi 20 juillet 2007 5 20 /07 /Juil /2007 15:04

Ecrire un commentaire - Par Adriana Evangelizt - Voir les 0 commentaires - Publié dans : LES MAGOUILLES DES USA

Un article intéressant sur les très riches aux USA... savez-vous qu'Outre-Atlantique on nous reproche de n'avoir que 14 milliardaires en France alors que le Royaume en a deux fois plus  ?  Je vais poser un article où j'évoquerai le sujet, juste après... tiens pour les très riches... qui vivent davantage pour le matérialisme que pour leur âme...

"Jésus dit à ses disciples: Je vous le dis en vérité, un riche entrera difficilement dans le royaume des cieux." Matthieu 19/23

"Je vous le dis encore, il est plus facile à un chameau de passer par le trou d'une aiguille qu'à un riche d'entrer dans le royaume de Dieu"  Matthieu 19/24

Les très riches aux États-Unis: «De l’argent difficile à imaginer» 

par David Walsh

WSWS

«Laissez-moi vous parler des très riches», sont des paroles célèbres qu’a écrites F. Scott Fitzgerald dans une nouvelle de 1926. «Ils sont différents de vous et moi». Mais même Fitzgerald ne pouvait imaginer combien différents «de vous et moi» les très riches allaient devenir huit décennies plus tard.

Les sommes à la disposition des très riches aux États-Unis sont pratiquement inimaginables : un cadre de l’industrie du pétrole, Lee Raymond, a reçu quelque $400 millions pour sa retraite; la rémunération du président de banque Richard Fairbank a totalisé quelque $280 millions pour l’année 2005; les stock-options de Omid Kordestani, vice-président des ventes mondiales de Google, lui ont valu $288 millions l’an dernier.

L’accumulation se fait de façon effrontée. Ce qui par le passé aurait été considéré comme un fait quelque peu déshonorant de la vie sociale, la prolifération de milliardaires, est maintenant acclamé comme un symbole de la réussite américaine. La chute de l’Union soviétique et la soi-disant absence d’alternative au capitalisme, la putréfaction des syndicats de l’AFL-CIO, l’effondrement ignominieux du libéralisme américain et le manque, jusqu’à maintenant, d’une opposition politique de masse organisée contre l’élite dirigeante et ses deux partis ont rendu l’aristocratie financière américaine «étourdie par le succès.» Ces gens ont perdu la tête.  

Face à l’indignation publique sur les profits des compagnies de pétrole et les prix d’essence en hausse, Exxon a défendu avec arrogance les centaines de millions de Raymond, prétextant qu’ils récompensaient son «leadership exceptionnel de la compagnie, sa consolidation soutenue de notre position compétitive mondiale, et son progrès continu vers la réalisation d’objectifs stratégiques à long terme». La compagnie a ajouté qu’elle considérait la rémunération de Raymond «convenablement évaluée».

Dans une étude publiée en octobre 2005, trois professeurs en comptabilité ont rapporté qu’une couverture de presse négative, parfois même blessante, «ne modifie pas substantiellement le comportement corporatif en ce qui a trait aux rémunérations». L’establishment américain est quasiment indifférent aux sentiments de larges couches de la population. En réaction à un rapport faisant état de l’immense gouffre social qui ne cesse de s’accroître, un porte-parole pour la Chambre des affaires de l’état de New York a déclaré à un journaliste que les revenus gagnés par les riches de son état étaient «quelque chose qui devrait rendre heureux quiconque se soucie de New York».  

Il existe comme jamais auparavant, au moins dans l’histoire américaine moderne, un monde de la richesse complètement isolé du reste du monde. Selon un sondage mené par Spectrem Group, le nombre d’Américains ayant des capitaux de $1 million et plus a atteint 7,5 millions en 2004. En plus de ceux-ci, se retrouvent toutefois ceux qui possèdent une «valeur nette ultra élevée», terme mélodieux inventé par Merrill Lynch aux alentours de 2001. Ce sont des individus vivant dans des familles d’une valeur nette de $5 million ou plus. Dans un pays de 300 millions de personnes, ces individus représentent un très petit pourcentage de la population, mais pas un nombre insignifiant en termes absolus. La vie économique, politique et culturelle des États-Unis est organisée, dans une immense mesure, à leur avantage.

Cela n’est pas seulement obscène ou injuste, cela est socialement irrationnel et immensément destructeur. Comment est-il possible d’allouer des ressources, de réparer et de renouveler les infrastructures, de réaliser une planification à long terme, de guérir des maux sociaux, lorsque le principe directeur officiel est la capacité d’une élite oligarchique d’accumuler sans cesse plus de richesse personnelle? L’attraction gravitationnelle d’une telle richesse s’affirme dans tous les aspects de la vie.

Le New York Times a rapporté l’an dernier un phénomène relativement nouveau: des revues orientées complètement vers les très riches. La maison de publication, Absolute Publishing, a noté le Times, venait à peine d’entreprendre une publication intitulée Absolute, «pour distribution aux New-Yorkais ayant un revenu immobilier annuel estimé à au moins $500.000».

Le rédacteur en chef de Absolute, Ernest J. Renzulli, vise un public de seulement 60.000 résidents new-yorkais. Il a trouvé son lectorat cible «en effectuant le tri des bases de données des codes postaux des quartiers les plus riches de New-York, sélectionnant les gens qui avaient acheté des maisons de plus de $2 millions et ceux qui possèdent des voitures, des bateaux ou des avions, enregistrés à des valeurs de plus de $75,000».

«C’est un petit nombre», a dit Mr. Renzulli, cité par le Times. «Mais ce n’est pas une revue qui tente d’avoir une portée de masse. Elle cherche à rejoindre le haut de la pyramide».

Le Times a noté l'estimation présentée par Michael Silverstein, un dirigeant du Boston Consulting Group et coauteur du livre Trading Up: The New American Luxury [Le nouveau luxe américain]. Selon la projection de Silverstein, en 2010 les Américains dépenseront mille milliards de dollars en articles de luxe. Le Times poursuit: «Dans un monde médiatique de plus en plus fragmenté, les riches vivent de plus en plus dans leur propre coin. Qu'ils aient un goût pour la mode, les bijoux ou les yachts de luxe, ils ont tous un point en commun: une source de revenus apparemment inépuisable.»

Cela doit être en effet un problème que d'être assis sur des dizaines de millions ou des centaines de millions ou plus: comment dépenser tout cet argent? Ceux «qui nagent dans l'argent» (l'expression du Times) doivent se casser la cervelle et consacrer des heures à la résolution de ce problème. Comment avoir une minute de repos? Une personne ne doit-elle pas avoir un certain degré d'ingéniosité pour arriver à trouver des façons de dépenser une telle fortune?

 

À en juger par les résultats publiés, non, pas spécialement. Dans une large mesure, les fabuleusement riches ont obtenu leur fortune par un héritage, la bourse, la bulle spéculative immobilière, des investissements chanceux en technologie ou, peut-être, le militarisme américain - bref, par les processus économiques et sociaux semi-automatiques associés à la baisse du niveau de vie de millions de personnes aux États-Unis et la super exploitation des masses dans les pays pauvres. Ils ne sont pas brillants ou remarquables en aucune façon, sauf peut-être dans la profondeur de leur avarice et de leur étroitesse d’esprit.

