Grippe aviaire : les Ivoiriens accusent les blancs
Et oui, la grippe aviaire. Les ivoiriens accusent les blancs et ils n'ont pas tort. Quel bon exemple donnons-nous, de toute façon, quand on sait que l'Union Européenne livre des poulets congelés à l'Afrique les empêchant ainsi de produire leurs propres élevages, ça rime à quoi ? Le business, le pognon toujours. La grippe aviaire en est encore un exemple flagrant. Allez, grosso-modo combien y-a-t-il eu de morts à cause de cela mais encore ce n'est pas certain. Disons une dizaine. Combien de milliards ont été dépensés pour le fameux Tamiflu ? Et à quoi sert cette merde ? A remplir les poches de Rumsfeld puisqu'il est un des principaux actionnaires de Searle...
Grippe Aviaire - Côte d'Ivoire
Des vendeurs de poulets ivoiriens accusent les "blancs"
Devant des étals quasiment vides, des vendeurs de poulets d'Abidjan accusaient jeudi les "Blancs" de vouloir "gâter" leur commerce après l'annonce officielle par le gouvernement de la découverte de la grippe aviaire dans la capitale économique ivoirienne.
"Ce sont des laboratoires en France qui veulent faire marcher leurs produits" pharmaceutiques, accuse sans détour et quelque peu dépité Cyprien Kaboré, 35 ans, vendeur de poulets depuis 20 ans dans le quartier populaire de Koumassi (sud).
Après l'organisation mondiale de la santé animale (OIE), le ministre ivoirien de la Production animale, Aphonse Douaty, a officiellement confirmé mercredi soir la découverte à Abidjan de plusieurs foyers de grippe aviaire sous sa forme hautement pathogène du virus H5N1, sur des oiseaux sauvages mais également des poules d'élevages.
Avec la "suspicion" de la maladie, selon l'expression employée par les autorités, les ventes de volailles ont déjà chuté depuis près d'une semaine en Côte d'Ivoire. L'annonce définitive de la présence de l'épizootie dans le district d'Abidjan, au sein même d'un élevage de poulets, est catastrophique pour les professionnels de la filière avicole, et les vendeurs sur les marchés.
"Si ça continue, ça va augmenter le taux de chômage", lance amèrement Cyprien, dans le grand marché de volailles à ciel ouvert de Koumassi, soulagé du fait que "quelques clients qui comprennent continuent de payer le poulet".
Mais, précise-t-il, "la plupart des acheteurs achètent des poules pour les sacrifices rituels" pratiqués chez les animistes.
"Chaque fois, ça vient de là-bas, de l'Europe et de la France", lance d'un ton vindicatif Cyprien. "Après les vaches (avec la vache folle), les cochons (avec la fièvre porcine), aujourd'hui ce sont les poulets. Et demain, ce sera quoi, les escargots?", ironise-t-il.
A une dizaine de mètres de son étal, trois autres de ses collègues, Inoussa Bamogo, 26 ans, Olivier Kafando, 29 ans et son cadet Dominique Kafando, 25 ans, devisent tranquillement, assis côte-à-côte sur une cage grillagée vide.
"Nous sommes des vendeurs de poulets, mais s'il n'y a rien, on va faire comment?", s'exclament-ils en choeur lorsqu'on leur demande ce qu'ils font assis sur ces étals.
"Nous avons arrêté de nous approvisionner" chez les fermiers, explique Dominique, exprimant son ras-le-bol face à cette situation qui dure depuis une semaine et va en s'aggravant.
A Treichville, autre quartier populaire d'Abidjan où le virus a été également détecté, le décor n'est guère reluisant dans le marché. Souleymane Guipo, 35 ans et ses quatre amis discutent de la situation, assis eux-aussi sur des cages grillagées ne contenant aucune volaille.
"Y a rien, tu vois les cages vides!", déplore d'un air attristé Souleymane, montrant du doigt les petits enclos dans lesquels les coqs n'ont plus séjourné depuis une dizaine de jours.
Son collègue, Salif Zerbo, 33 ans, coupe court: "ce sont les Blancs qui veulent gâter notre manger", ajoutant n'avoir rien vendu "depuis le matin".
"Ils nous on mis au chômage" renchérit Souleymane, qui reconnaît l'existence des "maladies des poulets depuis longtemps", mais affirme n'avoir "jamais entendu qu'elles ont tué un homme".
Dans la discussion animée, Seydou Zerbo, 24 ans, hèle une passante, lui proposant les quelques poulets restant qu'ils espèrent écouler, même à bas prix.
Drapée dans un grand boubou bleu, celle-ci répond sans même se retourner: "à l'heure là?" (expression ivoirienne signifiant "par ces temps qui courent?").
Sources : JEUNE AFRIQUE
Posté par Adriana Evangelizt