Le concept du terrorisme made in USA

Publié le par Adriana Evangelizt

Quelques articles pour comprendre le concept du mot terrorisme avec plus ou moins inventé pour apporter moins de libertés aux peuples et de plus en plus de mesures liberticides... plan du Nouvel Ordre Mondial, ne l'oublions pas...

A noter le dernier article ci-dessous date de 1996, que Clinton était président des Etats-Unis mais que le schéma était le même que celui de Bush... on sent donc bien là une continuité dans la ligne politique...

La guerre contre le terrorisme

En décidant de bombarder puis d’occuper l’Afghanistan à la suite des attentats du 11 septembre 2001, les Etats-Unis ont lancé la première campagne de leur guerre contre le terrorisme, une guerre dont le président George W. Bush a annoncé qu’elle serait longue, bien au-delà de son mandat présidentiel. Cette stratégie d’union contre un ennemi aux contours incertains a permis à Washington de nouer des alliances avec des régimes peu respectueux des droits de la personne - Pakistan, Algérie, Chine - ou de cautionner des politiques répressives, comme celle menée par la Russie contre le peuple tchétchène.

Le bilan de la guerre d’Afghanistan - sans même évoquer son coût humain - suscite un certain trouble. Malgré l’élection présidentielle du 9 octobre 2004, l’autorité de M. Hamid Karzaï reste limitée, tandis que sa propre protection dépend de gardes du corps étrangers. Les droits humains, notamment ceux des femmes, continuent à être bafoués. Les talibans poursuivent leurs actions armées. Nombre de chefs d’Al-Qaida, restent introuvables, dispersés à travers le monde ou abrités dans les zones tribales de l’Afghanistan.

D’autre part, la guerre de Washington contre l’Afghanistan a été condamnée par les opinions publiques du monde musulman et elle a alimenté les visions les plus extrémistes, notamment au Pakistan. Lors des élections législatives d’octobre 2002 dans ce pays, et malgré les manipulations du général Pervez Moucharraf, les groupes islamistes se réclamant de la même idéologie que les talibans ont obtenu d’incontestables succès, notamment dans les provinces frontalières de l’Afghanistan.

En Occident, comme dans le reste du monde, la guerre contre le terrorisme a été le point de départ d’une offensive sans précédent contre les libertés individuelles. Tandis que les prisonniers enfermés par les Etats-Unis à Guantanamo ou ailleurs ne jouissent d’aucun droit, les citoyens des pays occidentaux et les immigrés sont les cibles de mesures liberticides dénoncées par les organisations des droits humains.

 

- La menace terroriste

- L’intervention américaine en Afghanistan

- Al-Qaida

- Offensive contre les libertés au nom du terrorisme

- Guantanamo

- Les armes de destruction massive

Sources : LE MONDE DIPLOMATIQUE

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 La menace terroriste

C’est au nom de la lutte contre la menace terroriste que l’administration de M. George W. Bush tente d’imposer une vision d’un monde coupé en deux, dans lequel s’affrontent le Bien et le Mal, la civilisation et la barbarie. Ce discours, à forte connotation religieuse, ne peut cacher le vide du concept de « terrorisme », dont l’usage est à géométrie variable, et que les Nations unies ou le droit international ont toujours été incapables de définir. Dans les années 1970 et 1980, Washington dénonçait l’ANC de M. Nelson Mandela et l’OLP de M. Yasser Arafat comme des organisations terroristes, avant de changer d’avis et d’accepter un dialogue avec ces mouvements. D’autre part, jamais n’est évoqué le problème du terrorisme d’Etat.

La « menace terroriste » serait, selon les responsables américains, comparable aux menaces nazie dans les années 1930 et communiste après la seconde guerre mondiale. Pour rendre plus « crédible » cette menace, les Etats-Unis l’ont couplée avec celle que feraient peser les pays de « l’Axe du mal » ? Irak, Iran, Corée du Nord ? ou les « Etats voyous », qui pourraient être en possession d’armes de destruction massive. Mais le terrorisme ne relève-t-il pas plutôt de la lutte policière que du combat stratégique ?

Sources : LE MONDE DIPLOMATIQUE

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Septembre 1996

Croisade antiterroriste

 par Alain Gresh

UNE grand-messe médiatique regroupant les représentants de 26 nations, le 13 mars 1996, à Charm el Cheikh, en Egypte. Une déclaration martiale des chefs d’Etat et de gouvernement des sept pays les plus industrialisés, auxquels se joint la Russie, adoptée à Lyon, le 26 juin dernier. Une rencontre de travail sans précédent des ministres des affaires étrangères et de l’intérieur du G 7 à Paris, le 30 juillet.

Cette année, les grands de ce monde se sont mobilisés contre « un défi majeur à la sécurité de l’ensemble de nos sociétés ». Cet ennemi n’est pas le chômage qui jette à la rue, au sens propre, des cohortes de malheureux. Ce ne sont pas les inégalités croissantes entre le Nord et le Sud et la pauvreté qui tue chaque année des centaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants. Ce ne sont pas les guerres en Tchétchénie, en Afghanistan ou en Afrique et leurs flots de réfugiés et de victimes. Le grand fléau qui menace, la peste qui est de retour après avoir été vaincue dans les années 80, c’est le terrorisme.

Fascinées par les mises en scène de sommets spectaculaires et par des images dramatiques martelées par les télévisions du monde, les opinions publiques sont invitées à se ranger sous le drapeau d’une nouvelle croisade. Et à accepter le durcissement des législations, les multiples entorses aux libertés, dont les premières victimes sont le plus souvent, non les organisateurs d’attentats, mais les immigrés.

Pourtant, sous l’unanimité de façade des dirigeants de la « communauté internationale », se cachent d’âpres divisions, liées tout d’abord à l’impossibilité de définir le phénomène que l’on prétend enrayer. Qu’y a-t-il en effet de commun entre l’empoisonnement au gaz perpétré par la secte Aum dans le métro de Tokyo et les attentats organisés par les islamistes palestiniens en février-mars 1996 ? Les méthodes de l’Armée républicaine irlandaise (IRA) et celles des milices d’extrême droite américaines responsables de la tuerie d’Oklahoma relèvent-elles de la même logique ? Une bombe qui explose durant les Jeux olympiques d’Atlanta porte-t-elle le même message que la guérilla menée dans le sud du Liban contre un occupant étranger ? A force d’« être appliqué à des types bien différents de violence, dont certains, notamment sur le plan intérieur, n’ont pas de but politique », le concept de terrorisme a perdu de sa signification, il s’est même « désintégré » (1).

D’autre part, « un gouvernement sincère doit admettre que le terrorisme met au jour souvent un grief légitime (2) ». L’histoire l’a amplement prouvé, les anciens « terroristes » sont devenus des dirigeants respectés. Menahem Begin et M. Itzhak Shamir se sont illustrés au cours des années 40 dans des attentats meurtriers contre des civils arabes, avant d’accéder aux plus hautes charges en Israël. Les « tueurs du FLN », dénoncés par les autorités françaises, ont conduit l’Algérie à l’indépendance. Plus récemment, ceux-là mêmes qui avaient agité l’épouvantail de la violence pour refuser tout compromis durent renoncer à leur intransigeance. Le pouvoir sud-africain blanc a finalement traité avec l’ANC. Itzhak Rabin a serré la main à M. Yasser Arafat, « un homme aux mains couvertes de sang juif », et négocié avec l’OLP une organisation avec laquelle Washington a refusé tout contact pendant plus de deux décennies. En revanche, en vidant les accords d’Oslo déjà bien limités de toute substance, M. Benyamin Nétanyahou prépare le terrain aux « commandos-suicide » palestiniens de demain.

LA violence contre des civils est toujours moralement condamnable. Pourtant, on ne peut ranger dans la même catégorie celle qui est utilisée dans le cadre de la lutte contre une occupation étrangère en Afghanistan ou en Palestine et celle des Brigades rouges italiennes ou des milices d’extrême droite américaines, laquelle vise des pays démocratiques. Tout le monde comprend que les actions de l’ETA basque ont perdu leur légitimité avec la fin de la dictature franquiste. Et le gouvernement américain finance, sans états d’âme, des groupes d’opposition irakiens, responsables d’attentats à la voiture piégée, qui ont fait des dizaines de morts innocents (3).

Cette complexité n’implique aucune complaisance à l’égard de mouvements parfois très dangereux, mais elle suppose, au cas par cas, des solutions originales, le plus souvent politiques, parfois sécuritaires. Ce n’est pas la voie choisie par le président William Clinton, qui tente de s’imposer comme le pape d’une croisade contre le terrorisme. Les arrière-pensées électorales ne sont pas absentes de sa stratégie. Mais son dessein est plus large : enrôler sous l’étendard de Washington des alliés réticents depuis la fin de la guerre froide à accepter son leadership.

Le jour même où il signait, à la Maison Blanche, la loi D’Amato qui menace les sociétés étrangères investissant dans le secteur pétrolier libyen ou iranien, s’inscrit dans la guerre commerciale engagée contre l’Europe et viole toutes les normes du sacro-saint libre-échange et le droit international, le président Clinton claironnait que « les Etats-Unis ont une responsabilité spéciale pour diriger cet effort » contre le terrorisme. « L’Amérique, expliquait-il, reste la nation indispensable. Il y a des moments où l’Amérique, et elle seule, peut faire la différence entre la guerre et la paix, entre la liberté et la répression, entre l’espoir et la peur. » Dans un livre consacré à la militarisation des Etats-Unis, l’historien Martin Sherry remarque que les Américains « sont tellement habitués » à la guerre, sous une forme ou sous une autre, que sa fin « leur paraît presque inimaginable (4) » . Ils cherchent toujours un nouvel ennemi. L’Europe, plus ouverte sur le monde multiple, ferait mieux de chercher de nouveaux partenaires.

Notes

(1) Adrian Guelke, The Age of Terrorism,> I. B. Tauris, Londres, 1995, p. 182.

(2) Editorial, The Economist, Londres, 2 mars 1996.

(3) Patrick Cockburn, « Clinton backed Baghdad bombers », The Independent, Londres, 26 mars 1996.

(4) Cité par Martin Woollacott, « Exploding the myth of terrorism », The Guardian, Londres, 3 août 1996.



Sources : LE MONDE DIPLOMATIQUE

Posté par Adriana Evangelizt

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Publié dans Un pouvoir fasciste

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