 

Nous apprenons donc que Paul Allen de Microsoft possède un «giga-yacht» de 414 pieds, valant $250 millions, avec 7 ponts, deux pistes pour hélicoptère, une piscine, un terrain de basket-ball, une infirmerie, un garage pour Land Rovers, un cinéma, une salle de concert de 260 places et un studio d'enregistrement. Pour ne pas être en reste, Larry Ellison du géant de l'informatique Oracle, possède son yacht géant de 452 pieds de long. Le vaisseau de Ellison a 5 étages, 82 chambres, «une cave à vin de la grandeur du bungalow moyen qui borde la plage, et une génératrice suffisamment puissante pour fournir en électricité une petite ville d'Idaho ou du Maine… Coût total: $377 millions.» (Associated Press)

 

Les gens de l'élite riche s'achètent aussi des avions, rapporte Business Week: des Airbus A340 et des Boeing 777, estimés à plus de $100 millions. Des ajouts personnalisés ajoutent quelque $25 à $30 millions au coût.

 

Le marché des «grosses bagnoles» prospère également. Ocean Drive, l'une des nouvelles revues consacrée aux fortunés, a publié un article sur Michael Fux, dont la compagnie Sleep Innovations fabrique des produits Memory Foam. Fux a une collection d'environ 50 voitures de luxe. Il a récemment pris possession d'une Ferrari FXX de $2 millions: il y en a  seulement 20 dans le monde.

Dans un article décrivant les nouveaux «très riches fanatiques de grosses bagnoles» qui font la collection de Ferrari, de Maserati et de Bugatti, USA Today cite les commentaires d'un vendeur d'autos du sud de la Californie: «Il y a une nouvelle race de collectionneurs qui est apparue ces trois ou quatre dernières années. Ils gagnent presque tous des sommes d'argent difficiles à imaginer.» 

Un grand malaise persiste pourtant dans ces cercles. Un courtier de yacht a indiqué à Associated Press qu' «un changement important dans l'attitude des très riches aux États-Unis» a pris place au lendemain du 11 septembre. «Les clients me disent: "J'aurais pu être dans les tours jumelles, et avoir à sauter par la fenêtre." Les riches se disent maintenant: on peut mourir n'importe quand. Personne ne peut vous protéger. Tout autant dépenser et jouir de son argent maintenant.»

De la même façon, dans son analyse des tendances qui poussent des individus très riches à acheter de gros jets, Business Week note: «À cause de plus grande préoccupation sur la sécurité, surtout depuis le 11 septembre, certaines gens d’affaires se servent de leur avion en tant que base d’opération dans leurs voyages d’affaires. Plutôt que de se rendre à l’hôtel ou au bureau après leur atterrissage, elles restent simplement à bord … »

L’expression «consommation ostentatoire», inventée par Thorstein Veblen dans son livre Théorie de la classe de loisir écrit en 1899, fait à peine justice à la situation présente. Il y a un élément important de témérité, même de désespoir, dans les dépenses obsessives. Lancer l’argent au vent est difficilement un signe d’optimisme historique ou de confiance au sein de l’élite face à son avenir ou à l’état général de santé de l’ordre social américain.

Au plus fort de l’hégémonie économique mondiale des États-Unis dans les années 1950, on attendait des directeurs de sociétés qu’ils mènent des vies calmes, s’occupant modestement de l’économie du pays. Naturellement, ils se remplissaient les poches, mais personne ne s’attendait à ces qu’ils vivent comme des pharaons.

En 1957, la revue Fortune a écrit qu’il y avait environ 250 personnes aux États-Unis qui possédaient $50 millions ou plus. La plus riche d’entre elles, le magnat du pétrole J. Paul Getty, était seule dans la catégorie des $700 millions au milliard. Aujourd’hui, avec l’équivalent de 50 millions de cette époque, soit environ 350 millions, un individu n’est même pas près de faire la liste des 400 personnes les plus riches selon la liste de 2005 de Forbes (qui commence à 900 millions). Getty occuperait une place entre le 31ème et le 42ème rang.

La liste des Américains les plus riches d’il y a un demi-siècle comportait des noms célèbres: Rockefeller, Harriman, Mellon, duPont, Astor, Whitney et Ford, ainsi que le quartet associé à General Motors, Alfred P. Sloan Jr., Charles F. Kettering, John L. Pratt and Charles S. Mott. Ils étaient des capitalistes impitoyables, mais leur fortune était basée, directement ou indirectement, sur la croissance des forces productives.

Aujourd'hui, la liste des super-riches montre une croissance extraordinaire du parasitisme. Un exemple est la liste des «400» de Forbes, qui comprend un nombre extraordinaire de gens dont la richesse, selon la revue, provient de «placements», «fonds de couverture» ou «rachats», de «l'immobilier», de «la mode», etc. On y retrouve peu des «capitaines de l'industrie» d'autrefois.

Une lecture des publications telles que Ocean Drive, Gotham ou Los Angeles Confidential jette une certaine lumière sur les goûts et opinions de ces très riches.

L'expert immobilier Steven Gaines a confié à Gotham dans une récente entrevue que «là où vous choisissez de vivre vous définit davantage [à New-York] que dans n'importe quelle autre ville. Il y a un bon côté et un mauvais côté de la voie dans toute ville. Mais à New-York, l'étage où vous habitez, l'orientation de votre appartement, si vous êtes à un pâté de maisons plus loin, en dit énormément sur qui vous êtes et sur votre sens de l'aventure.»

Ce thème, l'argent est vraiment tout, revient à maintes reprises dans les études sur l'élite américaine contemporaine.

La journaliste du Times, Katharine Q. Seelye a, dans son article sur les revues pour gens fortunées, décrit ces publications en ces mots : «La plupart des revues se basent sur la même formule: photographie extravagante sur papier épais, portraits flatteurs de personnalités locales et compte-rendus de leurs rencontres sociales… Les revues permettent aussi aux lecteurs d'acheter aisément ce qu'ils voient sur la page, que ce soit dans une publicité ou un article - et il est souvent difficile de faire la différence, car les revues ont élevé la publicité pour produits commerciaux à une forme d'art».

Les revues semblent à première vue n'être rien d'autres que des annonces dispendieuses pour vêtements, montres, condos et automobiles - à raison de centaines de pages (Los Angeles Confidential a 350 pages, Ocean Drive 530!). La table des matières, les colonnes de commérages et les articles font peu d'efforts pour se mettre en évidence. Ils laissent humblement la place aux photos couleur de sacs à main, bracelets et automobiles.

De telles revues ne sont que des façades pour la mise en marché de produits très chers. C'est une façon relativement commode de faire savoir à une clientèle particulière ce qu'il y a à acheter ce mois-ci. Et ce n'est pas une chose que les personnes impliquées auraient honte d'admettre. Non, nous n'en sommes plus là.

Gotham semble se spécialiser dans le commérage immobilier, ce qui est à propos à Manhattan, ruinée par les Trump et compagnie. Les histoires de vente et d'achat d'appartements sont racontées avec un zeste sensuel que d'autres pourraient trouver à raconter des histoires sexuelles salées. Dans un numéro récent, un article relate avec enthousiasme que «l'appartement en terrasse du défunt philanthrope Enid Haupt a été vendu, au moins trois fois. Le duplex de neuf pièces situé à 740 Park Avenue, avec deux chambres à coucher principales et trois salles de bains et demie, a été l'objet d'une offre acceptée au prix demandé de $27,5 millions.»

La revue Unique Homes signale que Stanhope, sur la Cinquième Avenue de Manhattan, est actuellement en rénovation afin d'en faire 26 résidences de luxe. «L'espace est divisé en résidences de demi-étage d'environ 4.000 pieds carrés (commençant à $10 millions) et en résidences plein-étage mesurant plus de 8.000 pieds carrés ($30,5 millions en montant).» Le vieux Hôtel Plaza est également en train d'être transformé par un entrepreneur en résidences privées, 182 d'entre elles. Les unités de une à cinq chambres à coucher seront mises sur le marché à des prix allant de $2,5 millions à $33 millions et plus.

On pourrait continuer, mais les grandes lignes sont claires. Une aristocratie règne en Amérique, et elle a plus d'un trait en commun avec l' ancien régime de la France pré-révolutionnaire. Cette vaste accumulation de richesse à un pôle de la société est incompatible, à la longue, avec même une démocratie de façade. Les super-riches possèdent tout aux États-Unis, y compris les partis politiques et le processus politique. Ils permettent à la population de voter à ce point-ci, plus ou moins. Mais pour combien de temps? Avec une montée de la résistance aux politiques de l'élite et le risque d'effondrement du monopole des deux partis, pourquoi devrait-on permettre à la populace d'avoir son mot à dire dans des affaires aussi importantes que des élections?

Sources : WSWS

Posté par Adriana Evangelizt

Dimanche 23 avril 2006 7 23 /04 /Avr /2006 12:46

Ecrire un commentaire - Par Adriana Evangelizt - Voir les 0 commentaires - Publié dans : LES MAGOUILLES DES USA

 

Bush prêt à se saborder pour une compagnie arabe

 

par Philippe Randrianarimanana

Dubai Ports World, une société émiratie, voudrait prendre le contrôle de plusieurs grands ports américains. Favorable à ce projet, la Maison-Blanche se heurte à un Congrès majoritairement hostile. Le président Bush menace d'user de son droit de veto face à des parlementaires qui brandissent le "risque terroriste" pour justifier leur refus.

"Si le président George W. Bush met sa menace à exécution, il fera un étrange choix en usant de son droit de veto pour la première fois en plus de cinq ans au pouvoir", note le New York Times dans son éditorial. A l'instar de l'ensemble de la grande presse américaine, le New York Times commente la controverse opposant le président au Congrès américain concernant la prise de contrôle de six ports américains – New York, Baltimore, Philadelphie, Miami, La Nouvelle-Orléans et New Jersey – par la Dubai Ports World. Pour un montant de 6,8 milliards de dollars, cette compagnie des Emirats arabes unis reprendrait une affaire gérée depuis 1999 par P&O Ports, une compagnie britannique. En réaction, démocrates et républicains, unis pour l'occasion, montent au créneau.

"Le consensus politique général est souvent un signe troublant, particulièrement quand il s'agit d'une question que peu de monde connaît", note le Los Angeles Times. "Pendant cinq ans, les républicains ont clamé leur 'foi en le président' concernant la sécurité nationale. Ils ont même remporté les élections sur ce thème. Pendant cinq ans, les démocrates ont dit que le président Bush devrait jouer plus de la carotte que du bâton dans sa diplomatie à l'égard du monde musulman. Ils affirmaient qu'il était nécessaire de récompenser nos alliés par le commerce ou la confiance. Les libéraux estimaient que faire l'amalgame entre musulman ou arabe et terroriste était non seulement sectaire mais aussi contreproductif, dans la mesure où cela alimente les 'causes premières' du terrorisme", remarque le Los Angeles Times.

Pour le grand journal californien, le consensus autour de l'affaire des ports est injustifié au regard de certains faits que peu d'hommes politiques ou de commentateurs ont relevés. "La compagnie de Dubaï ne gérera pas la sécurité. Ce sont les gardes-côtes américains qui continueront à le faire et les dockers syndiqués américains s'occuperont toujours du chargement et du déchargement; les ports en question étaient déjà la propriété d'étrangers, à l'instar d'innombrables ports des Etats-Unis. Et, si les Etats-unis refusent l'offre de Dubaï, une compagnie de Singapour remportera problablement le contrat."

Ancien responsable au sein du ministère de la Sécurité interieure de 2003 à 2004, Clark Kent Ervin réfute les accusations de discrimination à l'encontre des Arabes formulées par les défenseurs de Dubai Ports World. Dans les pages du New York Times, Ervin explique : "Si les Emirats arabes unis sont considérés par l'administration Bush comme un allié dans la guerre contre le terrrorisme, nous devrions tous être attentifs à leurs liens avec les terroristes. Deux des pirates de l'air du 11 septembre étaient citoyens des Emirats, et une partie du financement des attentats vient de ce pays. Les EAU faisaient partie des trois pays à avoir reconnu le régime des talibans. Et Dubaï était un port de transit important dans le réseau de trafic illégal d'Abdul Qadeer Khan, le scientifique pakistanais qui fournissait la Libye, l'Iran et la Corée du Nord en matériel nécessaire pour fabriquer des armes nucléaires." Par ailleurs, l'auteur souligne que les ports offrent le meilleur point d'entrée pour une bombe et que seulement 6 % des conteneurs entrant par cargos aux Etats-Unis sont inspectés pour raisons de sécurité.

"Vous voulez acheter un port ?", titre un chroniqueur du Washington Post. Sur un ton virulent, il dénonce la primauté des intérêts financiers sur l'intérêt national et la sécurité. "Nous vendons nos côtes à un gouvernement arabe. Nos plus grandes compagnies Internet sont complices de la censure de l'information et de l'élimination de dissidents par le gouvernement chinois. Bienvenue dans le capitalisme américain à l'ère de la mondialisation." De ce point de vue, les Etats-Unis se distinguent : "D'autres nations considèrent certaines industries comme trop stratégiques pour être délocalisées à l'étranger ou vendues à des intérêts étrangers. Il n'y a qu'aux Etats-Unis que l'entreprise n'est responsable que devant ses actionnaires – mais ni devant ses employés, ni devant la nation.

Dans la presse des Emirats, le Gulf News constate amèrement que les Américains qui agitent la menace terroriste, qu'ils soient républicains ou démocrates, "n'ont encore rien compris". "Que de telles craintes soient infondées semble avoir échappé aux opposants à la vente. DP World se comporte de la même façon que n'importe quelle compagnie internationale en matière de contrôle de gestion : nul doute que la société cherchera à faire fructifier son investissement autant que possible. Mais DP World ne sera pas responsable de la sécurité des ports." Or, "si ce n'est la sécurité, qu'est-ce qui est en jeu ?" s'interroge le quotidien émirati anglophone. Parmi les facteurs qui expliquent cette situation, le journal souligne l'effet de la période préélectorale, durant laquelle "démocrates et républicains se tirent la bourre sur la question de la sécurité intérieure, thème qui a coûté cher aux démocrates lors des dernières élections". Et le journal de conclure : "Un mélange stupide de sentiments antiarabes, de xénophobie, de panique terroriste et de calendrier électoral est à l'origine de remarques malavisées."

Sources : Vox Déi

 

L'affaire des ports, nouvelle divergence entre Bush et sa majorité

 

La prise de contrôle de six ports américains par un groupe arabe de Dubaï est la dernière d'une série de divergences entre le président George W. Bush et sa majorité républicaine au Congrès, huit mois avant les élections de mi-mandat.

Après avoir été loyaux lors de son premier mandat, les élus républicains se sont affrontés ces dernières semaines avec le président sur une série d'affaires, qu'il s'agisse de son choix d'un juge à la Cour suprême ou de la lutte contre l'immigration clandestine.

De nombreux républicains ont pris aussi leurs distances avec M. Bush sur le programme controversé des écoutes, s'inquiétant de son impact sur les libertés individuelles.

Le parti du président critique également de plus en plus sa politique fiscale alors que le déficit budgétaire a grimpé à un niveau jamais atteint. Et après avoir soutenu la Maison Blanche sur sa gestion de la guerre en Irak, les républicains ont commencé à émettre des critiques, demandant des preuves concernant une stratégie de sortie.

Le dernier affrontement a éclaté cette semaine après que M. Bush a menacé de mettre son veto à toute loi qui suspendrait la décision de confier la gestion de six ports américains à une compagnie de Dubaï.

La transaction a suscité une telle levée de boucliers qu'un veto présidentiel risque d'être ignoré par le Congrès, ce qui représenterait une énorme défaite politique pour George W. Bush.

Les républicains, qui contrôlent les deux chambres au Congrès, ont promis de mener des auditions pour savoir pourquoi la transaction avait été approuvée en seulement 25 jours et non pas à l'issue des 45 jours habituels.

Un des élus les plus conservateurs du Sénat, le républicain Rick Santorum, a estimé dans un point de vue publié mercredi dans le Philadelphia Inquirer qu'autoriser la transaction sans un examen minutieux était contraire aux efforts de lutte contre le terrorisme.

»Depuis les attentats du 11 septembre 2001, notre gouvernement s'est focalisé sur la protection des Américains et de notre pays, comme il le devait. Il est extrêmement irresponsable d'autoriser un pays qui est depuis longtemps influencé par le mouvement fasciste islamiste de superviser et diriger les opérations dans ces six ports», a-t-il écrit.

»Donner le contrôle de ces ports à une compagnie basée à Dubaï est un pari, a-t-il ajouté. Le président devrait regarder attentivement les implications de cette vente».

Toute une série de pontes conservateurs et de bloggeurs s'en sont pris aussi au président. »La transaction semble mauvaise et sent encore plus mauvais», a écrit la commentatrice conservatrice Michelle Malkin sur son site web.

Le quotidien conservateur Washington Times, qui soutient habituellement l'administration Bush, l'appelle dans un éditorial mercredi à »faire échouer la transaction de Dubaï».

Le quotidien considère que ce débat risque de créer de l'acrimonie au sein du parti républicain. »Il est évident qu'une compagnie publique d'une région hostile ne devrait pas gérer des ports américains, quelles que soient les assurances sur la sécurité et même si son implication dans les opérations quotidiennes est limitée».

La controverse intervient à un mauvais moment pour les élus républicains qui tentent de se faire réélire en novembre et qui avaient espéré faire campagne aux côtés du président sur les questions de sécurité.

De hauts responsables de l'administration Bush ont mené en vain pour l'instant une offensive médiatique pour rassurer leurs partisans en affirmant que les Emirats arabes unis étaient un partenaire solide dans la »guerre contre le terrorisme».

»Je pense que nous devrions avancer très prudemment car les amis d'aujourd'hui pourraient ne pas être ceux de demain», a estimé l'élu républicain Vito Fossella.

Sources : Tageblatt

Posté par Adriana Evangelizt

Vendredi 3 mars 2006 5 03 /03 /Mars /2006 21:27

Ecrire un commentaire - Par Adriana Evangelizt - Voir les 0 commentaires - Publié dans : LES MAGOUILLES DES USA

Le Nouveau masque de la politique américaine au Proche-Orient

Par Gilbert Achcar
Université Paris-VIII et Centre Marc-Bloch (Berlin). Derniers ouvrages parus : L’Orient incandescent, Editions Page deux, Lausanne, 2003, et Le Choc des barbaries, 10/18, Paris, réédition 2004

Trois types de prétextes ont été utilisés par l’administration Bush pour justifier l’invasion de l’Irak : le premier fut, bien sûr, la « guerre contre le terrorisme » décrétée à la suite du 11 septembre 2001 ; contre toute évidence, le président Saddam Hussein fut présenté au public américain comme complice, sinon commanditaire, de M. Oussama Ben Laden. Le second argument fut la menace représentée par les « armes de destruction massive » ; nous savons désormais que les informations données par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne à ce sujet étaient mensongères. A mesure que les deux autres s’estompaient, le troisième argument a gagné en importance : Washington promettait de faire de l’Irak un modèle démocratique si attractif qu’il servirait d’exemple pour tout le Proche-Orient.

Avancé concurremment avec les deux autres depuis le début de la campagne contre Bagdad, cet argument fut propagé de la façon la plus zélée par les amis néoconservateurs de l’administration Bush (1), très actifs autour du Pentagone. Le président lui-même exposa solennellement son ambition de répandre les « valeurs démocratiques » au Proche-Orient. Il le fit dès le 26 février 2003, à la veille de l’invasion de l’Irak, devant l’American Enterprise Institute, un think tank connu pour être un repaire de néoconservateurs et de partisans inconditionnels d’Israël – parmi lesquels M. George W. Bush se vanta d’avoir « emprunté » vingt personnes pour son administration (2). Puis, comme pour montrer quel type de valeurs il s’agissait avant tout de répandre, le président américain proposa, le 9 mai 2003, « l’établissement d’une zone de libre-échange Etats-Unis - Moyen-Orient d’ici une décennie (3 ».

Cette argumentation a trouvé un soutien chez quelques-uns des adeptes de la « guerre humanitaire » sous l’administration Clinton, restés partisans de la manière forte sous M. Bush. Professeur à Harvard et spécialiste des droits humains, le Canadien Michael Ignatieff est un représentant de ce cercle qui avance des arguments sophistiqués pour voler au secours d’une administration aux raisonnements plus frustes. Dans un essai retentissant publié début 2003 dans le supplément dominical du New York Times, Michael Ignatieff vantait sur un ton désabusé, pour mieux convaincre, les mérites de l’« empire américain », devenu sous sa plume le véritable « empire du Bien ».

Les Etats-Unis seraient « un empire light, une hégémonie mondiale dont les agréments sont les marchés libres, les droits humains et la démocratie, imposés par la plus redoutable force militaire que le monde ait jamais connue (4 ». Dans la péroraison de sa longue plaidoirie, l’auteur énonçait : « Ce qui plaide en faveur de l’empire, c’est qu’il est devenu, dans un endroit comme l’Irak, le dernier espoir tant pour la démocratie que pour la stabilité. » Avec le recul, le pronostic apparaît dans toute sa fausseté (5)...

A l’inverse de ces louanges « idéalistes » émanant de « libéraux », au sens américain de « progressistes », la prétention de l’administration Bush d’apporter la démocratie au monde musulman en général, et à l’Irak en particulier, a été soumise à vives critiques du côté des « réalistes ». Adam Garfinkle, le rédacteur en chef de The National Interest, principale revue théorique de ce courant, mit vigoureusement en garde contre la naïveté de ce type d’approche dès l’automne 2002.

La première objection qu’il formulait concernait le « paradoxe de la démocratie » défini par un autre professeur de Harvard, le célèbre Samuel Huntington : dans certaines régions du globe, la démocratie peut jouer en faveur de forces hostiles à l’Occident, parangon de cette même démocratie. Le monde musulman est la région par excellence où cette loi se vérifie, étant celle où l’hostilité aux Etats-Unis est à son comble.

La seconde objection que soulevait Adam Garfinkle était qu’une campagne pour la démocratie dans le monde arabe « présuppose soit un tournant majeur des attitudes états-uniennes envers les classes dirigeantes non démocratiques d’Arabie saoudite, d’Egypte, de Jordanie et autres, que nous avons longtemps considérées comme nos amies, soit un état permanent d’hypocrisie diplomatique flagrante (6 ».

Cette hypocrisie – dont sont familières les populations du monde musulman depuis fort longtemps – est à la source de l’incrédulité mêlée d’ironie amère que suscitent auprès d’elles les promesses démocratiques de Washington. C’est ce que soulignent aux Etats-Unis des partisans sincères de la démocratie. Chercheur au Carnegie Endowment for International Peace, Thomas Carothers critiquait il y a un an le « dédoublement de la personnalité » du président Bush et de son équipe : « “Bush le réaliste” cultive activement des relations chaleureuses avec des “tyrans amis” dans plusieurs parties du globe, tandis que “Bush le néoreaganien” prononce des appels retentissants pour une nouvelle et vigoureuse campagne pour la démocratie au Moyen-Orient (7).  »

Une initiative retentissante

Dans un article sur la stratégie des Etats-Unis, Sherle Schwenninger, codirecteur du programme de politique économique mondiale de la New America Foundation, rappelait que « l’essence même de la politique américaine au cours des trois dernières décennies a été contraire à la démocratie et à l’autodétermination arabes ». Chaque président a poursuivi la même stratégie composée de trois piliers qui ont chacun « profondément aliéné la population arabe » : « le financement de la défense d’Israël et la promotion d’un certain type de processus de paix » ; « le soutien aux gouvernements pro-américains en Egypte et en Jordanie » ; et « le développement d’une étroite alliance avec les familles régnantes des Etats pétroliers du golfe Persique, en particulier avec la famille royale saoudienne ».

« L’occupation de l’Irak, ajoute-t-il, n’a fait qu’aggraver les problèmes de légitimité de l’Amérique. Pour la plupart des peuples de la région, elle n’a fait que renforcer leur perception que les Etats-Unis sont plus intéressés par le pétrole et leur position militaire dominante que par le bien-être du peuple irakien (8).  »

L’absence d’armes de destruction massive en Irak et la dynamique d’une situation marquée par une profonde défiance populaire, sinon une franche hostilité, à l’égard des Etats-Unis, ont amené M. George W. Bush à augmenter le volume de l’« argumentaire démocratique ». A cette fin, il prononça un discours à ambition programmatique, le 6 novembre 2003, devant le National Endowment for Democracy, un think tank bipartisan créé en 1983 sous l’impulsion de l’administration Reagan et réuni à la Chambre de commerce des Etats-Unis. Faisant de la démocratie dans le monde musulman le thème central de son discours, le président illustra néanmoins la géométrie très variable de la conception qu’il en a en décernant des satisfecit aux dirigeants d’une longue liste de pays arabes autocratiques – Maroc, Bahreïn, Oman, Qatar, Yémen, Koweït, Jordanie, et même la monarchie saoudienne – tout en fustigeant « les dirigeants palestiniens qui bloquent et sapent la réforme démocratique (9 ».

Quelques jours plus tard, un bras de fer était engagé en Irak entre, d’une part, le « proconsul » Paul Bremer, comme l’appelle l’hebdomadaire britannique The Economist, et ses collaborateurs irakiens et, d’autre part, le grand ayatollah Ali Al-Husseini Al-Sistani, principale autorité spirituelle des chiites d’Irak. Bras de fer éminemment « paradoxal » (selon le paradoxe de Huntington) puisque c’est l’ayatollah qui exigeait le suffrage universel, tant pour l’élection d’une Assemblée constituante que pour la ratification d’une nouvelle Constitution, tandis que l’autorité occupante arguait de l’impossibilité d’organiser un scrutin à court ou moyen terme afin de justifier le transfert formel du pouvoir à un gouvernement irakien désigné par Washington. Dans cette confrontation, l’ayatollah, s’appuyant sur les manifestations de masse de ses partisans, est parvenu à imposer une médiation de l’Organisation des Nations unies (ONU) qui a débouché sur la promesse d’organiser des élections vers la fin de cette année.

C’est dans ce contexte très nuisible à l’image « démocratique » dont elle s’était affublée que l’administration d’un George W. Bush en perte de vitesse dans les sondages, à quelques mois de l’élection présidentielle, choisit de lancer une nouvelle initiative retentissante. Le 13 février 2004, le quotidien libéral de langue arabe Al-Hayat, basé à Londres, publiait un document de travail (working paper) intitulé « Partenariat G8 Grand Moyen-Orient (10) », que Washington avait distribué aux « sherpas » des dirigeants du G8 en vue du sommet qui aura lieu du 8 au 10 juin à Sea Island (Géorgie), aux Etats-Unis.

Puisant largement dans les rapports sur le monde arabe préparés sous l’égide du Fonds arabe de développement économique et social (Fades) et du bureau régional du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) (11), le document américain évoque le niveau de pauvreté, d’illettrisme et de chômage dans les pays arabes pour tirer une sonnette d’alarme à l’intention des membres du G8, dont les « intérêts communs » seraient menacés par « une croissance de l’extrémisme, du terrorisme, du crime international et de l’immigration illégale (12 ». C’est à ce titre que Washington interpelle les membres du groupe en présentant comme complémentaires des initiatives passablement concurrentes – comme le Partenariat euro-méditerranéen (le « processus de Barcelone ») et la Middle East Partnership Initiative du département d’Etat américain – et en invoquant les « efforts multilatéraux de reconstruction en Afghanistan et en Irak » comme s’ils s’inscrivaient dans une seule et même démarche.

Microfinance et privatisations

Sous les rubriques « Démocratie » et « Société de la connaissance », le document propose plusieurs initiatives d’une portée très limitée, comme une aide technique du G8 aux pays arabes qui organisent des élections entre 2004 et 2006. Il est précisé qu’il s’agit d’une « assistance préélectorale » (aide technique à l’enregistrement des électeurs et formation de personnel) et non d’une surveillance du déroulement des élections elles-mêmes. Ou encore l’aide à la mise en place de centres de formation de femmes dirigeantes et de journalistes, d’organismes d’assistance juridique (charia comprise) et d’organisations non gouvernementales, ainsi que l’aide à la formation de 100 000 institutrices d’ici à 2008.

Sous la rubrique des « Chances économiques », le document propose les innovations les plus « audacieuses », appelant à « une transformation économique d’une ampleur similaire à celle qu’ont entreprise les pays ex-communistes d’Europe centrale et orientale ». La clé de cette transformation est le renforcement du secteur privé, sésame de la prospérité et de la démocratie selon le credo washingtonien. A ce sujet, le document atteint un degré confondant d’ingénuité. Grâce aux miracles de la « microfinance », avec seulement 100 millions de dollars par an sur cinq ans, on pourrait faire sortir de la pauvreté 1 200 000 « entrepreneurs » (dont 750 000 femmes), à coups de prêts de 400 dollars par personne.

Les autres recettes sont plus convenues : création d’une Banque du Grand Moyen-Orient pour le développement, sur le modèle de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), – alors que les pays arabes disposent d’une institution de ce type, le Fades, à la différence près qu’elle n’est pas pilotée par les pays occidentaux ; création de zones franches, alors qu’il en existe déjà plusieurs dans les pays arabes ; et pression pour que la priorité soit donnée à l’adhésion à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et aux réformes nécessaires à cette fin.

Depuis sa divulgation par Al-Hayat, ce document a suscité un feu nourri de critiques dans le monde arabe. A commencer par sa définition même du « Grand Moyen-Orient » : outre les pays arabes, la zone concernée regroupe l’Afghanistan, l’Iran, le Pakistan, la Turquie et Israël, des pays qui n’ont pour dénominateur commun que de relever de la zone où se manifeste l’hostilité la plus forte aux Etats-Unis et dans laquelle se déploie avec la plus grande vigueur l’intégrisme islamique dans sa version anti-occidentale, érigé en ennemi public numéro un par Washington.

Hormis cette considération relevant de priorités politico-stratégiques que les Etats-Unis cherchent à faire adopter par leurs partenaires occidentaux, aucune raison géographique, culturelle ou économique ne justifie un tel assemblage régional, trop étendu ou pas assez selon les critères objectifs envisageables. Les gouvernements des pays concernés, comme leurs populations, ne sauraient accepter une telle logique – à l’exception d’Israël, qui partage d’autant plus les priorités stratégiques de Washington que les autres pays de l’ensemble sont ses principales sources d’inquiétude.

Une des toutes premières et des plus virulentes critiques arabes du document américain est venue du rédacteur principal du Rapport sur le développement humain arabe, l’Egyptien Nader Fergany. Offusqué par la façon dont Washington s’est approprié le rapport, il publie, dans Al-Hayat, un article dans lequel il souligne que la procédure même – le peu de temps laissé aux partenaires du G8, et encore moins aux Etats arabes, pour se prononcer sur le projet – dénote déjà « la mentalité arrogante de l’administration américaine actuelle à l’égard du reste du monde, qui l’entraîne à agir comme si elle pouvait disposer du sort des Etats et des peuples (13 ».

L’auteur reproche au document de généraliser les données d’une étude consacrée exclusivement aux pays arabes à une vaste zone géographique fort disparate, majoritairement musulmane et considérée par les néoconservateurs comme source de terrorisme, en faisant fi des spécificités des pays englobés. Il expose plusieurs raisons pour un rejet résolu du projet. D’abord, le fait qu’il est « imposé de l’extérieur », sans consultation préalable des principaux intéressés. Ensuite, le manque de « crédibilité » d’une administration qui sème la corruption dans le monde arabe et menace ses intérêts. C’est bien pourquoi, ajoute Fergany, le document de Washington s’appuie sur le rapport PNUD-Fades, « comme un ivrogne s’appuie sur un lampadaire pour ne pas tomber, et non pour s’éclairer ».

De la même façon, écrit-il en exprimant un sentiment fort répandu dans la région, Washington cherche à « compromettre » l’Europe dans son propre projet. Cela concerne surtout les Etats – l’Allemagne et la France, au premier chef – auxquels l’opposition à l’invasion de l’Irak « a gagné popularité et respect auprès du peuple arabe au point que les forces du changement dans la région voient en eux d’importants alliés ». Si ces pays adhéraient aux vues américaines, continue Fergany, « ils perdraient largement le capital politique que leur a valu leur soutien limité aux droits arabes » et rateraient une occasion historique de partenariat avec les forces du changement dans la région. Peut-être est-ce là même, ajoute-t-il, « un objectif latent » du document de Washington.

Fergany critique, en particulier, la volonté des Etats-Unis d’imposer leur modèle économique au Moyen-Orient. S’y ajoute le fait que le document ignore les problèmes principaux du monde arabe : il postule une intégration d’Israël dans l’ensemble régional, sans même évoquer les droits des Palestiniens. Il ne s’intéresse qu’à la reconstruction de l’Irak – et non à sa souveraineté – dans la mesure où cela signifie « la distribution de contrats aux entreprises des Etats qui ont contribué à détruire l’Irak ».

En conclusion, Fergany appelle les Etats arabes à rejeter le projet américain, tout en soulignant qu’un refus qui ne s’accompagnerait pas d’un effort authentique de la part de ces Etats afin de promouvoir une réforme endogène, un projet authentique de renaissance du monde arabe, serait vain. C’est cette dernière perspective de réforme qu’esquisse le rapport PNUD-Fades. Sa dernière livraison, parue en octobre 2003, a tenu compte des reproches adressés, à juste titre, à la première édition (juillet 2002) de se conformer au credo néolibéral et de négliger la part de responsabilité des dominations extérieures dans l’état du monde arabe. Le rapport 2003 met l’accent sur le caractère dépendant des économies arabes, tempère quelque peu son libéralisme économique en prévenant contre la substitution de monopoles privés aux monopoles étatiques, et formule une critique vigoureuse des politiques israélienne et américaine au Proche-Orient (14).

Ce problème de crédibilité est le handicap le plus lourd du projet américain. Même les partisans les plus résolus du changement dans le monde arabe le rejettent à ce titre. Ainsi, le militant tunisien des droits humains Moncef Marzouki souligne, toujours dans Al-Hayat, « l’absence totale de crédibilité de la politique des Etats-Unis de promotion de la démocratie dans le monde arabe (15 ». « On peut même dire, ajoute-t-il, que toute leur politique aboutit au contraire à ouvrir un boulevard aux forces islamiques extrémistes, comme nous le voyons en Irak et le verrons encore ailleurs. »

L’hostilité profonde que suscite l’administration Bush dans les pays arabes et la méfiance exacerbée contre tout ce qui émane d’elle ont poussé les principaux alliés et protégés arabes de Washington que sont les régimes égyptien et saoudien à se démarquer de l’initiative américaine. Le président égyptien Moubarak a pris la tête du camp critique afin de mieux se prémunir contre les réactions virulentes que ne manque pas de provoquer cette initiative. Après avoir émis ses réserves, il s’est envolé pour Riyad, où il a publié avec ses hôtes un communiqué rejetant « l’imposition de l’extérieur d’un type spécifique de réforme aux pays arabes et musulmans (16 ».

Devant cette levée de boucliers, l’administration Bush a juré qu’elle n’entendait nullement se substituer aux pays intéressés. Le département d’Etat s’est chargé de faire passer le message, ce qui n’a pas empêché le sous-secrétaire d’Etat Marc Grossman, dépêché auprès de quelques alliés arabes de Washington, de déclarer, à Bruxelles, que les prochains sommets Etats-Unis/Union européenne (Dublin) et de l’OTAN (Istanbul), prévus, comme celui du G8, pour juin prochain, devaient eux aussi discuter de la réforme dans le « Grand Moyen-Orient ». En tournée régionale à son tour, le secrétaire d’Etat Colin Powell a déclaré, au Koweït, que Washington comptait sur les Etats arabes pour qu’ils s’emparent de la question préalablement au G8.

Il sera entendu : les alliés arabes des Etats-Unis s’apprêtent à remettre sur le tapis, sous une forme ou une autre, au sommet convoqué à Tunis les 29 et 30 mars, l’« initiative saoudienne » (déjà inspirée par Washington). Cette dernière avait été annoncée en janvier 2003 en vue du précédent sommet prévu à Bahreïn en mars de la même année, mais qui avait été déplacé à Charm el-Cheikh, en Egypte, et réduit à une seule journée pour cause de crise irakienne. L’initiative du prince héritier Abdallah avait été rendue politiquement inopportune par la tension régionale, ainsi que par la mise en garde de certains de ses pairs contre la soumission aux desiderata de Washington. Le président syrien Bachar El-Assad, en particulier, avait dénoncé les « masques » successifs utilisés par Washington pour mettre la main sur l’Irak : les inspections de l’ONU, les résolutions du Conseil de sécurité, les armes de destruction massive, « la question de la démocratie, puis les droits humains ». « Et ils nous promettent maintenant le développement  (17)...  »

L’initiative saoudienne visait à faire adopter par les Etats arabes une nouvelle charte prônant l’« autoréforme » et le développement de la « participation politique », ainsi que des mesures pour « soutenir et favoriser le secteur privé » et instaurer à terme un « marché commun arabe ». En somme, les mêmes recettes, dont le contraste entre le caractère timoré en politique et le caractère résolu et fondamental en économie indique bien qu’au Proche-Orient la « libéralisation » risque fort, avec de tels promoteurs, de se limiter à la privatisation.

(1) Pour un exposé du programme de « démocratisation » du Moyen-Orient, lire Victor Davis Hanson, « Democracy in the Middle East : It’s the hardheaded solution », dans le principal organe des néo-conservateurs, The Weekly Standard, Washington, 21 octobre 2002.

(2) George W. Bush, « President Discusses the Future of Iraq », Office of the Press Secretary, The White House, Washington, 26 février 2003.

(3) George W. Bush, « Remarks by the President in Commencement Address at the University of South Carolina », Office of the Press Secretary, The White House, 9 mai 2003.

(4) Michael Ignatieff, « The Burden », New York Times Magazine, 5 janvier 2003.

(5) Au point qu’Ignatieff a dû se rétracter publiquement au sujet de l’Irak : « The Year of Living Dangerously », New York Times Magazine, 14 mars 2004 (traduction française publiée sous le titre « Comment j’ai changé d’avis sur l’Irak », dans Le Monde du 21 mars 2004).

(6) Adam Garfinkle, « The Impossible Imperative ? Conjuring Arab Democracy », The National Interest, New York, automne 2002.

(7) Thomas Carothers, « Promoting Democracy and Fighting Terror », Foreign Affairs, New York, janvier-février 2003.

(8) Sherle Schwenninger, « Revamping American Grand Strategy », World Policy Journal, New York, automne 2003.

(9) « Remarks by the President at the 20th Anniversary of the National Endowment for Democracy, United States Chamber of Commerce », The White House, 6 novembre 2003.

(10) Le texte anglais original est publié sur le site Internet en langue anglaise du quotidien.

(11) PNUD et Fades, Rapport arabe sur le développement humain 2002 et Rapport arabe sur le développement humain 2003,, New York. Le titre est, bien sûr, mal traduit : dans sa version arabe originale et en traduction anglaise, le rapport s’intitule Rapport sur le développement humain arabe. Les deux éditions sont disponibles en téléchargement (gratuit en langue arabe uniquement, payant en anglais et français) sur le site du PNUD.

(12) On appréciera la façon dont l’« immigration illégale » est associée aux autres fléaux.

(13) Nader Fergany, « Critique du projet du “Grand Moyen-Orient” : les Arabes ont grandement besoin de refuser une réforme qui vient de l’extérieur » (en arabe), Al-Hayat, Londres, 19 février 2004.

(14) En représailles, l’administration Bush a considérablement réduit la contribution des Etats-Unis au budget du PNUD par rapport à ce qui avait été déjà voté par le Congrès.

(15) Moncef Marzouki, « Le projet américain de démocratie dans le Grand Moyen-Orient. Oui, mais avec qui ? » (en arabe), Al-Hayat, 23 février 2004.

(16) Lire à ce sujet Nevine Khalil, « Winds of Change », Al-Ahram Weekly, Le Caire, 26 février 2004.

(17) Lire Amira Howeidy, « Swan-Song for Arab Unity », Al-Ahram Weekly, 6 mars 2003.

Sources : LE MONDE DIPLOMATIQUE

Posté par Adriana Evangelizt

Mercredi 1 février 2006 3 01 /02 /Fév /2006 20:11

Ecrire un commentaire - Par Adriana Evangelizt - Voir les 0 commentaires - Publié dans : LES MAGOUILLES DES USA

A lire absolument sur le Monde Diplomatique,  le cahier spécial sur le Proche-Orient...

 Un cahier spécial sur le Proche-Orient


C’est au Proche-Orient que se déroulent, en ce début de XXIe siècle, quelques-uns des conflits les plus sanglants de la planète et les plus dangereux pour la paix mondiale. Le face à face entre Israéliens et Palestiniens, vieux de plusieurs décennies, connaît une impasse sanglante qui pèse lourdement sur toute la région. L’opération anglo-américaine en Irak a mis fin à la dictature du président Saddam Hussein, mais plongé le pays dans une terrible guerre civile. Malgré l’enlisement de ses Marines et la désaffection majoritaire de l’opinion américaine, l’administration Bush menace maintenant l’Iran, sous prétexte que celui-ci entend développer son énergie nucléaire. Quant au Liban, il n’a échappé à l’emprise syrienne que pour replonger dans les déchirements intercommunautaires responsables, de 1975 à 1989, de quelque 30 000 morts. Plus loin, en Afghanistan, l’intervention occidentale, entérinée par les Nations unies, n’a ni défait les talibans ni reconstruit un pays ravagé par vingt-cinq ans d’affrontements…

Que les plus grandes batailles planétaires se mènent au Proche-Orient n’a rien d’étonnant, tant cette région occupe une place stratégique majeure. Elle produit 35 % du pétrole mondial et en détient 68 % des réserves, alors que l’Agence internationale de l’énergie estime que la demande en hydrocarbures va croître de 1,9 % par an : la part des cinq principaux membres de l’OPEP au Proche-Orient - Arabie saoudite, Emirats arabes unis, Koweït, Iran et Irak - dans la production mondiale devra donc passer de 25 % actuellement à 32 % en 2010 et à 41 % en 2020. Le Proche-Orient, c’est aussi cette « life line » (ligne vitale) qui irriguait l’Empire britannique, avec ses routes menant traditionnellement de la Méditerranée à l’océan Indien, à commencer par le canal de Suez : le monde et ses moyens de communication ont certes changé, mais la région reste un carrefour décisif entre l’Europe, l’Asie et l’Afrique. Au-delà, c’est toute une zone stratégique, rebaptisée « Sud-Ouest asiatique », que les Etats-Unis tentent d’enserrer – du Golfe au Caucase et à l’Asie centrale – dans un dense réseau de bases militaires, comme au temps de l’encerclement de l’Union soviétique.

Enfin, si beaucoup de facteurs historiques participent aux maux du Proche-Orient (conséquences d’une colonisation tardive, succès mais aussi échecs du mouvement national arabe, dégénérescence souvent dictatoriale des pouvoirs « socialistes » et « baasistes », poids d’un islam particulièrement conservateur, etc.), c’est avant tout l’état de guerre incessant généré par le conflit israélo-palestinien qui transforme la région en une véritable poudrière. En cinquante ans, il a provoqué cinq affrontements généralisés (1948, 1956, 1967, 1973 et 1982), plus, indirectement, la guerre civile au Liban. Ces conflits en série ont entraîné une course aux armements dévoreuse de richesses, lesquelles ont ensuite fait cruellement défaut au développement. Sans oublier que cette belligérance sans fin offre aux pouvoirs autoritaires un prétexte pour le rester, voire pour rogner plus encore les maigres libertés individuelles et collectives… Quand l’administration Bush parle de démocratiser le Proche-Orient, elle pose une bonne question, à laquelle elle apporte une mauvaise réponse. Et pour cause : elle se moque de la nature des régimes en place, pourvu qu’ils servent ses intérêts. Washington ne s’inquiétait nullement des crimes de la dictature irakienne, même lorsque cette dernière gazait ses citoyens kurdes, tant qu’elle protégeait la région de la contagion de la révolution islamique iranienne. De même, peu importait aux Etats-Unis la violation systématique des droits humains par l’Arabie saoudite avant que celle-ci ne « fournisse » la majorité des terroristes du 11 septembre 2001…

Le projet de « Grand Moyen-Orient » a pour principal objectif de renforcer l’emprise des Etats-Unis sur l’ensemble de cet espace géopolitique : sur son pétrole, sur ses marchés, et donc sur ses régimes. L’installation de bases militaires est un élément essentiel de cette stratégie. Le soi-disant « clash des civilisations », qui a son épicentre dans la région, et la lutte contre le terrorisme, constituent autant d’alibis pour la reconquête néocoloniale des pays de la région, et, au-delà, de l’Afrique et de l’Asie.

Ce faisant, MM. George W. Bush et Anthony Blair n’ont pas compris ce que Robespierre voulait dire lorsqu’il écrivait que « les peuples n’aiment pas les missionnaires armés ». Aucune intervention militaire ne remplacera l’indispensable effort politique et diplomatique. Rien ne changera durablement dans la région tant qu’Israéliens et Palestiniens continueront de s’affronter. Une paix juste et durable entre eux n’est évidemment pas une condition suffisante à la solution de tous les problèmes du Proche-Orient, mais elle en est sans aucun doute une condition absolument nécessaire.

Pour mieux comprendre ces dossiers, Le Monde diplomatique propose ce cahier rassemblant les grands textes du conflit israélo-arabe, depuis la déclaration Balfour de 1917 en faveur de l’instauration d’un « foyer national juif en Palestine » jusqu’aux accords de paix d’Oslo, en passant par les principales résolutions des Nations unies et les grandes déclarations de la résistance palestinienne.

Ce cahier propose également des chronologies, des présentations des questions clés du conflit, des cartes et des liens vers les sites Internet et les articles du journal. Un autre cahier traite plus spécifiquement de l’Irak.

 

Cahier réalisé par Alain Gresh, Dominique Vidal, Emmanuelle Pauly, Philippe Rivière, Florence Touret, Meryem Belkaïd, Kevin Burel, Peggy Pierrot, Olivier Pironet, Clea Chakraverty
Cartographie : Philippe Rekacewicz
Graphisme : Arnaud Martin

N’hésitez pas à nous écrire à l’adresse <Olivier.Pironet@Monde-diplomatique.fr> ;
vos commentaires et suggestions seront les bienvenus.

 

-  Actualité (2002-2005)

-  Historique

-  Les dossiers de la négociation

-  Internationalisation du conflit

-  Les deux protagonistes

-  Compléments documentaires

Sources : MONDE DIPLOMATIQUE

Posté par Adriana Evangelizt

Mercredi 4 janvier 2006 3 04 /01 /Jan /2006 15:25

Ecrire un commentaire - Par Adriana Evangelizt - Voir les 0 commentaires - Publié dans : LES MAGOUILLES DES USA

Contrôler Internet
par Ignacio Ramonet
ou
L'enjeu du SMSI de Tunis
 
 
Après le premier Sommet mondial sur la société de l’information, qui s’était tenu à Genève en décembre 2003 , Tunis accueille, du 16 au 18 novembre, à la demande de l’ONU, et organisé par l’Union internationale des télécommunications (UIT), le second Sommet mondial avec une préoccupation principale : comment instaurer un contrôle plus démocratique d’Internet ?
Internet est une invention américaine du temps de la guerre froide. Le Pentagone cherchait alors à élaborer un système de communication pouvant résister à une attaque atomique, et permettant aux responsables politiques et militaires ayant survécu de reprendre contact entre eux pour lancer la contre-attaque. Encore étudiant à Los Angeles, Vinton Cerf imagina, avec une équipe de chercheurs financés sur fonds publics, les outils d’un nouveau mode révolutionnaire de communication. Mais il n’était encore réservé qu’à une petite minorité d’universitaires, de militaires et d’autres initiés.
Plus tard, en 1989, les physiciens Tim Berners-Lee et Robert Cailliau, chercheurs au Centre européen pour la recherche nucléaire (CERN) de Genève, mirent au point un système hypertexte et inventèrent le World Wide Web, qui allait favoriser la diffusion des informations et l’accès du grand public à Internet, ainsi que sa formidable et fulgurante expansion.
A l’heure actuelle, et depuis 1998, le réseau mondial est géré par l’Internet Corporation for Assigned Names and Numbers (Icann), un organisme de droit privé à but non lucratif basé à Los Angeles, soumis à la loi californienne et placé sous le contrôle du département du commerce des Etats-Unis. L’Icann est le grand aiguilleur du réseau. Il s’appuie sur un dispositif technique constitué de treize puissants ordinateurs, dits « serveurs racines », installés aux Etats-Unis (quatre en Californie et six près de Washington), en Europe (Stockholm et Londres) et au Japon (Tokyo).
La principale fonction de l’Icann est la coordination des noms de domaine (Domain Name System, DNS), qui aide les usagers à naviguer sur Internet. Chaque ordinateur relié à Internet possède une adresse unique appelée « adresse IP » (pour protocole Internet). Au départ, ces adresses IP sont des séries de chiffres difficiles à mémoriser, mais le DNS permet d’utiliser, à la place de chiffres, des lettres et des mots plus familiers (le « nom de domaine »). Par exemple, au lieu de taper une suite de chiffres, on tapera www.monde-diplomatique.fr. Le DNS convertit le nom de domaine en la série de chiffres correspondant à l’adresse IP, ce qui connecte l’ordinateur au site recherché. Le DNS permet également le bon fonctionnement du courrier électronique. Tout cela à l’échelle de la planète et à une vitesse ultrarapide.
Selon ses propres termes, l’Icann « a pour mission de préserver la stabilité opérationnelle d’Internet, de promouvoir la concurrence, d’assurer une représentation globale des communications Internet et d’élaborer une politique correspondant à sa mission suivant une démarche consensuelle (1) ».
Mais, depuis quelque temps, il n’y a plus consensus. La mainmise américaine sur le réseau est contestée. En septembre, à Genève, lors d’une négociation préalable entre les Etats-Unis et l’Union européenne, avant le sommet de Tunis, les Etats de l’Union ont été unanimes à réclamer une réforme de la gouvernance d’Internet à l’occasion de l’arrivée à échéance, en septembre 2006, du contrat qui lie l’Icann au ministère du commerce américain. La rencontre s’est soldée par un échec, Washington se refusant à tout changement.
Le Brésil, la Chine, l’Inde et l’Iran, par exemple, se retrouvent, mais pas toujours pour les mêmes raisons, sur d’identiques positions que l’Europe. Certains menacent même de créer leur propre organisme national de gestion de la Toile, ce qui conduirait à une désastreuse fragmentation d’Internet.
Ce différend possède une dimension géopolitique. Dans un monde de plus en plus globalisé, où la communication est devenue une matière première stratégique et où explose l’économie de l’immatériel, les réseaux de communication jouent un rôle fondamental. Le contrôle d’Internet confère à la puissance qui l’exerce un avantage stratégique décisif. Comme, au XIXe siècle, le contrôle des voies de navigation planétaires avait amené l’Angleterre à dominer le monde.
 
L’hégémonie sur Internet donne aux Etats-Unis, en théorie, le pouvoir de limiter l’accès à tous les sites du réseau dans quelque pays que ce soit. Ils peuvent aussi bloquer tous les envois de messages électroniques de la planète. Jusqu’à présent, ils ne l’ont jamais fait. Mais ils ont la possibilité de le faire. Et cette simple éventualité inquiète au plus haut point de nombreux pays (2).
Le temps est donc venu de réclamer que l’Icann cesse d’être sous contrôle de Washington. Et devienne enfin un organisme indépendant relevant des Nations unies.
 
Le Monde Diplomatique de Novembre 2005
 
Notes
(2) Cf. Time to change control, The Guardian, Londres, 11 octobre 2005.
 
 
Samedi 29 octobre 2005 6 29 /10 /Oct /2005 00:00

Ecrire un commentaire - Par Adriana Evangelizt - Voir les 0 commentaires - Publié dans : LES MAGOUILLES DES USA

S'informer, Lire

Calendrier

Mai 2012
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Recherche

Catégories

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés