Présentation

  • : LA MENACE VIENT DES USA
  • LA MENACE VIENT DES USA
  • : Actualité
  • : Le blog d'Adriana Evangelizt a pour but de démontrer que les USA sont une menace pour le monde. Nous vous parlerons des armes secrètes qu'ils utilisent contre les pays qu'ils ont décidé d'envahir... le projet HAARP... les OGM... les magouilles HALLIBURTON
  • Partager ce blog
  • Retour à la page d'accueil
  • Contact

W3C

  • Flux RSS des articles

Texte libre

 Pour que triomphent la Justice et la Vérité, votez pour ce blog en cliquant ci-dessous... Merci.

BlogueParade.com - Annuaire des Blogues francophones

11 septembre les nouvelles révélations de la manipulation...

Vidéo 1

Vidéo 2

VIDEO : LES MERCENAIRES S'AMUSENT EN IRAK...
WMV (Windows)  

VIDEO :

MASSACRE D'IRAKIENS DEPUIS UN HELICO

DEMOCRATIE EN IRAK

LA LIBERTE AMERICAINE EN IRAK

 

Ce que fait l'uranium appauvri sur les enfants IRAKIENS... âmes sensibles s'abstenir

VIOL D'IRAKIENNES PAR LA SOLDATESQUE

 

TEMOIGNAGES DE FEMMES SOLDATES LATINO-AMERICAINES VIOLEES PAR LA SOLDATESQUE... américaine mais pas que...

 

PHOTOS DES VICTIMES CIVILES EN IRAK

 

EXACTIONS AMERICAINES

 

PHOTOS DE MASSACRES

 

CRIMES DE GUERRE

 

GENOCIDE AU PHOSPHORE BLANC

 

Images aléatoires

Concours

Liens

Recommander

PAKISTAN



Un chef taliban tué par des tirs de missiles au Pakistan (officiel)


Un important chef taliban pakistanais, accusé de lancer des attaques contre les forces internationales en Afghanistan, a été tué dimanche par des tirs de missiles vraisemblablement américains au Pakistan, a annoncé lundi un haut responsable local.

Ces missiles tirés par des drones probablement américains sur un camp d'entraînement islamiste dans le district tribal du Waziristan du Sud, près de la frontière afghane, ont fait au total 16 morts, selon un nouveau bilan.

"Le bilan s'est alourdi à 16 morts après la découverte de six corps" dans les décombres, a déclaré à l'AFP un responsable de l'administration du Waziristan du Sud, Mawaz Khan, précisant qu'un important chef taliban, Haji Omar Khan, avait été tué.

Il s'agit de la dernière en date d'une série d'opérations en territoire pakistanais qui ont aggravé les tensions entre Washington et Islamabad, allié des Etats-Unis depuis 2001 dans la "guerre contre le terrorisme".

Sources
Le Monde

Posté par Adriana Evangelizt

Lundi 27 octobre 2008 1 27 /10 /Oct /2008 07:45

Ecrire un commentaire - Par JC - Voir les 0 commentaires - Publié dans : PAKISTAN



Sous pression, Musharraf se retire



par Georges Abou



Le président pakistanais a renoncé lundi à poursuivre le bras-de-fer dans lequel il était engagé avec le nouveau gouvernement. Après plusieurs mois de valse-hésitation, la coalition avait engagé contre lui une procédure de destitution début août. Désormais très isolé sur le plan politique, Pervez Musharraf a finalement abandonné et annoncé sa démission face à des adversaires déterminés à lui faire chèrement payer le coup d'Etat de 1999, les persécutions politiques et les années d'administration militaire. Plusieurs pays, dont la Grande-Bretagne, ont aussitôt annoncé leur intention de continuer à travailler avec le Pakistan.


« Après avoir considéré la situation et consulté divers conseillers en droit et alliés politiques, sur leurs conseils, j'ai décidé de démissionner ». C’est la fin d’un long épisode de la vie politique pakistanaise, entamé avec le coup d’Etat d’octobre 1999 qui l’avait porté au pouvoir. Pervez Musharraf n’aura pas résisté au retour de son pays à la légalité constitutionnelle, après les élections législatives et provinciales de février. Remportées par une opposition qu’il avait maltraitée, sa position était devenue fragile. Son élection contestée à la présidence de la République islamique du Pakistan, en octobre 2007, quelques mois avant le scrutin général, n’a pas eu raison de la détermination de ses adversaires à le pousser vers la sortie.

Pourtant, depuis son arrivée au pouvoir, il y a six mois, la coalition se hâte lentement et son attitude semble davantage marquée par le poids de ses divisions que par la volonté de tourner radicalement la page de l’épisode Musharraf. Il est vrai que le contentieux entre l’ex-général putschiste et les deux principaux partis de la coalition, s’il est de même nature, n’est pas non plus de même intensité. Si les persécutions politiques ont affecté à la fois le PML-N (Ligue musulmane du Pakistan de Nawaz Sharif) et le PPP (Parti du peuple du Pakistan, dominé par la famille Bhutto), sur lesquels repose aujourd’hui la majorité politique au Pakistan, les deux formations ont donné le sentiment de tergiverser longuement avant d’être en mesure de proposer une solution commune. Et, à mesure que les semaines, puis les mois, s’écoulaient, il apparaissait que la vie politique pakistanaise buttait sans cesse sur cette question non-résolue entre alliés de circonstance.

Tergiversations entre alliés

Nawaz Sharif, le leader du PML-N, n’a jamais fait mystère de sa détermination à écarter définitivement Pervez Musharraf du jeu politique. M. Sharif était lui-même Premier ministre lorsque le général Musharraf suspendit l’ordre constitutionnel en s’emparant du pouvoir (1999). Nawaz Sharif fut emprisonné avant d’être contraint à l’exil en Arabie Saoudite, d’où il ne fut autorisé à revenir qu’à la veille des dernières élections, auxquelles il ne fut pas autorisé à participer. La victoire de son parti, arrivé en seconde position, a conforté sa position de « candidat anti-Musharraf ». Et c’est fort de cette étiquette que son parti, le PML-N, rejoint le PPP au sein de la coalition, soumettant sa participation au préalable de l’élimination du président de l’espace politique pakistanais.

Dans cette affaire, l’attitude du PPP a été sensiblement différente. Une fois passé le scrutin de février, la résolution du problème a été longuement retardée. Contrairement à Nawaz Sharif, la défunte dirigeante du parti Benazir Bhutto a décroché son ticket pour le scrutin en obtenant d’une Cour suprême redessinée par la présidence pakistanaise le certificat d’éligibilité qui lui aurait assuré le fauteuil de Premier ministre. En échange de quoi, estime-t-on à Islamabad, le cas de l’ex-général putschiste aurait pu être examiné avec bienveillance. Les événements en ont décidé autrement : Benazir Bhutto a péri le 27 décembre lors d’un meeting électoral à Rawalpindi, victime de la vague d’attentats-suicide qui a parcouru le Pakistan tout au long des mois tragiques des années 2007 et 2008.

Avant d’entamer la procédure formelle de destitution du président, le 8 août, les deux partis viennent donc de passer six mois à en discuter. La négociation a notamment porté sur la question de savoir s’il fallait tout d’abord se débarrasser du président ou, auparavant, réhabiliter les anciens juges de la Cour suprême limogés et remplacés en toute hâte, au mois de novembre 2007. Pervez Musharraf qui, à l’approche du scrutin sent pointer le vent mauvais de la disgrâce, ne pardonne pas aux juges de douter de la légitimité de son élection à la fonction de président le mois précédent. Leur réhabilitation au lendemain de la restauration de l’ordre constitutionnel, après les élections de février, aurait eu pour effet, mécaniquement, de provoquer un réexamen critique de l’élection contestée de Pervez Musharraf et, vraisemblablement, son invalidation. Mais elle aurait également pu menacer la légalité de l’élection des notables du PPP lavés des accusations de corruption par les nouveaux membres d’une Cour suprême redessinée sur mesure, et tardivement, par Pervez Musharraf.

L’avenir incertain

La principale surprise vient de l’accélération soudaine du mouvement au cours de ces dernières semaines. Certes la situation du Pakistan se dégrade. Sur le plan économique, l’inflation est galopante, les prix flambent et les tensions sociales sont vives. La sécurité intérieure est un front quasi-incontrôlable et les forces armées ont essuyé au cours de ces deux derniers mois une série de revers après l’échec de la tentative de négociations avec les islamistes radicaux des provinces de l’Ouest et du Nord-Ouest. Au chapitre des relations régionales et internationales, la politique d’Islamabad devient illisible aux yeux de ses amis et voisins qui commencent à douter sérieusement de sa loyauté et dont certains se demandent qui, du pouvoir politique ou des services secrets, dirige le pays. Dans cette atmosphère de dégradation générale accélérée, on s’interroge sur le rôle de l’armée. L’institution la mieux structurée du Pakistan donnerait des signes de démoralisation. Le chef d’état-major a recentré ses priorités sur sa fonction première : assurer la sécurité du pays et l’écarter de la politique. Mais jusqu’à quel point ? Et que faire de Pervez Musharraf ?

Lundi, le Times of India spéculait sur les différentes hypothèses et les destinations d’exil envisagées pour le général déchu. Le quotidien de New Delhi indique que les Etats-Unis et la Grande-Bretagne sont en tête de liste des destinations, tandis que la Turquie et l’Arabie Saoudite restent des options secondaires. « Où qu’il aille, du point de vue de sa sécurité, c’est une ‘patate chaude’ vu le nombre de personnes qui en veulent à sa vie », souligne le Times of India.

Sources RFI

Posté par Adriana Evangelizt  

Mardi 19 août 2008 2 19 /08 /Août /2008 14:25

Ecrire un commentaire - Par JC - Voir les 0 commentaires - Publié dans : PAKISTAN



La crise des Etats-Unis et de l'OTAN en Afghanistan augmente la pression sur le Pakistan


Par James Cogan


Les forces de l’OTAN et le régime du président Hamid Karzaï, gouvernement fantoche des Etats-Unis, furent contraints de déclencher une importante opération la semaine dernière pour déloger des centaines de combattants anti-occupation qui avaient pris contrôle de villages dans la vallée d’Arghandab, à 16 kilomètres seulement au nord-ouest de la ville de Kandahar. Une partie des 1000 prisonniers et plus qui avaient été libérés lors d’une attaque contre la prison de Sarposa à Kandahar le 13 juin pourraient bien être impliqués. Ils auraient rejoint des insurgés qui ont récemment traversé en Afghanistan, provenant de zones de refuge à l’intérieur du Pakistan.

Un bataillon de 700 hommes de l’armée afghane fut dépêché de Kaboul à Arghandab pour renforcer les unités locales et lancer l’offensive pour reprendre dix villages. Un avion de l’OTAN a largué des prospectus avisant la population de demeurer dans leurs maisons. Cependant, après des années de bombardements aériens et d’artillerie ayant causé la mort ou blessé des civils, des milliers de personnes ont choisi de fuir. Un agent de police surveillant un poste de contrôle du côté est, occupé, de la rivière Arghandab a affirmé à Reuters qu’environ 4000 villageois avaient quitté la région pour Kandahar.

Mercredi dernier, les forces du gouvernement afghan ont traversé la rivière et avancé jusque dans la vallée, soutenues par des troupes canadiennes et américaines, des avions de guerre, des drones Predator et des hélicoptères d’assaut.

Les rapports divergent quant au nombre de victimes. Le gouverneur de Kandahar Asadullah Khalid dirigea des journalistes vers un village, Manara, où gisaient les corps mutilés de 19 personnes autour d’un cratère formé par une bombe de 225 kilos larguée par un avion américain. Khalid a soutenu qu’au moins 105 guérilleros avaient été tués au cours de l’opération.

Les officiers américains et canadiens n’ont pas appuyé les affirmations de Khalid, déclarant plutôt que les insurgés n’avaient pas tenté d’attaquer les forces d’occupation, plus nombreuses et mieux armées, et avaient fui la région. Deux soldats afghans furent tués dans les premières heures de l’opération, mais aucune autre perte ne fut rapportée par la suite.

Le week-end arrivé, les officiers de l’OTAN ont affirmé que la vallée d’Arghandab était sous leur contrôle. Néanmoins, la capacité des insurgés d’attaquer effrontément une importante prison et par la suite de s’emparer d’une zone rurale si près d’un des plus grandes villes de l’Afghanistan souligne la fragilité de l’occupation dirigée par les Etats-Unis.

Le général américain Dan McNeill, le commandant sortant de la Force internationale d’assistance à la sécurité (ISAF) dirigée par l’OTAN, affirma en début juin à des journalistes qu’au moins 400 000 soldats seraient nécessaires pour contrôler un pays aussi grand et populeux que l’Afghanistan.

Cependant, l’ISAF n’est constituée que de 53 000 soldats, desquels 20 000 sont déployés dans les provinces pachtounes du sud où prend place le gros de l’insurrection. Une force américaine de quelque 14 000 soldats opère indépendamment de l’ISAF dans les provinces de l’est, supposément à la recherche d’Oussama ben Laden et de survivants d’Al-Qaïda en Afghanistan. Les troupes étrangères sont appuyées par l’armée afghane, mais elle n’est formée que de 70 000 hommes, à des niveaux d’entraînement et de fiabilité variables. 

A l’extérieur des grandes villes, les insurgés peuvent presque se déplacer en toute impunité. Les liens tribaux existant entre les Pachtounes des deux côtés de la frontière pakistano-afghane compliquent la tâche des forces d’occupation. Les combattants pachtounes se déplacent librement entre les deux pays, profitant des provinces tribales autonomes du Pakistan pour se reposer, se réarmer, s’entraîner et faire du recrutement. Pressé par Washington, le gouvernement pakistanais a déployé des dizaines de milliers de soldats dans les provinces frontalières depuis 2002. Toutefois, après plusieurs années d’affrontements avec les Pachtounes, les forces pakistanaises ont été incapables ou, dans de nombreuses situations, ne veulent plus empêcher les déplacements à la frontière.

Le major-général américain Jeffrey Schloesser, le commandant des forces américaines dans l’est de l’Afghanistan, a dit mardi à des journalistes que les attaques contre ses troupes avaient augmenté de 40 pour cent cette année. Il a déclaré que 12 pour cent de toutes les attaques des insurgés se produisaient le long de la frontière pakistanaise. « L’ennemi trouve refuge et profite d’une certaine liberté de mouvement dans la région frontalière », a-t-il maintenu.

Schloesser a aussi décrit la sophistication tactique de plus en plus grande des guérilleros afghans dans l’utilisation des engins explosifs. Le général a rapporté qu’au cours des récents mois, les insurgés avaient commencé à permettre aux convois de dépasser une première bombe, avant de les frapper par une seconde plus loin sur la route. Après l’explosion, les convois doivent essuyer d’intenses tirs de mitraillettes et d’armes à feu de chaque côté de la route. Les Forces de réaction rapide venant appuyer le convoi pris d’assaut sont ensuite frappées par la première bombe. La masse des explosifs a aussi augmenté, les insurgés tentant de détruire les véhicules les plus blindés de l’armée américaine.

Le blindage des véhicules et des soldats est la principale raison du nombre relativement restreint de décès et de blessures parmi les troupes d’occupations en Afghanistan.  Cependant, le nombre de victimes est monté en flèche ce mois-ci. Au moins 35 soldats américains et de l’OTAN ont été tués en juin jusqu’à présent, comparativement à 23 en mai, 14 en avril et 19 en mars.

Lors du dernier incident, des guérilleros en motocyclette ont attaqué mardi un convoi de camions de ravitaillement des troupes de l’OTAN à Kaboul alors qu’il approchait la ville de Sayadabad, à quelque 60 kilomètres au sud de la capitale. Les insurgés ont tué une personne du convoi et incendié au moins quarante camions. Dans la province d’Helmand, un soldat britannique a été abattu le même jour durant un échange de coups de feu dans la vallée de Sangin, alors qu’un soldat américain était tué et trois autres blessés lorsque leur camion-patrouille a frappé une mine dans la province de l’est de Nangahar.

Le jour précédent, une attaque aérienne américaine a apparemment tué un jeune homme et un enfant à Nangahar, provoquant une manifestation et des appels à la vengeance parmi les membres des tribus locales. Des confrontations ont également eu lieu du vendredi au dimanche dans la province orientale de Paktikam entre les troupes américaines et un large contingent d’insurgés qui avait traversé du côté du Pakistan. Les sources militaires américaines affirment que 55 militants auraient été tués, principalement suite aux attaques aériennes.

Pression sur le Pakistan

Alors que l’insurrection prend de l’ampleur, les pays de l’OTAN continuent de résister aux appels des Etats-Unis, du Canada et de la Grande-Bretagne pour qu’ils envoient plus de troupes en Afghanistan. L’Allemagne a annoncé cette semaine qu’elle allait déployer 1000 soldats additionnels en Afghanistan, mais seulement après octobre et uniquement dans le secteur relativement calme du nord du pays.

La crise qui fait rage à l’OTAN quant à l’envoi des forces de combat additionnelles réclamées par les chefs militaires mène également à des demandes de plus en plus pressantes sur le nouveau gouvernement pakistanais d’en faire plus pour stopper les insurgés qui utilisent son territoire comme refuge. Il se développe en conséquence une situation volatile au Pakistan.

Les insurgés afghans sont presque toujours qualifiés de « talibans » – ou loyalistes du régime fondamentaliste renversé en 2001. Une telle étiquette ne fait que masquer l’étendue de l’opposition militaire et politique à l’invasion menée par les Etats-Unis.

L’insurrection contre l’occupation américaine est motivée par différents facteurs, le sentiment anti-colonial jouant un rôle majeur. Durant plus d’un siècle, les tribus pachtounes des deux cotés de la frontière séparant l’Afghanistan du Pakistan se sont longtemps livrées à une guérilla contre toute tentative de subjuguer leur territoire. La résistance aux forces américaines et de l’OTAN et aux troupes du gouvernement pakistanais déployées dans les régions tribales est simplement le dernier chapitre d’une longue lutte pour maintenir leur indépendance.

Le régime de Karzaï à Kaboul n’est pas haï seulement parce qu’il est pro-américain. Des facteurs ethniques, tribaux et religieux, jouent également un rôle. Bien que Karzaï soit pachtoune, de vastes sections de l’élite tribale pachtoune voient en son gouvernement un laquais des chefs de guerre tadjiks et ouzbèques qu’ils combattirent dans les années 1990.

Les talibans firent leur apparition en tant que mouvement pachtoune soutenu par le Pakistan visant à mettre fin au régime très instable des seigneurs de guerre qui suivit l’effondrement du régime pro-soviétique en 1992. L’extrémisme islamique et le nationalisme pachtoune furent exploités pour recruter les jeunes des sordides camps de réfugiés afghans au Pakistan, ainsi que les membres des tribus, afin de former une force militaire. Les talibans furent financés et équipés par les militaires pakistanais, particulièrement les services de renseignement (ISI). Lorsque les talibans ont pénétré dans le sud de l’Afghanistan en 1994, plusieurs des tribus pachtounes s’y sont ralliées. En 1996, Kaboul tombait.

L’insurrection en cours a clairement des parallèles avec la guerre civile de 1994-1996. Les seigneurs de guerre défaits par les talibans se sont reconstitués pour former l’Alliance du Nord. En 2001, l’administration Bush les a remis au pouvoir. Maintenant, les talibans et leurs milices alliées combattent pour ramener l’hégémonie pachtoune.

L’appui du Pakistan aux talibans dans les années 1990 n’était pas motivé par des considérations religieuses, tribales ou ethniques, mais par les intérêts géopolitiques de l’élite dirigeante pakistanaise. Leur principale préoccupation était que les seigneurs de guerre tadjiks et ouzbèques étaient en train de tomber sous l’influence de l’Inde, leur principal rival régional, en plus de l’Iran et de la Russie.

Malgré une vaste opposition populaire au militarisme américain à l’intérieur du Pakistan, la dictature de Pervez Musharraf a donné son accord à la destruction de son état-satellite taliban dans le but de maintenir son alliance avec Washington. Elle s’est aussi pliée aux demandes américaines qu’elle fasse cesser les activités talibanes au sein du Pakistan en envoyant plus de 90 000 soldats dans les provinces tribales autonomes.

Près de sept ans plus tard, cependant, il y a possibilité de rupture entre les Etats-Unis et le Pakistan à cause de l’influence accrue de l’Inde en Afghanistan et des demandes américaines incessantes que des mesures militaires plus draconiennes soient prises dans les zones frontalières pakistanaises.

Seth Jones, un analyste pour l’entreprise américaine Rand Corporation, a noté dans Voice of America, le 13 juin : « Ce qu’on a maintenant, c’est un gouvernement basé à Kaboul qui est fortement lié à l’Inde, pas au Pakistan. Alors, je crois que c’est vraiment inquiétant. On voit un bon nombre de projets de développements indiens installés en Afghanistan. On voit des routes en chantier. On voit dépenser beaucoup d’argent indien. Je pense que cela a causé une profonde inquiétude parmi les hauts responsables du gouvernement pakistanais, et certainement à des échelons plus bas. »

Jones a affirmé que les insurgés afghans recevaient de l’aide provenant de l’intérieur du Pakistan. « Des renseignements de source sûre recueillis par l’OTAN et plusieurs autres organisations dont les Nations unies montrent que des éléments au sein du gouvernement pakistanais et surtout des services de renseignement (ISI) et du Frontier Corps fournissent non seulement un soutien passif en refusant d’intervenir sur le sol pakistanais, mais également du soutien logistique, de l’aide à l’entraînement et l’octroi de renseignements. »

Il y a une vague de fond d’accusations américaines contre l’armée pakistanaise. L’Observer britannique a rapporté dimanche que l’armée américaine avait des « boîtes pleines » de preuves que les membres du Frontier Corps pakistanais – la force paramilitaire responsable de la sécurité dans les régions tribales – prenaient part aux attaques transfrontalières.

Une source anonyme a dit à l’Observer : « Le fait est qu’il y a des unités tellement opposées à ce que la coalition fait et tellement liées à l’autre côté que lorsque l’occasion se présente ils vont tirer sur les troupes afghanes et de la coalition. Et ce n’est pas un hasard. Ça peut être très bien coordonné. »

Le 11 juin, des frappes aériennes furent menées contre des positions du Frontier Corps dans la région tribale pakistanaise de Mohmand, tuant 11 soldats. L’armée américaine continue d’insister qu’elle a bombardé des insurgés talibans qui avaient attaqué les troupes afghanes et s’étaient ensuite retirés de l’autre côté de la frontière.

Le New York Times a publié des informations le 24 juin selon lesquelles l’armée pakistanaise était « en train de marchander des cessez-le-feu et des échanges de prisonniers » avec les talibans et « permettait aux militants de consolider leurs refuges tout en étendant leurs tentacules le long de la zone frontalière. »

Le 15 juin, le président afghan Hamid Karzaï a déclaré que ses forces militaires avaient le droit de traverser la frontière à la poursuite des insurgés talibans. Les accusations de complicité pakistanaise directe dans l’insurrection afghane vont contribuer à augmenter les tensions. Au bout du compte, ça pourrait déclencher une guerre frontalière afghano-pakistanaise qui amènerait d’autres puissances à entrer en conflit direct avec le Pakistan, y compris les Etats-Unis et l’Inde.

Sources
WSWS

Posté par Adriana Evangelizt

Jeudi 10 juillet 2008 4 10 /07 /Juil /2008 17:11

Ecrire un commentaire - Par JC - Voir les 0 commentaires - Publié dans : PAKISTAN



Esclavage moderne au Pakistan


par Nadia Blétry


« Ma sœur a été vendue pour l'équivalent de 150$ par le fils du propriétaire terrien pour qui on travaillait. Le patron nous a dit qu'il retrancherait ce montant de la dette qu'on lui devait. Ça nous a étonnés, et quand on lui a dit que c'était lui qui nous devait des salaires, il a dit "je vous nourris, je vous héberge et vous fournis des vêtements. C'est ça votre salaire. L'argent que je vous ai versé auparavant, vous me le devez." » raconte Lalli, libérée après 22 ans de captivité sur les terres de son seigneur.

Au Pakistan, Lalli ne constitue pas une exception. Son sort est partagé par des centaines de milliers de personnes qu'on appelle les travailleurs liés, lourdement endettés auprès d'employeurs qui les exploitent. Dans la province du Sindh, située à la frontière de l'Inde dans le sud du pays, les principales victimes sont les haris, des ouvriers agricoles qui vivent sur les terres de grands propriétaires. Lorsque les haris ne parviennent pas à rembourser leurs dettes de leurs vivants, ils transmettent ce lourd héritage à leurs enfants. Il est alors presque impossible de sortir de ce cercle vicieux. Mushtaq Mirani, de la Commission pakistanaise des droits de l'homme, dénonce la perversion du système : « Socialement, il s'agit d'une forme d'esclavage. Ces travailleurs ne peuvent pas gagner suffisamment d'argent pour pouvoir rembourser leur seigneur. Chaque année leur revenu diminue alors que leur dette augmente à cause de l'inflation et de la réduction de la production. Au fil des jours, ils deviennent de plus en plus pauvres et de plus en plus dépendants. »

De plus, le calcul de la dette reste très aléatoire. Les travailleurs ne savent généralement ni lire ni écrire et il n'y a souvent aucune trace écrite de l'emprunt. 80 % des travailleurs liés du Sindh sont d'origine hindoue, issus de la caste des intouchables, dans un pays essentiellement musulman. Leur statut minoritaire accentue leur vulnérabilité. Ils n'ont aucune visibilité sociale et ne sont pas toujours protégés par les institutions. Marwan, une ancienne esclave, en a fait la douloureuse expérience : « Pendant ma captivité, mon seigneur a tué mon fils et sa femme qui étaient eux aussi prisonniers. Lorsque j'ai été libérée, je suis allée au tribunal pour demander qu'on m'aide à libérer les autres membres de ma famille. Mais la cour a défendu les grands propriétaires terriens et m'a demandé de payer une amende de 150 $, soit six mois de salaire. »

Pour les travailleurs liés qui ont pu être libérés ou qui ont réussi à s'enfuir, une nouvelle vie commence... dans des camps. Ce sont des ONG qui ont financé la construction d'une dizaine de villages dans la province du Sindh, mais les conditions de vie y sont très précaires, sans eau et sans électricité. Kalpana, une jeune femme qui porte en équilibre un pot de terre sur la tête, vient tous les jours chercher de l'eau à la pompe : « On a de gros problèmes d'eau potable. On doit parcourir de grandes distances et on est épuisés. » À en croire le récit des travailleurs libérés, il arrive parfois même que les camps soient attaqués par les grands propriétaires terriens. Insécurité, pauvreté, difficulté à trouver un emploi... Les esclaves libérés sont livrés à eux même. Face à une telle situation, certains d'entre eux choisissent même de retourner à une servitude volontaire. Pourtant, pour Mustahtaq Mirani, membre de la Commission pakistanaise des droits de l'homme, des solutions existent. « Premièrement, le gouvernement du Sindh devrait leur donner des terres le long de routes irriguées, deuxièmement il faut leur donner accès à un système de santé et, enfin, il faut modifier le contrat entre les travailleurs liés et leur employeur. Mais l'État ne fait rien. » Depuis 1992, une loi interdit cette forme d'esclavage, mais elle est peu appliquée. Grands seigneurs féodaux ou propriétaires de briqueterie peuvent continuer à exploiter en toute impunité une main-d'œuvre forcée.

Zulfiqar Shah, qui travaille pour l'institut de recherche PILER, s'inquiète : « Contrairement à ce qu'on pense, le travail lié augmente. Il n'est plus cantonné au domaine de l'agriculture et des usines de briques, mais il s'insinue dans tous les secteurs ». Quant à la déresponsabilisation de l'État, le chercheur ne mâche pas ses mots : « Les travailleurs liés constituent une main-d'œuvre gratuite. En agriculture, la plupart travaille sur les terres de grands seigneurs féodaux. Quand ce sont justement ces grands seigneurs féodaux qui dominent votre Assemblée nationale et votre gouvernement, il y a de quoi se poser des questions. Même le Parti du peuple pakistanais, qui constitue la principale formation du nouveau gouvernement, est dominé par les seigneurs féodaux. »

 Sources Alternatives

Posté par Adriana Evangelizt

Vendredi 30 mai 2008 5 30 /05 /Mai /2008 01:30

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Publié dans : PAKISTAN

Assassinat de Bhutto: la controverse s'amplifie

par Jooneed Khan

Le Parti du peuple pakistanais (PPP) a écrit à l'ONU pour demander une enquête internationale sur l'assassinat de son chef, Benazir Bhutto, le 27 décembre dernier au Pakistan.

C'est ce qu'a annoncé à Islamabad Asif Ali Zardari, mari de Mme Bhutto et coprésident du PPP. Des copies ont été adressées aux cinq membres permanents du Conseil de sécurité ainsi qu'au premier ministre par intérim du Pakistan.

La demande, appuyée par une volumineuse documentation, précise les circonstances du drame et souligne la position changeante des autorités ainsi que les failles de l'enquête.

Dans les heures suivant l'assassinat, le Conseil de sécurité a émis une déclaration affirmant que Mme Bhutto a été tuée par «des terroristes». Cela a été mal accueilli par les Pakistanais, dont la moitié, selon des sondages, pensent que les services de sécurité sont impliqués dans l'assassinat.

«Le régime lui-même blâme Al-Qaeda, une organisation internationale avec des bases hors du Pakistan. C'est une raison de plus pour que l'ONU enquête», a affirmé Zardari.

Scotland Yard a dépêché des enquêteurs au Pakistan, mais Zardari a estimé que le mandat était insuffisant, «car il se limite aux causes du décès et n'englobe pas les commanditaires et exécuteurs de l'assassinat».

Dix jours après le drame, le président Pervez Musharraf a admis sur CBS que Mme Bhutto «a pu avoir été tuée par balles». Les autorités avaient soutenu que, sous le choc de l'attentat suicide, elle s'était frappée la tête contre le toit ouvrant de son véhicule.

Elles avaient aussi mis en cause un chef islamiste, Beitullah Mehsud, en diffusant un appel enregistré où un homme, censé être Mehsud, se félicite de l'attentat. Mais Mehsud a nié tout rôle dans l'événement, et des images vidéo ont montré un homme armé tirant trois balles sur Mme Bhutto, qui s'effondre avant l'explosion.

D'autres révélations ont fait surface. Selon un policier blessé dans l'attentat, une «foule mystérieuse» a surgi devant la voiture de Mme Bhutto. «Ils brandissaient sa photo en lançant des slogans du PPP. La voiture a dû s'arrêter.

Mme Bhutto s'est mise debout par le toit ouvrant et un homme aux verres fumés a tiré sur elle et une énorme explosion a suivi», a-t-il raconté sur son lit d'hôpital.

Le quotidien The News fait état d'un «rapport préliminaire» d'une «agence officielle» rejetant la thèse de Mme Bhutto se frappant la tête contre le toit ouvrant.

Un revolver Norinco, de fabrication chinoise et portant le no 311-90, ainsi qu'un détonateur MUV-2 ont été retrouvés sur les lieux, selon ce rapport, que les autorités ont refusé de commenter.

Avec Dawn; The News; Daily Times; Indian Express; AP; Reuters; AFP.

Sources Cyberpresse

Posté par Adriana Evangelizt

Samedi 19 janvier 2008 6 19 /01 /Jan /2008 20:44

Ecrire un commentaire - Par Adriana Evangelizt - Voir les 0 commentaires - Publié dans : PAKISTAN

Article intéressant qui démontre bien qui est derrière Al Qaïda et les Talibans. Ici d'ailleurs l'assassinat de Bhutto est comparé à celui de Rafic Hariri. Quant à Buttho, elle s'est servie elle aussi des Talibans.

Ambitions anglo-américaines derrière l'assassinat de Benazir Bhutto

 et déstabilisation du Pakistan


par Larry Chin

Ses articles

On sait depuis des mois que l'administration Bush – Cheney et leurs alliés ont manœuvré pour renforcer leur contrôle politique sur le Pakistan, pavant la voie à l'expansion et à l'enracinement de la « guerre contre le terrorisme » dans la région. En fait cela simplifie les options de Bush - Cheney.

Pour semer le Chaos, un prétexte

« Apporter la démocratie au monde musulman » c'est la rhétorique Orwellienne utilisée pour masquer l'utilisation par Bush-Cheney de la pression et de la force, leur tentative dramatique de modifier le gouvernement pakistanais pour en faire une coalition Bhutto/Sharif – Musharraf, et les plans en coulisse pour une intervention militaire. Différents plans de déstabilisation américains, connus de responsables et d'analystes, proposaient de renverser le pouvoir militaire au Pakistan.

L'assassinat de Bhutto semble avoir été anticipé. On a même rapporté qu'il y avait eu des « bavardages » parmi les responsables US sur de possibles assassinats, soit de Pervez Musharraf soit de Benazir Bhutto, bien avant que les tentatives récentes n'aient eu lieu.

Comme Jeremy Page l'a succinctement résumé dans son article
« Qui a tué Benazir Bhutto ? Les principaux suspects» , les principaux suspects sont :

1) « des militants pakistanais et étrangers islamistes qui voyaient en elle une hérétique et un larbin des américains » et

2) L'ISI (Inter-Services Intelligence – services secrets pakistanais ndlt), en fait une branche de la CIA. Le mari de Bhutto Asif Ali Zardari a accusé l'ISI d'avoir été impliqué dans l'attaque d'octobre.

L'assassinat de Bhutto a été comme prévu imputé à « Al Qaeda » sans qu'on mentionne le fait qu'Al Qaeda elle- même est une opération des services de renseignements anglo américains.

L'article de Page a été l'un des premiers à nommer l'homme qui a maintenant été visé comme étant le principal suspect : Baitullah Mehsud, un prétendu militant Taliban combattant l'armée pakistanaise à partir du Waziristan. Des rapports conflictuels établissent un lien entre Mehsud « Al Qaeda », le Taliban Afghan, et le Mullah Omar. D'autres analystes établissent un lien entre lui et le terroriste A.Q. Khan.

Le profil de Mehsud et la façon dont on parle de lui font écho à la manière dont la propagande traite tous les « terroristes » post 11 septembre. Ceci renvoie à son tour aux questions habituelles sur l'implication de la propagande des services secrets anglo –américains. Est –ce que Mehsud est lié au ISI ou à la CIA ? Que connaissaient la CIA et l'ISI sur Mehsud ? Plus important, est ce que Mehsud, ou la manipulation de la propagande l'entourant, fournit à Bush-Cheney un prétexte pour une agression future dans la région ?

Propagande classique de la « guerre contre le terrorisme »

Alors que des détails de l'assassinat de Bhutto continuent d'être révélés, ce qui est clair c'est que c'était un coup politique, du même type que celui de l'agent US Rafik Hariri au Liban. Comme le coup très suspect d'Hariri, l'assassinat de Bhutto a été décrit par les médias de masse comme étant le martyr d'une grande messagère de la « démocratie » à l'Occidentale. Pendant ce temps, les actions brutales dans les coulisses du gouvernement US ont reçu peu d'attention.

Le 28 décembre 2007, la manière dont le New York Times a couvert l'assassinat de Bhutto offre l'exemple parfait de la distorsion Orwellienne par les medias de masse dissimulant, derrière l'écran de fumée de la propagande, de manière flagrante, la vérité sur l'agenda de Bush-Cheney. Cet article fait écho à la rhétorique de la Maison Blanche proclamant que les principaux objectifs de Bush sont d' »amener la démocratie au monde musulman » et « de chasser les militants islamistes ».

En fait, l'administration ouvertement criminelle de Bush - Cheney n'a seulement soutenu et promu que l'antithèse de la démocratie : chaos, fascisme, et l'installation de régimes fantoches amis des anglo américains.

En fait, la géostratégie centrale et constante de Bush-Cheney, et de leurs homologues - élites partout dans le monde, c'est d'imposer continuellement et d'étendre la « guerre contre le terrorisme » fabriquée ; continuer la guerre à travers le continent eurasien, avec des évènements déclenchés par des opérations sous faux pavillon, et des prétextes fa briqués.

En fait, les principaux outils utilisés dans la « guerre contre le terrorisme » reste les militants islamistes, travaillant pour le compte des agences de renseignements militaires anglo américains – parmi eux « Al Qaeda », et l'ISI au Pakistan. Mehsud rentre dans ce profil.

Sauver le Pakistan de Bush-Cheney.

Dans une citation du même article du NYT, Wendy Chamberlain, l'ancien ambassadeur US au Pakistan (et un personnage central derrière les efforts multinationaux pour construire un pipeline trans-afghan, en lien avec le 11 septembre) déclare fièrement : « Nous sommes acteurs dans le système politique pakistanais. »

Non seulement les US ont continué à être « acteur » mais l'un des dirigeants au sommet pendant des décennies.

Chaque dirigeant pakistanais depuis le début des années 90 - - - Bhutto, Sharif, et Musharraf - - - se sont soumis aux intérêts de l'Occident. L'ISI est en fait une branche de la CIA.

Tandis que Musharraf a été, et reste, un homme fort pour Bush-Cheney, des questions sur sa « fiabilité » et le contrôle – à la fois le contrôle du régime sur la populace et sur l'agitation populaire croissante, et le contrôle de l'élite sur son régime - - - sont à l'origine des tentatives de pression maladroites de Bush – Cheney pour la mise en place d'un gouvernement de partage de pouvoir (pro US du type irakien). Comme l'a noté Robert Sheer, Bush-Cheney ont joué à « la Roulette Russe » avec Musharraf, Bhutto et Nawaz Sharif - - - chacun d'entre eux ayant été l'avant-garde consentante et profondément corrompue des US.

Le retour à la fois de Bhutto et de l'autre ancien premier ministre, Nawaz Sharif, a simplement été une tentative des US pour couvrir ses paris sur les pouvoirs régionaux.

Qu'est ce que John Negroponte et Condoleeza Rice mettaient vraiment en place ces derniers mois ?

Qui profite de l'assassinat de Bhutto ? La « guerre contre le terrorisme » l'environnement géostratégique et de propagande, le projet d'imposer une guerre permanente mondiale utilisé par les intérêts de l'élite après le 11 septembre, tout ceci bénéficie clairement de l'assassinat de Bhutto. Bush-Cheney et leurs homologues également complices, pro guerre/pro occupation, au sein du parti Démocrate qui soutiennent avec enthousiasme l'utilisation routinière du mot « terreur », prétexte pour imposer une politique de guerre continuelle.

Sont de nouveau la cible de la rhétorique politique de Washington, l'énoncé : peur, « terrorisme », « sécurité » et force militaire, et cela fait également partie du barrage médiatique 24h sur 24.

Les candidats à la présidentielle US de 2008 et leurs élites de conseillers pour la campagne, tous sans exception soutenant avec enthousiasme la « guerre contre le terrorisme », ont, chacun à leur tour, présenté leur version respective de la rhétorique « nous devons stopper les terroristes » devant leurs supporters confus. Les candidats dont les sondages chutaient, avec à leur tête le participant au 11 septembre l'opportuniste Rudy Guiliani, et le faucon néo libéral Hillary Clinton, ont déjà bénéficié d'une nouvelle vague de frayeur de masse.

Musharraf profite de la disparition d'une rivale sérieuse, mais doit maintenant trouver une manière de rétablir l'ordre. Musharraf a maintenant une justification idéale pour réprimer les « terroristes » et imposer totalement la loi martiale, avec Bush-Cheney travaillant dans l'ombre derrière Musharraf - - - continuant de manipuler ou de remplacer son appareil, si Musharraf s'avère être trop peu fiable ou incapable de satisfaire les plans de Bush-Cheney.

On ne peut pas sous estimer la probable implication de l'ISI derrière le coup contre Bhutto. Le rôle de l'ISI derrière chaque acte majeur de « terrorisme » depuis le 11 septembre, reste la vérité centrale non dite derrière les réalités actuelles géopolitiques. Ni Sharif ni Musharraf, mais Bhutto, aurait menacé les agendas de l'ISI.

Bhutto, l'Islam militant et les pipelines.

Maintenant qu'elle est devenir martyr, de nombreux faits historiques peu flatteurs sur Benazir Bhutto seront cachés et oubliés.

Bhutto elle –même a été intimement impliquée dans la création du milieu de la vraie « terreur« intentionnellement responsable de son assassinat. Tout au long de sa carrière politique, elle a soutenu les militants Islamistes, les Talibans, l'ISI, et les ambitions des gouvernements occidentaux.

Comme l'a noté Michel Chossudovsky dans
« la guerre contre le terrorisme » de l'Amérique, c'est pendant le second mandat de Bhutto que Jamiat-ul-Ulema-e-Islam (JUI) et les Talibans ont accédé au pouvoir, accueilli dans le gouvernement de coalition de Bhutto. C'est à ce moment là que les liens entre le JUI l'armée et l'ISI ont été établis.

Alors que la relation de Bhutto avec à la fois l'ISI et les Talibans ont été mouvementées, c'est clair que Bhutto, alors qu'elle était au pouvoir, a soutenu les deux - - - et a soutenu avec enthousiasme les interventions anglo américaines.

Dans ses deux livres de référence, «Taliban: Militant Islam, Oil « et « Fundamentalism in Central Asia and Jihad: The Rise of Militant Islam in Central Asia, » Ahmed Rashid détaille amplement les connections du régime de Bhutto avec l'ISI, les Talibans, « l'Islam militant », les intérêts des multinationales du pétrole, et les responsables anglo américains et les agents des services de renseignement.

Dans Jihad, Rashid a écrit :

« Ironiquement, ce n'est pas l'ISI, mais la premier ministre Benazir Bhutto, la dirigeante la plus libérale, la plus séculière dans l'histoire récente du Pakistan, qui a donné le coup de grâce à une nouvelle relation avec l'Asie Centrale. Plutôt que de soutenir une processus de paix plus étendu en Afghanistan, Bhutto a soutenu les Talibans, dans le cadre d'une politique irréfléchie et présomptueuse pour créer un nouveau commerce tourné vers l'Occident et une route pour le pipeline du Turkménistan à travers le sud Afghanistan jusqu'au Pakistan, pour lequel les Talibans assureraient la sécurité. Bientôt l'ISI a soutenu cette politique parce que son protégé Afghan Gulbuddin Hekmatyar n'avait fait aucun progrès pour capturer Kaboul, et les Talibans semblaient être assez forts pour le faire. »

Sur les Talibans, Rashid a même fourni un détail historique :

«Quand Bhutto a été élue premier ministre en 1993, elle a ouvert une route à l'Asie Centrale. Une nouvelle proposition a émergé fortement soutenue par le transport pakistanais frustré et la mafia dirigeant la contrebande, le JUI et l'armée Pashtoun et les responsables politiques ».

« Le gouvernement de Bhutto a complètement soutenu les Talibans, mais l'ISI restait sceptique sur leurs capacités, convaincu qu'ils resteraient utiles mais comme force périphérique dans le sud. »

« Le Congrès US a autorisé un budget clandestin de 20 millions de dollars pour la CIA pour déstabiliser l'Iran, et Téhéran a accusé Washington de faire passer ces fonds aux Talibans - - - une accusation toujours niée par Washington. Bhutto a envoyé plusieurs émissaires à Washington pour presser les US d'intervenir plus publiquement en prenant partie pour le Pakistan et les Talibans. »


Une erreur de Bhutto : elle a soutenu avec véhémence le pipeline proposé par la compagnie pétrolière d'Argentine Bridas, et s'est opposée au pipeline d'Unocal (ayant la faveur des US). Ceci a contribué à ce qu'elle soit chassée du pouvoir en 1996, et au retour au pouvoir de Nawaz Sharif. comme l'a noté Rashid :

« Après la chute du gouvernement de Bhutto en 1996, le nouveau premier ministre élu Nawaz Sharif, son ministre du pétrole, Chaudry Nisar Ali Khan, l'armée et l'ISI ont complètement soutenu Unocal. Le Pakistan voulait un soutien plus direct des US pour les Talibans et a pressé Unocal de commencer rapidement la construction pour légitimer les Talibans. A la base, les US et Unocal ont accepté l'analyse et objectifs de l'ISI - - - que la victoire des Talibans en Afghanistan rendrait plus facile le travail d'Unocal et rendrait plus rapide la reconnaissance US. »

Sans nier son image attirante et pro occidentale, le réel bilan de Bhutto c'est celui de la corruption et de l'accommodation.

Dans la « guerre contre le terrorisme », chaque crime majeur géostratégique anglo américain a été précédé d'un prétexte arrangeant, orchestré et mené par des proxies « terroristes » directement ou indirectement connectés aux services de renseignement militaire US, ou manipulés pour agir comme atouts pour les renseignements. L'assassinat de Benazir Bhutto est simplement un exemple brutal de plus.

Ce fut le 11 septembre du Pakistan ; l'assassinat de JFK du Pakistan, et son impact résonnera pendant des années.

Contrairement aux informations colportées par les médias traditionnels, le chaos profite à la « guerre contre le terrorisme » de Bush-Cheney. Des appels pour « augmenter la sécurité dans le monde » paveront la voie à une réaction US musclée, une force menée par les US et d'autres formes pour « sévir » dans la région de la part de Bush Cheney. En d'autres termes, l'assassinat aide à faire en sorte que non seulement les US ne partiront pas mais qu'ils accroîtront leur présence.

L'élection pakistanaise, si elle a lieu, est un double choix plus simple : pro US Musharraf ou pro US Sharif.

Alors qu'on a des résultats mitigés concernant le succès de l'agenda de Bush –Cheney, et qu'il a rencontré une large palette de résistance ( « terroristique » de même que politique) il n'y a aucun doute que les fondations de la « guerre contre le terrorisme » sont restées fermes, inébranlées et systématiquement réinforcées.

En ce qui concerne Nawaz Sharif qui émerge maintenant comme le seul rival de Musharraf, lui, comme Musharraf et Bhutto, est connu pour son accommodation aux intérêts anglo américains- - - pipelines, commerce, et la présence militaire continuelle US. Comme le note Jean Charles Brisard et Guillaume Dasquié dans le livre Forbitten Truth, le coup militaire d'octobre 1999, conduit par Musharraf, qui a renversé le régime de Sharif a été provoqué par l'animosité entre les deux camps, de même que la « corruption personnelle de Sharif et sa mégalomanie » et des « inquiétudes que Sharif se pliait avec trop d'empressement au son de la politique de Washington concernant le Cashmir et l'Afghanistan. »

En d'autres termes, Bush-Cheney gagnent, peu importe quel atout se retrouve sur le trône.

Sources Global Research

Posté par Adriana Evangelizt

Vendredi 11 janvier 2008 5 11 /01 /Jan /2008 08:48

Ecrire un commentaire - Par Adriana Evangelizt - Voir les 0 commentaires - Publié dans : PAKISTAN

Où l'on voit là encore à quoi servent les attentats. Mais ce n'est pas un attentat qui a tué Bhutto mais un tireur...

Le président pakistanais s’emporte contre ses critiques


Par K. Ratnayake

Le président pakistanais Pervez Moucharraf est de plus en plus assiégé  depuis l’assassinat de la dirigeante de l’opposition Benazir Bhutto. La version officielle de la mort de Bhutto est en miettes, soulevant encore plus la question de l’implication de sections du régime dans le meurtre et menaçant de faire exploser les manifestations de l’opposition avant les élections nationales qui ont été reportées au 18 février.

Des images vidéo montrent un tireur près de la voiture de Bhutto, qui tire visiblement sur elle alors qu’elle salue la foule par le toit ouvrant de la voiture.  Bhutto s’effondre dans la voiture et l’instant d’après l’explosion de l’attentat suicide pulvérise la scène. Des témoins oculaires et des représentants officiels de son parti, le Parti du peuple du Pakistan (PPP), insistent sur le fait qu’elle a été abattue. Cependant, l’enquête officielle prétend que la mort de Bhutto ne peut être attribuée à des blessures dues à des projectiles d’armes à feu, mais à des blessures qu’elle aurait subies en se frappant la tête sur une poignée du toit ouvrant de la voiture. 

Ce scénario sert un objectif politique défini. Même avant que l’enquête ne débute, le régime mettait l’assassinat sur le compte de al-Qaïda, affirmant que ce n’était qu’un autre attentat suicide dans la myriade des attentats suicides menés par les groupes pro-talibans dirigés par Baitullah Mehsud. La présence d’un tireur ne correspond pas à ce scénario, et soulève des questions embarrassantes à propos de son identité. L’assassinat s’est produit dans la ville garnison de Rawalpindi, là où les quartiers généraux de l’armée sont basés.

L’assassinat a été suivi par des jours de manifestations et d’émeutes animées de la conviction largement répandue que le gouvernement ou les militaires, sur qui s’appuie Moucharraf, sont responsables et que l’enquête officielle est une couverture.   Mehsud a nié toute implication. Le mari de Bhutto, Asif Ali Zadari a refusé de donner l’autorisation pour une autopsie, disant à la presse qu’il avait vécu « assez longtemps » au Pakistan pour savoir comment cette procédure allait être menée. 

Alors que la version officielle des faits commençait à tomber en morceaux, Moucharraf a été forcé d’accepter une offre d’assistance de Scotland Yard d’Angleterre pour donner un semblant de crédibilité à l’enquête policière. Il a continué de rejeter les demandes du PPP pour la tenue d’une enquête internationale complète comme celle menée par l’ONU pour le meurtre du premier ministre libanais, Rafik al-Harari, en 2005.

Lors d’une conférence de presse télévisée avec des journalistes de l’étranger jeudi dernier, Moucharraf a reconnu pour la première fois qu’il y avait des « problèmes » avec l’enquête et de « l’incertitude… sur la cause exacte de la mort ». Mais il s’est opposé à toute suggestion que les forces de sécurité sont responsables de l’assassinat, que ce soit directement ou indirectement à cause de mesures de sécurité déficientes.

Le président a déclaré qu’il n’est pas entièrement satisfait de l’enquête, mais a insisté sur le fait que le gouvernement n’avait pas « de plans pour masquer la preuve ». Lorsqu’on lui a demandé pourquoi la police avait nettoyé les lieux de l’assassinat, détruisant ainsi les preuves qui auraient pu s’y trouver, Moucharraf a répondu absurdement : « Pourquoi ne l’auraient-ils pas fait ? Si vous voulez dire qu’ils l’ont fait intentionnellement, je dirais que non. Ce n’est que de l’inefficacité, que des personnes qui ont pensé qu’il fallait nettoyer la place; les automobiles devaient circuler. »

Après avoir accusé les groupes islamistes, Moucharraf a dit que c’était une « farce » que de laisser entendre que l’armée et les agences du renseignement pouvaient utiliser, pour leurs propres fins, les mêmes personnes qui les attaquent. « Aucune organisation du renseignement au Pakistan ne peut endoctriner un homme pour qu’il se fasse exploser », a-t-il ajouté.

Le fait même que Moucharraf soit obligé de faire de telles déclarations est une indication que très peu de personnes le croient. L’armée pakistanaise et sa puissante agence du renseignement, l’ISI (Inter-Services Intelligence), ont une longue association avec les organisations islamistes, qui remontent à l’époque de la dictature du général Zia-ul Haq. L’ISI a joué un rôle central dans le djihad anti-soviétique parrainé par la CIA en Afghanistan dans les années 1980, duquel sont nées des organisations comme al-Qaïda et d’autres milices islamistes. Il est très probable que des éléments du gouvernement et/ou de l’armée ont collaboré avec des groupes liés à al-Qaïda pour éliminer un ennemi commun.

Après la première tentative d’assassinat dirigée contre elle en octobre dernier, Bhutto avait envoyé une lettre au président qui identifiait quatre personnalités de son régime, y compris Chaudhry Pervez Elahi, un ancien ministre important de la province du Punjab, comme des ennemis voulant la tuer. On a officiellement interdit à l’équipe de Scotland Yard sur les lieux d’interroger ces quatre individus. Au moins à la conférence de presse de jeudi, Moucharraf a défendu sa décision, disant que « Je ne laisserai personne monter une chasse aux sorcières et commencer à faire du grabuge. »

Avant son retour au Pakistan en octobre, l’administration Bush avait fait pression pendant des mois pour que Bhutto et Moucharraf arrivent à s’entendre sur un partage du pouvoir, ce qui aurait contribué à renforcer le régime militaire impopulaire. La possibilité que le PPP puisse gagner l’élection et que Bhutto devienne première ministre suscitait la ferme opposition du parti dirigeant, la Ligue arabe-Q du Pakistan, qui risquait de perdre ses privilèges et le pouvoir, ce qui donnerait une raison aux dirigeants de cette organisation de vouloir la mort de Bhutto.

Moucharraf a accusé Bhutto elle-même parce qu’elle aurait ignoré les avertissements sur sa sécurité. « Qui faut-il blâmer pour son geste consistant à sortir du véhicule et à se tenir debout à cet endroit ? Qui faut-il blâmer ? Les agences qui font respecter l’ordre ? » a-t-il demandé. La porte-parole du PPP, Sherry Rehman a dit que les commentaires étaient « absurdes » et une insulte contre Bhutto et les autres qui sont morts pour avoir exercé leur droit garanti par la constitution d’assister à un rassemblement public. Rehman a accusé le régime de n’avoir pas répondu aux requêtes de Bhutto pour une meilleure sécurité. Elle a dit qu’un seul véhicule de la police se trouvait sur les lieux et « toute la journée, je n’ai pratiquement pas vu de policiers ».

L’appui américain

Le fait que Moucharraf ait été mis sur la défensive lors de la conférence de presse de la semaine dernière souligne la crise politique de son régime. Ce dernier dépend fortement de l’appui politique et financier de l’administration Bush, qui exige du Pakistan qu’il intensifie la guerre contre les milices islamiques dans les régions tribales le long des frontières afghanes. Le soutien de Moucharraf à la soi-disant « guerre au terrorisme » de Washington a alimenté un large sentiment antiaméricain et a aliéné certaines sections de l’armée.

Le président Bush a de nouveau offert son plein appui à l’homme fort pakistanais, s’adressant à Reuters jeudi : « J’ai toujours été un partisan du président Moucharraf. Je crois qu’il est solide dans la guerre contre le terrorisme. Il connaît très bien les risques liés aux extrémistes et aux terroristes. Après tout, ils ont essayé de le tuer. » Samedi, lors de son discours radiophonique hebdomadaire, Bush a insisté que les Etats-Unis et le Pakistan devaient utiliser « chaque outil nécessaire dans les domaines du renseignement, de la police, de la diplomatie, de la finance et du pouvoir militaire afin de traduire en justice nos ennemis communs ».

Le New York Times a révélé dimanche que de hauts représentants de la Maison-Blanche, dont le vice-président Dick Cheney, s’étaient rencontrés vendredi pour discuter d’opérations secrètes américaines beaucoup plus agressives à l’intérieur du Pakistan (voir en anglais : “Secret White House meeting plans US military escalation in Pakistan”). Toute action en ce sens ne servira qu’à déstabiliser davantage les régions tribales et alimenter encore plus l’opposition antiaméricaine, aggravant ainsi les difficultés politiques auxquelles fait face le régime pakistanais.

Reflétant les préoccupations des milieux dirigeants européens, l’International Crisis Group (ICG) basé à Bruxelles a émis le 2 janvier un communiqué demandant à Washington de cesser d’appuyer Moucharraf. Il est clair que l’on craint que les flagrantes méthodes antidémocratiques du président pakistanais, y compris l’imposition de l’état d’urgence et la création de tribunaux favorables au régime, créent les conditions pour une explosion sociale et politique au pays.

 « Il est temps pour la communauté internationale, et particulièrement les Etats-Unis, de reconsidérer son soutien à la dictature au Pakistan et d’admettre que la démocratie, et non pas un général artificiellement maintenu au pouvoir, défroqué et largement détesté, est le meilleur moyen d’apporter la stabilité et d’annuler les gains des extrémistes islamiques », affirme le rapport. Le tout nouvel intérêt de l’ICG pour la démocratie pakistanaise pourrait indiquer un tournant de l’Union européenne vers une implication plus concertée dans le pays.

Le document de l’ICG a été accueilli par des réactions furieuses à Islamabad. Un porte-parole gouvernemental a dénoncé l’appel à mettre fin au règne de Moucharraf comme étant biaisé et frisant « l’encouragement à la sédition ». Il a dénoncé l’ICG pour n’avoir aucune crédibilité et pour ne « représenter personne, particulièrement dans les affaires intérieures du Pakistan ». Même si le régime pakistanais n’est pas dans une position pour réprimander l’ICG, le terme « sédition » a été choisi pour intimider les dirigeants de l’opposition et les médias.

Même s’il a formellement retiré l’état d’urgence imposé en novembre, Moucharraf a continué de réprimer l’opposition politique. Dimanche, le journal pakistanais News a cité un fonctionnaire de haut rang qui disait que le gouvernement avait pris des mesures répressives contre les activistes du PPP impliqués dans les émeutes qui suivirent l’assassinat de Bhutto. Il estimait que « les chiffres pourraient aller jusqu’à 10 000 » et a déclaré qu’il « n’y aurait pas de clémence pour ceux qui causent des dommages coûtant des milliards de roupies ».

Des plaintes formelles ont été portées contre des milliers de gens dans différentes villes et des « enquêtes préliminaires » sont déjà en train de débuter. Le responsable a affirmé que le gouvernement a donné des directions strictes aux autorités de la province de Sindh — le château fort de Bhutto — afin de mettre au pas de « hauts fonctionnaires et sous-fonctionnaires de l’État qui ont montré de la négligence ou qui ont simplement abandonné leurs fonctions durant la manifestation ».

Un article dans le New York Times de samedi détaillait les efforts du régime pour museler et intimider les avocats qui avaient mené le mouvement d’opposition contre les purges de Moucharraf envers la Cour. Aitzaz Ahsan demeure en résidence surveillée à Lahore et il lui est interdit de parler à des étrangers, incluant les ambassadeurs américains et britanniques au Pakistan qui ont récemment tenté de le visiter à son domicile. Son ami et collaborateur, Muneer Malik, était en mesure de parler à la presse, mais était physiquement faible après trois semaines en prison où il est presque mort en raison de la déshydratation, de la malnutrition et de la présence de toxines inconnues, selon les docteurs de Malik.

Hier, plus de 250 personnes, incluant des avocats et d’autres activistes, ont protesté près de la maison de Ahsan, demandant le retour des juges chassés dans les purges du mois dernier. Mais, les grandes manifestations semblent s’être temporairement dissipées, en grande partie en raison de l’appui du PPP et des autres partis de l’opposition pour la décision de retarder les élections et d’éviter toute confrontation politique avec le régime.

Cependant, le fait que Moucharraf ait été mis sur la défensive face aux critiques, particulièrement concernant l’enquête sur l’assassinat de Bhutto, démontre que la crise de son régime ébranlé est loin d’être terminée.

(Article original paru le 7 janvier 2008)

Lire aussi :

Après l’assassinat de Benazir Bhutto, l’administration Bush se rue à la défense de Moucharraf [31 décembre 2007]

Sources WSWS

Posté par Adriana Evangelizt

Vendredi 11 janvier 2008 5 11 /01 /Jan /2008 08:26

Ecrire un commentaire - Par Adriana Evangelizt - Voir les 0 commentaires - Publié dans : PAKISTAN

Après l’assassinat de Benazir Bhutto,

l’administration Bush se rue à la défense de Moucharraf


Par Keith Jones

La « présidente à vie » du Parti du peuple pakistanais et candidate au poste de premier ministre, Benazir Bhutto, a été assassinée jeudi en début de soirée, heure locale, alors qu’elle faisait campagne pour les élections nationales et provinciales qui auront lieu le 8 janvier.

L’assassinat a eu lieu dans la ville de Rawalpindi, siège du quartier général de l’armée pakistanaise, considérée comme l’une des villes les plus sûres du pays.

Plusieurs versions sur la façon dont l’assassinat a eu lieu circulent. Plusieurs reportages citent des témoins qui ont déclaré que son assassin avait ouvert le feu sur Bhutto, la touchant à la nuque et au torse, avant de se faire exploser. L’explosion a tué au moins vingt autres personnes. Toutefois, le New York Times a rapporté que des hauts responsables du Parti du peuple pakistanais (PPP) ont dit que Bhutto avait été touchée par un tireur embusqué sur les toits avant qu’un deuxième assaillant ne commette son attentat suicide.

Un rassemblement organisé par l’autre principal parti d’opposition où le premier ministre renversé Nawaz Sharif devait prendre la parole a aussi fait l’objet d’une attaque. Des tireurs auraient tué quatre partisans de la Ligue arabe du Pakistan (Nawaz) et blessé cinq autres personnes.

Avant même que la preuve eut été rassemblée et encore moins analysée, et alors que les principaux faits font toujours l’objet d’une controverse, l’establishment politique américain a dans les faits déclaré que l’enquête était terminée, attribuant catégoriquement la responsabilité du meurtre de Bhutto à al-Qaïda ou à une mouvance islamiste de la même famille.

Faisant une courte déclaration qui jurait avec la réalité politique du Pakistan, le président américain George W. Bush a déclaré jeudi matin, heure de Washington, que l’assassinat de Bhutto était un « geste lâche perpétré par des extrémistes assoiffés de sang qui essayent de miner la démocratie au Pakistan ». Il a demandé aux Pakistanais « d’honorer la mémoire de Benazir Bhutto en continuant le processus démocratique pour lequel elle a si bravement donné sa vie ».

Plus tard, le porte-parole de la Maison-Blanche, Scott M. Stanzel, a dit que Bush prévoyait discuter avec le président pakistanais Pervez Moucharraf dans les heures qui venaient, mais qu’il ne lui indiquerait pas comment agir sur la question des élections du 8 janvier. « C’est une décision qui revient aux Pakistanais » a dit Stanzel.

Le candidat présidentiel du Parti démocrate, Barack Obama, a pris une position semblable à celle de Bush, et les médias américains ont rapidement entonné le même refrain : Bhutto est une martyre de la guerre contre le terrorisme et le peuple pakistanais doit se rallier à Moucharraf et aux élections organisées par l’armée pakistanaise.

Il est difficile de trouver dans les médias américains un article qui laisse même entendre qu’il est possible que des éléments proches du régime Moucharraf aient été impliqués dans le meurtre de Bhutto. Peu importe que le régime de Moucharraf a un historique de huit années d’abus de droits de l’homme, y compris l’orchestration d’attentats contre des opposants politiques, et que l’appareil militaire et d’espionnage pakistanais chapeaute depuis des dizaines d’années des groupes islamistes armés et qu’ils les utilisent dans ses machinations géopolitiques et politiques.

Peut-on douter que Washington aurait répondu très différemment si le principal opposant politique d’un homme fort militaire auquel les États-Unis sont opposés avait été assassiné ? Dans un tel cas, l’ensemble de l’establishment politique et médiatique américain aurait accusé ce régime.

Même si le gouvernement Moucharraf n’a pas été directement impliqué dans le meurtre de Bhutto, il devient fortement évident qu’il y a eu négligence de sa part dans un événement qu’il accueille en privé. Bhutto elle-même a publiquement accusé des éléments au sein du gouvernement et de l’establishment de l’armée et du renseignement d’avoir organisé l’attentat à sa vie du 18 octobre à Karachi, où plusieurs bombes avaient tué 140 personnes.

Avant son retour au Pakistan à la mi-octobre de cette année, Bhutto a écrit une lettre au gouvernement dans laquelle elle identifiait trois personnes qui selon elle avaient l’intention de la tuer. Même si Bhutto n’a jamais publié les noms, il était généralement admis que celui de Ijaz Shah, le directeur général du Bureau du renseignement, s’y trouvait.

Au cours des dernières semaines, Bhutto s’est plainte à plusieurs reprises que le gouvernement avait failli à assurer sa sécurité, y compris à lui fournir un véhicule blindé avec des vitres teintées et avec l’appareillage pour empêcher la détonation électronique d’une bombe.

Un de ses porte-parole américains a dit que la dirigeante assassinée du PPP lui avait dit que si jamais elle était tuée, le gouvernement et l’armée du Pakistan devaient en être tenus responsables.

Le sénateur américain Joseph Biden, président du comité sénatorial sur les Affaires étrangères et impliqué dans la course présidentielle pour le Parti démocrate, a déclaré qu’il en avait personnellement appelé au régime de Moucharraf pour qu’il offre une meilleure sécurité à Bhutto, mais que ses demandes avaient été ignorées.

Il semble que Bhutto elle-même, même si elle était consciente de l’immense danger auquel elle s’exposait, comptait sur ses liens étroits avec les Etats-Unis pour sa protection. Sur cette question, elle a fait une grave erreur.

La fraude de la soi-disant démocratie pakistanaise

Avec l’assassinat de Bhutto, on peut se demander si le gouvernement militaire que dirige Moucharraf ira de l’avant avec les élections promises de longue date. A tout le moins, on peut s’attendre à ce que le gouvernement utilise l’assassinat et l’attentat à la bombe de jeudi dernier comme d’un prétexte pour interdire pratiquement tous les événements de la campagne électorale.

Moucharraf a fait une brève déclaration à la télévision dans laquelle il a annoncé qu’il y aurait trois jours de deuil national et fait porter la responsabilité sur les terroristes islamistes.

Nawaz Sharif, qui a vu sa candidature aux élections bloquée par le régime de Moucharraf, a répondu à l’assassinat de Bhutto en annonçant que son parti boycottera les élections si elles avaient lieu le 8 janvier comme prévu.

L’assassinat de Bhutto, la dirigeante de l’opposition la mieux connue au Pakistan et qui fut deux fois première ministre, ne fait que souligner le caractère truqué des élections, qui ont été présentées par l’administration Bush et les médias américains comme une étape cruciale de la « transformation démocratique » du Pakistan.

Le 15 décembre, Moucharraf qui a pris le pouvoir lors d’un coup d’état militaire en 1999, a levé l’état d’urgence qu’il avait imposé six semaines auparavant. Il l’avait instauré pour abolir de façon dictatoriale tous les empêchements légaux et constitutionnels à sa réélection en tant que président. Même si ce n’est pas officiellement le cas, l’état d’urgence se poursuit néanmoins dans les faits.

Les médias sont soumis à la censure la plus draconienne. Les opposants au gouvernement peuvent être amenés devant des cours martiales. Les défilés électoraux et toutes les protestations anti-gouvernementales sont proscrits. La Cour suprême et les cours supérieures du Pakistan, qui sont la plus haute autorité sur les élections, ont été purgées des juges considérés par le régime comme insuffisamment loyaux à Moucharraf.

Comme en général dans de telles conspirations criminelles, on ne peut dire avec certitude qui fut l’auteur de l’assassinat de Bhutto. Mais une grande partie de la population, si ce n’est presque toute la population, considère que le responsable est le régime de Moucharraf et ses dirigeants militaires. Des membres du PPP en état de choc rassemblés à l’hôpital où se trouvait Bhutto mortellement touchée scandaient « Salaud, Moucharraf, salaud ».

Les dirigeants d’al-Qaïda et d’autres milices islamistes avaient déclaré vouloir éliminer Bhutto après que l’administration Bush avait fait connaître sa position plus tôt cette année qu’il favorisait un accord de partage du pouvoir entre elle et Moucharraf dans l’espoir de donner un peu de crédibilité à la dictature. Mais cela ne signifie pas que les islamistes ont commis le meurtre ou, même si c’est le cas, qu’il n’a pas été orchestré ou facilité par les éléments du gouvernement et de l’appareil militaire et du renseignement.    

Plusieurs au sein de l’armée pakistanaise et de l’élite bourgeoise n’ont jamais pardonné au PPP ses appels démagogiques visant à soulever le mécontentement populaire envers la pauvreté et l’inégalité lors de sa montée au pouvoir à la fin des dictatures d’Ayub Khan et de Yahya Khan. Le père de Bhutto, le fondateur du PPP et ancien premier ministre pakistanais, Zulfikar Ali Bhutto, a été pendu par le régime militaire de Zia-ul Haq en 1979 avec l’approbation des élites du monde des affaires et des grands propriétaires terriens au Pakistan.

L’administration Bush a consacré beaucoup d’efforts au courant de l’été et de l’automne pour tenter de monter une entente de partage de pouvoir entre Bhutto et Moucharraf et, apparemment, entretenait toujours l’espoir que les deux pourraient s’entendre après le simulacre d’élections. Mais en soutenant Moucharraf lors du récent état d’ « urgence », l’administration Bush n’a laissé aucun doute qu’elle considérait Moucharraf et l’armée comme ses alliés les plus proches.

Le fort soutien des Etats-Unis au gouvernement pakistanais et à ses prétentions absurdes qu’il mène le Pakistan vers la démocratie n’ont pu qu’encourager les éléments les plus brutaux et les plus téméraires de l’armée et des partisans de Moucharraf regroupés dans la Ligue musulmane du Pakistan (Q), si ce n’est le président lui-même, à envisager de se débarrasser de Bhutto une fois pour toutes.

L’assassinat de Bhutto signifie la décapitation politique du PPP, le parti que les sondages disaient en meilleure position pour gagner le plus de sièges au parlement national du Pakistan. Un parti dynastique, le PPP s’est complètement concentré sur le charisme politique de Benazir Bhutto et de son père exécuté.

L’assassinat du « président à vie » du PPP profite manifestement à Moucharraf et à son régime avec l’élimination d’un rival potentiel pour le pouvoir et la faveur de Washington. Certains dans l’establishment politique américain sont toutefois préoccupés, comme le montre la conférence de presse du Council on Foreign Relations de jeudi dernier, que l’assassinat pourrait miner ce qui reste de crédibilité au régime et être l’étincelle de soulèvements sociaux.

Des émeutes ont eu lieu à Karachi, dans d’autres villes de Sindh, la province natale de Bhutto, et ailleurs au Pakistan. Selon la BBC, au moins onze personnes ont été tuées après que les forces de sécurité furent appelées pour réprimer les manifestations.

Le rôle de l’impérialisme américain

C’est l’impérialisme, et principalement l’impérialisme américain, qui porte en dernière analyse la responsabilité du cancer politique et socio-économique qui ronge le Pakistan contemporain, un pays où l’état-major domine le gouvernement et partage avec une mince couche de capitalistes et de propriétaires terriens les fortunes amassées par l’exploitation brutale de la classe ouvrière et des travailleurs ruraux pauvres.

Alors que les médias américains babillent sur la démocratie pakistanaise, la réalité est que le capitalisme pakistanais a échoué à résoudre les problèmes les plus élémentaires des masses travailleuses, de la garantie des libertés civiles fondamentales à l’égalité de la femme, en passant par l’offre des soins et de l’éducation et l’élimination du travail des enfants ou du travail forcé.

Défendant les intérêts économiques et géopolitiques de l’élite pillarde américaine, tant les administrations démocrates que républicaines ont soutenu une longue suite de dictatures militaires brutales.

Deux processus liés sont au cœur de la démocratie pakistanaise mort-née et de son sous-développement économique : la partition communautariste du sous-continent indien imposée par les puissances impérialistes en 1947 et le remodelage du Pakistan par le général Muhammad Zia ul-Haq. Étroitement lié à Washington, Zia a « islamisé » l’armée et la politique au Pakistan, en même temps qu’il faisait du pays le pivot de la campagne américaine contre l’Union soviétique en encourageant et en armant les milices fondamentalistes islamiques en Afghanistan.

Le Pakistan est un Etat artificiel, dont la création défiait toute logique économique et géographique sans parler des traditions historiques et culturelles de l’Asie du Sud. Il a servi à perpétuer deux éléments clés du système britannique de contrôle impérial : la définition des musulmans par l’Etat comme étant un groupe politique distinct et la British Indian Army dominée par les Punjabis.  

Ceci n’absout pas le Congrès national indien (CNI), un parti bourgeois, de ses responsabilités dans la partition, ni ne veut suggérer que l’État bourgeois indépendant créé en Inde sur les fondations du Raj britannique jouit d’une plus grande légitimité historique.

Le CNI était de connivence avec le Mahasabha et le RSS, des mouvements communautaristes hindous. Il ne voulait ni n’était organiquement capable de défaire les machinations de l’impérialisme britannique en unissant le sous-continent d’en bas par la mobilisation révolutionnaire de la classe ouvrière et de la paysannerie opprimée contre le capitalisme et les grands propriétaires terriens.

La partition n’a été que l’expression la plus claire et la plus sanglante de l’écrasement par l’impérialisme et les bourgeoisies nationales en devenir de l’Inde et du Pakistan du mouvement anti-impérialiste qui avait qui avait étreint le sous-continent pendant la première moitié du vingtième siècle.

La partition a empêché un développement économique rationnel, cristallisé les divisions communautaristes dans la rivalité entre les Etats qui a résulté en trois guerres déclarées entre les peuples de l’Asie du Sud, offert le moyen aux différentes bourgeoisies nationales de dévier le mécontentement social vers le chauvinisme et finalement facilité la domination impérialiste de l’Asie du Sud.

Continuant sur la voie ouverte par la Ligue musulmane avant l’indépendance, la bourgeoisie pakistanaise s’est alignée de façon encore plus abjecte et ouverte sur l’impérialisme que ne l’avait fait sa rivale indienne durant la guerre froide. Au milieu des années 1950, le Pakistan était un des Etats au « front » dans la confrontation avec l’URSS et l’armée pakistanaise était en bonne voie de devenir la cheville ouvrière de la stratégie géopolitique américaine. Lorsque le commandant en chef Ayub Khan a pris le pouvoir en 1958, il a bénéficié du soutien enthousiaste de Washington, tel que la formule « Ike [Eisenhower] aime Ayub » l’encapsulait en quelques mots.

Après que le régime d’Ayub Khan se fut effondré en 1968-69 devant les manifestations de masses des étudiants et des travailleurs et l’opposition du Pakistan de l’Est à sa position subordonnée dans la fédération pakistanaise, Nixon et Kissinger ont encouragé un nouvel homme fort de l’armée, Yahya Khan, à entreprendre une campagne génocidaire pour empêcher la sécession du Bangladesh.

Suite à la défaite ignominieuse du Pakistan lors de la Troisième Guerre indopakistanaise, l’élite pakistanaise et Washington se sont tournés vers Bhutto, le descendant d’une famille de propriétaires et ancien protégé d’Ayub Khan. Bhutto se servit de chauvinisme anti-Indien et de phrases pseudo socialistes pour émasculer politiquement l’opposition de masse dirigée contre l’armée et l’ordre social complètement inégal du Pakistan.  

Au cours de ses six ans au pouvoir, il oscilla de façon précaire entre des forces sociales hostiles. Il réhabilita l’armée et l’utilisa pour réprimer une insurrection nationaliste au Baloutchistan, proclama le Pakistan république islamique et maintint l’alliance entre les Etats-Unis et le Pakistan. Il procéda aussi à des réformes sociales limitées, tout en réprimant violemment toute action indépendante de la classe ouvrière. Ultimement, alors que la politique internationale se rangeait vers la droite à la fin des années 1970, l’armée, sous le général Zia et avec les encouragements de Washington, prit le pouvoir.  

Le régime Zia allait entraîner de terribles conséquences pour le développement subséquent du Pakistan. Durant onze ans, et ce à partir de 1978-79, Washington utilisa Islamabad comme liaison pour l’intervention américaine dans la guerre civile afghane, fomentant et organisant les forces islamiques antisoviétiques et servant d’intermédiaire pour les armes et l’argent américains et saoudiens destinés aux Moudjahiddines afghans. Cela vint compléter les propres efforts de Zia au Pakistan pour développer la droite islamique en tant que rempart contre la classe ouvrière et la gauche, et faire la promotion du fondamentalisme islamique comme idéologie d’Etat.

Alors que l’Etat se retirait de son rôle en éducation et dans d’autres services publics fondamentaux, des institutions religieuses islamiques furent encouragées à remplir les trous béants, en accord avec la politique économique de droite du régime Zia.

Le résultat final fut la promotion de l’obscurantisme religieux, la montée des conflits sectaires, l’accroissement de l’oppression des minorités et le développement de liens entre l’armée et les groupes armés islamiques; toutes les sections de l’élite pakistanaise cherchaient alors à utiliser ces derniers dans le conflit géopolitique qui opposait le Pakistan à l’Inde.

Durant la Guerre froide, Washington incita l’élite pakistanaise à poursuivre son conflit désastreux avec l’Inde, lui fournissant et lui vendant toutes sortes d’armes et de systèmes de guerre. Mais à la suite de l’effondrement de l’URSS et de la répudiation par la bourgeoisie indienne de sa politique économique nationale, les Etats-Unis, sous l’administration Clinton, élaborèrent un nouveau partenariat stratégique avec l’Inde.

Bien que le Pakistan était alors moins central à la stratégie géopolitique américaine, le partenariat militaire entre le Pentagone et le Pakistan fut maintenu, Washington voyant toujours l’armée pakistanaise comme un atout précieux et un rempart de l’Etat pakistanais.

Lorsque l’administration Bush utilisa les événements du 11 septembre 2001 pour mettre de l’avant une politique étrangère plus agressive visant à établir le contrôle américain sur les ressources pétrolières de l’Asie centrale et du Moyen-Orient, la relation militaire entre le Pentagone et le Pakistan fut revigorée et Moucharraf émergea rapidement comme l’un des plus importants alliés des Etats-Unis.

Washington reconnaît avoir fourni 10 milliards de dollars au Pakistan depuis septembre 2001, la plus grande partie sous la forme d’aide militaire et de paiements à l’armée pour le soutien à la « guerre au terrorisme ». En retour, le régime Moucharraf a fourni un appui logistique essentiel pour l’invasion et l’occupation de l’Afghanistan, a permis aux forces de sécurité américaines de maintenir des centres de torture et permet maintenant que le Pakistan devienne un terrain d’entraînement pour une possible attaque américaine contre l’Iran.

Alors que le régime Moucharraf se montre menaçant une fois de plus, ayant imposé l’état d’urgence pour une durée de six semaines, les Etats-Unis tentent de renforcer davantage leurs liens avec l’armée pakistanaise.

La semaine dernière, le Congrès démocrate américain a approuvé l’envoi supplémentaire de 785 millions de dollars en aide pour Islamabad en 2008. D’après des reportages parus dans le Washington Post et le New York Times, et selon un accord récemment conclu entre les Etats-Unis et le Pakistan, plusieurs centaines de soldats des Forces spéciales américaines seront déployés au Pakistan dans les prochaines semaines afin de « former et soutenir les forces indigènes de contre-insurrection et les unités clandestines de contre-terrorisme ». (26 décembre, Washington Post)

La classe ouvrière et la lutte pour la démocratie au Pakistan

La lutte pour la démocratie au Pakistan est une lutte contre l’appareil d’Etat militaire financé et défendu par les Etats-Unis et le système d’Etat-nation imposé par les impérialistes en Asie du Sud. Cette lutte nécessite l’intervention des masses ouvrières pakistanaises dans la vie politique, dans le combat pour les libertés civiles fondamentales, mais aussi pour les emplois, les services publics et le soutien aux producteurs ruraux — c’est-à-dire une lutte pour des mesures radicales anticapitalistes.

En dernière analyse, le fait que la bourgeoisie pakistanaise soit incapable d’adhérer aux normes démocratiques les plus élémentaires et ait recours à maintes reprises à la dictature militaire et à des mesures extraconstitutionnelles est dû à l’extrême polarisation de la richesse dans la société pakistanaise et à la subordination de cette dernière à l’impérialisme.

Aucune section de l’opposition démocratique bourgeoise, y compris la minorité de partis qui ont appelé au boycott de l’élection, ne souhaite ni ne peut se tourner véritablement vers les masses, et lier la lutte contre la dictature militaire aux demandes socioéconomiques de la classe ouvrière et de la paysannerie du Pakistan, avant tout les travailleurs de l’agriculture et les métayers.

Cela est souligné par l’évolution de Bhutto. Au cours de la dernière année, alors que s’exprimait de plus en plus publiquement l’opposition au régime de Moucharraf, Bhutto s’est opposée à maintes reprises à toute agitation populaire contre le gouvernement, craignant que cela ne puisse échapper au contrôle de l’élite politique.

Toutes les sections de l’opposition bourgeoise dépendent de l’armée afin de défendre leurs propres privilèges de classe contre la classe ouvrière et maintenir l’intégrité territoriale de l’Etat pakistanais en crise. De plus, elles sont liées à l’impérialisme par un réseau d’interconnections financières. C’est pourquoi elles craignent et s’opposent à une véritable opposition populaire dirigée contre la dictature militaire et la domination impérialiste.

Le mécontentement populaire croissant face aux inégalités sociales grandissantes, à la montée du chômage, aux pénuries de nourriture et d’énergie et à la hausse des prix fait que l’opposition bourgeoise est encore moins tentée de faire appel au peuple pakistanais pour s’opposer à la dictature. Elle est hantée par la crainte qu’une fois en action, les travailleurs pakistanais ne retourneraient pas rapidement dans l’ombre et tenteraient de poser des revendications démocratiques et égalitaires qui attaqueraient leurs propres privilèges.

Dans la lutte pour mobiliser les masses et renverser la dictature de Moucharraf et briser l’influence politique pernicieuse de l’opposition bourgeoise, la classe ouvrière et les étudiants et intellectuels alliés du socialisme devraient exiger la libération immédiate de tous les prisonniers politiques, le rejet de toute mesure contre la liberté de presse, l’abolition de toute prohibition des manifestations politiques et des grèves, la dissolution du régime Moucharraf et la tenue de véritables élections.

Mais ainsi, ils devraient rejeter tout le cadre du débat de l’élite dirigeante sur la constitution et la démocratie, qui limite la démocratie au respect de quelques libertés civiles et prend pour acquis l’ordre capitaliste pakistanais et la relation de soumission aux Etats-Unis et à l’impérialisme mondial.

Une véritable démocratie nécessite la liquidation du rapport locateur-locataire en agriculture, le démantèlement de l’Etat militaire soutenu par les Etats-Unis, la séparation de la mosquée et de l’Etat, des mesures socialistes afin de fournir des emplois et des revenus pour tous, et le renversement du système d’Etat communautariste imposé par l’impérialisme sur l’Asie du Sud en 1947-48 avec la complicité du Congrès national indien et de la Ligue musulmane. Cette démocratie ne pourra être réalisée que sous la forme d’un gouvernement ouvrier et paysan qui liera consciemment le destin des travailleurs du Pakistan et de l’Asie du Sud à la lutte de la classe ouvrière internationale pour mettre un terme au capitalisme.

Le World Socialist Web Site appelle nos lecteurs et supporters du Pakistan et de l’Asie du Sud à entreprendre le combat pour un nouveau parti révolutionnaire de la classe ouvrière, une section pakistanaise du Comité International de la Quatrième Internationale, qui conduira cette lutte.

Sources WSWS

Posté par Adriana Evangelizt


Vendredi 4 janvier 2008 5 04 /01 /Jan /2008 19:11

Ecrire un commentaire - Par Adriana Evangelizt - Voir les 0 commentaires - Publié dans : PAKISTAN

Musharraf a fait venir Scotland Yard. Vu son irritation, on peut penser que ceux qui ont perpétré cet attentat l'ont fait dans son dos. En attendant, dans cet article, on apprend qh'ormis le kamikaze, il y avait deux tireurs qui ont fait feu sur Bhutto. Cela rejoind tout à fait ce que nous disions ICI... à savoir que l'explosion n'était là que pour faire diversion et permettre aux vrais assassins de commettre leur meurtre. Si ça se trouve le kamikaze n'était même pas au courant qu'il allait sauter. On en a la preuve avec les attentats en Algérie, les types ont sauté parce que quelqu'un avait actionné une télécommande à distance. En signalant que ceci est une méthode mossadienne. Ils ne sont jamais à court d'idée pour perpétrer leurs coups... or, comme Bhutto avait parlé de la mort d'Oussama ben Laden, peut-être que son accession au pouvoir aurait fait découvrir le pot-aux-roses. Il fallait donc l'arrêter avant. Il y a là deux possibilités : soit ce sont les services secrets pakistanais en lien avec l'armée soit c'est l'Al Qaïda fabriqué par qui nous savons...

 

 

  Posté par Adriana Evangelizt

Vendredi 4 janvier 2008 5 04 /01 /Jan /2008 11:06

Ecrire un commentaire - Par Adriana Evangelizt - Voir les 0 commentaires - Publié dans : PAKISTAN

D'un côté, le parti de Bhutto s'oppose au report des législatives et de l'autre Musharraf et sa clique trouvent mille excuses pour les repousser car ils sentent bien là qu'ils sont acculés et que si elles avaient lieu, ils perdraient le pouvoir. Les corrompus jouent gros et ils le savent. Ils doivent l'avoir d'autant plus amère qu'ils savent très bien que le fils à Bénazir n'est pas "mûr" pour la politique et que c'est son père qui détiendrait véritablement les rênes du parti en premier et du pouvoir dans l'avenir. Le gouvernement demande un délai de quatre semaines et plus. Cela leur permettrait ainsi de préparer un nouveau coup fourré. S'ils sont acculés, ils risquent commettre une imprudence dans leur précipitation et ceci causerait leur perte. D'autre part, en ce qui concerne la visite de Kouchner au Pakistan, il y va surtout pour  essayer "de faire pression pour que les élections aient lieu". Inutile de dire que les "machiavéliques" ne vont pas le voir arriver d'un bon oeil puisqu'il vient leur forcer la main en quelque sorte. Donc, oui, nous répétons, Kouchner ne sera pas le bienvenu là-bas et il a intérêt à rester sur ses gardes. D'ailleurs on continue de se poser la question "Pourquoi Sarkozy l'y envoie-t-il ?". Quelle est, franchement, notre influence au Pakistan ? Croit-il que Kouchner va faire des miracles avec cette bande de butors ? Vu qu'ils tiennent à garder les rênes, ils n'en feront qu'à leur tête de toute façon. Il faut aussi se dire que Musharraf en a peut-être plus qu'assez de voir les manigances des Etats-Unis et de leur suivant. Après l'avoir soutenu à lui, les USA lui envoient Bhutto, on se doute bien que c'est contraint et forcé qu'il a accepté. Connaissant Musharraf et ce qui règne derrière lui, ils auraient dû, de surcroît, réfléchir à deux fois avant d'y envoyer Bénazir. Mais les tireurs de ficelles sont pressés. Toujours pressés de mettre leurs mauvais plans à exécution sans se mettre à la place des belligérants. Alors d'un côté, on peut dire que c'est de leur faute si Bhutto est morte et de l'autre, ils attisent la haine de Musharraf qui, acculé, est capable de tout mais surtout du pire. Pas de quartier, doit être leur dicton en ce moment. Enlever son os à un chien enragé et vous verrez s'il ne vous mordra pas.

Pakistan: le parti de Benazir Bhutto

s'oppose au report des législatives

Le parti de Benazir Bhutto, l'ex-figure de l'opposition assassinée jeudi dans un attentat suicide, a rejeté lundi l'idée d'un report des élections législatives prévues pour le 8 janvier comme le gouvernement le laisse entendre, a annoncé à l'AFP un responsable de ce parti. Evènement

En revanche, le parti de l'ex-Premier ministre Nawaz Sharif, deuxième mouvement de l'opposition, a estimé, lui, "acceptable" un "léger report" des législatives, après qu'Islamabad eut laissé entendre qu'elles seraient repoussées d'au moins un mois.

"Nous sommes prêts pour des élections et nous ne voulons pas d'un quelconque retard. Nous exigeons des élections immédiates, et le 8 janvier", a déclaré à l'AFP un haut responsable du Parti du peuple pakistanais (PPP) de Mme Bhutto, Shah Mahmood Qureshi. "Le gouvernement doit s'en tenir au calendrier. Si le gouvernement retarde les élections, nous convoquerons un comité central pour décider d'une action future", a-t-il averti.

Le Pakistan devrait annoncer lundi un report de quelques semaines des élections législatives et provinciales prévues le 8 janvier en raison de l'assassinat, jeudi dans un attentat suicide, de la principale opposante, Benazir Bhutto, et des violences qu'il a déclenchées. Le scrutin sera "probablement" retardé "de quelques semaines", a indiqué à l'AFP un haut responsable du gouvernement, invoquant la "destruction de plus de 40 bureaux" de la commission électorale dans une seule des quatre provinces du pays dans les violences et émeutes qui ont suivi la mort de Mme Bhutto.

Les élections législatives prévues le 8 janvier au Pakistan seront reportées "d'au moins quatre semaines sinon plus", avait indiqué plus tôt lundi à l'AFP un haut responsable du gouvernement, quatre jours après l'assassinat de l'opposante Benazir Bhutto.

Le parti de l'ex-Premier ministre défunte a déjà fait savoir dimanche qu'il entendait participer aux élections, de même que le second mouvement de l'opposition, celui de Nawaz Sharif, mais promis qu'il s'opposerait à un report. Des membres de l'entourage de la famille Bhutto, qui a repris dimanche les rênes du Parti du peuple pakistanais (PPP) --le fils devenant président et le veuf coprésident--, ont avancé toutefois qu'un délai "raisonnable" pourrait être accepté.

La commission électorale se réunissait d'ailleurs lundi en urgence pour en décider, mais avait déjà prévenu samedi que la mort de l'ex-Premier ministre et les émeutes meurtrières qui ont émaillé les trois jours de deuil national avaient "défavorablement affecté" le processus électoral.

Les élections sont un enjeu de taille dans un pays au bord du chaos politique, fort de 160 millions d'habitants, seule puissance nucléaire du monde musulman connue et allié-clé des Etats-Unis dans sa "guerre contre le terrorisme", et sur qui les yeux du monde entier sont braqués depuis quatre jours avec un mélange de compassion et d'inquiétude.

D'ailleurs, le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner se rendra mardi au Pakistan à la demande du président Nicolas Sarkozy afin de "témoigner de (la) solidarité" de la France.

Après trois jours de deuil national, le comité exécutif du PPP a donc nommé Bilawal Zardari, 19 ans, fils de Mme Bhutto, à la présidence du mouvement, et son veuf, Asif Ali Zardari coprésident. Il est rapidement apparu, au cours de la conférence de presse qui a suivi, que le second détiendrait véritablement les rênes du parti, au moins tant que le premier ne sera pas "mûr" pour la politique.

Asif Zardari a d'ailleurs annoncé lui-même que son fils était désormais rebaptisé "Bilawal Bhutto Zardari", le PPP, parti progressiste et "défenseur des pauvres", ayant été créé par un Bhutto et qui reste identifié à cette dynastie de richissimes propriétaires terriens du Sind, la grande province méridionale.

"Ma mère a toujours dit que la démocratie était la meilleure des vengeances", a timidement déclaré Bilawal dimanche, laissant le soin à son père de faire les annonces importantes. Ce dernier a ainsi réclamé une commission d'enquête de l'ONU sur l'assassinat de Mme Bhutto, du même type que celle qui a travaillé sur celui de l'ex-Premier ministre libanais Rafiq Hariri.

Le gouvernement a rapidement accusé Al-Qaïda d'être le commanditaire du meurtre et l'un de ses principaux bras armés au Pakistan, Baïtullah Mehsud, un chef de tribu du nord-ouest, d'avoir organisé l'attentat suicide qui, outre Mme Bhutto, a coûté la vie à 20 personnes jeudi soir.

Ces combattants islamistes, liés réellement ou non au réseau d'Oussama ben Laden, sont très présents dans les zones tribales pakistanaises, où Washington estime qu'Al-Qaïda et les talibans afghans ont reconstitué leurs forces. Et la menace terroriste est réelle: plus de 800 personnes, un chiffre record dans l'Histoire du pays, sont mortes cette année dans des attentats, pour la plupart suicide.

Mais le doute persiste sur l'assassinat de Mme Bhutto dans l'esprit de ses partisans. Ils accusent des éléments proches du camp Musharraf, dont des hauts responsables des services de renseignements, d'avoir "tué" leur chef, au mieux en négligeant sa sécurité, au pire en orchestrant son assassinat.

Enfin, après trois jours d'émeutes qui ont fait officiellement au moins 38 morts dans tout le pays, sans doute plus en réalité, la situation dans les rues des grandes villes, en particulier Karachi, dans le sud, fief du PPP, semblait s'être apaisée lundi. Les boutiques, stations d'essence et administrations, fermées trois jours durant en raison essentiellement de la peur des émeutiers, ont commencé à rouvrir leurs portes.

Mais la Bourse de Karachi plongeait lundi de 4,7%, l'une des plus fortes baisses de son histoire.

Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt

Lundi 31 décembre 2007 1 31 /12 /Déc /2007 12:41

Ecrire un commentaire - Par Adriana Evangelizt - Voir les 0 commentaires - Publié dans : PAKISTAN

S'informer, Lire

Calendrier

Mai 2012
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Recherche

Catégories

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés