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Wayne Madsen sur Russia Today dit que le virus de la grippe porcine est fabriqué. Paul Watson cite Madsen ICI. De toute façon, c'est une certitude.



/!\Tv Russe: Virus fabriqué /!\ St/fr
envoyé par 54fiorentino54



30 Avril 2009 - Russian Today
Wayne MADSEN, journaliste d'investigation de Washington, annonce ses doute sur l'origine naturelle de la "grippe A".

La liste des trucs bizarres (vous avez dit bizarre?):
1/ Grippe très tardive dans la saison (campagne de re-vaccination?)
2/ structure virale très surprenante, très éloignée des virus connus
3/ Apparition simultanée au Mexique et aux USA
4/ Apparition en ville loin des porcs...
5/ 2 ou 3 virus différents annoncés, puis fusionnés sous l'appellation Grippe A.
6/ Ne touche que les populations valides, 20/40 ans
7/- Le mélange et l'envoie accidentel de souches pathogènes par BAXTER l'an dernier
8/ Le contrat signé par Aventis le 8 Mars pour une usine au Mexique
9/ L'explosion de fioles de virus dans un train bondé...
10/ Une grippe porcine qui touche pas les porcs, c'est fort, très très fort...
11/ Semaine de la vaccination en Europe


Posté par Adriana Evangelizt
Mardi 5 mai 2009 2 05 /05 /Mai /2009 16:10

Ecrire un commentaire - Par JC - Voir les 0 commentaires - Publié dans : MANIPULATION

Ils en parlent même sur le Monde...



Comment l'administration américaine façonne l'information de l'intérieur


C'est un article fleuve, de ceux que sait produire la presse américaine, une investigation fouillée, qui s'appuie sur l'examen de 8 000 pages de documentation. Le New York Times dénonce dans son édition du 20 avril les liens coupables entre les experts militaires employés par de nombreux médias américains et le Pentagone. Sur le site Internet du journal, les visages de ces analystes font la une, sous la mention "message machine".

L'article s'ouvre sur un voyage organisé à Guantanamo par l'administration Bush pour quelques uns de ces experts militaires. Chahuté par le scandale de "ce goulag des temps modernes" (expression d'Amnesty International), le gouvernement américain profite de ce voyage à bord de l'avion utilisé normalement par le vice-président pour faire valoir sa position auprès de ces anciens officiers devenus des relais d'opinion.

Il ne s'agit là que d'un exemple.  Pour décrypter ces relations dangereuses entre consultants médiatiques et pouvoir, le journal a obtenu devant la justice que lui soient communiqués toute une série de courriels, transcriptions et documents. A la lecture de ceux-ci, le journal conclut à l'existence de "relations symbiotiques" qui outrepasse la ligne de partage qui doit séparer les journalistes et le gouvernement.

"FAÇONNER LE TRAITEMENT DU TERRORISME"

Des documents du Pentagone qulifient ces consultants d'"auxiliaires" chargés de "multiplier la force du message" et de diffuser les "thèmes et messages" de l'administration, en les faisant passer pour "leurs propres opinions". Ces liens sont souvent aussi très concrets : la plupart de ces commentateurs travaillent parallèlement pour des entreprises en contrat avec le département de la défense, sans toujours le révéler aux médias qui les emploie. Pour ces hommes, un voyage tel que celui organisé fin 2003 en Irak est aussi une opportunité rare d'entrer en contact avec ceux qui décident des achats militaires.

Le Times explique que le système s'est mis en place tandis que se préparait la guerre en Irak et n'a pas cessé de fonctionner depuis. Avec une seul objectif : "transformer les analystes en une sorte de cheval de Troie médiatique, un instrument destiné à façonner le traitement du terrorisme de l'intérieur des grands réseaux de radio et de télévision".

Interrogé par le journal, le Pentagone a défendu son travail avec ces consultants, en affirmant ne leur avoir toujours fourni que des informations exactes. Pour le porte-parole du DoD Bryan Whitman, "l'intention et le but n'est rien d'autre qu'une tentative sérieuse d'informer le peuple américain". Il ajoute qu'il serait "assez incroyable" de penser que des officiers à la retraite pourraient être utilisés "comme des marionnettes par le département de la Défense".


Sources
Le Monde

Posté par Adriana Evangelizt

Dimanche 20 avril 2008 7 20 /04 /Avr /2008 16:24

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A l'ouest rien denouveau mais si le New York Times en parle c'est que cela doit atteindre des pics vertigineux...


Comment manipuler l'info sur la guerre

par Richard Hétu

Journaliste à Cyberpresse

Son blog

Après avoir lu ce long reportage du New York Times, vous n’écouterez plus de la même façon les militaires retraités qui défilent à la télévision américaine pour expliquer ce qui se passe en Irak, en Afghanistan ou à Guantanamo. La plupart d’entre eux travaillent pour des sociétés qui ont des contrats avec le Pentagone, un fait qui est rarement dévoilé aux téléspectateurs. S’appuyant sur des entrevues et quelque 8000 pages de documents, le Times affirme que l’administration Bush a transformé ces analystes en cheval de Troie médiatique, les invitant à assister à des séances d’information sur la guerre avec des officiels du Pentagone qui ont une influence directe sur l’attribution des contrats militaires.

Selon certains analystes militaires, ces séances d’information ne sont rien d’autre que des exercices de propagande. Je cite dans le texte un ancien Green Beret qui a servi d’analyste sur la chaîne Fox :

“It was them saying, ‘We need to stick our hands up your back and move your mouth for you.’ ”

Sources Blog Richard Hétu

Posté par Adriana Evangelizt

Dimanche 20 avril 2008 7 20 /04 /Avr /2008 16:13

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La guerre des mots

par Michael Carmichael


Le peuple étasunien est devenu la victime inconsciente de ses propres guerriers de l'information.


Avec la précision militaire d'un rouage d'horloge, les étasuniens sont devenus des victimes inconscientes de leurs propres guerriers de l'information. Les effets aveuglants des cette arme de guerre laissent les citoyens désorientés par le travestissement délibéré des faits. Alors que les poussées de propagande US sont soi-disant conçues pour tromper leurs ennemis, bien trop fréquemment elles reviennent par derrière, pour plonger leurs racines mortelles profondément au fond de la psyché étasunienne.


Sous Donald Rumsfeld, les campagnes de communications stratégiques basées sur des théories de l'information démodées ont mené à la destruction de l'autorité morale des États-Unis. Suite à des inquiétudes croissantes exprimées par des personnages militaires majeurs, quelques tentatives ont été lancées pour modérer les abus de propagande, mais il est déjà trop tard -- des dommages ont été faits à la position des USA dans le monde. Pire, la destruction de la crédibilité étasunienne est le résultat direct des politiques des Bush-Cheney de la Maison Blanche et de leur administration néo-conservatrice.

Pendant la première phase de l'invasion de l'Irak, le Pentagone de Rumsfeld a lancé un enchaînement de désinformation sous la forme d'une réaction en chaîne d'histoires fausses. Ces histoires ont dupé la grande presse. CNN, New York Times, Associated Press et UPI -- et bien d'autres agences -- ont marché à la propagande. Voici justes quelques exemples :

- Des militaires irakiens ont projeté mettre des uniformes US et britanniques pour commettre des atrocités sur d'autres Irakiens afin de stigmatiser la coalition ;

- Des Irakiens ont exécuté des prisonniers de guerre et

- La reddition en masse de la 51ème Division de l'armée irakienne.

Toutes ces histoires étaient non corroborées lorsqu'elles ont été publiées, et elles ont vite disparu à cause du manque de preuve, mais les dommages ont été faits. Les irakiens étaient diabolisés comme auteurs de crimes de guerre, tandis que les bruits sur la reddition massive de la 51ème Division manipulaient les étasuniens au sujet des progrès de la guerre.

Aujourd'hui, les militaires US comptent sur les campagnes de guerre de l'information à tel point qu'il est parfaitement correct d'étiqueter le processus de propagande : « la militarisation de l'information, » une expression présentée par Daniel Schulman dans son récent article, Jeux d'esprit, publié dans la Columbia Journalism Review.

En d'autres termes, les guerres des néo-conservateurs utilisent l'arsenal complet des campagnes politiques US dans lesquelles les arguments sont basés sur les objectifs politiques de l'État -- plutôt que sur la vérité. Dans la guerre de l'ère Bush, le courant de l'opinion publique est maintenant perçu comme plus important que le cours du conflit sur le champs de bataille.

Dans les salles de classe militaires, les officiers sont endoctrinés aux théories et aux pratiques de gestion de la perception et aux opérations psychologiques les entraînant à déployer le spectre complet de la guerre de l'information contre les ennemis sur les champs de bataille de même que contre les adversaires politiques de l'administration Bush-Cheney. Faisant la guerre psychologique, le personnel militaire étasunien s'engage dans la diffusion préméditée de propagande carrément mensongère et de tromperies délibérées canalisées à travers la presse et les médias dominants.

Donald Rumsfeld a autorisé la création du Office of Strategic Influence (bureau de l'influence stratégique) accrédité de la mission de concevoir et de disséminer des opérations d'information pour miner nos ennemis. Quand le stratagème de la propagande de Rumsfeld a été découvert, le scandale lui est retombé dessus et a détruit la crédibilité du Pentagone. Rumsfeld a dissout le bureau, mais il a annoncé que ses opérations n'étaient que passées dans la clandestinité dans un groupe d'agences militaires -- certains avec des noms ouvertement orwelliens comme Bureau de Contre-Désinformation, une unité bizarre qui est localisée au Département d'État pour défendre le gouvernement contre les accusations de malversation, de manquement et de tromperie.


Le gouvernement US externalise systématiquement sa guerre de l'information de plus en plus agressive à l'exécutif de sociétés de mercenaires consacrées à la manipulation de la perception des événements politiques à leur propre avantage.

Scientific Applications International Corporation (SAIC) se glorifie de fournir au gouvernement fédéral des programmes conçus pour produire la « dominance de l'information. » Le SAIC fournit les acteurs des opérations de propagande du gouvernement fédéral. Ces « experts » dans des domaines aussi divers que les études Islamiques, le Moyen-Orient et la guerre psychologique, ont un coût très élevé pour le contribuable US. Le SAIC est recensé dans Fortune 500 [1] comme une firme de recherches et de technologie ayant fabuleusement réussi. Leur produit est la fabrication de propagande et la conduite de la guerre psychologique. À une époque telle que la nôtre, quand la crédibilité du gouvernement fédéral n'a jamais été aussi basse et s'enfonce nettement à une vitesse effrayante, le SAIC n'a aucun élément pour sa fierté qui s'enfle puisqu'il a profité des opérations qui ont miné la position des USA dans le monde. Il n'est pas non plus réconfortant de noter que Robert Gates, le successeur de Rumsfeld au Pentagone, était membre du conseil du SAIC.

Dirigé par John Rendon, le Rendon Group a été soumis à un examen approfondi par James Bamford, qui a été publié dans Rolling Stone. Bamford a gagné la National Magazine Award (récompense nationale des magazines) en 2006 pour sa dissection incisive du rôle de Rendon dans la fabrication du soutien aux politiques de guerre des néo-conservateurs Bush-Cheney de la Maison Blanche. Une auto-description de l'expert en « gestion de la perception, » Rendon, est un peu plus qu'une version étasunienne néo-conservatrice de Josef Goebbels [2]. Parmi beaucoup d'autres attributions de propagande secrète, John Rendon a obtenu le contrat de diaboliser Saddam Hussein. Pour atteindre son but, Rendon a :

- Établi le Congrès National Irakien (lNC),

- Installé Ahmad Chalabi à la tête de l'INC ;

- Loué un groupe de militants anti-Saddam et
- Servi de gourou de relations publiques et de conseiller de médias -- lire directeur de la propagande -- pour l'INC.

Selon Bamford, le Rendon Group a amassé 100 millions de dollars de bénéfices dans ses lucratifs contrats pour détruire la crédibilité de Saddam Hussein par l'intermédiaire d'un bombardement massif de propagande, pour la guerre psychologique et pour la gestion de la perception.

John Rendon et le SAIC conçoivent des stratégies pour la guerre de l'information à grande échelle et ils font payer un prix élevé qui est en fin de compte réglé par les contribuables US [3] qui sont tout sauf totalement inconscient du fait qu'ils subventionnent la guerre psychologique qui leur retombe dessus et les manipulent.

Aujourd'hui, les éléments clefs de la presse dominante sont devenus conscients de la profondeur de la tromperie délibérée causée par les guerriers de l'information des USA avec leur manipulation cynique des principales agences de presse. Les étasuniens sont aussi bien conscients de la situation. Ce phénomène n'est qu'une raison de la croissance rapide de la méfiance envers les médias dominants menant à la migration du public vers Internet à la recherche d'un plus large éventail et d'une meilleure qualité de faits non frelatés, d'informations et d'analyses.

Alors que le gouvernement Bush et le Pentagone voient la presse et les médias dominants comme la seule arme de la guerre des mots qu'ils mènent pour atteindre leurs objectifs politiques et militaires, le public vote avec ses doigts pendant qu'il se tourne de plus en plus vers le World Wide Web.

Malheureusement, les manipulateurs de la perception savent que la crédibilité des médias dominants est sur le déclin, et ils déploient maintenant des légions de cyber guerriers pour fausser le flot d'informations afin d'imposer leurs ordres du jour politiques néoconservatrice.

La guerre des mots est littéralement une guerre éternelle -- une guerre perpétuelle qui peut seulement mener à un crescendo exponentiel de propagande sans fin.

Article original en anglais, 17 avril 2007.

 

 

 

Traduction de Pétrus Lombard pour Alter Info.

 

 

 

 

Notes du traducteur

 

 

 

1- Fortune 500 : Liste des 500 plus grosses entreprises établie chaque année par le magazine Fortune. 

 

2- Josef Goebbels était le ministre de la propagande nazie. 

 

3- Directement par le contribuable US mais aussi indirectement par tous les consommateurs de produits pétroliers dans tous les pays où le gouvernement paye le pétrole en dollars.

 

Articles de Michael Carmichael

Posté par Adriana Evangelizt




Lundi 23 avril 2007 1 23 /04 /Avr /2007 19:27

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La continuité du mensonge


par Louis Dalmas

Un article de Tzvetan Todorov a été publié par Libération, le 19 décembre dernier, sous le titre "Le souci de vérité", est à figurer également en anglais dans le International Herald Tribune du même jour. Le texte est important, à la fois par la notoriété de l'auteur, et par l'ampleur de sa diffusion.

Le sous-titre français en résume le thème : "Les fondements de la démocratie sont en péril dès lors qu'un pays accepte, comme les Etats-Unis avec la guerre en Irak, le mensonge ou l'illusion".

Se référant au rapport Baker-Hamilton, qui affirme en termes mesurés mais fermes, que le gouvernement de Bush a sacrifié la vérité à ses buts politiques dans son aventure irakienne, Todorov écrit ; "La préparation et le déclenchement de la guerre reposaient sur un double mensonge ou une double illusion, à savoir qu'Al Qaeda était lié au gouvernement irakien et que l'Irak possédait des armes de destruction massive, nucléaires, biologiques ou chimiques."

L'information ainsi faussée a été relayée pendant cinq ans par tous les grands médias, conditionnant l'opinion publique à une vision erronée de la réalité.

Ce constat à la fois juste et inquiétant est aujourd'hui généralement partagé, ce qui est une avancée, mais malheureusement trop tard pour effacer le mal déjà fait. Si l'on veut éviter de semblables entorses à la démocratie dans l'avenir, il faut pousser plus loin l'analyse au moyen de quelques rappels historiques indispensables.

Il y a un peu plus de trente ans, s'est déroulé un processus en tous points semblable à celui qui a servi à justifier l'attaque de l'Irak : la manipulation qui a déclenché la guerre du Vietnam.

Le 22 novembre 1963, trois semaines après le meurtre de Ngo Dinh Diem à Saigon, le président John F. Kennedy est assassiné à Dallas. Le vice-président Lyndon Baines Johnson le remplace. La tension est vive dans l'ex-Indochine. Au cours de l'année 1964, cinq coups d'Etat ou tentatives de coups d'Etat ont lieu à Saigon, et sept gouvernements se succèdent. La République démocratique du Vietnam, installé au nord à Hanoi, renforce son aide au Front national pour la libération du Vietnam, qui contrôle d'importantes zones au sud et à l'ouest de Saigon. Des détachements armés de la CIA, en coopération avec l'Armée nationale de la République du Vietnam, effectuent des opérations de commando contre des objectifs côtiers du nord (Opération Plan 34 A). Des navires américains sont envoyés dans les eaux territoriales du Nord-Vietnam, dans le golfe du Tonkin (Opération De Soto). Un accrochage se produit avec les garde-côtes de l'Armée populaire vietnamienne, en riposte à un raid clandestin, le 30 juillet, d'agents de la CIA contre des objectifs situés sur les îles de Hon Mé et Hon Ngu. Le destroyer USS Turner Joy rejoint le Maddox dans le golfe du Tonkin.

Dans la soirée du 4 août, les marins américains signalent une attaque du Nord-Vietnam. Selon leur rapport, le combat dure quatre heures et 22 torpilles sont tirées contre les navires US.

Or l'incident s'est révélé - des années plus tard - complètement imaginaire. Que son récit ait été dû à une erreur de transmission ou à une fabrication volontaire, il est monté en épingle par tous les grands médias et convainc les Américains de la nécessité de réagir. Le président Johnson ordonne des raids aériens contre la République démocratique du Vietnam (Opération Pierce Arrow). Le 5 août, le Washington Post titre : "Les avions américains frappent le Nord-Vietnam. Après la seconde attaque de nos destroyers, des mesures sont prises pour empêcher une nouvelle agression." Le même jour, le New York Times porte la manchette : "Le président Johnson ordonne des opérations de représailles contre les bateaux et les installations de soutien au Nord-Vietnam après les attaques renouvelées de destroyers américains dans le golfe du Tonkin." Le 7 août, le Sénat américain, enthousiaste, adopte la "Résolution sur le golfe du Tonkin" qui est confirmée le lendemain par la Chambre des représentants. Johnson a carte blanche. La guerre du Vietnam commence.

Le parallèle avec l'Irak est frappant. Un prétexte inventé de toutes pièces sert à justifier la guerre. Plus grave encore, le mensonge est occulté pendant toute la période où meurent des centaines de milliers de victimes. Dans l'intervalle, les initiés se rendent compte que la seconde attaque n'a jamais eu lieu, mais ils attribuent la désinformation à une mauvaise interprétation des communications de l'époque et préfèrent garder le silence. Ce n'est qu'en 2001 que Robert Hanyok, un historien de la National Security Agency, apporte la preuve définitive de la falsification délibérée de ces communications. Mais là encore, on occulte l'affaire. L'agence continue à classer "secret" le rapport "interne" de Hanyok, pour éviter la comparaison avec l'Irak. Il a fallu attendre un article du New York Times du 31 octobre 2006 pour que le public soit enfin informé.

Pourquoi ce retour en arrière ? Parce que l'affaire du golfe du Tonkin est une répétition générale du processus qui a mûri en Irak, et qui illustre la règle bien connue : quand un Etat veut justifier une initiative militaire, il en invente le prétexte. Et, avec l'aide des grands médias, il imprègne la conscience de ses citoyens de la réalité du prétexte inventé, fondé sur le noircissement de l'adversaire, de façon à les convaincre de la nécessité de l'intervention projetée. C'est ainsi qu'a été décidé par Washington (avec le consensus de la classe politique et l'assentiment populaire) le bombardement du nord-Vietnam ; c'est ainsi qu'a été décidé (avec le consensus de la classe politique et l'assentiment populaire) le bombardement de l'Irak. Les deux bombardements légitimés par de fausses informations et massivement acclamés. Ce genre de plébiscite du bourrage de crâne marque le succès de ce qu'on appelle la propagande, dont les Etats-Unis n'ont cessé de développer et de perfectionner les moyens.

Mais alors se pose une question importante. Comment peut-on raisonnablement imaginer que cette continuité dans la façon mensongère de justifier une agression, allant du Vietnam à l'Irak, ait tout à coup été interrompue à propos de la Yougoslavie ? Comment, en toute logique, peut-on croire qu'on ait menti pour pouvoir bombarder le Vietnam en 1964, qu'on ait menti pour pouvoir bombarder l'Irak en 2003, et qu'entre les deux, on ne se soit jamais écarté de la vérité pour pouvoir bombarder la Yougoslavie en 1999 ?

C'est bien sûr improbable. La technique de conditionnement du public n'a cessé de faire des progrès. Elle s'est montrée de plus en plus efficace au cours des années, et il serait bien naïf de penser qu'ayant été mise à profit au Vietnam et en Irak, elle ne l'ait pas été en Yougoslavie.

Elle l'a été. Comme jadis pour le Vietnam et récemment pour l'Irak, la crédulité publique a été entretenue, et abusée, pour la Yougoslavie. Exactement de la même façon que les grands médias ont surenchéri dans la description de l'agression nord-vietnamienne et dans celle de la menace irakienne, ils ont rivalisé pendant une décennie dans la dénonciation de la barbarie serbe. Les deux premiers mensonges sont désormais reconnus, le troisième ne l'est pas encore. Pourtant, comme pour les deux autres, à partir du moment où l'on s'affranchit des préjugés alimentés par la propagande, de l'aveuglement perpétué par le bourrage de crâne, tout change d'aspect. Les certitudes s'effondrent, la version "officielle" s'effrite, on s'aperçoit combien elle est invraisemblable et à quel point on a été trompé.

L'attaque du golfe du Tonkin n'a jamais eu lieu. Comme le dit très justement Todorov, les liens de Saddam Hussein avec Al Qaeda et les armes de destruction massive n'ont jamais existé. Mais ce qu'il ne dit pas, et qu'en toute logique il devrait dire, c'est que beaucoup d'autres choses n'ont pas eu lieu n'ont plus : les viols par les Serbes de 80.000 femmes musulmanes, les camps d'extermination serbes, la destruction serbe de Dubrovnik, la responsabilité serbe des bombes sur le marché de Markalé, le massacre génocidaire par les Serbes de 8.000 prisonniers à Srebrenica, les centaines de milliers de réfugiés fuyant les exactions serbes au Kosovo. Rien de tout cela n'est vrai. Il y a autant de documents et de témoignages qui démentent ces affirmations qu'il y en a eu pour mettre en doute l'agression nord-vietnamienne et les armes de l'Irak. Il y a autant de preuves de la force et de la fausseté de la propagande en ce qui concerne Belgrade qu'on en a trouvé pour réfuter ce qui a été dit de Hanoi et de Bagdad.

Dénoncer le bourrage de crâne ne change rien à la réalité. Personne ne conteste le fait que le régime du Nord-Vietnam était un régime communiste ou que Saddam Hussein était un cruel dictateur. Personne ne conteste non plus le fait que les Serbes ont commis des atrocités. Ce qui est en question, c'est la déformation de cette réalité par un battage médiatique mensonger. La falsification a déclenché la guerre du Vietnam et l'invasion de l'Irak ; elle a justifié le bombardement et l'écrasement de la Serbie. Trois développements, dus à des mensonges, qui auraient pu être évités et qui demeurent une honte pour l'Occident.

Deux de ces mensonges ont été reconnus. Il reste à reconnaître le troisième, et à en tirer la leçon.

Sources Global Research

Posté par Adriana Evangelizt

Mardi 20 février 2007 2 20 /02 /Fév /2007 19:59

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Les élites dévoyées US ne savent plus quoi inventer pour justifier l'invasion de l'Irak vis-à-vis de l'opinion américaine pour commencer et dans l'espoir sans doute de gagner les élections qui se dérouleront dans 3 jours.

Voir sur Wikipedia en anglais...

Le gouvernement américain a mis en ligne

un manuel de fabrication de la bombe nucléaire


Le site n'est plus consultable. Informé par le New York Times, jeudi 2 novembre, de son intention de mettre en lumière ce qu'un diplomate américain en poste en Europe qualifie de "livre de recettes" pour fabriquer une bombe atomique, le gouvernement américain a immédiatement coupé l'accès aux documents.

Jusque-là, et pendant plusieurs semaines, le site Internet "Operation Iraqi Freedom Document Portal" a présenté en libre accès aux internautes des diagrammes, graphiques, équations et longs textes explicatifs sur la mise au point de l'arme nucléaire, a révélé le New York Times dans son édition de vendredi.

Ces documents, saisis pendant la guerre en Irak, allaient au-delà de tout ce que l'on peut déjà trouver sur le Net à ce sujet, ont expliqué au journal des experts en armement.

Selon le quotidien, les documents ont été mis en mars sur un site d'archives gouvernementales irakiennes ouvert au public dans l'espoir que les internautes y découvrent des informations-clés sur l'appareil nucléaire irakien que les traducteurs officiels n'avaient pas encore eu le temps d'examiner. En des termes plus officiels, "utiliser la puissance d'Internet pour trouver de nouveaux éléments accréditant la thèse du danger représenté par Saddam Hussein".
 
JUSTIFIER L'INVASION DE L'IRAK

Il semble surtout que les républicains du Congrès espéraient justifier l'invasion de l'Irak aux yeux d'une opinion publique de plus en plus dubitative quant au bien-fondé de l'opération. Malgré l'opposition des services de renseignement, et notamment de leur chef John Negroponte, George W. Bush aurait finalement cédé devant l'insistance de ses parlementaires.

Ces dernières semaines, écrit le New York Times, le site avait mis en ligne des documents qui, selon des experts, contenaient des comptes rendus détaillés des recherches nucléaires secrètes menées par l'Irak avant la première guerre du Golfe, en 1991.

Selon le quotidien, des responsables de l'AIEA, l'Agence internationale de l'énergie atomique, auraient mis en garde les Etats-Unis sur le danger de voir ces informations utilisées par des pays comme l'Iran pour fabriquer des armes nucléaires.

Sources : LE MONDE

Posté par Adriana Evangelizt

Samedi 4 novembre 2006 6 04 /11 /Nov /2006 10:57

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Les leçons de la guerre contre l’Irak
La bataille pour l’opinion est engagée aux États-Unis
par T. Hocine
Les propos américains sur la guerre en Irak doivent-ils impérativement être portés, sur le compte de la campagne électorale ? Certainement pas puisque les critiques ne viennent pas seulement du camp de l’opposition démocrate que l’on dit bien placée pour rafler la majorité au Sénat et se mettre en bonne position pour la présidentielle de 2009.

Elles sont aussi le fait de la majorité républicaine, c’est-à-dire du propre camp du président George W. Bush qui n’a pas hésité, quant à lui, à établir une analogie avec la guerre du Vietnam que les Etats-Unis avaient perdue. Cette fois, tout est dit sur cette guerre en Irak, et plus précisément sur la gestion de ce dossier. Aussi apprend-on cette fois – une confirmation pour nombre d’analystes – que les Etats-Unis ont fait preuve d’« arrogance » et de « stupidité » en Irak. Ce sont là les propos d’un diplomate américain qui ajoute que ceux-ci devraient se montrer plus humbles dans leur stratégie dans ce pays, qui a été marquée par « beaucoup d’erreurs ». De tels propos ont été tenus sur la chaîne satellitaire qatarie Al Jazira. « Nous avons essayé de faire de notre mieux (en Irak), mais je pense qu’il y a lieu à de fortes critiques, parce que – indubitablement – il y a eu de l’arrogance et de la stupidité dans (la stratégie) des Etats-Unis en Irak », a affirmé samedi Alberto Fernandez, un directeur au Bureau des affaires proche-orientales au Département d’Etat. « Nous devrions être plus humbles sur la question de l’Irak. Indubitablement – et comme les Etats-Unis l’ont reconnu – il y a eu beaucoup d’erreurs dans la politique étrangère (américaine) en Irak », a-t-il poursuivi.
Depuis Moscou, le porte-parole du Département d’Etat Sean McCormack a réagi aux propos de M. Fernandez en affirmant que « la déclaration, telle qu’elle a été rapportée, n’est pas exacte ». Et à propos de tout ce qui s’écrit aux Etats-Unis ? Une série de livres publiés ces derniers mois critiquent vivement la gestion de la guerre en Irak par l’administration Bush, taxée de mauvais choix à répétition et d’aveuglement. La dernière charge éditoriale est venue du journaliste du Washington Post Bob Woodward avec son livre State of Denial (Etat de déni) qui est venu s’ajouter à d’autres ouvrages accusateurs écrits par des journalistes, mais aussi des diplomates et des universitaires. Parmi les livres critiques ayant le plus de succès, Fiasco de Thomas Ricks, publié en juillet, qui accuse M. Bush de n’avoir pas eu de plan pour l’Irak au-delà de l’invasion en 2003 et du renversement de Saddam Hussein, une approche qu’il apparente à de la « cécité ».
Hubris, publié en septembre par les journalistes Michael Isikoff et David Corn, s’attaque aux « coups bas, aux inepties administratives, au journalisme dévoyé et surtout à l’arrogance » de l’administration Bush. L’ancien diplomate Peter Galbraith a lui aussi usé de sa plume pour attaquer le pouvoir en place à Washington dans son livre La fin de l’Irak : comment l’incompétence américaine a créé une guerre sans fin, dans lequel il parle de « mauvais choix » et « d’aveuglement ».
Pour Mark Crispin Miller, professeur de communication à New York University, la prolifération de livres sur l’Irak serait une réaction à l’échec des grands médias pour rendre compte de la guerre. Le public du coup se tournerait vers d’autres modes d’information dont les livres, les documentaires indépendants et l’internet. « La presse a cessé depuis longtemps de remplir son rôle constitutionnel de réellement informer le public », estime M. Miller. « Mais la vérité doit sortir d’une manière ou d’une autre, et nous la trouvons donc sur des blogs, dans des livres et des documentaires », poursuit-il. Même si ces médias n’ont pas la même influence sur l’opinion publique que les grandes chaînes de télévision, ils peuvent néanmoins jouer un rôle. « Cela va doucement (...) Cela a un effet (...) ces travaux confirment les suspicions que les gens ont », dit-il.
Professeur de sciences politiques au Wellesley College du Massachusetts (nord-est), William Joseph pointe lui les avancées technologiques qui permettent aujourd’hui de publier des livres beaucoup plus rapidement. Mais surtout, explique l’universitaire, ce phénomène d’édition est une réaction à l’ampleur relativement modeste du mouvement antiguerre aux Etats-Unis. « Une littérature antiguerre ne créé pas un mouvement antiguerre », relativise-t-il. « C’est terriblement calme pour un pays en guerre et il est peu probable que la prolifération de livres change cela », estime-t-il. Voilà donc un autre sujet de discussion et qui devrait amener certainement la presse à revoir ses rapports avec le pouvoir, surtout quand la guerre est traitée ou plutôt vue d’un seul côté. Les fameux embedded embarqués dans les véhicules de l’armée américaine. Il reste que de ce point de vue aussi, la bataille fait rage, car il ne s’agit plus simplement de dire, mais aussi d’expliquer.
Posté par Adriana Evangelizt
Mardi 24 octobre 2006 2 24 /10 /Oct /2006 23:19

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Où comment les journalistes ont donné naissance à une vérité falsifiée...

INTOX ET MISES EN SCÈNE DE GEORGE W. BUSH  

Le plus grand bobard de l’Histoire

par Ian Buruma

 

Comment la Maison-Blanche a-t-elle pu falsifier à ce point les faits sur la guerre d’Irak ? Pourquoi la presse de référence a-t-elle relayé la propagande du gouvernement ? Ces questions sont au cœur de The Greatest Story Ever Sold, le livre du journaliste Frank Rich.
En tant qu’ancien critique théâtral, Frank Rich est particulièrement bien placé pour parler de l’administration Bush, qui a tant fait pour brouiller la frontière entre politique et spectacle.

Certes, on n’a pas affaire à un cas isolé : on pense notamment à Silvio Berlusconi, le magnat des médias passé maître dans l’art de la fiction politique, ou encore à Ronald Reagan, qui avait souvent bien du mal à faire la différence entre la vie réelle et le cinéma.

Le sens du spectacle a toujours été une caractéristique essentielle des gouvernants, de même que le recours à la fiction, notamment quand il s’agit d’entrer en guerre. Qu’aurait été Hitler sans les élucubrations barbares dont il abreuvait un public avide par le biais de spectacles grandioses, de la radio et du cinéma ? Plus près de nous, aux Etats-Unis, pour justifier l’intervention au Vietnam, le président Lyndon B. Johnson avait invoqué en 1964 une attaque dans le golfe du Tonkin, qui, en fait, n’avait jamais eu lieu.

Mais le plus remarquable, sous la présidence de George W. Bush, c’est que les conseillers en communication, les colporteurs de fausses informations, les organisateurs de mises en scène destinées aux photographes, les experts en désinformation, les manipulateurs du renseignement, les héros de fiction et les chargés de relations publiques jouant aux journalistes opèrent dans un monde où la réalité virtuelle est en passe d’éclipser l’enquête empirique.

Souvenez-vous de ce conseiller de la Maison-Blanche, cité par Frank Rich, qui a déclaré qu’une “étude judicieuse de la réalité perceptible” ne correspondait plus à “la manière dont le monde fonctionne aujourd’hui”. Le milieu des “professionnels de la réalité”, à savoir la presse écrite et télévisée, disait-il, est hors du coup et n’a plus sa place dans “un empire” où “nous créons notre propre réalité”. Bien sûr, une telle arrogance officielle n’est pas nouvelle, même si elle sans doute plus le propre des dictatures que des démocraties. Ce qui est inquiétant, c’est qu’elle va dans le même sens que tant d’autres phénomènes actuels : le déboulonnage postmoderne de la vérité objective, les blogueurs et les grandes gueules des talk radios [radios d’opinion] qui montrent la voie aux médias, les entreprises de presse rachetées par des groupes de divertissement, les moyens toujours plus nombreux et perfectionnés de la manipulation de la réalité.

Le sujet de Rich est la création d’une réalité falsifiée. Son livre, The Greatest Story Ever Sold* [Le plus gros bobard qu’on nous ait jamais vendu] n’est pas un ouvrage d’analyse politique ou géopolitique. Il ne s’attarde guère sur les arguments pour ou contre l’éviction de Saddam Hussein, sur les conséquences de l’intervention militaire américaine au Moyen-Orient ou sur la menace de l’extrémisme islamiste. L’auteur, éditorialiste au New York Times, a sur ces questions un point de vue de gauche qui n’a rien de très original. Il se trouve que je suis d’accord avec lui sur le fait que George Bush et [son conseiller politique] Karl Rove ont joué sur les peurs et le patriotisme pour gagner les élections. Et je suis également convaincu que [le vice-président] Dick Cheney et ses supporters néoconservateurs étaient partisans d’une guerre en Irak longtemps avant les attentats du 11 septembre 2001. Rich a-t-il raison d’affirmer que le “terrorisme apatride d’Al-Qaida” n’avait pas grand-chose à voir là-dedans ? C’est discutable. Les “néocons” ont très bien pu croire qu’une redistribution des cartes au Moyen-Orient était le meilleur moyen de lutter contre le terrorisme.

Un nouveau type d’information : l’infopropagande

Ils se sont trompés, cela ne fait guère de doute. Mais la thèse de Rich, c’est que l’administration Bush a menti d’un bout à l’autre : sur les causes de la guerre, sur la façon dont elle a été conduite et sur ses terribles conséquences. Il peut être légitime de renverser un dictateur, mais faire la guerre sous de faux prétextes ne peut que nuire à la démocratie, a fortiori quand l’un des buts affichés est de démocratiser d’autres pays. Si Rich a raison, ce que je crois, le gouvernement Bush a atteint des sommets rarement égalés dans le domaine de l’hypocrisie.

Voici comment on nous a vendu la guerre. Fin 2001, Dick Cheney nous a dit que le lien entre l’Irak et Mohamed Atta, l’un des terroristes du 11 septembre, était “tout à fait avéré”. A l’été 2002, il a déclaré que Saddam Hussein persistait à “vouloir se doter de l’arme nucléaire” et qu’il ne faisait “aucun doute” qu’il possédait des “armes de destruction massive” (ADM). Le vice-président a fait allusion à des tubes d’aluminium (Michael R. Gordon et Judith Miller en avaient parlé dans le New York Times), que Saddam Hussein comptait utiliser “pour enrichir de l’uranium afin de fabriquer une arme nucléaire”. Cet uranium, nous a-t-on dit, les Irakiens se l’étaient procuré au Niger. Le président Bush a déclaré en octobre 2002 : “Devant la montée des périls, nous ne pouvons nous permettre d’attendre la preuve définitive qui pourrait se présenter sous la forme d’un champignon atomique.”

Nous savons aujourd’hui qu’il n’y avait pas une once de vérité dans ces affirmations. Elles n’en ont pas moins justifié l’entrée en guerre. Les excuses ultérieures - le gouvernement aurait été trompé par des informations erronées émanant des services de renseignements - auraient été plus convaincantes s’il n’y avait pas eu divulgation d’une note du gouvernement Blair. Le chef des services spéciaux britanniques y affirmait que l’administration Bush avait fait en sorte que “le renseignement et les faits” concernant les ADM “cadrent avec la décision” d’entrée en guerre. Ses propos dataient de juillet 2002, soit huit mois avant l’invasion de l’Irak.

Pourtant - et c’est là que l’analyse de Rich est particulièrement pertinente -, les journaux les plus sérieux ont publié les affirmations de la Maison-Blanche en une, reléguant les questionnements en dernière page, au milieu des brèves. Des hebdomadaires politiques plutôt progressistes, comme The New Republic, ont abondé dans le sens du très néoconservateur Weekly Standard, assurant que le président se rendrait coupable de “défaitisme dans la guerre contre le terrorisme international” s’il ne s’efforçait pas de renverser Saddam Hussein. Bob Woodward, le pourfendeur de l’admnistration Nixon [c’est lui qui a révélé l’affaire du Watergate en 1972 dans The Washington Post], a écrit Bush at War, un ouvrage dans lequel il semblait prendre pour argent comptant tout ce que lui avaient dit ses sources de la Maison-Blanche. [Le même Woodward publie ces jours-ci chez Simon & Schuster State of Denial : Bush at War III (L’état de déni : Bush en guerre), où il critique sévèrement le président.]

Dès que les combats ont commencé, le spectacle s’en est mêlé. Déjà, en Afghanistan, le producteur hollywoodien Jerry Bruckheimer avait été autorisé à accompagner les troupes afin de réaliser une série télévisée sur la vaillance américaine, alors que les journalistes, notamment ceux du Washington Post, étaient maintenus à l’écart. En Irak, des histoires édifiantes, comme l’héroïque bataille de la soldate de première classe Jessica Lynch, ont été inventées de toutes pièces et formatées pour la presse, et ceux qui ont dénoncé la supercherie ont été traités de mauvais coucheurs et de “gauchistes”.

Le président Bush s’est habillé comme Tom Cruise dans Top Gun et a atterri sur un porte-avions, le temps de déclarer la victoire devant les caméras. Et la presse, dans son ensemble, a mordu à l’hameçon. Comment a-t-on pu en arriver là ? Comment certains des journaux les plus réputés et les plus sérieux du monde anglophone ont-ils pu se laisser berner à ce point ? Comment expliquer cette paralysie temporaire du sens critique ? Telle est peut-être la question la plus douloureuse que pose le livre de Frank Rich, d’autant que son propre journal fait partie de ceux qui sont tombés dans le panneau. Le climat d’intimidation qui régnait aux Etats-Unis après les attentats du 11 septembre 2001 y est sans doute pour beaucoup.

Susan Sontag était devenue un objet de haine nationale, juste pour avoir dit que la politique étrangère des Etats-Unis avait peut-être favorisé la flambée d’antiaméricanisme. Quand [le ministre de la Justice] John Ashcroft a déclaré devant le Sénat que ceux qui remettaient en question sa politique, pourtant très critiquable, “[donnaient] des munitions aux ennemis des Etats-Unis”, il ne faisait que relayer les discours des vociférateurs des talk radios. Mais eux ne sont que des bouffons malveillants, alors qu’Ashcroft était ministre de la Justice. Pas étonnant, dès lors, que les grands journaux, après avoir été constamment accusés de parti pris de gauche, aient préféré se faire discrets.

Les journalistes ne devraient pas avoir à donner des gages de leur patriotisme ou de leur absence de parti pris. Leur travail consiste à rendre compte de ce qu’ils croient être la vérité, preuves à l’appui, en conscience. Comme le souligne Rich, des revues comme The Nation et The New York Review of Books ont plus rapidement vu clair dans le jeu du gouvernement que la presse grand public. Et les journalistes du groupe [de journaux régionaux] Knight Ridder ont compris la manipulation du renseignement avant le New York Times.

L’intimidation n’explique pas tout. L’évolution des méthodes de collecte et de publication de l’information ont mis les journalistes traditionnels sur la défensive. Le fait que les gens ont plus que jamais la possibilité d’exprimer leur point de vue dans des émissions de radio ou sur Internet est peut-être une forme de démocratie, mais cela a aussi pour effet de saper l’autorité de journalistes dont l’expertise est censée faire office de filtre contre les absurdités et les préjugés. Et la confusion délibérée à la télévision entre information et divertissement ne fait qu’aggraver les choses.

Les républicains, dans la mesure où ils sont plus populistes que les démocrates, ont su exploiter ce nouveau climat avec beaucoup plus de finesse. Accuser les médias de parti pris est sacrément culotté de la part d’un gouvernement qui promeut ses messages directement auprès des animateurs radio et des agents de relations publiques. Rich en donne de nombreux exemples. L’un des plus frappants est celui de Dick Cheney apparaissant sur un plateau de télévision en compagnie d’Armstrong Williams, un faux journaliste rémunéré par la Maison-Blanche, pour se plaindre de la partialité de la presse. Quand l’un des détracteurs les plus crédibles de l’administration Bush n’est autre que John Stewart, animateur d’une excellente émission comique, quelque chose ne tourne pas rond. C’est dans son Daily Show que Rob Corddry, un acteur jouant le rôle d’un journaliste, déplorait de ne pas arriver à suivre le gouvernement, car il avait créé “une catégorie entièrement nouvelle de fausses informations - l’infopropagande”. Rich a raison : “Plus le vrai journalisme faisait mal son travail, plus il était facile à cette infopropagande gouvernementale de combler le vide.”

Il y a peut-être une autre raison à cette dérive : les méthodes de travail classiques de la presse américaine, avec son obsession des citations et de l’accès aux sources. Aux Etats-Unis, un bon journaliste doit avoir des sources dignes de foi et des citations qui donnent les différents points de vue sur le sujet traité. Son expertise est négligeable. Si les opinions des éditorialistes comptent trop dans la presse américaine, les connaissances des journalistes sont notoirement sous-exploitées. Le problème, c’est qu’il n’y a pas toujours deux ou plusieurs points de vue sur un même sujet. Quelqu’un qui aurait rendu compte de la persécution des Juifs en Allemagne en 1938 n’aurait pas cherché à donner un “autre éclairage” en citant Goebbels. Par ailleurs, comme Judith Miller l’a appris à ses dépens, à quoi bon des citations si, à la base, les informations sont fausses ? [Cette journaliste vedette du New York Times a relayé à plusieurs reprises les fausses informations de la Maison-Blanche sur les armes de destruction massive irakiennes. Elle a démissionné en novembre 2005.]

Bob Woodward, l’une des principales bêtes noires de Rich, a beau avoir plus qu’aucun autre journaliste ses entrées à Washington, la faiblesse de son travail tient au fait qu’il n’a jamais l’air meilleur que ses sources. Comme le souligne Rich à juste titre, “des journalistes qui n’avaient pas les contacts d’un Woodward ou d’une Miller au sein de l’administration non seulement ont obtenu les bonnes informations sur l’Irak mais ils les ont publiées rapidement, en faisant appel à ce que John Walcott, le chef du bureau de Washington du groupe Knight Ridder, appelle les ‘sources prolo’, situées à des échelons inférieurs de la hiérarchie.” Il fut un temps où Woodward travaillait lui aussi de cette façon. Crainte de perdre ses sources haut placées, surestimation de l’importance des déclarations des puissants, terreur injustifiée d’être accusé de parti pris de gauche : tout cela paralyse la presse à un moment où elle est plus indispensable que jamais. Frank Rich est un excellent produit de cette presse et, si jamais elle restaure sa réputation, ce sera en partie grâce à cet homme qui en avait plus qu’assez.

* The Greatest Story Ever Sold. The Decline and Fall of Truth From 9/11 to Katrina (The Penguin Press, New York, 2006).

Ian Buruma The New York Times Book Review

Frank Rich

Ce journaliste de 57 ans a longtemps été le principal critique de théâtre du New York Times. Depuis le printemps dernier, il publie chaque dimanche une longue chronique, souvent percutante, où il analyse l’actualité sous l’angle des rapports entre politique et culture populaire.

Ian Buruma

Né en 1951 à La Haye d’un père néerlandais et d’une mère britannique, ce spécialiste reconnu de l’Asie a vécu de longues années au Japon puis à Hong Kong. Il est aujourd’hui professeur de démocratie, droits de l’homme et journalisme au Bard College, dans l’Etat de New York. Son dernier livre traduit en français, L’Occidentalisme, une brève histoire de la guerre contre l’Occident, écrit en collaboration avec Avishai Margalit, vient de paraître aux éditions Climats (voir CI n° 723 du 9 septembre 2004).

A la une

“Mensonge sur mensonge. Comment nos dirigeants ont usé de la peur et du mensonge pour nous embarquer par la duperie dans un bourbier moyen-oriental”, titre le bimestriel américain Mother Jones dans son numéro de septembre-octobre 2006. Pour son 30e anniversaire, la publication de gauche la plus lue des Etats-Unis a choisi de faire la “chronique d’une guerre annoncée”, en montrant comment, dès 1992, l’actuel vice-président des Etats-Unis Dick Cheney et ses acolytes avaient préparé le terrain à une future intervention en Irak et comment “la vérité avait succombé bien avant l’invasion”.

A la une

A la suite de l’histoire maquillée de la soldate Jessica Lynch, Courrier international détaille “Les mensonges de Bush” dans son édition du 28 mai 2003.



Sources : Courrier International

Posté par Adriana Evangelizt

Mardi 24 octobre 2006 2 24 /10 /Oct /2006 21:55

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Un seul but, le fric

 

C’est parti, le mois du foot va alimenter la chronique jusqu’au 9 juillet, date de la finale. Pour les amateurs de spectacle footballistique, on peut espérer que la suite sera meilleure que la cérémonie inaugurale en costume bavarois. Pour les investisseurs financiers, sponsors ou autres, l’affaire s’avère par avance bondissante.

32 milliards de téléspectateurs (cumulés), voilà qui représente, pour les officines publicitaires, un marché peu commun. Quinze multinationales ont versé chacune 700 millions d’euros à la multinationale du foot, la Fédération internationale de football (Fifa), pour acheter le droit d’afficher leur logo sur les chaussures, les maillots, etc. Acquérir l’exclusivité des droits de retransmission a rapporté 1,2 milliard d’euros à la même Fifa.

Les investissements publicitaires liés au mondial sont estimés à plus de trois milliards d’euros. Un spot publicitaire diffusé au moment de la mi-temps de la finale coûterait 250 000 euros. Les billets mis en vente officiellement, revendus à des prix exorbitants, ne représentent qu’une bien faible partie du pactole.

Le monde des affaires se frotte les mains. « Le Mondial le plus rentable de toute l’histoire, [...] droits du foot record », se réjouit la Fifa. Les politiques applaudissent aussi à tout rompre au rythme des hymnes nationaux, fermant les yeux sur les turpitudes qui accompagnent la fête du foot et du fric, dont l’explosion du marché de la prostitution.

Et la finale se déroulera à l’Olympiastadion de Berlin, construit pour les Jeux olympiques de 1936 à la gloire d’Hitler et des nazis, restauré pour l’occasion...


Sources : LCR

Posté par Adriana Evangelizt

Dimanche 18 juin 2006 7 18 /06 /Juin /2006 00:25

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Voilà un bel article d'Howard Zinn, le sublime, qui nous a vraiment touché, nous l'avouons... parce que nous sommes poètes et sensibles aux beaux mots de cet homme humaniste et épris de liberté...

150 ans de mensonge dans la politique étrangère des USA

par Howard Zinn    

A l’occasion du 3° anniversaire de la débâcle du Président Bush en Irak, il est important d’examiner pourquoi le gouvernement a pu si facilement tromper tant de gens pour les conduire à approuver la guerre.

Je pense qu’il y a 2 raisons qui plongent profondément dans notre culture nationale. L’une est l’absence de profondeur historique. L’autre est l’incapacité à raisonner en dehors du cadre du nationalisme.

Si nous ignorons l’histoire, alors nous sommes de la viande toute prête pour les politiciens les intellectuels et les journalistes qui fournissent les couteaux à découper. Mais nous connaissons un peu d’histoire et si nous savons combien de fois les Présidents nous ont menti, nous ne nous ferons pas prendre une nouvelle fois.

Le Président POLK a menti à la nation sur les raisons de la guerre avec le Mexique en 1846. Ce n’était pas parce que le Mexique « répandait du sang américain sur le sol américain » mais parce que le Président et l’aristocratie esclavagiste convoitaient la moitié du Mexique.

Le Président MAC KINLEY a menti en 1898 sur les raisons de l'invasion de Cuba en disant qu’il voulait libérer les Cubains de la tutelle espagnole, mais la vérité est qu’il voulait en réalité chasser l’Espagne de Cuba pour que l’île puisse s’ouvrir à United Fruit et à d’autres entreprises des Etats-Unis. Il a aussi menti sur les raisons de notre guerre aux Philippines proclamant qu’il voulait seulement civiliser les philippins alors que la véritable raison était de prendre possession d’un riche territoire dans le Pacifique, même si nous dûmes tuer des centaines de milliers de philippins pour y parvenir.

Le Président WILSON nous a menti sur les raisons de notre participation à la première guerre mondiale disant que c’était une guerre pour « rendre le monde plus propice à la démocratie » alors qu’en réalité ils ‘agissait d’une guerre pour rendre le monde plus propice à la puissance américaine montante.

Le Président TRUMAN a menti quand il a dit que la bombe avait été lancée sur Hiroshima parce que c’était une cible militaire.

Et tout le monde a menti sur le Vietnam :

Le Président KENNEDY sur l’étendue de notre engagement.

Le Président JOHNSON sur le golfe du Tonkin.*

Le Président NIXON sur le bombardement secret du Cambodge.

Ils affirmèrent tous que la guerre était faite pour préserver le Sud-Vietnam du communisme, mais en réalité ils voulaient conserver le Sud-Vietnam comme avant-poste américain sur le flanc du continent asiatique.

Le Président REAGAN a menti sur l‘invasion de la Grenade affirmant qu’il y avait là une menace pour les Etats-Unis.

BUSH l’ancien a menti sur l’invasion du Panama conduisant à la mort de milliers de simples citoyens de ce pays. Il a encore menti sur les raisons de l’attaque de l’Irak en 91. Il ne s’agissait guère de l’intégrité du Koweït, mais bien plutôt d’affirmer la puissance des Etats-Unis dans un Moyen-Orient riche en pétrole.

Il y a encore un plus gros mensonge : l’idée arrogante qui veut que ce pays soit le centre de l’univers, exceptionnel, vertueux, admirable, supérieur.

Si notre point de départ pour juger du monde qui nous entoure est la ferme croyance que cette nation élue par la Providence est moralement supérieure à toute autre nation sur le terre, alors il est peu probable que nous demandions au Président de se justifier quand il dit que nous envoyons des troupes ici ou là, ou que nous bombardons ici ou là, dans le but de répandre nos valeurs : démocratie, liberté et n’oublions pas : libre entreprise – dans certains endroits du monde abandonnés par Dieu. Mais nous devons faire face à certaines réalités qui troublent cette idée d’unique nation vertueuse.

Nous devons faire face à une longue histoire de nettoyage ethnique, au cours de laquelle le gouvernement des Etats-Unis a chassé des millions d’Indiens de leurs terres en les massacrant ou en les déportant.

Nous devons faire face à notre longue histoire qui n’est pas encore derrière nous d’esclavage, de ségrégation et de racisme.

Nous devons faire face au souvenir toujours vif d’Hiroshima et Nagasaki

Ce n’est pas une histoire dont nous pouvons être fiers.

Nos dirigeants ont tenu pour acquis et répandu dans l’esprit de nombreux peuples que nous avons vocation, à cause de notre supériorité morale, à dominer le monde. Les Démocrates et les Républicains partagent cette conception.

Mais sur quoi est fondée cette idée de supériorité morale ?

Une plus juste appréciation de nous-mêmes en tant que nation nous préparerait tous mieux au torrent de mensonges qui va accompagner le prochain projet de manifester notre puissance dans un autre endroit du monde.

Cela devrait nous inviter à créer une autre histoire de nous-mêmes, en libérant notre pays des menteurs qui nous gouvernent et en rejetant l’arrogance nationaliste de telle façon que nous puissions nous rassembler pour la cause commune de la paix et de la justice avec les autres peuples du monde.

* En Août 1964, les Etats-Unis annoncent que deux de leurs destroyers qui avaient pénétré dans les eaux territoriales du Nord-Vietnam on été attaqués par les Vietnamiens. Deux jours plus tard, Johnson obtient l’accord du Sénat pour lancer sa grande campagne de bombardement sur le Nord-Vietnam. Interrogés à leur retour des marins qui étaient à bord des deux navires déclareront qu’il n’y avait pas eu d’attaque. Trop tard !

Article paru dans la revue étasunienne « The Progressive » à l’occasion du 3° anniversaire de l’invasion de l’Irak (Traduction COMAGUER)

Sources : LAI

Posté par Adriana Evangelizt

Lundi 12 juin 2006 1 12 /06 /Juin /2006 20:27

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